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04Decembre11f

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TUNISNEWS
11 ème année, N°4175 du 04.12.2011
archives : www.tunisnews.net
Romandie: Tunisie: heurts devant l'assemblée, la police disperse les pro-islamistes
France Info: Démonstration de force des islamistes devant l'Assemblée tunisienne
ATF: Notre peuple n’a pas chassé une dictature pour en installer une autre
Liberation: Tensions grandissantes en Tunisie toujours dans l'attente d'un gouvernement
20 minutes: Un face-à-face entre islamistes et laïques à Tunis
Metro: Jeannette Bougrab, ministre d'origine maghrébine, récuse la notion d'"islamisme modéré"
Investir en Tunisie: Tunisie : de quelles réformes a besoin notre économie ?
Gnet: Les sympathisants d'Ennahdha envahissent Bardo, Bhiri appelle au calme
Maghreb Emergent: Tunisie : Projet de création d'une instance supérieure pour la sécurité fiscale
Afrique en ligne: Tunisie-Politique: Chassez le 'benalisme' il revient au galop
WMC: Hamadi Jebali au Congrès AS Voyages à Monastir pour rassurer les touristes européens
Tekiano: Les Benalistes de Facebook devenus Nahdhaouis
Kapitalis: Tunisie. L’erreur politique de la coalisation islamo-démocrate (2-2)
Tunisie: heurts devant l'assemblée, la police disperse les pro-islamistes

TUNIS - Les policiers tunisiens ont dispersé samedi à coup de gaz lacrymogènes des manifestants pro-islamistes après de violentes échauffourées devant le siège de l'Assemblée constituante à Tunis, a-t-on appris de sources concordantes.

Les islamistes nous ont attaqués et ont jeté des pierres, la police a tiré des gaz lacrymogènes, a indiqué à l'AFP Ines Ben Othman, une représentante des sit-inneurs, un groupe de centaines de protestataires qui ont installé un campement depuis mercredi devant le siège de l'Assemblée.

Le sit-in continue, on reste. Mais les agresseurs nous provoquent, ils sont restés et nous attendent à tous les coins de rue, a-t-elle ajouté.

Un groupe de sympathisants salafistes ont jeté des pierres sur les sit-inneurs, et la police les a dispersés, a confirmé à l'AFP Hichem Meddeb, le porte-parole du ministère de l'Intérieur. Le calme est revenu, a-t-il ajouté.

Des milliers de manifestants pro-islamistes, dont des salafistes, avaient convergé samedi matin devant le siège de l'Assemblée constituante à Tunis, une contre-manifestation organisée pour répondre aux sit-inneurs.

Ces derniers, qui regroupent des chômeurs, des enseignants, des militants de gauche, réclament liberté, travail et dignité.

Les deux camps se sont fait face toute la journée dans une ambiance tendue, et les incidents ont éclaté en début de soirée.

Par ailleurs des incidents séparés se sont produits dans le centre de Tunis, avenue Bourguiba, après la défenestration d'une jeune fille de 19 ans, morte sur le coup après être tombée du 4e étage d'un hôtel, selon M. Meddeb. Un jeune Tunisien en possession du sac et des objets personnels de la victime a été arrêté peu après, mais la rumeur a couru que des Libyens étaient responsables du crime, a-t-il indiqué.

Des gens s'en sont pris à un groupe de Libyens, parce qu'un incident similaire (une défenestration) impliquant des Libyens s'était déjà produit à Tunis à la fin de l'été, a-t-il expliqué.

Les foyers de tension se multiplient depuis quelques semaines en Tunisie, confrontée à un chômage endémique, à la crise économique et à la montée des extrémistes, le tout sur fond de vacance du pouvoir. Un mois et demi après les élections du 23 octobre, remportées par les islamistes, le gouvernement n'a pas été constitué.

(Source Romandie le / 03 décembre 2011 22h15)

Lien: http://www.romandie.com/news/n/_Tunisie_heurts_devant_l_assemblee_la_police_disperse_les_pro_islamistes031220112212.asp

 

Démonstration de force des islamistes devant l'Assemblée tunisienne

Ce samedi matin, des milliers de manifestants pro-islamistes convergent vers le siège de l'Assemblée constituante à Tunis au son de "on a gagné" ou "dégage" à l'adresse de sympathisants de gauche.
Les militants islamistes tunisiens se réunissent depuis ce matin devant l'Assemblée tunisienne. Seulement, depuis trois jours des centaines de sympathisants de gauche campent devant le siège de l'Assemblée constitutante.
Les deux camps se font face, bien séparés par des barrières et un cordon de policiers en armes accompagnés de six chars. Quelques altercations ont éclaté ça et là, des insultes aussi : "On a gagné, la majorité est là !" ou "Allahou Akbar" en direction des campeurs, tout en agitant des drapeaux d'Ennahda (le parti islamiste arrivé en tête aux élections).
Face aux islamistes accompagnées de femmes en niqab, les "modernistes" répondent "Liberté, travail et dignité". Une partie d'entre eux est au chômage : "Nous sommes ici parce qu'il y a dans le pays des urgences sociales que l'Assemblée doit voir, et régler" explique Ben Othman, la porte paroles des sympathisants de gauche. Elle ajoute que les participants à ce camping militant ont déjà été attaqués ce vendredi par les mêmes islamistes.
(Source: France Info le Samedi 3 Décembre 2011 à 12:52)

Association des Tunisiens en France
Notre peuple n’a pas chassé une dictature pour en installer une autre

 
A la faculté de la Mannouba, à Tunis, et depuis pratiquement une dizaine de jours, une bande d’énergumènes dont plusieurs sont étrangers à la faculté et même au monde étudiant, tentent d’imposer par la force, leur volonté à 40000 étudiantes et étudiants, au corps enseignant, au doyen de la faculté et au personnel et par delà à la société tunisienne.
 
Ils veulent faire abandonner au peuple tunisien un mode de vie et de vivre- ensemble, plus que millénaire, pour en adopter un autre, importé d’autres contrées lointaines , sans aucun lien avec les us et coutumes de la société tunisienne, sa conception et ses pratiques ouvertes de l’islam et ses habitudes à gérer la relation entre la politique et la religion..
 
