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TUNISNEWS
11 ème année, N°3995 du 01.05.2011
archives : www.tunisnews.net
AFP: Tunisie-Libye: l'armée tunisienne évacue trois positions à la frontière
AFP: Les réfugiés libyens continuent d'affluer en Tunisie´
AP: Tunisie: des centaines de manifestants défilent à Tunis pour le 1er mai
Abdallah Rihani: Consolider la Révolution tunisienne, assurer sa protection, la prémunir contre les menaces

REVUE DE PRESSE

 
Tunisie-Libye: l'armée tunisienne évacue trois positions à la frontière

AFP / 01 mai 2011 19h27
DEHIBA - L'armée tunisienne déployée prés de la frontière avec la Libye dans le secteur de Dehiba a évacué trois positions aprés l'explosion d'un obus tiré de la Libye, selon un journaliste de l'AFP.
Le projectile est tombé à quelque 1.500 mètres du poste frontière de Dehiba en fin d'aprés-midi sans faire de victime.
Selon un combattant de la rébellion libyenne dans le secteur, des combats opposent les insurgés et les forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi pour le contrôle de la route stratégique Dehiba-Nalout en Libye, à une dizaine de km de la frontière.
Auparavant, des obus avaient explosé en territoire tunisien à 300 mètres de la frontière, dans le même secteur, selon des témoins.
Selon l'agence officielle TAP, la garde nationale tunisienne déployée a également prévenu une infiltration de combattants fidèles au colonel Kadhafi.
Le poste frontière de Dehiba est situé à quelques 200 kilomètres au sud de Ras Jdir, le principal point de passage entre la Libye et la Tunisie.
Le côté libyen de Dehiba est l'objet de combats depuis le 21 avril, lorsqu'il a été pris par les insurgés. Il avait été repris par les loyalistes le 28 avril, pour repasser quelques heures plus tard sous le contrôle des rebelles.
Ces combats ont inquiété la Tunisie qui dénoncé une dangereuse escalade militaire et mis en garde contre une violation de l'intégrité territoriale tunisienne.

Les réfugiés libyens continuent d'affluer en Tunisie

1/5/11 - 14 h 30 AFP -
 
Au poste-frontière de Dehiba, dans le sud de la Tunisie, le flot de réfugiés libyens ne tarissait pas dimanche matin, la police tunisienne ayant enregistré la veille le chiffre record de 4.970 personnes en une journée.
 
En milieu de matinée, des dizaines de véhicules aux plaques d'immatriculation libyennes patientaient au poste-frontière de Dehiba, l'un des principaux points de passage entre les deux pays avec celui de Ras Djir à 200 km au nord.
 
Côté libyen, un des soldats rebelles qui tient le poste, surmonté du drapeau aux trois couleurs rouge noire et verte adopté par les insurgés, relève sur un grand cahier le nom de chaque personne qui quitte le pays. La guerre n'est pas loin. Selon des rebelles, des combats les ont opposés aux forces kadhafistes dans la nuit de samedi à dimanche à 7 kilomètres de là, dans la montagne.
 
Jeudi, des soldats de l'arme régulière avaient mené un violent raid contre les rebelles sur le poste-frontière, pénétrant même en Tunisie de quelques kilomètres et suscitant une vive protestation de Tunis.
 
Depuis, l'armée tunisienne s'est déployée à quelques centaines de mètres de la frontière en installant des postes de combat à l'abri de murets de pierres sèches improvisés et disséminés dans un paysage minéral.
 
Malgré l'attaque de jeudi, la vingtaine de rebelles armés de fusils d'assaut kalachnikov et appuyés par un seul pick-up portant un canon bi-tube de 20 mm ne semblent pas inquiets. "Ce n'est pas la peine d'être trop nombreux ici, confie l'un d'eux à l'AFP, il vaut mieux s'opposer à eux plus loin chez nous".
 
Une fois passé le contrôle sommaire des rebelles, les réfugiés sont pris en charge par la police tunisienne. Dans les breaks ou les voitures surchargées où s'entassent souvent des familles d'une dizaine de personnes, chacun attend patiemment le contrôle des papiers que le père de famille présente aux policiers.
 
Une dizaine de minutes plus tard, les véhicules avancent de quelques mètres vers les douaniers. La plupart du temps, ceux-ci jettent un coup d'oeil sur les valises et les paquets et font signe de passer. De temps à autre, un chien de l'armée vient flairer l'intérieur d'une voiture à la recherche d'armes ou de munitions.
 
Quelques mètres plus loin, des membres de la Protection civile tunisienne attendent les blessés du conflit. Ils peuvent leur donner les premiers soins sur place avant de les évacuer vers les hôpitaux de Dehiba à 4 km de là et de Tataouine à 130 km, pour les plus touchés, explique un sous-officier.
 
Quant aux réfugiés sans ressources et sans logement, ils sont accueillis dans le tout premier camp de réfugiés après la frontière, installé dans la ville de Dehiba. Dimanche matin, 1.277 réfugiés y étaient recensés, selon ce sous-officier de la Protection civile. Deux autres camps sont installés sur la route vers le nord à Remada et à Tataouine.

 

Tunisie: des centaines de manifestants défilent à Tunis pour le 1er mai

AP 01/05/2011 à 15:56
 
Des centaines de manifestants ont défilé dimanche sur l'artère principale de Tunis, l'Avenue Habib Bourguiba, avant de passer devant le ministère de l'Intérieur réclamant «travail, dignité et liberté», a constaté l'AFP.
 
«Travailleurs, vous préparez le pain mais vous vivez avec les miettes!», scandaient ces manifestants en colère contre le gouvernement de transition.
 
«Nous voulons une autre révolution», «Le peuple veut faire tomber le gouvernement de Béji Caïd Essebsi», «Oui nous allons mourir mais après avoir déraciné l'oppression», pouvait-on lire sur de grandes banderoles.
 
«En cette journée mondiale de travail, nous voulons transmettre un message aux membres de ce gouvernement: ils n'ont rien fait pour ce peuple qui n'a pas besoin de mises en scènes mais plutôt d'une vie digne et d'une vraie liberté», a lancé Aïcha, 45 ans, parmi les manifestants.
 
«Nous n'avons pas avancé depuis la révolution de 14 janvier et les revendications du peuple n'ont pas été réalisées. C'est la même chose et rien n'a changé», a renchéri Majdi, 20 ans, étudiant.
 
Le 14 janvier, le président tunisien Ben Ali a fui son pays sous la pression de la rue et un mois de révoltes populaires. Depuis, des jeunes manifestent quasi quotidiennement dans le centre de Tunis, et des grèves et sit-in se sont multipliés dans plusieurs entreprises du pays pour des augmentations de salaires et des titularisations.
 
Mardi, le Premier ministre Béji Caïd Essebsi a tiré la sonnette d'alarme en dénonçant des «débordements inacceptables», citant entre autres les manifestations trop fréquentes.

Consolider la Révolution tunisienne, assurer sa protection, la prémunir contre les menaces


 

 

Par : Abdallah Rihani

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1- Questions brûlantes sur un passé proche

 

De nos jours les Rcédistes, (membres de l’ancien parti RCD), cherchent à retrouver une nouvelle prise sur la société tunisienne pour la ramener à la docilité de jadis, celle qui leur laissait le champ libre pour piller et opprimer. Maintenant que leur organisation est interdite, certains d’entre eux se mobilisent pour réclamer le droit des militants «propres» de se réorganiser et de participer de nouveau, dès à présent, à la vie politique du pays, aux élections prochaines, comme si de rien n’était. C’est un problème grave qu’il est important de débattre surtout qu’une partie du courant progressiste, sous prétexte de conciliation et de pardon, s’empresse d’adopter une position à la fois grave et risquée, oublieuse du passé proche du Destour et du RCD, ne tenant plus compte des traditions établies et bien connues des militants qui formaient les rangs de ces organisatins.

