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TUNISNEWS
8 ème année, N° 3117 du 04.12.2008
 archives : www.tunisnews.net  
Liberté et Equité: Liberté pour le docteur Sadok Chourou
C.R.L.D.H. Tunisie: Compte rendu de la première journée du procès : 8 détenus libérés et renvoi du procès pour le 11 décembre 2008.
AFP: Tunisie: ouverture du procès de dirigeants du mouvement social à Gafsa
Le Monde: Les leaders des émeutes de Gafsa devant la justice tunisienne
NouvelObs: Gafsa : 38 syndicalistes jugés pour s'être révolté
L’Humanité: Avec les résistants tunisiens de Gafsa
L’Humanité: Le sourire de Mokhtar Trifi
 AFP: Tunisie: le chef d'un parti de gauche candidat à la présidentielle 2009
Comité Vérité et Justice pour Farhat Hached: Vérité et Justice pour Farhat Hached, leader syndicaliste tunisien assassiné des mains de   « l’escadron colonial de la mort »
AFP:Port du foulard à l'école: deux Françaises déboutées à Strasbourg
AFP: Italie/terrorisme: la Ligue du Nord veut interdire la création de mosquées
Reuters: Un nombre record d'Américains demandent l'aide alimentaire

 

Liste actualisée des signataires de l'initiative du Droit de Retour :
http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html

Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l'initiative :
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Liberté pour tous les prisonnier politiques
Liberté et Equité
organisation de Droits de l'Homme indépendante
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Tel: 71340860
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Liberté pour le docteur Sadok Chourou
 

Sadok Chourou, ex prisonnier politique, est détenu pour le deuxième jour d'affilée et sa famille ignore tout de la raison et du lieu de sa détention. Dix agents de la police politique ont fait intrusion à quatre heures et demie hier, mercredi 3 décembre, au domicile de l'ex Président du mouvement En Nahdha, sans présenter de convocation ou de mandat, et ils l'ont emmené de force vers un lieu inconnu. Sa famille a été effrayée et épouvantée par la descente et l'intrusion au domicile [...]
Pour le Bureau exécutif de l'Organisation
Le Président
Maître Mohammed Nouri
(traduction d'extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
C.R.L.D.H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme
 21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34 /  Presse : 00 33 6 83 44 77 71 عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته. / www.crldht.org
 TUNISIE : LE PROCES TRES ATTENDU DES LEADERS DU MOUVEMENT SOCIAL DU BASSIN MINIER S’OUVRE LE JEUDI 4 DECEMBRE 2008 DEVANT LE TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE DE GAFSA (SUD-OUEST TUNISIEN

Compte rendu de la première journée du procès : 8 détenus libérés et renvoi du procès pour le 11 décembre 2008.
 

La première journée du "procès des 38" concernant les leaders du mouvement du bassin minier s'est clôturée ce soir au Tribunal de Première instance de Gafsa comme prévu sur un report, qui était demandé par la défense. Les nouvelles dates fixées en fin de journée par le tribunal pour la suite du procès sont les 11 et 12 décembre prochains. Par ailleurs, le juge a décidé ce soir également de la mise en liberté provisoire de huit détenus, à la demande de la défense qui l'avait réclamé pour l'ensemble des inculpés. Les huit détenus concernés sont : Othman ben Othman, Moad Ahmadi, Mohsen Amaydi, Mohamed Baldi, Makram Majdi, Mohamed Helali, Radhouane Bouzaiane, Abdallah  Elfajraoui. Demain matin doit se dérouler en outre à partir de 9H l'interrogatoire de deux des 38 inculpés qui était en fuite mais se sont présentés à l'audience de ce matin. Aucune réponse n'a été apportée en revanche à deux autres demandes de la défense, qui concernait une expertise médicale sur les prisonniers suite aux faits de torture qu'ils ont rapporté, ainsi qu'une convocation des deux maires successifs de Redeyef pour qu'ils soient entendus par le tribunal sur les négociations qu'ils avaient mené notamment avec l'inculpé Adnane Hajji, figure emblématique du mouvement, et d'autres inculpés du même procès.
Le procès des leaders syndicaux avait commencé par l'énumération des noms des inculpés, qui affichaient aux dires des observateurs un bon moral. Les inculpés ont alors chanté l'hymne national, rejoints par leurs avocats, malgré des bousculades policières . Un premier report d'audience de 15 mn a été demandé aussitôt par les avocats de la partie civile afin que d'autres collègues d'autres villes tunisiennes en train seulement d'arriver puissent également se constituer dans la défense. Ce sont près d'une centaine d'avocats présents à l'audience pour défendre les inculpés, venus de toutes les villes du pays. "Le tribunal est rempli de robes noires", témoigneait ce matin avec beaucoup émotion par téléphone un avocat venu de Tunis au CRLDHT. Le chiffre officiel annoncé est de 92 avocats consitués dans la partie civile. D'après cette même source, "presque tous les leaders politiques et syndicaux étaient présents". "Les prisonniers auraient été privés de la visite de leurs avocats ces trois derniers jours." Les avocats ont demandé le témoignage du ministre de la santé publique et des hauts fonctionnaires de l'Etat. Mokhtar Trifi, président de la LTDH, a plaidé sur le cas de Mouhieddine Cherbib, résidant à Paris et coaccusé pour délit de solidarité et divulgation d'informations sur le bassin minier vers l'étranger, demandant un report car M. Cherbib n'a reçu aucune convocation. Les avocats ont surtout plaidé aujourd'hui sur la forme, demandant la libération provisoire des détenus, et le report du procès.