Ils veulent imposer le Niqab (burqua), revenir sur la mixité et remettre en cause les acquis, chèrement payés par le peuple tunisien depuis le 19ième siècle, en termes de droits, libertés, égalité et tolérance ; nous faire abandonner la République pour la Califat et la démocratie pour une nouvelle dictature alors que notre peuple et sa jeunesse viennent juste d’en chasser celle de Ben Ali et payer fort s leur victoire.
 
Ce sont là, les vrais objectifs inavoués qui se cachent derrière l’occupation de la Faculté des lettres à Tunis, la séquestration de son doyen, M. Habib Kasdaghli, les agressions physiques à son égard et contre des étudiants de l’Union Générale des Etudiants de Tunisie(UGET).
 
Ces agissements ont provoqué un profond émoi parmi les étudiants-es et la jeunesse tunisienne, le monde de l’enseignement universitaire, la société civile et les partis politiques à l’exception du Parti Ennahdha qui, jusqu'à aujourd’hui, est restée étrangement muet.
 
L’ATF, réaffirme sa solidarité totale avec les enseignants, le doyen de la Faculté, l’UGET, les étudiants-es dans leur lutte pour leur droit inaliénable à :
 
· des conditions d’enseignement universitaire dignes de l’Université tunisienne qui était toujours un espace de savoir et de formation ouvert sur le monde et le progrès
 
· leur intégrité physique et celle de leur université.
 
L’ATF attachée aux libertés individuelles et collectives, autant elle défend la liberté vestimentaire des étudiantes et des étudiants, condamne celles et ceux qui veulent imposer le Niquab DANS L4Universit2 et dans la société, tenue moyenâgeuse et avilissante pour les femmes.
 
L’ATF considère que le port du Niquab est contraire à toutes les règles pédagogiques et à l’entretien de relations normales entre enseignants et étudiants et aux règles de sécurité publique et qu’il faut l’interdire dans toutes les institutions universitaires et de l’enseignement supérieur et dans les collèges et les lycées.
 
L’ATF demande aux démocrates et humanistes en Tunisie, dans les pays arabo-musulmans et dans le monde à condamner les projets passéistes et à être solidaires avec les Tunisiennes et Tunisiens dans leur lutte pour la démocratie, le progrès, la liberté et la défense des acquis de la Tunisie indépendante.
 
P/° ATF
Le Président
Mohamed-Lakhdar ELLALA

Tensions grandissantes en Tunisie toujours dans l'attente d'un gouvernement

 

Une situation sociale explosive, une économie en berne, des extrémistes qui tentent de pousser leurs pions, et toujours pas de gouvernement: un mois et demi après les élections du 23 octobre, l'atmosphère est délétère en Tunisie.

Devenue l'agora de Tunis, la place du Bardo, face au palais qui abrite l'Assemblée constituante, concentre depuis plusieurs jours toutes les colères et revendications du pays.

Depuis mercredi, des centaines de "sit-inneurs", enseignants protestant contre des incursions d'extrémistes à l'université, chômeurs de la région minière de Gafsa, femmes inquiètes pour leurs droits, campent devant l'Assemblée. "Nous sommes ici parce qu'il y a dans le pays des urgences sociales que l'Assemblée doit voir, et régler", explique Ines Ben Othman, "porte-parole" improvisée des sit-inneurs.

Mais samedi, un autre camp s'est installé, des milliers de sympathisants islamistes étant venus à leur tour marquer leur territoire. "C'est nous la majorité!" proclament-ils, séparés des sit-inneurs par des barrières et des cordons policiers. Des femmes en niqab et des hommes agitant le drapeau noir du parti salafiste Hizb Tahrir, non légal, figurent parmi eux, preuve, selon les "modernistes", de "l'alliance objective" entre le parti islamiste Ennahda et les radicaux religieux.

Ces incidents surviennent alors qu'Ennahda, premier parti au sein de l'Assemblée, a été accusé, y compris par ses deux partenaires de gauche Congrès pour la République (CPR) et Ettakatol, de vouloir s'arroger les pleins pouvoirs dans le futur exécutif. Après une semaine de tractations laborieuses, les députés sont parvenus vendredi à un accord en commission sur l'organisation des pouvoirs, qui sera soumis mardi à l'Assemblée réunie en plénière.

Cet accord ouvrira la voie à l'élection du président de la République et la formation d'un gouvernement, alors que l'exécutif sortant de Béji Caïd Essebsi a officiellement démissionné et ne s'occupe plus que de "gérer les affaires courantes".

"C'est urgent, on ne peut plus attendre. Il y a un climat d'attentisme et de flottement, personne ne décide, ça paralyse l'économie", déplore Hichem Elloumi, un représentant de l'organisation patronale tunisienne UTICA.

Près d'un an après la révolution, la situation économique et sociale continue de se dégrader. Le gouverneur de la Banque centrale (BCT), Mustapha Kamel Nabli, a indiqué samedi que la croissance serait nulle à la fin de l'année 2011, prévoyant une hausse du taux de chômage à plus de 18%.

"Les problèmes sociaux sont exacerbés, le moindre différend dans une entreprise dégénère en conflit. Sans compter les interventions extérieures, comme des chômeurs qui viennent paralyser une entreprise pour réclamer du travail", constate M. Elloumi.

A Tunis mercredi, deux chômeurs de la région minière de Gafsa (centre), ont tenté de se pendre en public devant le siège de la Compagnie des Phosphates (CPG).

Deux localités du gouvernorat de Gafsa ont été mises à sac la semaine dernière après la publication des résultats d'un concours de recrutement à la CPG jugés "truqués".

Situation tendue également dans le sud tunisien, où les deux points de passage avec la Libye sont fermés en raison de la multiplication d'incidents impliquant notamment des Libyens armés.

"Plus rien ne passe, sauf les urgences. Or, c'est vital pour la Tunisie, pour les gens qui vont faire du commerce en Libye", raconte Mongi Slim, un humanitaire sur place.