 

À cet égard, ne faut-il pas rappeler, de nouveau, que la domination despotique et dictatoriale de la Tunisie par deux hommes, Bourguiba puis Ben Ali, ne s’était pas faite toute seule. Non plus que le quadrillage du pays par le parti unique (version I et version II), n’a pas été le fait des seuls dirigeants mais impliquait une faune particulière de miliciens, membres des cellules, délateurs, gros bras, automates applaudisseurs et bien d’autres dont la caractéristique commune est une indifférence crasse envers l’intérêt général du pays. Pas étonnant, par exemple, que les habitants de Tabarka entrent dans une grande colère lorsqu’ils constatent que le rcédiste d’hier veut se faire passer pour un révolutionnaire aujourd’hui.

 

La Révolution populaire s’est clairement prononcée contre les mœurs mafieuses et l’esprit de bandits des Rcédistes. Les nouvelles fondations de la vie politique que la Révolution vient d’établir seront en danger si la mentalité des rcédistes se greffe dans de nouvelles niches et contamine les mœurs politiques pour nuire aux libertés et à la démocratie. Il faut cependant examiner leurs cas froidement, sans émotion, en tenant compte de l’intérêt général et en appliquant la justice. Ce moyen, la justice, préserve la société de toute tombée dans les climats de terreur, propres aux dictatures. En appliquant les lois avec rigueur contre ceux qui les ont bafouées, elle apaisera les craintes et découragera les perturbateurs tout en protégeant la Révolution du 14 janvier 2011 contre ses ennemis et détracteurs.

 

Ceux qui veulent le salut de la Tunisie doivent tout entreprendre pour rendre définitive la rupture avec les mœurs anciennes. Toutes les tentatives de retour en arrière seront vaines, dépourvues de sens et de valeur. Elles seront contrecarrées par le peuple et la jeunesse tunisienne dont l’action s’inscrit pleinement dans le sens des progrès de la conscience de la liberté dans le monde. Vu les situations désastreuses auxquelles la Révolution vient d’arracher la Tunisie, et dans sa suite les autres pays arabes, le peuple est légitimé de la protèger et de la consolider, tel un nouveau-né, jusqu’à la réalisation de ses nobles objectifs d’une vie libre et digne, à transmettre en héritage aux générations futures.

 

Nul ne peut crier à l’injustice ni parler de persécution lorsque la société confronte les menaces à sa survie et lorsqu’elle se donne les moyens d’éviter les dérives ou la déperdition. Un bref rappel de l’histoire des Destouriens et Rcédistes permet de faire ressortir une continuité parlante, des vérités à reconvoquer pour tirer les leçons quant à vouloir ramener par les fenêtres, avec précipitation, ce que le peuple a chassé par la porte après 23 ans de souffrance.

 

De nombreuses questions se posent à cet égard. Peut-on, à l’heure actuelle, croire et faire croire que le pays, le peuple et la Révolution sont à l’abri du retour de l’oppression, de ses agents, leurs complices et associés? Qui est en mesure d’affirmer maintenant que les forces de la noirceur et de la prédation ont été neutralisées, mises hors d’état de nuire? Comment passer à l’étape de la réconciliation et du pardon si la réponse à la question précédante ne se fonde que sur les impressions ou sur les calculs électoralistes, politiciens? Oublier les horreurs de la dictature et du despotisme, trois mois après la fuite du dictateur, ne revient-il pas à engager la Tunisie, sans autre précaution, sur une voie dangereuse, pleine de risques pour le présent et le futur? Où sont passées les leçons de la crise de novembre 1987 et de ses suites?

 

2- De Bourguiba à Ben Ali, un sentier tracé

 

Comment oublier que sous Bourguiba les Tunisiens ont souffert politiquement de l’absence de libertés et économiquement d’un chômage et d’une pauvreté qui ne se sont jamais allégés? C’est ainsi que le renversement du «combattant suprême», fut vécu comme un grand soulagement. Le coup d’État médical et la fameuse déclaration lue à la radio, avaient été une surprise plutôt agréable à l’époque, un dénouement sans heurts qui a soulagé tout le monde.

 

Cependant et de fait, dans un pays où jamais l’on avait eu la possibilité de changer de chef d’État, l’occasion était belle, comme moment historique clé et fenêtre d’opportunité, pour réaliser une rupture avec le système et les méthodes de domination despotique que le vieillard avait maintenues et renforcé tout au long de son règne. L’occasion n’a pas été saisie par les forces démocratiques et progressistes, la chance perdue ne reviendra qu’après 23 années infernales. Un passage à vide dont avait profité Ben Ali et sa horde pour transformer son régime en une dictature des plus sanguinaires sur terre.

 

À cette époque les rangs de la résistance étaient dispersés, la pente à remonter était raide. Il a fallut le travail patient et acharné de militants et militantes de très grande valeur qui ont construit les outils qui feront échouer la propagande et les mensonges du régime. Ils vont diffuser l’information crédible et entretenir les débats qui vont éveiller les consciences, mettre les militants en relation et renforcer le réseau des opposants à la dictature. Ces derniers, à leur tour, vont découvrir qu’ils étaient plus proches les uns des autres quant à l’objectif commun visé et les moyens de s’en approcher.

 

Des sites d’information sont apparus pour consolider la mouvance, ils vont bouleverser complètement la donne contre le régime dictatorial. TuniZane, Tunisnews, Nawaat et les autres sites internet sont devenus des espaces de liberté et de résistance contre la tyrannie. Ensuite s’est ajoutée la chaîne Al Jazzira avec une information de grande qualité, accessible au plus grand nombre. Une véritable épine aux pieds des dictateurs arabes et de leurs appuis étrangers. Tout ce qui a manqué à la société civile à l’époque du coup d’État en novembre1987, la jeunesse tunisienne, en débats continuels avec les opposants connus ou non, va le conquérir. Elle construira des espaces de liberté que la dictature tentera de saboter de mille façons avec férocité sans jamais décourager la jeunesse qui finit par reconquérir tout site saboté ou espace perdu. Elle poursuivra son combat contre la dictature par le débat, la clarification des idées et la fixation des enjeux.

 

3 - Les coûteuses erreurs du passé

 

La dictature et la chute dans le vide, subies par le peuple et le pays, étaient-elles nécessaires et inévitables? Si oui, est-ce que cela veut dire que la même descente aux enfers peut encore survenir en Tunisie dans le futur sans que personne ne pourra rien empêcher?

 

Ces questions s’imposent car en novembre 1987 le jeu politique n’était pas cristallisé ni figé et il ne le deviendra que plus tard après plus de 18 mois environ. Durant cette première période tout le monde était tombé dans la liesse, les hommes politiques en particulier n’avaient pas saisi l’opportunité pour faire le travail pour lequel ils sont généralement choisis, élus. Ce travail consiste à négocier au nom des groupes ou des associations pour soutirer des concessions, réaliser des gains et se donner des garanties contre les volte-face et les manipulations. À cet égard, les forces vives du pays n’avaient-elles pas fait montre d’inconséquence politique et de faiblesse grave d’évaluation et de vision en 1987? La réponse est claire ici puisque ces forces n’avaient pas montré une grande volonté de changement ou la conviction ferme de mettre un terme aux habitudes non démocratiques et despotiques imposées par Bourguiba et les Destouriens peu de temps après l’indépendance.

 

Le syndicat UGTT, certes toujours surveillé, toujours réprimé, n’était pas en position de requérir quelque garantie que ce soit contre le retour des compagnes sanglantes et des machinations dont il était régulièrement l’objet. Mais le syndicat national n’était pas le seul à se rallier en 1987 sans gain substantiel, toutes les formations de l’opposition politique tunisienne s’étaient montrées optimistes, bien disposées envers Ben Ali, pourtant reconnu pour être le responsable de la boucherie sanglante du 26 janvier 1978. Ces forces n’avaient montré aucune méfiance envers le successeur autoproclamé de Bourguiba et ses complices conspirateurs. Cela aussi malgré le fait que les moyens utilisés par le trio Baccouche-Ammar-Ben Ali, étaient des moyens illégaux, violent les lois et passibles de peines très sévères. Tout avait été accepté.