Des délégations syndicales marocaine, française, algérienne étaient arrivées hier en Tunisie afin d'assister au procès. Seul l'un des deux représentants de la CGT, Vincent Krier responsable des questions internationales de la FERC-CGT, a été contraint de faire demi tour à l"aéroport (officiellement parce que sa carte d'identité française ne pouvait suffire pour entrer sur le territoire tunisien, ce qui est généralement toléré). Divers cas par ailleurs d'empêchement d'accéder à Gafsa ont été signalés, par exemple trois femmes de l'Association Tunisienne des Femmes démocrates (ATFD) qui ont été contraintes de faire demi tour à l'entrée de l'autoroute en sortant de Tunis par six voitures de police vers 4H30 du matin. Elles avaient l'intention notamment de rendre visite à Redeyef aux épouses des inculpés. Pour mémoire, l'ATFD s'est vu récemment attribuer le prix des droits de l'homme 2008 de la République française et la cérémonie de remise du prix aura lieu ce 10 décembre à Paris, en présence de Mme la ministre Rama Yade. Egalement, Messaoud Romdhani, porte-parole du Comité national de soutien aux populations du bassin minier, et responsable de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme, et constamment empêché de quitter Kerouan (hormis la semaine dernière dans le cadre de la visite d'une délégation française à Tunis) a été une fois de plus contraint de rester dans sa ville. Plusieurs familles de Redeyef d'où sont issus la majorité des inculpés de ce jour n'ont pas été autorisées non plus à quitter leur ville. D'autres cas d'interdiction d'accéder à Gafsa par les forces de police sont encore avérés.

Nouvelle importante pour ceux qui l'ont pas eue encore : le bureau exécutif de l'UGTT (la centrale syndicale) a décidé hier de lever la mesure de suspension qu'il avait prise à l'encontre de Adnane Hajji, le leader syndical. Adnane Hajji avait été l'objet en effet, en mai 2008,  d'une mesure disciplinaire de « suspension de toute activité syndicale "  Cette décision de l'UGTT suggère que la centrale syndicale réhabilite officiellement l'action de son adhérent et soutient la défense de Adnane Hajji et de ses camarades à la veille du procès.

 
Pour plus d'infos : Contact presse CRLDHT, tél +33683447771
 

Federazione Impiegati Operai Metallurgici nazionale
Ufficio internazionale
Corso Trieste, 36 - 00198 Roma - tel. +39 06 852621 - fax +39 06 85303079
www.fiom.cgil.it   - e-mail: عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.

Alla Ambasciata di Tunisia in Italia
Via Asmara 7, 00199 Roma
Fax 06 86218204
 

La Fiom-Cgil, sindacato italiano dei metalmeccanici, esprime la propria ferma protesta contro la repressione messa in atto dal Governo tunisino nei confronti della legittima lotta della popolazione della zona mineraria di Gafsa, iniziata nel gennaio 2008. Molti, compresi i sindacalisti leaders della lotta stessa, sono stati arrestati, sappiamo di torture e maltrattamenti che subiscono in carcere in attesa del processo.

Sappiamo altresì delle gravi accuse rivolte contro il Presidente della Federazione tunisina delle due rive (FTCR), residente a Parigi e che ha espresso il sostegno alla lotta anche dell'immigrazione tunisina, come anche insegnanti e giornalisti.

Esprimiamo la nostra solidarietà, come sindacato affiliato alle Federazioni internazionali FISM e FEM, alla lotta pacifica di questa popolazione per un lavoro e una vita dignitosa, per lo sviluppo locale.

Queste persone, secondo il diritto internazionale del lavoro, sancito dalle Convenzioni OIL meritano che si apra con loro una trattativa, non il carcere e i processi.

Protestiamo contro gli arresti e richiediamo la liberazione immediata dei prigionieri; protestiamo contro la criminalizzazione della solidarietà con questo movimento espressa da ONG e società civile, in vari paesi, nel rispetto delle leggi rispettive.

Ci uniamo a tutte le Associazioni e sindacati che intendono far sentire la propria voce a sostegno di diritti fondamentali, come la libertà di espressione, di stampa, di Associazione.

Chiediamo alla Unione Europea di intervenire presso il Governo di Tunisi relativamente al non rispetto, da parte delle Autorità tunisine, della clausola contenuta nell'accordo di Associazione tra Tunisia e Unione Europea, che tutela i diritti umani.

Auspicando un positivo e sollecito riscontro alle nostre richieste, inviamo distinti saluti

Alessandra Mecozzi
Responsabile Ufficio Internazionale Fiom-Cgil
 
 

 
Tunisie: ouverture du procès de dirigeants du mouvement social à Gafsa

AFP  04.12.08 | 16h57

 
Le procès de trente-huit Tunisiens, dont Adnane Hajji, principal leader du mouvement de contestation sociale dans la région minière de Gafsa (350 km de Tunis) a commencé jeudi dans cette ville du sud-ouest tunisien, apprend-on auprès des avocats de la défense.
Une centaine d'avocats et d'observateurs de France, d'Algérie et du Maroc, assistaient à l'audience devant la Chambre criminelle du tribunal de première instance de Gafsa au milieu d'importantes mesures de sécurité, a-t-on indiqué.