"C'est très tendu. Aujourd'hui, deux voitures appartenant à des hommes d'affaires libyens ont été incendiées devant leur hôtel à Médenine (sud)", indique-t-il.

Face à la multiplication de ces foyers de tension, les élus de l'Assemblée constituante ont publié samedi un communiqué appelant "au respect de la loi" et à "privilégier le dialogue pour résoudre les conflits".

Source : « Liberation » Le 03-12-2011

Un face-à-face entre islamistes et laïques à Tunis


 

Environ 4.000 personnes sont réunies devant l'Assemblée constituante, séparées par un cordon de policiers...

C’est un face-à-face inédit depuis la chute de Ben Ali, en janvier. Des milliers d'islamistes et de laïques, en désaccord sur la place à accorder à l'islam dans la Tunisie de l'après-Ben Ali, ont organisé ce samedi des manifestations parallèles devant l'Assemblée constituante à Tunis.

Les deux courants s'affrontent depuis le début du printemps arabe, qui a débuté en Tunisie en décembre et a porté au pouvoir les islamistes modérés d'Ennahda à la suite des premières élections libres depuis l'indépendance en 1956. La dispute qui couvait a été relancée par l'occupation par un groupe d'islamistes conservateurs d'un campus universitaire des environs de Tunis pour exiger la ségrégation des sexes pendant les cours et le droit des femmes à porter le niqab (voile intégral).

«Non à l’extrémisme laïque»

Environ 3.000 islamistes se sont rassemblés ce samedi devant l'Assemblée constituante, qui siège au palais du Bardo. Un cordon de policiers les sépare d'un millier de contre-manifestants laïques. Les islamistes brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire notamment «Nous soutenons la légitimité de la majorité», «La Tunisie musulmane n'est pas laïque!» et «Non à l'extrémisme laïque».

Nourdine Machfer, un manifestant islamiste, a expliqué à Reuters: «C'est bizarre. Nous vivons aujourd'hui en Tunisie dans un régime de dictature de la minorité. Ils devraient respecter la volonté du peuple, qui a fait connaître ses desiderata [par les urnes en octobre]». Pour sa part, Ennahda, qui pilote un gouvernement de coalition après sa large victoire électorale, a publié un communiqué pour se désolidariser de la manifestation islamiste du Bardo.

Pas de heurts

Les laïques soupçonnent quant à eux Ennahda (Renaissance), interdit durant l'ère Ben Ali, de vouloir en réalité mettre en place un Etat islamiste en sous-main. «Les islamistes (...) veulent utiliser la (future) Constitution pour s'emparer du pouvoir et faire un coup d'Etat contre la démocratie», à en croire l'un des contre-manifestants, Raja Dali. «Ils veulent accorder tous les pouvoirs au Premier ministre», a-t-elle ajouté en faisant allusion à Hamadi Jebali, secrétaire général d'Ennahda désigné par son parti pour diriger le gouvernement de coalition.

Les manifestations rivales de samedi organisées simultanément par les camps islamiste et laïque sont les premières du genre depuis la chute, le 14 janvier, du président Zine ben Ali. Des huées et des noms d'oiseau ont été échangés par les protagonistes mais il n'y a pas eu de coups. Cet accès de fièvre risque de compliquer les efforts en cours entrepris par Ennahda et ses deux formations laïques alliées pour former un gouvernement de coalition.

Source : « 20 minutes » Le 03-12-2011

Jeannette Bougrab, ministre d'origine maghrébine, récuse la notion d'"islamisme modéré"


Interrogée sur la percée électorale de partis islamistes, notamment en Tunisie et au Maroc, Jeannette Bougrab a jugé ces résultats graves, car il n'existerait pas plus d'"islamisme modéré" que de "charia light"…

Soulignant qu'elle s'exprimait en tant que Française d'origine arabe et non comme ministre de la République, la secrétaire d'Etat à la Jeunesse, Jeannette Bougrab, commentant les récents succès électoraux de partis islamistes en Tunisie, au Maroc et bientôt en Egypte, a estimé qu'il n'existe pas "d'islamisme modéré", qu'une société régie par la charia, la loi canonique coranique, implique "nécessairement une restriction des droits et libertés".

L'"islamisme modéré" serait un leurre…

Réagissant dans les colonnes du Parisien à l'arrivée au pouvoir d'islamistes de l'autre côté de la Méditerranée, la secrétaire d'Etat, ancienne présidente de la Halde, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations, a jugé que "c'est très inquiétant", car elle "ne [connaît] pas d'islamisme modéré".

"Il n'y a pas de charia 'light'. Je suis juriste et on peut faire toutes les interprétations théologiques, littérales ou fondamentales que l'on veut, mais le droit fondé sur la charia est nécessairement une restriction des libertés, notamment de la liberté de conscience", a affirmé Jeannette Bougrab, d'origine algérienne et fille de harki, les supplétifs de l'armée française durant la guerre d'indépendance, et par extension les arabes musulmans qui voulaient que l'Algérie reste une région de France.

Interrogée par le quotidien sur la ligne diplomatique qu'il convient d'adopter dans ce nouveau contexte politique et sur l'éventuelle nécessité de durcir le ton, elle a répondu : "je ne suis pas ministre des Affaires étrangères. Je réagis en tant que citoyenne, en tant que femme française d'origine arabe".

Bougrab n'est pas au Quai d'Orsay, mais elle a son idée…

Sur la question, Alain Juppé, le ministre en charge des relations extérieures, prône un dialogue avec les partis islamistes dits "modérés" tels qu'Ennahda en Tunisie ou Justice et Développement au Maroc, sous réserve qu'ils ne franchissent pas certaines "lignes rouges" : l'Etat de droit, le respect des élections, des droits de l'Homme… et des femmes.

Jeannette Bougrab, qui rejette donc la notion même d'islamisme modéré, rappelle que les autocrates déchus en Tunisie et en Egypte, "Ben Ali [et] Moubarak avaient agité le chiffon rouge des islamistes pour obtenir le soutien des pays occidentaux". Pour autant, poursuit-elle, cela ne rend pas fréquentables les partis qui se revendiquent de la religion.