 

Moins que tout le monde, en novembre 1987, les Destouriens n’avaient montré aucune réticence envers les actes posés et aucune méfiance envers les possibles dérives du nouveau chef qui s’était imposé. Ce point est important à souligner car il permet de rappeller que les coups de force et les conspirations sont des traits associés à la pratique historique du Destour depuis bien avant l’indépendance de 1956. Pas étonnant alors que ses membres, en 1987, n’aient rien trouvé d’anormal au mépris des lois pour ensuite accepter aussi l’usage étendu et abusif de la force et de la torture contre les citoyens et comme moyens valables pour atteindre des objectifs politiques contestés par la société.

 

Il faut aussi rappeler que le Destour a toujours disposé d’une milice aux ordres capable de violenter les étudiants, de briser les grèves, d’agresser les opposants, leurs enfants, conjoints, proches et voisins. En novembre 1987 la fameuse déclaration programme (le mensonge) lue par Ben Ali, avait causé une joie que le peuple, débarrassé du spectacle quotidien d’agonie que projetait Bourguiba, n’avait pas cherché à gâcher. Il, le peuple, n’a pas réclamé, et les élites avec lui, de garanties pour une véritable vie démocratique et une rupture, véritable et définitive, avec les pratiques défaillantes du passé. Tout le monde doit tirer les leçons pour le temps présent, avril 2011, trois mois après la Révolution du 14 janvier 2011.

 

Bien sûr le contexte était particulier, nul ne peut oublier qu’en 1987 les conditions politiques et sociales étaient difficiles, incomparables avec celles de 2010-2011. Il faut cependant rester lucide et se dire, comme notre passé l’illustre bien, que le remplaçant d’un tyran ou d’un dictateur ne sera pas forcément un démocrate acquis à l’ouverture et immunisé contre les dérives autoritaires. Il faut espérer le meilleur mais rester préparer à affronter le pire s’il se présente.

 

Notre propos veut souligner ce qui suit : toutes les garanties qu’un peuple peut se donner contre les dérives autoritaires et dictatoriales sont des garanties légitimes, beaucoup moins regrettables et beaucoup moins dommageables pour la collectivité et les individus que les malheurs et la terreur que l’absence de ces garanties peut occasionner. Le 7 novembre 1987, le Parti-État Destour croyait avoir trouvé un sauveur, disait-on, il a fallu peu de temps pour que le pays découvre le dictateur sanguinaire qui se cachait derrière. Il faut rappeler ces faits pour que la même erreur ne sera pas répétée aujourd’hui, surtout que nous voulons changer véritablement de siècle, devenir et rester un peuple libre de ses choix et de son destin.

 

3- Les médias, la dictature et la contre-révolution

 

L’affirmation de Ben Ali comme dictateur a été rapide et ceux qui ont facilité sa mue maléfique dès sa prise du pouvoir sont les élites. Rapidement, les bien pensants de l’époque se sont soumis, journalistes, écrivains, académiciens, commentateurs, conseillers et autres intervenants des médias se sont mis à plat ventre devant lui. Les habitudes établies sous Bourguiba ont été reconduites et renforcées avec le nouvel homme fort du Destour. Les journalistes ne posaient pas de questions gênantes, ni au dictateur ni à ses collaborateurs, ils ignoraient les arguments dérangeants et se taisaient surtout, au lieu de relever les mensonges ou de dénoncer les abus. Cela alors que les membres du RCD, au gouvernement comme ailleurs, devenaient les champions mondiaux de la démagogie et d’une langue de bois digne des pires dictatures de l’ancienne Europe de l’Est stalinienne. L’autocensure s’est installée pour devenir, petit à petit, la règle. Les honnêtes gens devenaient incapables de travailler dans de telles conditions, se sont fait discrets ou se sont retirés de la place publique la cédant, toute entière, aux médiocres.

 

Ce sont ces derniers qui vont profiter de l’occasion pour devenir les seuls à parler au nom du pays, à le représenter à travers le monde et pour s’allier à des puissances étrangères. Parmi celles-ci, certaines haineuses, étaient bien satisfaites de voir que la Tunisie et son peuple devenaient une entité sans âme, un corps sans vie disponible pour toutes les manipulations et toutes les machinations hostiles à son autonomie, ses attaches, son histoire, sa religion, sa culture et son aspiration à l’unité arabe. Avec la dictature, le loup s’était installé dans la bergerie et le berger lui donnait un coup de main.

 

Quoi que disent les tenants de la réconciliation pressée d’aujourd’hui, l’univers de plomb instauré par Ben Ali n’a pas rebuté les destouriens rcédistes, bourguibistes ou non. Aucune indignation notable, aucune sortie des rangs notable à laquelle ils peuvent s’accrocher. Tout indique, hélas, que les avantages tirés par ces individus et leurs familles les rendaient aveugles et insensibles envers ce qui accablait le reste de la population. Après 52 ans de règne sans partage, leur sortie d’une telle bulle ne pouvait qu’être brutale. Ils vivent la Révolution du 14 janvier 2011 comme une catastrophe sans pareille, un désastre auquel ils ne s’attendaient pas. Ils ne pouvaient imaginer que leur dictateur serait chassé et que le système tentaculaire, qu’ils ont crée avec lui, allait s’effondrer et serait neutralisé sans recours à la violence, par un peuple aux mains nues, sans complot ni aide d’étrangers tirant les ficelles, sans revanches ni expressions de haine.

 

Il est temps de tenir ces figures de l’échec, loin des centres de décision et d’influence sur la vie politique du pays. Ils ont des compétences dites-vous, rien ne les empêche de les exercer pour participer au développement et à la diffusion de la prospérité et des bonnes conditions de vie là où ils se trouvent sans chercher à tout corrompre ni à tout contrôler de la vie de leurs concitoyens.

 

Montréal, le 25 avril 2011

 

 


Nouveaux combats à la frontière entre la Tunisie et la Libye


 

De nouveaux combats ont éclaté dimanche entre les forces régulières libyennes et les rebelles près de la ville de Wazin, à la frontière avec la Tunisie. Un journaliste de l'agence Reuters se trouvant à Dehiba, du côté tunisien de la frontière, a fait état de tirs d'artillerie et d'affrontements à l'arme légère. Selon des rebelles, des combats les ont opposés aux forces kadhafistes dans la nuit de samedi à dimanche à 7 kilomètres de là, dans la montagne.

Dehiba se trouve à l'intérieur des terres, à 150 kilomètres environ de la côte méditerranéenne. Les autorités tunisiennes ont dénoncé cette semaine des violations de la frontière par les forces kadhafistes.

Au poste-frontière, le flot de réfugiés libyens ne tarissait pas dimanche matin, la police tunisienne ayant enregistré la veille le chiffre record de 4 970 personnes en une journée. En milieu de matinée, des dizaines de véhicules aux plaques d'immatriculation libyennes patientaient au poste-frontière. Côté libyen, un des soldats rebelles qui tient le poste, surmonté du drapeau aux trois couleurs rouge noire et verte adopté par les insurgés, relève sur un grand cahier le nom de chaque personne qui quitte le pays.

Les incidents frontaliers de ces derniers jours trouvent leur origine dans la traque que mènent les troupes kadhafistes contre les rebelles du djebel Nafoussa, massif montagneux à la population principalement berbère situé au sud-ouest de Tripoli.

Source : « Le Monde.fr » Le 01-05-2011

Le climat d’insécurité persiste en Tunisie


 

Pas moins de 1.100 prisonniers se sont évadés, vendredi, des prisons de Kasserine et Gafsa (sud-ouest). Ces opérations synchronisées laissent perplexes et alimentent l’inquiétude des Tunisiens.

