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Everyday, we contribute to a better information about our country, Tunisia

TUNISNEWS
10 ème année, N° 3691 du 01.07.2010
 archives : www.tunisnews.net 
CRLDHT: Réunion - 61 bis, impasse de la démocratie - 2010 Tunisie
Assabilonline: La Famille de l’Ex-Prisonnier, Walid Ben Tahar Jarray Déclare la Disparition de Son Fils
Ouest France: Une militante tunisienne des droits de l'homme agressée au Forum mondial de Nantes
Abdo Maalaoui: Savez vous que la Tunisie exploite la grande mine d’or à ciel ouvert !
El País : Les limites de la cyberdissidence (Traduit de l’espagnol Par Abdelatif Ben Salem)
AFP: Attaque meurtrière dans le Sahel, l'Aqmi revendique
MAP: AQMI continue de poser une menace "persistante" dans les régions du Maghreb et du Sahel
AFP: Les troubles liés à la branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique

 
 

CRLDHT

Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie

Membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme

21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34

crldht@gmail.com / www.crldht.org 

 

 

INVITATION

REUNION PUBLIQUE

Le vendredi 2 juillet 2010 à 20h  Au FIAP 

61 BIS, IMPASSE DE LA DEMOCRATIE - 2010 TUNISIE

 

Le 15 juin 2010, le Parlement tunisien a voté une loi visant l’ajout d’un paragraphe additionnel à l’article 61 bis du Code pénal, qui sanctionnerait « tout Tunisien qui entretiendrait, sciemment, des relations avec des parties étrangères en vue de les inciter à porter atteinte aux intérêts vitaux de la Tunisie. Sont considérés comme intérêts vitaux tout ce qui relève de la sécurité économique de l’État ». Toute personne qui établirait intentionnellement des contacts explicites ou implicites avec des agents d’un Etat étranger, une institution ou une organisation étrangère dans l’objectif de les inciter à porter atteinte aux intérêts vitaux de la Tunisie est désormais passible de 5 à 12 ans d’emprisonnement. Cette loi votée dans un délai record (moins d’un mois après  son adoption par le Conseil des ministres  le 19 mai 2010) vise à criminaliser la liberté d’expression  au moment où la Tunisie a engagé des négociations avec l’Union européenne en vue d’obtenir le statut de « pays avancé ». Autant dire que cette loi cible directement les défenseurs des droits de l’homme dont certains sont trainés nommément dans la boue par la presse officielle comme par celle de caniveau dans une totale impunité.

 

Le CRLDHT  VOUS INVITE A UNE REUNION PUBLIQUE

 

 

Le vendredi 2 juillet 2010 à 20h  Au FIAP

30 rue Cabanis - 75014 PARIS –  Metro Glacière

Salle Lisbonne

 

 

Avec la Participation de :

 

Mme Souhair BELHASSEN, Présidente de la FIDH

Mme Sihem BEN SEDRINE, Porte Parole du CNLT

M. Khémaies CHAMMARI, Consultant international en droits de l’Homme

M. Kamel JENDOUBI, Président du CRLDHT et du REMDH

 

La réunion sera animée par Me Houcine BARDI

  

 

Avec le soutien de :

 

Associations : FTCR – ATF – Solidarité Tunisienne – AMF - ATMF – ASDHOM – Organisation Internationale des Exilés Tunisiens – ATF Paris.

 

Partis Politiques : CPR – ETTAJDID France – Mouvement ENNAHDHA – PCOT – PDP – FDTL.



 
 La Famille de l’Ex-Prisonnier, Walid Ben Tahar Jarray Déclare la Disparition de Son Fils