Les prévenus comparaissant, pour la plupart en état d'arrestation, sont poursuivis pour "appartenance à une bande, participation à une entente établie dans le but de préparer ou de commettre un attentat contre des personnes ou des biens" et autres actes "de nature à nuire à l'ordre public".
L'audience qui se poursuivait jeudi après-midi était consacrée à des demandes formelles des avocats de la défense, qui ont réclamé la libération provisoire et des expertises médicales pour les prévenus.
Parmi les accusés, des enseignants et syndicalistes pour la plupart, figurent Mohiedine Cherbib, coordinateur d'un comité de soutien des habitants de Gafsa en France, et l'opposant Fahem Boukaddous, correspondant de la chaîne dissidente Al-Hiwar émettant depuis l'Italie.
Porte-parole du mouvement de protestation, Adnane Hajji a été arrêté après les troubles qui ont nécessité une intervention de l'armée après la mort par balles le 6 juin d'un manifestant à Redeyef, principal foyer d'une agitation de plusieurs mois sur fond de chômage, coût de la vie, corruption et népotisme.
Ce mouvement, ayant impliqué des femmes et des jeunes, avait été déclenché en janvier 2008 par la publication de résultats jugés truqués d'un concours d'embaûche à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), premier employeur de la région au taux de chômage très élevé.
Pour les autorités judiciaires, ce procès intervient "dans le cadre des poursuites engagées contre les personnes impliquées dans les troubles de l'ordre public et dégradation de biens d'autrui qui ont eu lieu à Redeyef".
L'enquête sur ces troubles a révélé, selon la même source, l'implication de Adnane Hajji dans les évènements qui ont fait un mort et plusieurs blessés lors de heurts avec la police.
En juillet dernier, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a fait limoger le Pdg de la CPG et annoncé des mesures d'investissement au profit de la région, où de nouvelles manifestations ont eu lieu pour la libération des prisonniers.

Les leaders des émeutes de Gafsa devant la justice tunisienne

Employés des mines de phosphate, chômeurs, étudiants, femmes et jeunes ont porté le mouvement de façon pacifique, pour attirer l'attention sur la marginalisation économique d'une région où le taux de chômage avoisine les 30 %. Car Gafsa, c'est l'envers du décor et du "miracle économique" tunisien. Népotisme, corruption, pollution... Les conditions de vie y sont particulièrement difficiles.

La vague de répression qui s'est abattue sur la population à partir d'avril s'est soldée par la mort de trois jeunes manifestants, dont deux tués par balles. Des centaines de personnes ont été arrêtées et condamnées à de lourdes peines de prison.

Reste à juger les figures du mouvement, des syndicalistes pour la plupart. Au total, 38 personnes parmi lesquelles Adnane Haji, instituteur, la figure de proue du mouvement. Tous sont poursuivis pour "appartenance à une bande de malfaiteurs", "nuisance à l'ordre public", ou encore "préparation d'attentats". Ils risquent plus de dix ans de prison. Plusieurs affirment avoir été torturés lors de leurs interrogatoires.

Egalement au nombre des accusés, bien qu'il habite Paris : Mohieddine Cherbib, président de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), une association connue qui regroupe, depuis une vingtaine d'années, des travailleurs tunisiens immigrés en France. M. Cherbib est poursuivi pour "adhésion à une bande" et "distribution de documents susceptibles de troubler l'ordre public", autrement dit, il est accusé d'avoir relayé, en France, le mouvement de protestation de Gafsa.

Fin novembre, une délégation française d'élus de gauche et de représentants de la société civile, parmi lesquels Marie-George Buffet, Clémentine Autain et Mgr Gaillot, se sont rendus en Tunisie pour manifester leur soutien aux prévenus, à la veille de leur procès.

A Londres, Amnesty International a réclamé, mercredi 3 décembre, une enquête indépendante sur la torture en Tunisie, après avoir été informée de faits précis intervenus cette année à Gafsa.

Florence Beaugé
(Source: "Le Monde" (Quotidien - France) Le 5 decembre 2008)

 



TUNISIE
Gafsa : 38 syndicalistes jugés pour s'être révoltés

Ils risquent des peines très lourdes pour avoir participé à un mouvement de révolte populaire en janvier 2008, dans cette région pauvre de Tunisie.


Le procès des 38 syndicalistes impliqués dans le mouvement social de la région minière de Gafsa (Sud) s'ouvre ce jeudi 4 décembre. Accusés de droit commun, ils risquent des peines très lourdes pour avoir participé à un mouvement de révolte populaire en janvier 2008. Les associations de défense des droits de l'homme et les syndicats français dénoncent la violence de la répression étatique.
Déjà le 12 juin avait eu lieu le procès de 14 jeunes, accusés d'avoir participé au mouvement. Selon le comité de soutien aux habitants du bassin minier de Gafsa, ce n'était qu'un "simulacre indigne d'un procès de justice", le juge ne respectant pas lui-même les principes d'équité et d'impartialité. Les conditions d'arrestations et de détention étaient également remises en cause. "Un grand nombre d'agents en civil de la police politique, embarqués dans des véhicules de location, font des incursions au centre ville et aux alentours du marché. Ils procèdent à des enlèvements de dizaines de jeunes qui disparaissent dans divers lieux de détention où ils sont soumis à la torture. "Une véritable chasse aux jeunes de Redeyef et du bassin minier a été lancée par le pouvoir", dénonçait un communiqué du comité de soutien.

Phosphate et pauvreté

La région de Gafsa, tout en étant la plus pauvre de Tunisie, permet une exploitation du phosphate faisant du pays le 4e producteur mondial. Les seules infrastructures servent au transport des marchandises, la population étant laissée à l'abandon. Ainsi, seule la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) représentait localement un potentiel moteur économique. Sa restructuration, qui la fit passer de 11.000 à 5.000 salariés, mit le feu aux poudres. Le mouvement commença le 5 janvier 2008, avec l'occupation du local de l'Union générale tunisienne du travail par de jeunes diplômés qui ne trouvaient pas à s'embaucher. Rapidement rejoints par leurs familles, par les lycéens et les ouvriers, la protestation pris une ampleur extraordinaire. Elle continue aujourd'hui, après la déception de la population qui n'a pas vu les promesses présidentielles émises en juillet se concrétiser.