Les fuyards seraient 800 à Kasserine, évadés vendredi matin à la suite d’une mise à feu des matelas et des lits dans un pavillon de la prison locale, et 300 à Gafsa, évadés aussi après un incendie qui s’était déclaré dans une cellule.
Dans les deux cas, l’armée a dû ouvrir les portes de la prison pour protéger et les gardiens et les détenus. Ces derniers en ont alors profité pour s’enfuir.
D’autres tentatives d’évasion ont été enregistrées dans d’autres prisons du pays, notamment à Borj Erroumi, près de Bizerte.

 

Des mouvements synchronisés
La synchronisation de ces mouvements laisse perplexe. Et alimente les inquiétudes des Tunisiens, qui craignent la recrudescence des actes criminels, d’autant que Tunis, Nabeul, Sousse et Sfax, entre autres grandes villes, qui donnent l’impression d’être relativement calmes, sont, depuis quelque temps, le théâtre d’agressions et de braquages, commis par des délinquants.
Cette série d’évasions, qui intervient à deux mois des élections de l’assemblée constituante, montre que la sécurité est loin d’être rétablie dans le pays, surtout dans les zones sensibles et les régions défavorisées.
Sans aller jusqu’à imaginer des complicités de la part des agents de maintien de l’ordre, les Tunisiens sont en droit de se poser des questions sur les causes de ces phénomènes jusque là inconnus dans le pays. Et s’il s’agissait d’actes de sabotage prémédités? Si c’était le cas, à qui profiteraient-ils? Doit-on craindre une recrudescence des mutineries dans les prisons?
Rappelons qu’en janvier, quelque 11.000 détenus s’étaient évadés de plusieurs prisons tunisiennes dont plusieurs milliers ont été arrêtés par vagues successives depuis. Les portes des prisons avaient alors été ouvertes sciemment par des responsables impliqués dans le complot mis en route par le général Ali Seriati et les gardes présidentiels. Mais aujourd’hui?
Samedi, un communiqué du ministère de l’Intérieur annonçait l’arrestation 125 parmi les évadés des prisons de Kasserine et de Gafsa, grâce aux «efforts conjoints déployés par les unités de la sécurité intérieure, de la garde nationale et de l’armée». Quelques dizaines d’autres prisonniers seront sans doute arrêtés au cours des prochains jours. Mais pour un prisonnier en fuite arrêté combien resteront dans la nature et feront peser des menace contre la sécurité.

Source : « Kapitalis » Le 01-05-2011

Tunisie : les évasions de prison continuent.


 

Ce n’est pas moins de 1100 prisonniers qui se sont évadés ces derniers jours en Tunisie. Principalement à Kasserine et à Gafsa. Les chiffres avancés seraient de 800 prisonniers à Kasserine et de 300 à Gafsa. A deux mois des élections de l’assemblée constituante, force est de reconnaitre qu’il y’a toujours un problème de sécurité dans certaines localités. Si Tunis et certaines grandes métropoles de la Tunisie telles que Sfax et Sousse sont relativement calmes depuis un certain moment, on ne peut pas en dire autant des zones sensibles et les régions défavorisées.

 

Donc c’est plus de 800 prisonniers qui se sont évadés de la prison de Kasserine ce vendredi 29 Avril vers le matin. Les premières informations évoquent un mouvement de panique qui s’était emparé des prisonniers à la suite d’une mise à feu des matelas et des lits dans un pavillon de la prison réservée aux femmes. Quelques instants après c’était au tour du pavillon des hommes de prendre aussi feu. L’armée avait alors intervenue, ouvrant les portes de la prison pour protéger et les gardiens et les détenus. Ces derniers vont alors profiter de cette belle occasion pour prendre la poudre d’escampette. Cependant certains prisonniers étaient restés dans leurs cellules et notamment ceux qui n’avaient plus que quelques mois à purger et les meurtriers par peur de représailles et de lynchage de la part des familles de leur victimes.

Outre Kasserine, plus de trois cents autres prisonniers se sont évadés de la prison de Gafsa le même jour. C’est à croire qu’il y avait une synchronisation entre ces événements. Selon une source militaire citée par l’Agence Tunis Afrique Presse, cette évasion aurait aussi pour cause un incendie qui s’était déclaré dans une cellule.

Des unités de l'armée et des services de sécurité se sont déployées à travers les artères de la ville ainsi que dans les gares routières pour tenter d’appréhender les évadés.
Des renforts appartenant aux unités des forces de sécurité se sont également déployés aux différents points d'entrée et de sortie de la ville pour tenter d'arrêter les prisonniers .
Des sources militaires ont indiqué que les opérations de ratissage qui ont été effectuées ont permis d'arrêter 35 prisonniers évadés et que les efforts se poursuivent pour mettre fin à la cavale des autres prisonniers selon une dépêche de Business news.

Rappelons qu’en janvier, quelque 11.000 détenus s’étaient évadés de plusieurs prisons tunisiennes dont plusieurs milliers ont été arrêtés par vagues successives depuis. Le ministère de l’intérieur, dans un communiqué, a annoncé l’arrestation de 125 prisonniers.

Le sentiment d’insécurité ne cessent de croitre et ce n’est sûrement pas une coïncidence que ces évasions se soient déroulées au même moment. Y’a-t-il des complicités de la part des agents de maintien de l’ordre ?

Au moment où la chasse aux sorcières est plus que jamais d’actualité en Tunisie, je ne donne pas cher de la peau des directeurs de ces prisons qui vont devoir payer pour des erreurs qu’ils n’ont peut être pas commises. Oui la population tunisienne est optimiste mais ces incidents montrant une défaillance sécuritaire sans précédent provoque aujourd’hui un retour inéluctable à la psychose qui s’était emparée de la population au lendemain de la révolution.

Aujourd’hui plus que jamais, la population a besoin d’être rassurée et ceci doit passer par une remise en prison des tous ces prisonniers et veiller à l’avenir à ce que de tels incidents ne se reproduisent plus. Avec les grèves qu’on voit tous les jours partout dans le pays, autant dans le secteur privé que public, il va de soi que l’espoir d’un retour à la normale au plus vite est de plus en menacé.

Source : « cpme4news » Le 01-05-2011

Delanoë: "propos irresponsables


 

Le collectif de la Droite populaire (une cinquantaine de députés UMP) a dénoncé les propos "irresponsables" du maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, concernant les réfugiés tunisiens en France.

"La gauche persiste à refuser les expulsions des étrangers illégaux, pourtant menées en application de nos lois", selon le communiqué. "L'angélisme habituel de la gauche menace ainsi toujours l'intégrité territoriale de la France et la sécurité des Français", déclarent les députés UMP, qui réaffirment leur "soutien" à l'action du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, "pour faire respecter notre État de droit".

Le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) a invité mardi l'Europe et la France à traiter avec
"humanité et dignité" les immigrés tunisiens qui ont fui leur pays, dont certains se trouvent à Paris, dans un communiqué où il exprime son "émotion" et son "indignation".
Selon le maire de Paris, pour "les 20.000 migrants" de ces dernières semaines, des "solutions raisonnables et réalistes peuvent être trouvées".

Il suggère notamment de mettre en place "une véritable logique de partenariat" avec la Tunisie, par exemple en accueillant de jeunes diplômés tunisiens qui manquent de débouchés à la fin de leurs études, comme le prévoit un accord de coopération signé le 28 avril 2008 entre les deux pays.

Source : « Le Figaro » Le 01-05-2011

Yassine Brahim : "L'idée d'un plan Marshall pour la Tunisie n'est pas abandonnée"


 

De passage à Paris à l’invitation du patronat français, Yassine Brahim, 45 ans, en charge du Transport et de l’Équipement au sein du gouvernement de transition tunisien, revient pour jeuneafrique.com sur les dossiers brûlants de son ministère. Dont la construction de deux nouveaux quais au port de Gabès, le développement du réseau tunisien de pistes rurales et la résolution des difficultés de Tunisair, entre autres...