Ainsi, a contrario, "il ne faudrait pas tomber dans l'excès inverse" dit la secrétaire d'Etat qui martèle : "moi, je ne soutiendrai jamais un parti islamiste. Jamais. Au nom des femmes qui sont mortes, de toutes celles qui ont été tuées, notamment en Algérie ou en Iran, par exemple, parce qu'elles ne portaient pas le voile". Pour le coup, ceux qui pensent différemment de Mme Bougrab pourront sans doute lui reprocher une bascule un peu rapide d'un Etat arabe à un autre…

Le vote "choquant" des Tunisiens de France...

Quoi qu'il en soit, concernant plus particulièrement les pays qui se sont récemment libérés d'un régime autoritaire, pour se jeter, estiment certains, dans les bras d'une autre forme de dictature, Mme Bougrab a la dent dure avec les Tunisiens de France, qui pour près du tiers ont voté Ennahda en octobre dernier.

"Je pense à ceux qui, dans leur pays, ont été arrêtés, torturés pour défendre leurs convictions. On leur a en quelque sorte volé la révolution", affirme Mme Bougrab.

"Je trouve choquant que ceux qui ont les droits et les libertés ici aient donné leur voix à un parti religieux", déclare-t-elle. Un sentiment dont on a pu constater qu'il était partagé, en Tunisie même, par une partie de l'opinion, vaincue à l'élection…

NB : aux uns et aux autres qui s'apprêteraient à publier un commentaire hors de propos, précisons bien un point sémantique qui a son importance, la secrétaire d'Etat a parlé de l'islamisme, et pas, dans l'absolu, de l'islam ou des musulmans...

Source : « Metro » Le 03-12-2011

Tunisie : de quelles réformes a besoin notre économie ?


« Les marchés des capitaux et les nouveaux défis de l’économie tunisienne », ce thème a fait l’objet d’un colloque organisé samedi 3 décembre à Tunis, par Forex Club.

Des institutionnels et spécialistes nationaux et ’étrangers ont pris part à cet événement. L’objectif est de débattre des moyens susceptibles de rendre ces marchés plus efficients et plus dynamiques.
« Il s’agit d’entamer les reformes dont notre économie a fortement besoin», a affirmé M. Houssein Moulehi, président du Forex Club Tunisie.
M. Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a présenté un bilan sur le contexte économique actuel. La première période de transition a connu plusieurs réalisations : « Malgré les événements qui ont survenu sur le pays, on a pu maintenir le bon fonctionnement du système de base économique et financier et éviter la prolongation d’une crise économique.
Durant les deux premiers trimestres de 2011, le taux de croissance a connu une régression mais il a été repris pendant le 3ème trimestre.
Le taux d’intérêt est maintenu ainsi que le taux de change. Les équilibres macro-économiques ont été également préservés à un niveau acceptable ».
Cependant, le gouverneur de la BCT a révélé que de nombreuses insuffisances ont été enregistrées durant cette période : « La reprise a été faible, on a fini l’année avec une croissance quasiment nulle. Deux secteurs ont été sinistrés à savoir le tourisme et le secteur des mines, phosphates et dérivés. Le taux chômage a augmenté de 18% malgré les programmes mis en œuvre pour le délimiter.
« La prochaine période sera difficile, d’où l’urgence d’entamer des réformes pour relever les défis majeurs. Il s’agit de confronter le problème du chômage à travers le renforcement de l’investissement qui constitue le moteur de la création d’emplois. Il a été recommandé en outre de garantir un équilibre financier public.
Compte tenu de la crise en Europe, il est impératif d’étudier les aspects à court terme pour gérer la transition.
De son côté, M. Manfred Wiebogen, président de l’Association internationale des Cambistes a affirmé que la Tunisie a connu de grands changements politiques et économiques depuis la Révolution : « Nous sommes en Tunisie non pas pour vous donner des leçons mais pour vous tendre la main vers une collaboration financière. L’objectif de notre association est de promouvoir, rationaliser et améliorer les techniques du métier de Cambiste ».

Source : « Investir en Tunisie » Le 03-12-2011

Les sympathisants d'Ennahdha envahissent Bardo, Bhiri appelle au calme

"Le 21ème siècle est celui de l'Islam" scandaient les sympathisants du mouvement d'Ennahdha, qui se sont dirigés en masse, samedi matin, vers la ville de Bardo et se sont installés devant les sit-inners venus manifester depuis environ trois jours. Des slogans et des pancartes étaient brandis de chaque côté. L'unique point commun est les deux parties était l'hymne national chanté à un certain moment. A noter l'intervention du porte parole d'Ennahdha, Noureddine Bhiri, venu pour calmer les deux parties.

 

Malgré le communiqué officiel du mouvement d'Ennahdha, ses jeunes partisans ont envahi la place du Bardo, devant l'ancienne chambre des députés. Des jeunes, des vieux, des femmes non-voilées, voilées ou portant le Niqab étaient réunis pour répondre aux sit-inneurs : "Le peuple a fait son choix, laissez les gens travailler" scandaient certains. D'autres criaient fort : "Laïcité, tu fais partie du passé, dégage" ou "Nous sommes contre la laïcité, le peuple voudrait protéger la constituante". Les personnes réunies devant le siège de l’assemblée constituante sont même traitées de pro-Ben Ali. Ainsi, on pouvait lire sur une pancarte : "Ceux qui étaient avec Ben Ali, contre le voile, sont aujourd'hui contre le Niqab". Sur d'autres pancartes, on pouvait lire : "C'est la fin des partis qui ont eu 0%, vous avez raté le train". Ces partis sont même traités de "Partis du diable". On entendait même certains chanter : "Nahdhaoui, salafistes unis contre les laïcs".
 