Silence radio

Cependant, très peu d'informations filtrent. Les médias officiels tunisiens ont ordre de ne pas ébruiter l'affaire et les policiers bloquent la zone. Des journalistes sont toutefois venus témoigner à Genève, tel Rachid Khéchana, rédacteur en chef de Al-Mawqif, un journal d'opposition. "Les autorités ne veulent pas étaler le scandale à l'extérieur. Si les infos sont diffusées hors du pays, la situation n'est plus maîtrisable" analyse-t-il. Si une équipe de la télévision Al-Hiwar a réussi à sortir des images diffusées en Europe, c'est au prix de tabassages et d'une inculpation de "constitution de bande de malfaiteurs" pour le journaliste Fahem Boukadous, qui risque 10 ans de prison.

Solidarité syndicale

Les syndicats français CGT, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA-Education et SUD-Education réclament la libération des inculpés de Gafsa. Ils dénoncent également la criminalisation des soutiens extérieurs, dont découle notamment l'inculpation de Mouhieddine Cherbib, président de la Fédération des Tunisiens Citoyens des Deux Rives, à Paris. "Nous exprimons notre solidarité avec les syndicalistes emprisonnés et la lutte de la population minière de Gafsa dont nous soutenons la juste cause", déclarent-ils dans un appel unitaire.


(Source: NOUVELOBS.COM | 04.12.2008 | 15:57)
 

Avec les résistants tunisiens de Gafsa

Tunisie . La répression du régime Ben Ali s'est abattue sur le bassin minier de Gafsa, les rafles se multiplient, en quelques mois le bilan est terrible. Excédés, les habitants réclament plus de justice sociale. Reportage.

envoyé spécial.

En partant de Gafsa, la grande ville du phosphate dans le Sud tunisien, il faut encore parcourir plus de 70 kilomètres en direction de l'Algérie pour atteindre Redeyef. Le plateau est aride, balayé par un vent glacé. Ce sont des lieux rebelles, les habitants sont attachés à leur indépendance, jaloux de leur réalité et méfiants lorsque ceux qui ne sont pas du coin s'y aventurent. Ils savent aussi ce que leur travail apporte à la Tunisie, combien leurs souffrances ont permis de creuser les mines, auparavant, et, aujourd'hui, de venir à bout de la roche pour creuser des carrières.

Dans cette région où on préfère serrer les dents plutôt que de pleurer, l'injustice est ressentie avec force. Comme une claque répétée. Comme une punition. Le taux de chômage autour de Gafsa s'élève à 21 % contre 14 % sur le plan national et moins de 10 % dans les zones littorales. Des conditions de vie déjà difficiles, surtout pour les jeunes diplômés qui ne trouvent pas de travail, rendues encore plus précaires avec l'augmentation rapide et importante des prix des produits de première nécessité. Gazala Hamdi, trente ans, diplômée en gestion, est ainsi restée trois ans au chômage. Avec des amis elle a créé en janvier 2006 le comité des jeunes chômeurs de Gafsa, « parce que tous les jeunes qui sortent de l'université sont perdus ». Les manifestations organisées devant le siège du gouvernorat, de l'instance administrative régionale de l'embauche et celui de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) se sont souvent terminées par des tabassages en règle d'un côté et de l'autre, quelques propositions de travail sans lien aucun avec leurs diplômes pour quelques chômeurs, dont Gazala, qui n'est pas dupe. On croyait la faire taire, elle a continué. Elle est maintenant de nouveau sans travail.

Alors, le 5 janvier dernier, devant l'évident trucage du concours d'embauche organisé par la Compagnie générale des phosphates (CGP) de Gafsa, la colère explose. Manifestations et sit-in se multiplient. La population n'a pas spécialement décrété la révolution mondiale et ne remet même pas en cause le pouvoir central. Elle veut simplement de la justice, en finir avec les passe-droits et la corruption, en terminer avec le règne de petites frappes locales, représentants syndicaux aux ordres ou chefs régionaux du parti dominant, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) du président tunisien Ben Ali. Ce dernier fait donner la troupe. En quelques mois le bilan est terrible. Trois personnes meurent dont un jeune, Hafnaoui Maghzaoui, vingt-deux ans, abattu d'une balle dans le dos, 26 autres sont blessées. Les rafles se multiplient, le bras de la justice supplée celui du flic et les peines tombent, toujours lourdes.

D'autres sont en attente, comme les « 38 », dont le procès s'ouvre ce 4 décembre (lire ci-contre). Parmi eux, trois leaders : Adnan Hadji, Bechir Labidi et Taieb Ben Othman. Comme si cela ne suffisait pas, Redeyef est pratiquement coupé du reste du pays depuis plusieurs mois. Même les avocats ne peuvent s'y rendre qu'au compte-gouttes. Venus de Tunis (près de 500 km au nord) ou de Gafsa, ils doivent parfois rebrousser chemin sans même avoir vu leurs clients emprisonnés ou les familles. La semaine dernière, une délégation de personnalités françaises a pu miraculeusement franchir les contrôles (lire ci-contre), preuve s'il en était besoin que le pouvoir n'est pas si indifférent à la pression extérieure, surtout lorsqu'elle est publique.