Jeuneafrique.com : Il y a eu beaucoup de changements ces dernières semaines au sein de votre ministère. Était-ce nécessaire ?

Yassine Brahim : Notre mission est d’instaurer une gouvernance qui inspire la confiance. Cela passe par un renouvellement des équipes. Environ vingt dirigeants des entreprises publiques, des offices et des directions centrales ont été changés depuis la révolution. Toutes les personnes remerciées n’étaient pas forcément corrompues, mais elles n’incarnaient pas la nouvelle orientation prise par la Tunisie. L’autre marque de ce changement concerne les relations entre les services du ministère et le secteur privé. Venant du monde de l’entreprise, j'aspire à ce que l’administration soit plus en phase avec les besoins des sociétés. Pour leur permettre de se développer et de créer des emplois, les procédures doivent être plus transparentes et plus fluides.

Quelle était la première urgence après la révolution ?

Ce qui était important, c’est que les entreprises redémarrent, car même pour atteindre 1% de croissance [prévision du gouvernement pour 2011, NDLR] il faut travailler. Au moment de la révolution, tous nos chantiers se sont arrêtés. La sécurité n’était pas suffisante, les entreprises avaient peur pour leur matériel. Il y avait une confusion générale. Notre priorité a donc été d’assurer les conditions de la reprise. Les problèmes rencontrés après le 14 janvier étaient divers. L’exploitation de plusieurs carrières a été arrêtée parce qu’elles ne respectaient pas la loi. Les habitants qui subissaient des nuisances et auparavant se taisaient, se sont mis à bloquer leur exploitation. D’autres entreprises ont connu des dégradations. Février et mars ont été les mois les plus difficiles

Les grèves au port de Radès ont-elles posé beaucoup de problèmes aux entreprises importatrices et exportatrices ?

Effectivement, il y a eu des mouvements sociaux au sein de la STAM (Société tunisienne d’aconage et de manutention) qui est en situation de monopole. Le port de Radès centralise 75% du flux de marchandises en Tunisie et dès qu'il y a un problème, même pendant deux ou trois jours, les entreprises le ressentent. Aux difficultés sociales se sont ajoutées des pannes matérielles. Sur les sept grues du port, trois ont connu des pannes. Depuis plusieurs semaines, nous publions régulièrement des informations sur notre page Facebook qui permettent aux opérateurs d'anticiper pour éventuellement détourner leurs marchandises vers d’autres ports tunisiens comme Sfax ou Sousse, si Radès est trop encombré

Le port de Radès est-il sous-dimensionné ?

Historiquement, ce n’était pas un port à conteneurs. La construction de deux nouveaux quais est évoquée de longue date, mais a toujours été retardée en raison du projet de port en eau profonde d'Enfidha. Reste que le projet d’Enfidha a été stoppé pour des raisons environnementales et que les installations de Radès connaissent un surrégime avec une augmentation des volumes de 10% par an depuis plusieurs années.

Pour débloquer la situation, nous allons probablement financer sans attendre la construction des deux nouveaux quais dont le coût ne devrait pas excéder quelques dizaines de millions de dinars. Sousse et Sfax vont aussi bénéficier de quelques améliorations. Le projet d’Enfidha, qui doit permettre de désenclaver le pays, va quant à lui être réexaminé.

Les régions intérieures ont été abandonnées par Ben Ali, qu'allez-vous faire pour elles à court terme ?

Nous disposons cette année d'un milliard de dinars pour les investissements en matière d’équipements (routes, autoroutes, routes rurales…) avec une répartition largement en faveur des régions (70% contre 30% pour Tunis et la côte). À ma grande surprise, j’ai constaté que les budgets précédents ne correspondaient pas aux priorités des régions car le processus était très centralisé. Il était notamment très insuffisant au niveau des pistes rurales.

Grâce à une ligne supplémentaire de la BAD, nous allons pouvoir tripler les réalisations prévues et construire 1 750 kilomètres de pistes rurales et en réparer 500 autres. Nous allons aussi profiter du report de certains travaux à Tunis et sur la côte pour améliorer certains grands axes dans le gouvernorat de Sidi Bouzid. Tous ces projets de routes passent par des commissions de marché qui sont habituellement assez lentes. Comme nous voulons que les gens travaillent au plus tôt, nous avons accéléré les procédures avec l’accord du Premier ministre.

Est-ce que vous avez estimé le nombre d'emploi qui vont ainsi être créés ?

Nous sommes en train de le mesurer, mais nous ne voulons pas en communiquant créer des attentes trop importantes. Aujourd’hui, le chantier de l’autoroute entre Sfax et Gabès est à l’arrêt car les entreprises sont assaillies par les demandeurs d’emploi. Deux cents postes sont à pourvoir mais 2 000 candidats désespérés se présentent. La pression pour respecter des équilibres tribaux est si forte qu'elle rend la sélection impossible. Tout cela dans un contexte très sensible, le pays compte 600 000 chômeurs. Au final, ce sont de nouveaux emplois qui sont menacés. La construction de l’autoroute représente 2 000 emplois directs et 5 000 indirects.

Au-delà de la relance, quelle orientation doit prendre le pays en matière d'équipement ?

Vu notre emplacement géographique, la Tunisie devrait être bien placée pour faire le lien entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Pour le moment, les études qui ont été menées avec la Banque mondiale montre que nous sommes en retard. Nous n'avons pratiquement pas de plateforme logistique et la plupart des camions à l'intérieur du pays roulent à moitié vide ce qui n'est bon ni pour l'environnement, ni pour l'efficience des entreprises. En Tunisie, le coût logistique atteint 20 % du PIB quand les pays européens sont à 5 % et le Maroc à 15 %. Nous avons donc une marge de progression à condition d'avoir des réseaux routiers et ferrés bien distribués et des ports et des aéroports à proximité.

Concrètement, quelles seront les grands chantiers du gouvernement ?

En tant que gouvernement de transition, nous ne pouvons pas prendre la décision de mettre 500 millions d'euros pour construire un port en eau profonde ou une autoroute jusqu'en Libye. Mais nous avons décidé d'organiser une conférence sur la logistique le 14 juin, qui présentera tous les projets en la matière.

Qu'ils soient en cours de réalisation, déjà financés ou qu'ils aient seulement été étudiés. L'objectif sera de sensibiliser les bailleurs au potentiel du pays, mais aussi d'informer les partis politiques qui, demain, seront au pouvoir.

Pourquoi avoir renoncé à la conférence de Carthage, elle aurait pu jouer ce rôle ?

Le gouvernement a privilégié des discussions bilatérales que ce soit avec la Banque mondiale, la BAD ou des pays comme la France. Principalement parce que nous n’aurions pas été en mesure d’engager de grosses dépenses très rapidement. C’est aussi le cas des bailleurs qui ont besoin de temps pour étudier les projets avant de débloquer les fonds. Cela ne veut pas dire que l'idée de plan Marshall pour la Tunisie est abandonnée. Plusieurs économistes dont Elyes Jouini (ex-ministre aux Réformes économiques et sociales du gouvernement de Mohamed Ghannouchi, NDLR) travaille sur ce projet. Reste à savoir à quel moment les bailleurs auront la confiance nécessaire pour s’engager dans ce processus.

L’actualité, c’est aussi les difficultés de la compagnie Tunisair ?

La compagnie évolue dans un secteur concurrentiel important et des réformes de fonds doivent être engagées. Son lien avec l’État, et avant le 14 janvier avec le parti et la famille de Zine el-Abidine Ben Ali font que les solutions ne sont pas juste opérationnelles, mais éminemment politiques, suivant qu’on décide de privatiser ou de nationaliser. Toutefois, il y a aussi des questions concernant la gestion technique et commerciale de Tunisair sur lesquelles nous travaillons avec le management.

Tunisair est-elle en faillite ?