Un ingénieur, venu du sud du pays pour assister à la manifestation, a tenu à s'exprimer : "Je suis ici parce qu'on a essayé de toucher à l'Islam. Je ne suis ni pro-Ennahdha ni salafiste. La gauche a reçu une gifle. Il faut que ces partisans se remettent en question. Il faut qu'on arrête de parler de la barbe de cette façon alors que c'est une chose approuvée par notre Prophète. Ils ne veulent pas voir les Qataris investir ici mais ils n'ont rien dit quand les Américains et les Français envahissaient le pays".

 

Un peu plus loin, un jeune brandissait une pancarte où c'est écrit : "L'Islam n'est pas le problème mais il est la solution". Interrogées sur la raison de leur présence, des femmes voilées déclarent : "Nous sommes venues parce qu'on a empêché notre amie à accéder au cours avec le niqab. La solution est facile : Ils mettent à notre disposition une femme à qui nous montrons notre visage avant de passer les examens. On nous traite d'extrémistes ! Ce sont les gens en face de nous qui le sont". Un quadragénaire déclaré lui que "celui qui n'arrive pas à comprendre ou à accepter que la Tunisie est un pays musulman n'a pas de place ici, qu'il aille vivre ailleurs". Chaque quart d'heure, plusieurs autres pancartes apparaissent avec des messages contre les partis minoritaires :"C'est la fin des partis microscopiques"...

 

Le porte parole d'Ennahdha, Noureddine Bhiri a fait une courte apparition. Il a demandé aux manifestants de se retirer : "Je vous demande de rentrer. Il y a des gens qui veulent profiter de la situation pour causer des problèmes et ces rassemblements sont une occasion pour eux". Malgré sa demande, le nombre de manifestants ne cessait pas d'augmenter. Un membre du mouvement a essayé d'expliquer les raisons de leur entêtement : "Les jeunes ne veulent pas écouter Bhiri parce qu'ils se sentent attaqués partout. Si les médias étaient neutres, ils ne réagiraient pas de la sorte. Il faut que les sit-inneurs comprennent que ce sont les majoritaires qui décident. C'est nous la Tunisie, ces gens ne sont que des bourgeois. De toutes les manières, il n'y a pas que les partisans d'Ennahdha qui sont venus aujourd'hui. Il y des salafistes et des membres du parti Ettahrir".

 

De l'autre côté, les manifestants brandissaient des pancartes contre le mouvement d'Ennahdha : "Ennahdha va-t-elle nous diviser comme l'a fait le RCD ?" ou "Nous sommes des musulmans démocrates" "Nous ne voulons pas d'une constitution adaptée au premier ministre". Certains parmi eux ont profité de la présence de Bhiri pour discuter avec lui : "Lors des sit-ins d'Al Kasba, les opposants s'étaient dirigés vers la coupole d'El Menzah, pourquoi est-ce que les sympathisants d'Ennahdha ne se réunissent pas ailleurs aujourd'hui ? C'est de la provocation". Une femme venue assister au sit-in n'a pas hésité à critiquer les partisans d'Ennahdha : "Je suis professeur universitaire et tout ce que je peux vous dire c'est qu'ici, celui qui crie le plus fort qui s'impose. On dirait qu'ils sont sortis des stades". Sur d'autres pancartes, on pouvait lire : "La Tunisie est un pays musulman, non à son islamisation". Une femme qui occupait le premier rang semblait en colère : "Ils n'ont même pas écouté ce que leur a dit Bhiri. Comment ils osent dire qu'ils vont nettoyer le pays ? J'ai l'impression d'entendre Hitler parler".

 

Un jeune confiait qu'il était à Bardo parce qu'il est chômeur : "Je veux travailler pour nourrir ma famille". Bhiri a tenu à rassurer tout le monde : "Nous allons finir par vivre ensembles. Nous n'avons pas le choix. Les Tunisiens sont solidaires, c'est pour cela que la révolution a eu lieu. Ils ont raison de vouloir travailler. Ils ont peur de la pauvreté, de la dictature et de l'ignorance. La constituante assurera l'égalité entre les Tunisiens et les régions. Un peu de patience, ce n'est qu'une question de jours et tout sera clair. La démocratie est là, n'ayez pas peur. Quant aux manifestations, elles ne nous mettent pas de pression".

A un certain moment la tension est montée d'un cran entre les deux parties mais les forces de l'ordre, qui ont fait preuve de beaucoup de calme et de sang froid, ont sû trouver les mots juste pour calmer le jeu, appelant les personnes concernées à éviter la provocation qui pourrait causer d'énormes débordements.

 

Les médias vivement critiqués : Les partisans d'Ennahdha étaient furieux contre les médias : "Du matin au soir, les chaines télés ou les radios locales ne font que parler du Niqab ou d'Ennahdha. Nous nous sentons attaqués. Malgré notre victoire, ce sont les partis minoritaires qui parlent sur les plateaux télés. Ils veulent tout faire pour exclure les islamistes. Un coup de balai s'impose au sein des médias".

Source: ”GlobalNet”Le 03-12-2011

Tunisie : Projet de création d'une instance supérieure pour la sécurité fiscale


 

Un avant-projet de création d'une instance supérieure pour la sécurité fiscale devant être présenté à l'assemblée constituante, a été débattu lors une table ronde organisée, samedi à Tunis, par le Syndicat national de la profession de comptable (SNPC) et par l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA).

Le projet est initié par le SNPC et plusieurs composantes de la société civile qui partent du constat que "le ralentissement du processus de développement, menace l'ensemble du système financier et fiscal".

Cette instance, aura pour mission, d'intervenir dans la solution des litiges entre l'administration et le contribuable, notamment en ce qui concerne les principes de base qui régissent la loi fiscale, tels que l'équité et la justice fiscale.

Son objectif est, aussi, d'ancrer la culture fiscale dans la société tunisienne et d'inciter les contribuables à honorer leur devoir fiscal.

M. Jamel Boukhris, membre de la chambre syndicale nationale des comptables a relevé que ce projet sera présenté, après une étude approfondie, à laquelle participeront les différentes composantes de la société civile, à la Constituante, élue le 23 octobre 2011.

Il a précisé que cette instance est une structure consultative, qui intervient, notamment, pour présenter des propositions sur les projets de lois de finances et de fiscalité.