www.assabilonline.net
Urgent/Tunisie
 
La famille de l’ex-prisonnier d’opinion Walid Ben Tahar Jarray nous a informée que son fils est porté disparu depuis le Jeudi 24 juin 2010 à 17 h, attestant que dans la matinée du jour même il a quitté la maison en direction de son lieu de travail et au moment où sa famille s’est renseignée auprès de la police, cette dernière lui a affirmé que leur fils est passé le jour même vers 17h (après la prière du Asr), heure de sa présence quotidienne de pointage au local du poste de police de Ben Guerdene (ville de son lieu de résidence).
Notons que la police déclare, voire avoue qu’il s’est présenté au poste de police comme d’habitude…
A noter que :
--Walid Jarray a été auparavant jugé et libéré en Avril 2009 et depuis, il se présente quotidiennement à la Garde Nationale dans le cadre de l’exécution d’une peine complémentaire de cinq ans de contrôle administratif …
--Il a été arrêté de nouveau le 19 Février 2010 par le poste de la garde Nationale de Ben Guerdene pour l’accusation suivante : « insoumission au contrôle administratif » et ce, juste après avoir accompagné son père très malade à l’hôpital de « La Rabta » et il a été condamné à un mois d’emprisonnement ferme par Le Tribunal Cantonal de Ben Guerdene …
--Walid a été empêché de rendre visite à son père pendant sa période d’hospitalisation à « la Rabta » qui se trouve à la Capitale de Tunis … et ce, malgré ses correspondances auprès des autorités policières locales et du ministère de l’intérieur en vue de lui permettre de rendre visite à son père, mais en vain…
--Monsieur Tahar Jarray le père de Walid est décédé le 24 Avril à Ben Guerdene suite à un cancer, soit dix jours après son retour de l’hôpital de « la Rabta » Qu’Allah bénisse son âme et lui accorde Son eternel paradis… Amen
--La famille de Walid a déposé le mercredi 30 Juin 2010 une requête auprès du Procureur Général de Medenine suite à laquelle sa mère Fethia Bent Ali Bedhiaf déclare la disparition de son fils et demande l’ouverture d’une enquête… .
 
En collaboration avec le Militant de Droits de l’Homme Saied Mabrouk de Tunis
 
Source:Assabilonline.net

Une militante tunisienne des droits de l'homme agressée au Forum mondial de Nantes
 

faits de sociétéjeudi 01 juillet 2010
Zakia Dhifaoui est encore bouleversée, ce matin, par l'agression dont elle a été victime hier, au cours du Forum mondial des droits de l'homme qui se tient jusqu'à ce soir à la Cité des congrès. Lors d'une table ronde consacrée à la situation des droits de l'homme en Tunisie, à laquelle participaient Zakia Dhifaoui et le collectif nantais Soutien aux Tunisiens de Redeyef, cinq personnes ont tenté de détourner le débat. «Une méthode habituelle en pareil cas», selon le collectif nantais.
Plus tard dans la journée d'hier, des menaces directes ont été proférées par les mêmes fauteurs de trouble à l'égard de Zakia Dhifaoui. Une militante du collectif nantais a également été prise à parti par une femme de ce groupe, suspecté d'être constitué d'agents du gouvernement tunisien.
Les organisateurs du Forum ont dénoncé, à travers un communiqué, « des comportements contraires à l'éthique du Forum ». Les victimes de cette agression ont porté plainte ce matin. Un dispositif de sécurité est en place à la Cité des congrès pour prévenir de nouvelles tentatives. D'autant que la présidente (tunisienne) de la Ligue internationale des droits de l'homme sera présente ce soir à la clôture du Forum.
 
(Source: ouest-france.fr le 1er juillet 2010)
 

Savez vous que la Tunisie exploite la grande mine d’or à ciel ouvert !

Par Abdo Maalaoui, Ex-exilé

 

Cette mine d’or à ciel ouvert, qui n’a pas nécessité  d’investissement, ni une machinerie lourde, ni des ouvriers ! Son lego est  représenté par un  cheval arabe (comme celle de la voiture de course italienne la Ferrari), alors comme disait le proverbe ; « un cheval arabe qui court, qui laboure et qui ne mange pas de seigle … ». 

 

C’est la première mine d’or écologique et renouvelable, cette mine d’or nous génère annuellement  plus de 4 milliards de $ (en devises et en nature) ! Nous remercions le gouvernement tunisien qui l’a  baptisée en honneur des 1,200,000  tunisiens qui triment à l’étranger : « Mouwatinina fi el Kharej Mine Gold», sa matière première est «la sueur des expatriés tunisiens».

 

Malgré que je le sais depuis 38 ans ! Nous remercions le gouvernement tunisien de certain nombre de services et d’avantages qui nous offrent surtout pour nous rappeler notre Culture et  nous permettre de renforcer nos liens avec le pays, malgré notre absence. Le gouvernement organise des événements de temps à autre en Tunisie ou à l’étranger par l’intermédiaire de nos Consulats ou les cellules de RDC…  Souvent les bons tunisiens (touansa el ndhafs) sont invités comme dans un club privé…

 

Je viens de me rendre compte que je suis un «travailleur tunisien» à l’étranger ? Ce n’est pas grave, je suis fière ... d'aider mon pays malgré que mon gouvernement et d’autres « tabalas » m'accusent d'être traître à la Patrie ! Malgré que les membres de mon gouvernement tunisien ont voté une loi qui peut m'envoyer en prison si j’ose demander la possibilité de m’informer sur notre belle mine d’or et  l’utilisation de cette somme colossale que nous avons envoyée à notre beau et petit pays… Presque trois fois le revenu de l’industrie touristique ?