En arrivant dans Redeyef c'est d'abord la méfiance qui se lit dans les yeux. Tout juste si on nous répond lorsque nous demandons notre chemin pour aller voir les épouses de Adnan Hadji, Bachir Labidi et Taieb Ben Othman, trois instituteurs considérés comme les meneurs du mouvement et incarcérés depuis plusieurs mois maintenant. Il règne un drôle de calme qu'on subodore tout relatif. Trop de mal a été fait ici pour que le ressentiment disparaisse. Si les autorités tunisiennes nous ont laissés parvenir jusqu'à Redeyef, des instructions ont été données aux dizaines voire aux centaines de policiers en civil qui ont envahi la ville et la quadrillent. Certains sont en vélomoteur, d'autres à pied. Des voitures de location - aisément repérables à leurs plaques d'immatriculation bleues - stationnent aux principaux carrefours comme si de drôles de touristes avaient décidé d'affluer dans cette contrée, en plein mois de novembre alors que le ciel chargé attend le moment propice pour se déverser.

Jomaa Hadji, l'épouse de Adnan, est assise dans son salon, digne. Elle parle de cette nuit du 22 juin où la police a débarqué. « Ils étaient très nombreux, ils ont encerclé la maison, sont passés par-dessus les murs. J'ai eu très peur », se souvient-elle. Pour les gros bras du régime peu importe que Jomaa ait récemment subi une greffe de rein grâce au don de son mari. Peu importe que les époux aient chacun plus de cinquante-cinq ans et soient sous traitement médical. Ils ont fait venir une ambulance et, une fois Jomaa partie, ont embarqué Adnan manu militari. « Lorsque je suis revenue tout était ouvert, portes et fenêtres. L'argent liquide avait disparu ». Il lui faudra six jours pour arriver à savoir où était emprisonné son mari. Il est à Kasserine, sur la route qui va vers Kairouan. Le 5 avril, Adnan avait déjà été arrêté. « Ils l'ont frappé, lui ont cassé plusieurs dents. Ils l'ont humilié en lui mettant des cendres de cigarettes sur la tête, en le laissant accroupi les mains attachées. Il y a 15 jours après la visite de ses avocats, les gardiens l'ont déshabillé, l'ont mis nu, ont touché ses parties génitales », confie-t-elle. Même traitement après le 22 juin, pour finalement - au bout de 27 heures passées sur une chaise et la menace de lui casser les jambes - lui extorquer des « aveux ». Cet instituteur, connu et estimé à Redeyef, serait donc un chef de bande, un vulgaire malfaiteur. C'est pour cela qu'officiellement il croupit dans une geôle, qu'il s'entasse dans une cellule avec 70 autres prisonniers, des droits communs. Pas pour des raisons politiques, bien sûr. « Adnan est très fatigué psychiquement mais il garde toute sa résistance », prévient Jomaa. « Il espère que cette injustice va finir. Quand il a appris qu'une délégation allait venir, ça lui a remonté le moral ».

Leïla Khaled est tout aussi digne. Son mari, Bachir, cinquante-cinq ans, et son fils Modafar, vingt-trois ans, sont aussi en prison à Kasserine depuis le 4 juillet pour le premier, à Gafsa pour le second. « Bachir a des problèmes de santé », indique-t-elle. « Il a perdu 20 kg ». Elle peut le voir une fois par semaine, quinze minutes. Ils se parlent par un combiné téléphonique en se regardant au travers d'une vitre avec, l'un et l'autre un agent à leur côté. Interdiction de se prendre la main, de se donner du réconfort par une caresse même furtive. Même chose pour Taieb Ben Othman, trente-sept ans, dans la prison de Sidi Bouzid, à 270 kilomètres de Redeyef, depuis le 7 juillet, dont la femme, Khamsa, doit maintenant s'occuper seule de leur fils de deux ans, blessé lors de l'intervention policière à leur domicile. « Je ne supporte pas de le voir derrière les barreaux », dit-elle. « Notre fils n'arrête pas de réclamer son père ». Taieb est aussi en mauvaise santé.

Dans la famille Hlaimi on ne décolère pas. Tarek, quarante-trois ans, instituteur, a été arrêté. Deux de ses frères sont à Nantes. Un autre, Amor, est toujours à Redeyef. « Au début, le mouvement s'est bien passé », raconte-t-il. « Mais le pouvoir a répondu par la répression. C'est ce qui a fait monter la tension. Il y a maintenant beaucoup de policiers ici, mais les voyous ne sont pas inquiétés. » Il dénonce également le manque de liberté. « On ne peut pas parler librement dans les espaces publics ». La mère, Jasmin, affirme même que « dès qu'on parle du mouvement au téléphone, la ligne est coupée ». Son foulard (plus traditionnel que religieux) sur la tête, Jasmin subit elle aussi les tracasseries répressives. Le chef de la police du district est venu la trouver dans son épicerie et lui a dit : « Si tu ne fermes pas ta gueule on arrête tes deux autres fils et toi avec ». Pour Jasmin, c'est l'enfer. « Maintenant, quand un de mes enfants sort et qu'il a du retard, je tremble. Je n'en peux plus. »