La compagnie est en situation difficile, faillite non car elle a gagné de l’argent jusqu’à l’an dernier. Toutefois, elle a accumulé beaucoup de pertes depuis le début de l’année. Comme c'est une société cotée, je ne peux pas communiquer de chiffres avant l’assemblée générale prévue début mai. La situation financière devrait néanmoins rester gérable en vendant quelques appareils et en retardant le renouvellement de sa flotte. Au plan social, nous discutons avec les syndicats pour étaler la réintégration de certaines entités qui vont ajouter de nouvelles charges pour la société. La filialisation de la compagnie (entamé par l’ancien régime, NDLR) a généré un certain nombre de drames sociaux qu’il faut réparer pour remotiver les équipes.

L’autre dossier brûlant dans l’aérien concerne TAV, le concessionnaire des aéroports de Monastir et d’Enfidha ?

La situation sociale à l’aéroport de Monastir est tendue car les salariés reprochent au concessionnaire TAV sa mauvaise gestion, et en particulier de vouloir transférer une partie des vols sur Enfidha, plus rentable pour lui. Sur ces deux aéroports, le trafic a baissé de 50 % au cours des trois derniers mois. Des difficultés qui s’ajoutent aux mauvais résultats enregistrés en 2009 et 2010 du fait de la crise mondiale. Nous avons lancé un audit pour évaluer la situation et par mesure précaution nous avons aussi mis en place une task force juridique si nous devons aller en justice.

Source : « Jeune afrique » Le 01-05-2011

Yamen Koubaa. Tunisie: «Un contrôle populaire»


 

Le Tunisien Yamen Koubaa enseigne à l'école supérieure de commerce de Brest. Il commentera, jeudi à Quimper, les révolutions arabes, à l'invitation de la Liberté de l'esprit. Il décrit ici sa vision de l'avenir de son pays.

Comment voyez-vous l'avenir de la Tunisie?
Si certaines personnes, qui ont un poids important dans la société, investissent dès maintenant dans l'éducation du peuple pour réussir l'expérience démocratique, à travers les médias, des séminaires et conférences, je pense que d'ici à trois, cinq ou dix ans, on peut parvenir à une Tunisie démocratique.

Vous pensez à des responsables politiques?
Pas exactement. On peut, parexemple, démarrer avec des avocats très connus qui ont dirigé la révolution et sont respectés. Je pense aussi aux imamsdes mosquées qui ont unegrande influence sur la société, à condition de bien les formerà la responsabilité politiquede l'éducation des gens.

L'apprentissage de la démocratie prendra du temps?
Oui. La prochaine élection, c'est le 24juillet, le 25 on n'aura pas une Tunisie complètement démocratique. C'est pourquoi on doit investir dans l'éducation des jeunes et de tout le peuple. On doit passer par une période de deux-trois ans de «rééducation» de la société, parce que pendant 25-30ans il n'y a pas eu de débats politiques en Tunisie.

Mais il faut que les gens vivent. Ça pose la question de la reconstruction économique et sociale du pays.
Un chantier difficile. La Tunisie dépend beaucoup du tourisme, des investissements étrangers. On vit une période «instable» parce qu'il y a des grèves, des manifestations partout. Beaucoup de gens commencent cependant à réaliser qu'il y a un risque de faillite pour le pays, à se dire qu'il faut recommencer à travailler maintenant pour en récolter les fruits dans l'avenir. Car il existe des solutions économiques pour la Tunisie.

Lesquelles?
On n'a pas des ressources naturelles immenses mais on a un peuple éduqué. Avec un peu de stabilité politique, on peut peut-être inciter les investisseurs étrangers, notamment du Moyen-Orient, où il y a beaucoup d'argent, et d'Europe aussi, notre premier partenaire. Il faut relancer le secteur du tourisme avec une nouvelle stratégie: aller plus loin en Asie, au Moyen-Orient, élargir nos prospections en Europe, en Amérique du Nord. Il faut aussi privilégier les technologies de l'information, l'éducation, les investissements dans les PME.

Les élections vont-elles apporter cette stabilité?
Une partie seulement. Tout dépend de ce qui va sortir de la période actuelle où se décident les conditions de l'élection, si les acteurs arrivent à s'entendre sur une méthode de campagne et de scrutin convenables. Ensuite, tout dépend de l'assemblée constituante qui sera formée et de la capacité de ses membres à trouver une voie pour offrir au peuple de meilleures conditions sociales et économiques.

Quel régime politique irait le mieux à la Tunisie?
Si on va vers un régime parlementaire, il y a des risques parce qu'en Tunisie il n'y a pas de parti majoritaire. La diversité des minorités politiques poserait un problème pour le choix du président. Autrement dit, on se retrouverait dans la situation actuelle: on n'arrive pas à former un gouvernement depuis trois mois. Si on va vers un régime présidentiel, on risque d'avoir quelqu'un qui va nous répéter la même histoire que Ben Ali. L'important c'est de définir des mécanismes qui permettent un contrôle populaire sur le pouvoir. Que le peuple puisse à tout moment réclamer la justice et vérifier que les institutions fonctionnent convenablement. Pratique Conférence-débat, jeudi, à 20h, salle du Chapeau-Rouge, à Quimper. Tarifs: de 3 à 8 €.

Source : « Le Telegramme » Le 01-05-2011

Ismaïl Sahbani crée un nouveau syndicat et dénonce les revendications sauvages


 

Ismaïl Sahbani, ancien secrétaire général de l’UGTT, a annoncé, à l’occasion de la fête du Travail du 1er mai, la création d’un nouveau syndicat, l’Union des Travailleurs de Tunisie (UTT), qui se définit comme une organisation libre, démocratique, progressiste et indépendante.
Dans son allocution prononcée devant ses partisans, puis en répondant aux questions des journalistes, M. Sahbani s’est voulu rassurant en tenant un discours apaisant. L’UTT est un partenaire social parmi d’autres. Il participera à la construction d’une économie nationale prospère avec l’UTICA et l’UGTT dans une logique de compromis, jamais de confrontation ou de concurrence. Pas d’entreprise sans travailleurs, et le patron n’est pas leur ennemi, précise Ismaïl Sahbani.
Le dialogue social est l’unique issue pour que l’économie s’en sorte dans une conjoncture nationale et internationale difficile. Le secrétaire général dans la nouvelle centrale syndicale n’a pas manqué de dénoncer les revendications sauvages et « l’opportunisme » qui règnent actuellement. Des pratiques inacceptables, juge-t-il. Bloquer l’entreprise, c’est bloquer les travailleurs et la sauver est un devoir national. En contrepartie le travailleur ne devra plus être exploité après la révolution du 14 janvier et il a le droit indéniable d’accéder à la richesse nationale. Une nouvelle ère que M. Sahbani rêve comme une nouvelle ère pour le travailleur. Ce dernier aura, désormais, son mot à dire dans l’intérêt de la dynamique politique nationale. Le temps où l’on disait au travailleur « prends ton salaire et tire toi » est révolu.
Interrogé sur ses rapports avec le syndicalisme international, M. Sahbani a évoqué son admiration pour le modèle social et l’économie allemande, qu’il estime solide, structurée et très organisée. Il a, également, précisé que l’UTT est une centrale indépendante des partis politiques et du gouvernement et qui est autofinancée à travers les cotisations de ses adhérents.

Source : « Business News » Le 01-05-2011

Situation économique et sociale, les Tunisiens entre pessimisme et espoir


 

Au mois d’avril 2011, SIGMA a réalisé un sondage d’opinion portant sur le climat économique, politique et social, tel que perçu par la population tunisienne, après la révolution.

 

Il en ressort que 66.2% des Tunisiens perçoivent le climat économique comme défavorable en Tunisie, contre uniquement 5.9% qui l’estiment favorable. La classe aisée est la plus touchée par ce pessimisme, qui concerne également leur vision de l’année 2011. 68.2% de la population estime que dans 1 an et plus, l’économie tunisienne, reviendrait à son état de l’avant-révolution. La situation du tourisme en 2012 sera mieux que d’habitude pour 72.5% des interrogés, d'après les résultats de ce sondage qui porté sur un échantillon de 800 personnes âgées de 18 ans et plus.