Les intervenants, participant à cette table ronde dont des représentants de la SNCP, de l'Ordre des experts comptables de Tunisie et des universitaires, ont plaidé pour l'indépendance de cette instance, rejetant la proposition visant à la mettre sous la tutelle du Premier ministre.

Pour M. Mohamoud Mtir, avocat, le rôle de l'instance doit dépasser la simple consultation, pour aller jusqu'à l'établissement de la stratégie fiscale du pays, l'évaluation et même le contrôle des systèmes fiscaux tunisiens.

La réunion a été marquée par l'absence de quelques organismes qui avaient été proposés pour faire partie de cette instance, à savoir la Direction générale de la législation fiscale, la Direction générale du contrôle fiscal, l'Association des magistrats tunisiens et l'Ordre national des avocats tunisiens.

Source: ”Maghreb Emergent” Le 03-12-2011

Tunisie-Politique: Chassez le 'benalisme' il revient au galop


Comme des millions de Tunisiens, j'ai découvert la première version du projet de l'organisation provisoire des pouvoirs publics, avec horreur. Certainement influencée par l'expérience de Ben Ali en 1987 (arrivé au pouvoir avec visage d'ange qui en a abusé plus d'un) je m'attendais des nouveaux titulaires du pouvoir en Tunisie (du moins durant les premiers temps) un message rassurant, un engagement au respect des droits et libertés et aux principes démocratiques pour lesquels a éclaté la révolution.

Traumatisée comme mes chers compatriotes par 50 ans de dictature, je m'apprêtais déjà à faire preuve de méfiance et d'éveil face à de belles promesses qui pourraient ne jamais trouver à se concrétiser comme ce fut le cas par le passé. Je me promettais d'être aux aguets, à l'affut de tout signe de retour en arrière vers la voie du despotisme et de la dictature, prête à y faire face et à mobiliser la masse pour que la Tunisie ne puisse prendre d'autre voie que celle de la démocratie.

Mais à ma plus grande stupeur, je n'ai eu ni à ouvrir grand les yeux ni les oreilles, ni même à fouiller dans les discours, cherchant à déceler un autre sens entre les lignes ou le signe d'un revirement de situation ou d'un changement de politique.

Une seule lecture du premier projet de l'organisation provisoire des pouvoirs publics suffit à révéler la visée dictatoriale et hégémonique des futurs dirigeants du pays : un chef du gouvernement aux pleins pouvoirs, qui propose et agrée (oui les deux en même temps !) les nominations et révocations des hauts fonctionnaires militaires, les accréditations des représentants des pays étrangers et des représentants du corps diplomatique, les nominations des hauts fonctionnaires de l'Etat et du mufti de la République (art 15 du projet). Un chef du gouvernement qui exerce le pouvoir législatif à travers la promulgation de décrets, sans aucune limitation ni contrôle (art 17) et peut même promulguer des textes à valeur de «loi» à la place de l'Assemblée à chaque fois que «le cours ordinaire des affaires des pouvoirs publics était entravé» (sans que l'on précise les situations qui pourraient conduire à une telle entrave). Un chef du gouvernement qui peut cumuler une telle fonction (avec cette ampleur !) et assurer des responsabilités au sein de son parti et siéger parallèlement à l'Assemblée constituante (ce, alors que le président de la République, selon le même projet, ne peut ni l'un ni l'autre).

Un chef à la tête d'un gouvernement qui n'a besoin que de l'appui de la majorité absolue des membres de la Constituante (50 voix plus 1) pour diriger le pays mais qui ne peut être destitué qu'après l'adoption d'une motion de censure votée à la majorité des 2/3.

A côté de çà, le président de l'Assemblée constituante et le président de la République se sont vus cantonnés dans une mission purement honorifique sans véritable pouvoir de décision.

Le résultat du deal est tellement en faveur d'une seule partie (en l'occurrence Ennahdha) qu'on en arrive à nous demander ce que Ettakatol et le CPR ont pu trouver à y gagner ? Et les interrogations ne font que s'amplifier avec la publication par le quotidien en arabe El Maghreb, dans son édition du 30 novembre, de la liste des ministères attribués au parti Ennahdha (selon les dernières tractations) qui révèle que ce dernier rafle pratiquement toute la mise (l'Intérieur, la Santé, l'Education, l'Enseignement supérieur, la Culture, le Commerce, les Affaires étrangères...).

De quoi ressortent-ils de cette «alliance» ? Deux présidences vidées de l'intérieur ?

Serait-ce possible que M. Ben Jaâfar et M. Marzouki aient vendu leurs âmes pour un poste (quand bien même honorifique) ?

Nous ne pouvons nous résoudre à le croire de la part de deux patriotes, démocrates et militants de longue date.

Que font-ils alors à côté d'un parti qui se proclame vainqueur et agit en vainqueur alors qu'il n'a que 40% des suffrages (soit 40% des 50% des électeurs tunisiens, la moitié des Tunisiens n'ayant pas participé aux élections) ? Comment peuvent-ils s'allier à un parti qui fait fi, dès la première occasion, de tous les principes démocratiques et impose sa visée hégémonique avec une telle impudeur un mois à peine après les élections ?

Serait-ce possible que tous les Tunisiens qui arrivent au pouvoir soient, immédiatement, frappés du syndrome «benaliste» et ne cherchent plus qu'à s'accaparer tous les pouvoirs et verrouiller les portes à toute alternance à la tête du pays ?

Une seule certitude, les citoyens tunisiens eux, bénis des cieux qui leur ont offert cette révolution inespérée, sont fermement décidés à chasser toute nouvelle forme de dictature qui pourrait menacer la Tunisie.

Du «benalisme», plus jamais chez nous !