Safia n'en peut plus non plus. Elle ne dort plus depuis ce 6 juin, depuis que son fils, Hafnaoui Maghzaoui, a été tué. « On lui a tiré dans le dos, dans son quartier. Il allait chez sa grand-mère », dit-elle en sanglotant. « On a essayé de porter plainte, mais personne ne nous écoute. On vit dans des conditions misérables. Notre fils était notre espoir. Il est mort. » Dehors, les flics en civil ne cherchent même pas à se cacher. Au contraire. Ils se montrent ouvertement comme pour dire aux habitants : « Si vous bougez, on réprime ». Pas sûr que cela suffise. Le calme qui règne n'est qu'apparent. Dans les têtes, dans les maisons, la colère bouillonne toujours. Sorti le 25 octobre après trois mois de prison pour avoir participé aux manifestations, Faouzi Almassi, technicien à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) depuis six ans, a ensuite été licencié pour « abandon de poste » (sic). Il continue à dénoncer les pratiques de la direction syndicale dans son entreprise, faites de pressions et de prébendes. « Tout le monde a été menacé », souligne-t-il, en ajoutant, le regard fier : « Je suis prêt à continuer la lutte ». Gamra Ben Ali ne dit pas autre chose. Elle dont deux des fils, Abdelkarim et Ismaïl, ont été emprisonnés plusieurs mois, raconte. « Lorsque j'ai appris leur arrestation, je suis partie jusqu'à la montagne pour pleurer. » Et puis elle s'est ressaisie. « Le 6 juin la police tirait avec de vraies balles, elle lançait des gaz lacrymogènes, patrouillait avec des chiens. Mais tout le monde était dehors, toute la ville se révoltait ». Avec les autres femmes elle a participé à des sit-in devant le gouvernorat pour obtenir la libération de leurs fils et leurs époux. « Mon mari n'est pas en prison pour rien. Il défend la justice, ses convictions », soutient l'épouse de Bechir Labidi.

Pierre Barbancey

(Source : « L’Humanité » (Quotidien – France), le 3 décembre 2008)


 

Le sourire de Mokhtar Trifi
 
Une délégation de personnalités françaises a été reçue au siège de la Ligue tunisienne des droits de l'homme. Rencontres.

Tunis, envoyé spécial.
 
Mokhtar Trifi, le président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), arborait un large sourire en accueillant la délégation de personnalités françaises, le 26 novembre dernier. Pour la première fois depuis bien longtemps, l'accès au siège de son organisation, à Tunis, était dégagé de tout contrôle policier. De fait, les amis de la Ligue et les représentants des associations tunisiennes et des partis d'opposition ont ainsi pu accompagner la délégation et entamer avec elle un échange aussi fructueux qu'amical (1).

Trifi, qui se félicitait du soutien des progressistes français, ne pouvait que regretter l'attitude du président français lors de sa récente visite en Tunisie. « Ce qui a été audible, c'est le satisfecit donné à Ben Ali (le président tunisien - NDLR) par Nicolas Sarkozy », a-t-il regretté en rappelant que des dizaines d'opposants sont toujours dans les geôles du pouvoir, notamment les manifestants du bassin minier de Gafsa, pour lesquels les personnalités françaises ont fait le déplacement.

« Ce mouvement social est pacifique », a indiqué Abdessatar Ben Moussa, ancien bâtonnier du barreau de Tunis lors de cette rencontre. « Les droits de la défense sont bafoués. » Il rappelle que tous les inculpés disent avoir été torturés, qu'à chaque audience au tribunal de Gafsa des policiers en civil occupent les places empêchant les proches et les familles d'assister aux audiences. Ce à quoi Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature (France), répondait : « S'il y a un harcèlement des magistrats, cela signifie que l'ensemble de la société est gangrené dans son rapport au pouvoir. Saïda Garrach, au nom de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), a souligné le rôle des femmes lors des différentes manifestations dans le bassin minier. L'avocate Radhia Nasraoui, en charge de l'Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT), a dénoncé l'attitude du pouvoir qui « a essayé d'interdire l'accès à la région pour qu'aucune information ne sorte ».

Députée et secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet a d'abord dit sa « solidarité avec le mouvement social du bassin minier, les jeunes, les femmes, les victimes de la répression » et s'est engagée à médiatiser le mouvement alors que « de nombreux dirigeants français, et pas toujours de droite, trouvent qu'en Tunisie il n'y a pas de problèmes ».

Dès son retour à Paris, elle s'est adressée à l'ensemble des forces de gauche et des organisations sociales et syndicales en vue de constituer « un comité ou une coordination » de solidarité avec les démocrates tunisiens. Ce groupe contribuerait à « briser le silence de la répression ».

La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a abondé dans ce sens : « Nous voulons être des porte-voix. Nous voulons pouvoir dire que la Tunisie est un beau pays mais qu'il y a de vrais problèmes de démocratie et de liberté. »

Robert Bret, qui représente ATTAC, a dénoncé les activités de la police tunisienne sur le sol français et a pointé du doigt la responsabilité de la France et de l'UE pour faire respecter les droits de l'homme, comme le veut l'article 2 des accords de partenariat avec la Tunisie. Monseigneur Gaillot a exprimé son admiration « parce que depuis des années vous êtes entrés en résistance, vous avez l'expérience de la lutte et vous tenez bon ».

(1) Ettajdid, PCOT, PDP, FDLT, Parti de la Tunisie verte, PT, PSG...
La délégation française était composée, outre les personnalités citées, de Clémentine Autain,
Cécile De Oliveira, représentant la ville de Nantes, Abdennaceur El Idrissi de l'ATMF, Philippe Legrand (LDH-Nantes), Abdel-Ghani Moussalli, Jean-Robert Pradier (médecin), membres du Comité nantais de soutien aux Tunisiens du bassin minier de Redeyef-Gafsa, Gérard Busque, collaborateur
de M.-G. Buffet.