 

Sur le plan politique, la population est partagée entre satisfaction et attentes insatisfaites quant aux mesures prises par le gouvernement de transition. 41.1% des sondés estiment que les mesures prises pour relancer l’économie restent insuffisantes, alors que le quart des Tunisiens se dit incapable de mesurer ces mesures, « l’autre quart perçoit l’effort du gouvernement actuel, pour diminuer le chômage, comme étant minime », selon le résultats du du gsondage.

 

Par ailleurs, le peuple tunisien aspire à un nombre de réformes sociales, qui traduiraient son désir de dignité. En effet, 67% des sondés espèrent une diminution du chômage. D’ailleurs, 49.9 % estiment que le chômage des diplômés va diminuer légèrement dont 67.4% des sondés du centre ouest du pays.

Toujours concernant les aspirations futures du peuple, 37% désirent l’instauration de la sécurité et de la stabilité, 20.4% désirent une orientation des investissements vers les zones intérieures du pays et 16.1% espèrent l’amélioration du pouvoir d’achat.

 

Trois mois après le 14 janvier, le moral des Tunisiens n’est pas encore au beau fixe, les attentes sont multiples et leur confiance en l’avenir n’est pas tout à fait rétablie.

Source : « GlobalNet » Le 01-05-2011

Tunisie. Tous les coups sont-ils permis contre les islamistes?


 

 

Des affrontements ont eu lieu, samedi à Monastir, entre des militants du parti islamistes Ennahdha et certains de leurs adversaires. Qui faut-il blâmer? L’activisme des uns ou l’intolérance des autres?

Mais d’abord les faits : samedi, Ennahdha avait programmé une manifestation au Centre culturel de Monastir. La manifestation devait être présidée par le secrétaire général du mouvement islamiste tunisien, Hammadi Jebali, qui n’a pu finalement faire le déplacement. Un membre du mouvement a affirmé à l’agence Tap que «la manifestation n’a pu avoir lieu, à cause de l’insistance de certaines parties à exiger son annulation en menaçant d’incendier le complexe».
Des affrontements ont alors eu lieu entre les deux parties. D’importants dégâts ont été enregistrés: vitres brisées, portes saccagées, employés agressés…
Le groupe des assaillants a scandé des slogans hostiles au mouvement islamiste et dénoncé sa présence à Monastir.
Composé de jeunes et d’adultes, ce groupe a affirmé ne représenter aucun parti politique. Ce qui est doublement inquiétant. Car, au moment où la vie politique se libère et où le nombre de partis approche la soixantaine, il est tout de même étonnant de voir des activistes politiques aussi déterminés puissent continuer d’agir en dehors de tout encadrement partisan.
Sur un autre plan, ceux qui craignent les islamistes et les considèrent comme une menace pour la démocratie ne s’honorent pas, ni n’honorent leur cause, en recourant, comme ils l’ont fait samedi à Monastir, à ses pratiques antidémocratiques.

Source : « Kapitalis » Le 01-05-2011

Tunisie : Hélé Béji privilégie la cohabitation entre islamistes et gauchistes


 

Religion et politique, deux termes qui départagent actuellement la population tunisienne. Certains pensent qu’on doit islamiser la politique dans la nouvelle Tunisie, d’autres s’accordent à dire que la laïcité est la seule issue pour une Tunisie moderne et évolutive. Une situation assez floue et incompréhensible pour la plupart des Tunisiens qui se trouvent confrontés à deux pôles totalement opposés, réclamant de part et d’autre des libertés qui seraient, peut-être, contre une démocratie tant espérée.

Expliquant la genèse et spécificités de la révolution tunisienne, Hélé Béji, professeur et écrivaine tunisienne, s’est accordée une jolie valse entre la défense des islamistes et la motivation des progressistes, sous une casquette de tolérance qui, avouons-le, lui va assez bien.
Selon la fondatrice et présidente du Collège international de Tunis, qui a participé au forum international Réalités, le peuple tunisien est sujet à une inversion brusque de l’ancienne paranoïa du pouvoir en paranoïa de la liberté, contre toute forme de pouvoir. En effet, « la disparition du pouvoir a créé un vide sur le plan politique, ce qui a causé le changement radical des comportements des citoyens. Et la brusquerie de ce passage plonge le Tunisien dans un vertige où il n’a pas encore trouvé son équilibre. On assiste à une vraie mutation du concept de la citoyenneté qui devient sacrée. » Ajoute-t-elle.

En effet, « la tempérance n’est pas encore entrée dans nos meurs », et cela se remarque davantage au niveau des médias. Selon Hélé Béji, les médias, notamment télévisés, qui ont un impact important dans l’influence sur la conception des faits par le public, font des « mises en scène télévisuelles qui poussent à un flou et une incompréhension généraux». Une accusation qui pèse lourd surtout si on se fie aux récents sondages élaborés notamment par Sigma Conseil et qui démontrent qu’après la révolution, l’audience pour les chaînes tunisiennes a connu une importante croissance.

D’autre part, traitant de la problématique la plus actuelle, à savoir la confrontation entre la politique et la religion, opposant l’extrême droite à l’extrême gauche tunisiennes, Mme Béji dénonce la « grande dose d’intolérance, parfois violente, des progressistes tunisiens par rapport aux religieux », se demandant si ces contres-pratiques religieuses font réellement partie de la démocratie ?
En effet, si on appelle à un Etat démocrate et libre, on doit apprendre à accepter les idées qui s’opposent aux nôtres. « On va devoir vivre avec les islamistes très longtemps, on doit donc les accepter, respecter leurs idées afin de pouvoir discuter et échanger avec eux de la manière la plus civilisée ».

L’écrivaine, qui critique et s’oppose au voile, se déclare en contre partie comme l’avocate des femmes voilées, se basant sur le principe de libre arbitre. « A chacun son choix !» insiste-t-elle. « Et même si je suis contre le port de la Burqa, je suis aussi contre l’exclusion de la culture musulmane, notamment à travers la loi française contre le voile intégral », considérant cela comme une atteinte à la liberté de la femme.

Source : « Business News » Le 01-05-2011

Immigrants venant de Tunisie : éléments à ne pas négliger.


 

C'est juste des éléments que je regrette de ne pas ou plus lire sur le sujet :
- la Tunisie est un pays de 10 millions d'habitants.
- Ce pays fait face à une immigration venant de Libye comprenant des centaintes de milliers de réfugiers, venant de nombreux pays.
- L'Italie est un pays concerné, puisque pour rappel la Libye est une ancienne colonie Italienne (la ressamblance Tripoli - Napoli, tripolitaine - napolitaine, ce n'est pas un hasard).
Ensuite tout le monde peut y réfrléchir, mais ne pas prendre en compte tous les éléments, c'est se prendre des décisions pour le moins hasardeuses.

Source : « Le Parisien » Le 01-05-2011

Tunisie - "Al Amana", le nouveau parti d’Abdelfattah Mourou


 

Abdelfattah Mourou, le charismatique avocat islamiste, a officiellement rompu avec Ennahdha et fait, désormais, cavalier seul, après avoir longtemps fait planer le doute sur sa réintégration à ce parti islamiste, dont il était le numéro 2.
Il vient, en effet, de déposer une demande de visa pour un nouveau parti politique "Al Amana", selon plusieurs médias de la place.
Plusieurs questions se posent : s’agit-il d’un parti complémentaire et d’appui à Ennahdha ou d’un parti rival ? Le moment venu, conclura t-il une coalition avec ce frère ennemi ? Ou bien les deux partis se partageront-ils les rôles en s’investissant, l’un, dans les législatives, et l’autre, dans la présidentielle ?

Source. « Business News » Le 01-05-2011

’Cyber Révolution’’

Ammar 404 fait de la résistance !