Me Olfa JAIBI (avocate)

Source: ”Afrique en ligne” Le03-12-2011

Hamadi Jebali au Congrès AS Voyages à Monastir pour rassurer les touristes européens


«Ennahdha n’est pas un parti religieux, je tiens à vous le dire et à le confirmer ici officiellement. Nous sommes un parti civil politique», a déclaré Hammadi Jebali, secrétaire général du parti Ennahdha et futur Premier ministre, devant plus que 650 agents de voyage français lors de l’inauguration officielle du 2ème Congrès AS Voyages (groupe AFAT Voyages Selectour) qui se tient du 1er au 4 décembre 2011 à Monastir.

Venu particulièrement pour rassurer les touristes français, M Jebali a également rappelé que «le parti Ennahdha accorde une grande importance au rôle du secteur du tourisme dans le développement économique et social de la Tunisie». Il ajoutera que «dans les trois prochaines années, nous visons à atteindre 10 millions de touristes, doubler le nombre des nuitées et améliorer la pérennité et le revenu de ce secteur».

Le secrétaire général d’Ennahdha a insisté sur la volonté de son parti de renforcer les liens et développer davantage le partenariat avec l’Europe et particulièrement avec la France. «La Tunisie est plus que jamais ouverte à accueillir nos amis français et européens. Nous œuvrons avec les acteurs du secteur à développer une offre attractive pour permettre aux touristes d’élargir leur choix et de profiter des prestations de haute qualité», affirme M. Jebali.

Le très probable futur Premier ministre a saisi l’occasion pour rassurer les agents de voyage français que le parti Ennahdha va soutenir le secteur du tourisme dans toutes ses composantes. «Nous sommes convaincus qu’il faut aller de l’avant pour accueillir davantage de touristes français et européens en Tunisie. Nous vous invitons alors à partager avec nous des idées et conseils pour améliorer l’offre de la compétitivité de ce secteur important pour notre pays», suggère M. Jebali.

Source: ”WMC” Le 03-12-2011

Les Benalistes de Facebook devenus Nahdhaouis


La contre-révolution gagne du terrain sur Facebook. La page kooora Tunisie appelle à une méga manifestation, aujourd'hui, devant le siège de l'Assemblée Constituante. La violence n'est pas exclue. Ces ex-Benalistes veulent défendre les intérêts d'Ennahdha même si ce parti islamiste revendique sa retenue.

«Nous ne sommes pas encore venus. Et cinq hommes libres vous ont éjecté, vous et vos tentes! Tfouh sur ces orphelins de la France !» écrit un admin de la page kooora Tunisie en partageant un appel à une manifestation prévue aujourd'hui à partir de 10h. Il s'agit d'une allusion à l'agression subie par les sit-inneurs du Bardo orchestrée par un groupuscule extrémiste durant la nuit du jeudi 01 décembre.

Nahdhaouis hors de contrôle ?

Même si le parti islamiste a annoncé, dans une note publiée vendredi 02 décembre, qu'il n'appelle pas à la manifestation du samedi jugeant qu'«il faut faire preuve de retenue durant cette période (...) tout en saluant ses sympathisants soucieux», les protagonistes de kooora Tunisie persistent. «Pour certains, le soutien de l'islam et des justes causes du peuple est perçu comme un soutien à Ennahdha. Nous leur répondons que oui, nous sommes d'Ennahdha» atteste un des admins de la même page regroupant plus de 171 470 fans sur Facebook. A l'heure où la confiance n'est pas tout à fait rétablie entre les citoyens tunisiens et les médias traditionnels versant durant les années de la dictature dans la propagande et la désinformation, Facebook continue à être une des principales sources d'information mais également un levier fondamental de la mobilisation sociale. Dans ce contexte, les appels à la violence se multiplient. Encore pire! La propagande contre-révolutionnaire est également en train d'envahir le réseau social. La page kooora Tunisie, en l'occurrence, était une tribune d'un groupuscule de propagandiste de l'ancien régime.

Retour sur la propagande pro-Zaba

Dans un post publié le 04 février 2011, le blogueur Astrath Istrath l'a rappelé avec des imprime-écrans à l'appui. Idem pour le blog «laïques tunisiens». La page koora Tunisie attaquait les opposants du régime en les qualifiant de «traitres de la nation» et d'«envieux» du succès du régime de Ben Ali. Dans le temps, ses administrateurs ne cessaient d'exprimer leur «totale confiance» en la personne du dictateur déchu en louant les acquis de «l'ère du changement». A l'époque, ils se disaient «résister au courant gauchiste». Et ils présentaient l'Union Nationale de la Femme Tunisienne, une association-outil de propagande créée par des RCDistes comme un symbole de l'émancipation féminine. Mieux : ces pseudo-révolutionnaires appelaient les autorités à réprimer les pages créées et gérées par les cyberdissidents. D'ailleurs, au début du soulèvement populaire à Sidi Bouzid, la page kooora Tunisie a qualifié les révoltés d'«ignorants» et de «manipulateurs». Après la chute du régime de Zaba, même s'ils ont retourné la veste mauve pour prendre les couleurs islamistes, ils ont continué jusqu'au mois de mai à défendre avec acharnement Slim Chiboub, sulfureux gendre du dictateur déchu impliqué dans certaines affaires de malversation et de corruption.

Voilà que les ex-Benalistes s'affublent de la barbe des islamistes et s'autoproclament Nahdhaouis. Face à ces données et à la profusion de la violence, le Mouvement d'Ennahdha, relativement majoritaire à l'Assemblée Constituante, se retrouve face à l'obligation éthique de se positionner clairement bien loin du double discours et des déclarations opaques.

Source:”Tekiano” Le 03-12-2011

Tunisie. L’erreur politique de la coalisation islamo-démocrate (2-2)

 

Hamadi Jebali prend la direction du gouvernement transitoire au moment où la Tunisie traverse sa pire crise depuis l’indépendance. Une inflation galopante, un chômage de masse, des prix qui flambent, une activité touristique à la limite de la faillite, des disparités abyssales entre les régions, la fuite probable d’investisseurs…

Les islamistes se défausseront sur leurs alliés démocrates

La crise est telle qu’une explosion sociale est prévisible. La tâche est redoutable, l’urgence est là. Les Tunisiens qui ont massivement voté pour Ennahdha et ses promesses incantatoires exigent des améliorations immédiates de leur situation économique et sociale dégradée ; ils veulent de suite que leur quotidien s’améliore.