(Source : « L’Humanité » (Quotidien – France), le 3 décembre 2008)
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Tunisie: le chef d'un parti de gauche candidat à la présidentielle 2009
 
 

AFP, le 3 décembre 2008 à 19h19
TUNIS, 3 déc 2008 (AFP) - Ahmed Brahim, un opposant tunisien de gauche, chef du Mouvement Ettajdid (Renouveau, légal) a annoncé mercredi qu'il serait candidat à la présidentielle de 2009 sous la bannière d'une coalition démocratique en rupture avec "le pluralisme de façade".
"Ma candidature a été approuvée par les instances de mon parti et sera entérinée par nos alliés pour défendre la démocratie et le
pluralisme réel et non plus de façade", a-t-il déclaré dans un entretien à l'AFP.
Ahmed Brahim, 62 ans, dirige depuis 2007 le Mouvement Ettajdid (3 sièges au parlement), héritier de l'ex-Parti communiste tunisien fondé en 1920.
Sa formation chapeaute une coalition laïque de gauche qui veut faire contre-poids à l'opposition composant avec des islamistes du
parti Ennahda (interdit).
"Je serai candidat et je ne vais pas jouer les figurants", a affirmé M. Brahim, se donnant pour objectif de "restaurer la crédibilité du scrutin pour rompre avec les élections précédentes".
"Nous avons une ligne d'opposition ferme, nous voulons nous faire écouter et assainir le paysage politique pollué", a-t-il ajoutant, parlant d'une "bataille pour accéder aux médias publics".
L'enjeu consiste aussi à "mesurer le poids réel des forces démocratiques à défendre les acquis modernistes" en Tunisie, a-t-il dit, jugeant "pas possible à l'horizon" une alternance politique à la tête du pouvoir.
Sa candidature est la 4e dans les rangs de l'opposition, après celles de MM. Mohamed Bouchiha et Ahmed Inoubli, chefs respectifs du
Parti de l'unité populaire (PUP) et de l'Union Démocratique Unioniste (UDU), deux formations parlementaires modérées.
Plus radical, le Parti démocratique progressiste (PDP) a décidé le maintien de son candidat désigné et fondateur, Ahmed Nejib
Chebbi, une candidature incertaine au regard de la loi qui exige de tout postulant d'être le chef élu de sa formation, ce qui n'est pas son cas.
Le président Zine El Abidine Ben Ali, candidat à un cinquième quinquennat en 2009, avait été réélu en 2004 avec 94,4% des voix face à trois concurrents, dont un du Mouvement Ettajdid.

AFP
Comité Vérité et Justice pour Farhat Hached
56 ans après le 05 décembre 1952 nous réclamons :

Vérité et Justice pour Farhat Hached, leader syndicaliste tunisien assassiné des mains de   « l’escadron colonial de la mort »
 
Cinquante ans après l'indépendance de la Tunisie, l'assassinat de Farhat Hached demeure un grand mystère. Alors que quelques dossiers noirs de l'époque coloniale commencent à s'entrouvrir comme les massacres du 17 octobre 1961 ou l'affaire Ben Barka, le silence entoure toujours l'affaire Hached.
Silence des  archives, silence de la « République », silence et haussement d'épaules de l'Etat tunisien. « Laissons les morts enterrer les morts », voilà le commun mot d'ordre.
En Tunisie, la commémoratoion du cinquantenaire de l'Indépendance a pris la tournure protocolaire prévisible loin du souci de vérité et de justice qu'on était en droit d'attendre pour la  mémoire du fondateur de l'UGTT.
De ce côté-ci de la Méditerranée, le vent mauvais du revisionnisme et de  la nostalgie de l'Empire souffle sur le parlement tenté de magnifier l'histoire coloniale et de célébrer le rôle positif de "la plus grande France".
Pourtant les faits sont les faits : le 5 décembre 1952, Farhat Hached est froidement assassiné. Le leader syndicaliste était devenu une figure emblématique du mouvement national dans son ensemble, à cette époque de grandes tensions qui préludait à l'indépendance. Les tueurs de la « Main rouge » courent toujours et les commanditaires n'ont toujours pas été démasqués.
Il est pourtant établi que cet « escadron colonial de la mort » est lié aux services secrets français et devait s'illustrer par une série d'autres sales besognes tout au long des années 50 et 60 contre des combattants maghrébins. L'implication des autorités coloniales et de la Métropole dans l'assassinat est avérée et soutenue par d'éminents historiens.
Comme tout crime d'Etat, cet acte est imprescriptible. C'est pourquoi, nous, citoyens de tunisie : syndicalistes, historiens, juristes, militants des droits de l'Homme, associatifs des deux côtés de la Méditerranée... :
Conscients qu'une histoire partagée doit  être assumée, que la mémoire commune pour être pacifiée exige un devoir de vérité.
Demandons que les archives relatives à cette affaire soit ouvertes pour permettre enfin à la justice et aux  historiens de procéder aux investigations nécessaire.


 Comité Vérité et Justice pour Farhat Hached
c/o FTCR / 3, rue de Nantes - 75019 Paris
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Port du foulard à l'école: deux Françaises déboutées à Strasbourg

 
AFP, le 4 décembre 2008 à 11h47

    STRASBOURG (
Conseil Europe), 4 déc 2008 (AFP) - Les deux requérantes sont deux jeunes femmes de 21 et 22 ans et résidant à Flers, dans l'Orne. De confession musulmane, elles se plaignaient d'avoir été exclues définitivement de leur établissement scolaire en 1999 au motif qu'elles avaient refusé de retirer leur foulard pendant les cours d'éducation physique et sportive, alors qu'elles étaient scolarisées en classe de 6e.
A la suite de leur exclusion, elles ont poursuivi leur scolarité par correspondance.
Leurs recours devant les juridictions administratives françaises ont tous été rejetés.
Devant la CEDH, elles invoquaient les articles 9 (droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion) et 2 du Protocole 1 (droit à l'instruction) de la Convention européenne des droits de l'homme.
La Cour conclut à la non-violation de l'article 9, estimant que la sanction de l'exclusion définitive "n'apparaît pas disproportionnée" et constate que les requérantes ont pu poursuivre leur scolarité par correspondance.
Selon les juges, les convictions religieuses des requérantes ont été "pleinement prises en compte face aux impératifs de la protection des droits et libertés d'autrui et de l'ordre public".
La Cour estime qu'aucune question distincte ne se pose sous l'angle de l'article 2 du Protocole 1.
 