 

 

Nécessité d’un audit à Tunisie Télécom, là où se trouve le premier nœud de la censure - Ah, Ammar 404 ! On en a bavé. Aujourd’hui, Révolution oblige, on fait son procès posthume même si son spectre rôde toujours dans nos cieux. Serait-ce la fin de la censure ? Et bien, que Nenni, La censure existe toujours. Reste à savoir comment la contourner désormais et surtout comment dénoncer les vrais responsables d’un réseau qu’on n’a pas encore démantelé.

 

A l’INSAT( Institut national des sciences appliquées et de technologie) les étudiants brisent les chaînes de la censure pour que Ammar sorte à visage découvert. C’était hier lors de la journée de la Cyber Révolution organisée par le club de la sécurité informatique de l’INSAT, ‘’securinets’’. Le but étant de traquer les cybers malfaiteurs qui sont derrière Ammar 404 mais aussi de savoir quelle forme prend la censure aujourd’hui et quelle est son rôle.

 

Quand Ammar sort à découvert

 

Si Ammar était un homme on lui aurait attribué le visage d’un homme mortifié. On jouait à la dérision en fait en parlant de la censure. C’est pour faire rire, bien entendu, mais aussi pour donner à réfléchir.

 

On se souvient de la manifestation ‘’N’har Ala Ammar’’ à la quelle on a répondu par un franc sourire. L’un de ses initiateurs, Slim Amamou, le blogueur et activiste qui a bien résisté à la censure du temps de Ben Ali. Le Secrétaire d’Etat auprès du Ministre du sport et de la jeunesse garde toujours son ton enjôleur et moqueur pour remarquer au début de sa communication qu’il a invité des responsables du ministère de l’intérieur mais n’ont pas répondu à son invitation pour venir percer le secret Ammar 404 « Je salue quand même nos invités du ministère de l’intérieur qui sont parmi nous » dit –il d’un ton ironique. Le franc parler était de mise lors de cette rencontre où l’on a parlé de bien de pratiques que seuls les connaisseurs en informatique appréhendent du genre le ‘’fishing’’ qui consiste à pirater le mot de passe de tous les internautes qui transitent par yahoo, google, facebook, gmail, etc. pour faire main basse sur la couche réseau Internet !Les spécialistes présents ont montré que les censeurs ont crée une fausse page « error 404 page not found » qui fait croire que la page recherchée n’a pas été trouvé alors qu’en réalité elle a été censurée.

 

Haithem Mekki, encore un nom de blogueur qui n’a pas non plus la langue dans la poche fait remarquer qu’il s’agit en fait de tout un réseau à démanteler. « J’appelle à un audit à Tunisie Télécom, là où le premier nœud de la censure s’y opère. Aujourd’hui on veut incriminer l’Agence tunisienne de l’internet alors que le véritable jeu se fait du côté du ministère de l’intérieur de l’Agence tunisienne de communication extérieure et au Palais présidentiel de Ben Ali. Les autres institutions exécutaient ce qu’on leur demandait. Les cellules de la censure doivent être identifiées autrement Ammar 404 reprendra de plus belle ses activités de l’avant Révolution. » dit-il.

 

«error 404 page not found»

 

Belhassen Zouari, universitaire et ancien PDG de l’Agence nationale de la sécurité informatique (ANSI) a expliqué les faits en distinguant entre exécutants et responsables de la censure. Celle-ci requiert des connaisseurs en politique, des techniques policières et des techniciens de l’informatique. Les attaques peuvent se faire de l’extérieur par des cybers mercenaires qui piratent les sites des opposants ou de l’intérieur. L’Agence tunisienne d’informatique (ATI) ou l’ANSI sont tout simplement des vitrines de la censure qui se joue ailleurs, fait-il comprendre. Moez Chakchouk le PDG de l’ATI a, de son côté, montré que l’ATI n’est pas le véritable censeur qu’on craint. « L’Internet a fait son entrée en Tunisie en 1996. L’ATI a du bon, puisqu’on a en Tunisie un seul point d’échange du trafic Internet servi par cette institution. Le trafic transite à travers des routeurs et tout est analysé à travers des équipements qui savent filtrer des sites de pédophilie, de terrorisme, etc. Mais on n’a pas d’équipements qui peuvent informer des sites ou des pages où l’on critique Ben Ali, son régime ou sa famille. Il ya donc une intervention humaine dans ce cheminement qui nous dépasse. Je peux vous dire qu’aujourd’hui personne ne contrôle nos équipements. Mais le problème est que tout a été effacé à distance et on ne dispose d’aucune trace qui pourrait incriminer des parties. La chose dont je suis sûre est qu’il ya plusieurs Ammar et non pas un seul 404.» avance-t-il.

Et si la censure a sévi c’est qu’on sait que l’information informatique est un enjeu de pouvoir. Mais ce que les anciens censeurs savent moins est que l’information bâillonnée a plus d’impact que celle à la portée de tous. Et si Ammar existe toujours, c’est pour dire, par ailleurs, que la liberté d’expression est un combat permanent et non un confort acquis.

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Indépendance de la Justice

«D’abord assainir l’appareil judiciaire !»

En fait, c’est «l’homme malade» - L’indépendance de la Justice restera un vœux pieux tant que la structure judicaire dans sa totalité n’a pas été assainie .

C’est en effet, dans le cadre d’un système judicaire sain, et qui n’est entaché d’aucune anomalie susceptible de porter atteinte aux droits de l’Homme, qu’on peut parler d’une réelle indépendance de la Justice, pour consolider davantage ces droits et par là même une réelle démocratie où chacun se sent libre, mais aussi protégé, la liberté étant cette attitude responsable, où chacun tient compte, de l’intérêt de son prochains à côté du sien.

A l’ère de la Révolution il importe donc de penser à une réforme judicaire qui tienne compte de tous ces éléments afin de parvenir au but escompté à savoir un Etat de démocratie, où tous les citoyens sont traités sur un pied d’égalité, loin des favoritismes ou du système des deux poids deux mesures, qui mèneraient aux abus et aux malversations de toutes sortes.

C’est autour de ces thèmes qu’une rencontre a eu lieu, dans un hôtel à El Menzah entre des juristes, magistrats, avocats professeurs d’universités, les vendredi et samedi derniers , 29 et 30 avril, organisée par l’Institut Arabe des Droits de l’Homme, et l’Organisation Internationale pour la réforme pénale.

Le président de séance, Slaheddine Jourchi, vice président de la Ligue des Droits de l’Homme, a fait remarquer que l’indépendance de la Justice, n’a pas été réalisée sous le régime de Bourguiba , et encore moins sous le régime du président déchu, puisqu’il y a toujours eu une prédominance de l’exécutif sur le judiciaire.

Dans son exposé sur l’indépendance judiciaire, Ahmed Rahmouni, président de l’Association des magistrats a surtout mis l’accent sur la nécessité d’une rupture avec le passé, et le système de l’ancien régime en général.

Source : « Le Temps » Le 01-05-2011

Sfax : Bloqué par le Sit-in de Sidi Salah, un jeune garçon meurt dans l’ambulance

« Et dire que la révolution a été faite pour le respect et la dignité !!! »

 

Un élève en 8ème année de l’école de base d’El Ghraba situé à environ 20 km au nord de la ville de Sfax, est mort dans l’ambulance qui le transportait à l’hôpital de Sfax afin d’être secouru, suite à une attaque cardiaque qu’il avait eu à 9h30 du matin, le jeudi 28 avril.

La route étant bloquée par des manifestants qui observaient un sit-in au niveau de Sidi Salah, ces derniers n’ont pas voulu laisser l’ambulance passer à temps et l’ont même retardée.

Le jeune garçon se nomme Adem Ghribi, il avait à peine 14 ans.

Les cours ont été aussitôt suspendus durant le reste de la journée à cause de ce drame.

Voilà où nous en sommes…

Source: ”Le Temps” Le 01-05-2011