Dans ce paysage économique précaire, et sur fond d’attentes fortes, les islamistes savent qu’ils ne disposent d’aucun programme crédible autre que des promesses électorales peu opérantes, qu’ils ne pourront pas mener toutes les réformes promises ni répondre aux attentes immédiates de la population et qu’ils ne résoudront pas à eux seuls les problèmes colossaux des Tunisiens comme ils ne pourront pas, à eux seuls, séduire les milieux d’affaire et les investisseurs étrangers.

Sans doctrine économique fiable ni expérience du pouvoir réel et en fins stratèges, ils placent les démocrates en première ligne sur le terrain social et de la contestation, tout en s’octroyant les postes les moins risqués et les plus sucrés du gâteau.

Assurément, ils ne veulent pas partager seuls la responsabilité d’un échec probable ou des mesures que des ministres démocrates vont initier et qui vont tantôt déplaire à leur base, tantôt mécontenter les militants démocrates. Alors, ils préfèrent se défausser, selon leur intérêt politique et électoral, sur les démocrates de service qui seront sur le terrain de la difficile reconstruction et revendication sociale. Pendant ce temps, ils se borneront à labourer avec patience le terrain de la Justice, de l’Intérieur, de l’Education et de bien d’autres secteurs stratégiques, sachant que les élections législatives auront lieu, au plus tard, dans un an.

Risque d’islamisation rampante de la société

Ce qui frappe dans cette alliance, c’est l’incapacité des dirigeants démocrates membres du gouvernement d’union, d’une part à reconnaître le caractère exceptionnellement grave de l’entreprise d’islamisation de la société tunisienne, et d’autre part, à fournir des réponses concrètes pour freiner ce fléau.

Depuis le début de la campagne électorale, une série d’actes de violences attribuée à des islamistes radicaux ainsi qu’une campagne d’islamisation rampante dégradent la démocratie et risquent d’ouvrir la voie à un régime pire que celui de Ben Ali.

Le bon sens nous dit que ces quelques milliers d’islamistes radicaux ne sont pas en capacité de transformer les modes de vie des Tunisiens et leur rapport au religieux. Or, ce risque est loin d’être négligeable. Il est même fortement présent depuis qu’Ennahdha et ses islamistes ont introduit dans leurs discours d’une manière discrète puis décomplexé des références religieuses à connotation wahhabite.

Ainsi, à la crainte de se faire traiter d’impie ou de mécréant, au seul motif de prononcer le mot laïque, s’ajoutent l'intimidation et la peur, l’agression physique et verbale contre les femmes, les insultes aux femmes célibataires, l’évocation d’un sixième califat et ses connotations radicales, l’intimidation voire l’interdiction d’accès aux enceintes universitaires des filles non voilées, la stigmatisation de la langue française et sa pollution, la tentative de brûler une chaine de télévision au seul motif d’avoir diffuser un film iranien jugé blasphématoire et outrageux aux prescriptions coraniques.

Cette volonté de changer la vie des Tunisiens dans un domaine vital à la démocratie, la liberté d’expression et d’opinion, se déroule sur fond d’extension de manifestations symbolique de religiosité. Ainsi, le hijab est devenu l’uniforme féminin par excellence, conseillé sinon imposé par des militants aux aguets. Dans les mosquées, les appels à la prière se font à coups élevés de décibels suivis de prêches virulents qui exigent l’application de la chariaâ, l’interdiction de la vente d’alcool, la sacralisation du vendredi comme jour de repos et le lancement de fatwas contre les festivals de musique qualifiés de sataniques.

Là, nous sommes en pleine entreprise de réislamisation de l’espace sociale et culturel qui montre qu’Ennahdha et particulièrement son courant radical ne céderaient pas et ne pourraient céder sur ce point car il constitue la quintessence de son projet.

Mais cette entreprise soulève, dans le même temps, le problème encore plus important de la cohésion nationale. Ce n’est pas seulement la Tunisie et son identité musulmane qui est en péril, mais également la civilisation et la culture arabo-judéo-musulmane dont elle est porteuse. Sans doute, le vivre-ensemble, élément clé de la vie sociale de la Tunisie, aura désormais un avenir incertain.

Alors, comment mieux avouer que cette deuxième république, célébrée un certain 22 novembre au Palais du Bardo, risque de ne pas être républicaine encore moins démocratique ? Et ce risque a été minimisé par les démocrates au pouvoir aujourd’hui, et ils seront obligés demain, d’assumer leurs responsabilités dans la «fitna» annoncée.

Pour un front d’union nationale

Alors quelles solutions pour s’en sortir ? Il faut d’abord que les démocrates le décident et qu’ils en fassent un enjeu politique d’avenir avec une urgence : se lever ensemble sans calculs ni ambitions politiques pour lancer, avant les prochaines échéances électorales, un front républicain avec une seule liste gagnante d’union nationale. Un front composé de musulmans, de laïques, de femmes, de syndicalistes, de militants sincères et patriotes d’Ennahdha, du Cpr et d’Ettakatol et de tous les autres partis de l’opposition soucieux de défendre la liberté d’expression et de croyance et de respecter et accepter l’alternance du pouvoir. Un front pour dénoncer et combattre tous ceux qui développent le discours de la haine : haine de l’autre, de la femme, du laïque, du musulman, tous ceux qui surfent sur la peur, peur du français et de l’invasion occidentale, de la démocratie, de l’islam. Un front du refus de l’obscurantisme et ses dérives portées par des fanatiques qui, soit armés de l’épée de Dieu, rêvent de renouveler le 6ème califat et de régenter tous les détails de la vie des citoyens, soit aveuglés par une laïcité détournée, heurtent les Tunisiens musulmans dans leur relation légitime avec la foi.

Ne sont-ce pas là les causes qui devraient unir tous les républicains et démocrates pour sauver la jeune démocratie tunisienne et éviter une catastrophe annoncée ?

Source: ”Kapitalis” Le 03-12-2011