Italie/terrorisme: la Ligue du Nord veut interdire la création de mosquées
 
AFP, le 4 décembre 2008 à 14h07

ROME, 4 déc 2008 (AFP) - L'idée d'un moratoire sur la construction de mosquées lancée en Italie par la Ligue du nord après l'arrestation à Milan (nord) de deux hommes soupçonnés de préparer des attentats suscitait jeudi l'indignation de la communauté musulmane et des réserves de l'Eglise catholique.
"Ces arrestations démontrent que le terrorisme islamiste est ancré en Italie et que nous devons rester sur nos gardes. Malheureusement il n'est pas facile de distinguer entre les lieux de culte et les structures qui recrutent des terroristes et financent la préparation d'attentats", a déclaré le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni, l'un des principaux responsables de la Ligue.
Le parti régionaliste et anti-immigration a déposé une motion à la Chambre des députés visant à interdire la construction et la création de lieux de culte et de centres culturels musulmans en Italie, jusqu'à ce qu'une loi encadrant leur édification soit approuvée par le Parlement.
"Les mosquées se multiplient comme des champignons et les maires ne peuvent rien faire car il n'y a pas de loi", a expliqué le chef du groupe de la Ligue à la Chambre Roberto Cota.
Le président de la principale association musulmane en Italie, l'Ucoii, Izzedin Elzir, a immédiatement réagi, affirmant que "les mosquées sont des lieux de rencontre et de paix, qui facilitent le travail des forces de l'ordre".
Interrogé par l'agence Ansa, le "ministre de la Culture" du Vatican Mgr Gianfranco Ravasi a déclaré qu'il fallait "reconnaître une légitimité aux lieux de culte", tout en estimant "que la société civile a le droit de vérifier et d'intervenir s'ils devenaient autre chose que des lieux de présence spirituelle authentique".
Dans une récente interview, le secrétaire de l'épiscopat italien Mgr Mariano Crociata avait estimé qu'il fallait "garantir aux musulmans présents en Italie la possibilité de pratiquer leur religion de façon appropriée".
Ce sujet fait débat en Italie, où l'ouverture de lieux de culte musulmans, en particulier dans le Nord, suscite régulièrement les protestations de la population locale et de la Ligue.
En novembre 2007, une responsable de la Ligue avait suscité la polémique en promenant un porc, animal impur pour les musulmans, sur le terrain d'une future mosquée à Padoue (nord).
Interrogé par l'AFP le porte-parole du principal parti d'opposition (Parti démocrate, centre-gauche) Ermete Realacci a jugé "inacceptable" l'idée d'un moratoire qui n'est selon lui "pas la solution la plus adaptée face au problème du terrorisme".
L'Italie, où vit environ 1,2 million de musulmans, compte 258 lieux de culte musulman et 628 associations islamiques, selon la presse.
La police a arrêté mardi à Milan deux Marocains soupçonnés de préparer des attentats dans la ville et sa périphérie.
C'est la première fois que des terroristes présumés sont arrêtés en Italie non pour appartenance à une cellule logistique ou pour avoir recruté des kamikazes à envoyer au Proche ou Moyen Orient, mais pour avoir projeté des attentats sur le sol italien.
(©AFP / 04 décembre 2008 14h06)
AFP
 


Un nombre record d'Américains demandent l'aide alimentaire

 
REUTERS Jeudi 4 décembre, 07h57
NGTON, 4 décembre (Reuters) - Un nombre record d'Américains ont eu recours en septembre au système des tickets alimentaires ("food stamps"), principal programme de lutte contre la faim dans le pays.

Plus de 31,5 millions de personnes ont utilisé en septembre ce dispositif permettant l'achat de nourriture, soit 17% de plus qu'au même moment de l'année précédente, montrent les statistiques du gouvernement.
Le précédent record avait été atteint en novembre 2005, lorsque 29,85 millions d'Américains avaient eu besoin de tickets alimentaires, en partie en raison des dégâts causés par les ouragans Katrina, Rita et Wilma, a rappelé Jean Daniel, du service alimentation du département de l'Agriculture.
L'aide aux victimes des ouragans et des inondations a également relevé les chiffres de septembre, dernier mois pour lequel des statistiques sont disponibles, a indiqué Daniel.
Des ONG estiment toutefois que le ralentissement économique est la principale raison de cette hausse.
"C'est une tendance inquiétante", a déclaré Ellen Vollinger, directrice du Centre de recherche alimentaire et d'action, qui prévoit que d'avantage de personnes se tourneront vers les tickets alimentaires à mesure que le chômage augmentera.
Un Américain sur dix utilisait des tickets en septembre, a souligné Dottie Rosenbaum, analyste au Centre d'étude sur les priorités de politique budgétaire. Ce taux s'approche du pic enregistré en 1994 à 10,5% et est proche de ceux du début des années 1980.
REUTERS
 

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