 

Je suis fière que mes frères et sœurs  expatriés tunisiens aident la Patrie. Je rêve du jour ou les dirigeants de mon gouvernement tunisien soient reconnaissant publiquement de ce que nous apportons à notre économie en devise par année, s'il vous plait !!!

 

C'est une source de revenu simple, qui n'a besoin d'aucune infrastructure lourde ou légère sauf le transfert d'une banque à une autre banque ou par Western Union... Ce transfert génère des revenus aux institutions financières (frais de transfert), des revenus au gouvernement (diverses taxes).

Je suis comblé, nous sommes devenus des vaches à lait, chacun de ses organismes utilisent notre lait pour fabriquer des produits dérivés et à valeur ajoutée ! Mieux même qu’une vache à lait… parce que nous offrons le lait mais nous accommodons pour trouver nos aliments concentrés … C’est fantastique ??

 

Nous sommes conscients et un peu intelligent pour comprendre aussi que ces revenus en devises permettent le remboursement en devise de la dette nationale que le gouvernement tunisien a contracté pour faire des grands projets sinon c’est l’insolvabilité et la faillite technique de mon pays.… Dieu merci mes frères et sœurs expatrié(e)s soyez  sages, généreux et continuons d’envoyer la valeur de notre sueur à la Tunisie ! Un jour vous allez être récompensés au Paradis, ce que tu donnes aujourd’hui, tu le recevras demain en triple. Eh ! les incroyants et les infidèles j’ai entendu  le Saint Imam à la TV Zaitouna nous on a confirmé que l’Amour de la Patrie est une prière « iiibaada » ?

 

En contre partie de ses devises... on nous a donné en échange des dinars (coût d'impression de l'argent officiel : 25 millimes le dinar)... je comprends argent contre argent.. papier contre papier et souvent d’ordinateur à un autre ordinateur .. c’est fantastique !.. On ne voit même pas la couleur de la valeur de notre sueur : On m’a dit que c’est la technologie et c’est le progrès, on a trouvé même un nom : L’argent électronique.. Mais moi je n’ai pas versé de la sueur électronique, j’ai versé de la vraie sueur «la vraie eau colorée brune, chaude et salée » !

 

Le gouvernement a met à la disposition de notre communauté tunisienne à l'étranger un Ministère avec une petite administration  / j'ai oublié le  nom officiel de ce Ministère / il fonctionne avec petit budget annuel de moins de 500,000 Euros ... sur le 1,200,000 d’expatriés tunisiens, il y a peu être un (1) pour 10,000 expatriés tunisiens qui connaissent ce «Ministère des exilés» .. Mais on m’a confirmé qu’il est dirigé par une équipe sympathique et serviable … On n’a pas besoin que notre «Ministère des cinglés»  fasse de la publicité … parce qu’il travaille dans la discrétion et il sait gouverner nos émotions.

 

Ce n’est pas comme le Ministère et les sociétés du tourisme qui fait trop de bruit pour générer presque des miettes une fois que le transport et les frais de séjour sont  acquittés de nos «concurrents» de touristes étrangers «avares, sans âmes, ni sourire» …

 

Seigneur : Je viens de me rendre compte pourquoi les autorités tunisiennes nous accueillent à la Goulette avec «Tabla wa zoukra» … dés notre arrivée ? Ah… mon beau pays ! Je verse une larme, je m’incline pour prier et je me sens vraiment fière du gouvernement de ma Patrie qui m’a royalement accueilli… et à mon for intérieur : « Mort tu es la bienvenue », je suis enfin en Tunisie, stressé avec le ventre un peu serré  !

 

Pour vous prouver qu’aucun des expatriés tunisiens n’est traître à la Patrie… Le touriste étranger avare, sans âme est souriant parce qu’il a hâte de quitter la Tunisie, il sait le petit malin qu’il nous a «fourré et son petit argent a fini » !…

 

Quant aux expatriés tunisiens chacun de nous est malheureux de partir et souvent en cachette on verse des barrages de larmes en souvenir de ceux et celles que nous avons aimé et nous avons laissé dans la Patrie, je sais qu’ils sont entre bonne main, je sais qu’ils sont gardés, surveillés, encadrés par l’Oncle SAM américain et assisté par le grand frère SAMir tunisien) ! Je sais que les deux sont des « mlaakiiits / des tordus» !!! Mais qu’est-ce qu’on peut faire, ils faut retourner verser notre sueur afin que nous puissions envoyer une partie de la valeur de notre sueur en Tunisie… !!! 

 

N.B : Ma promesse (forcée) que j’ai signé avec la P.P tunisienne de ne pas écrire sur Tunisnews durant un an est respectée … J’ai décidé de ne plus faire de la politique surtout contre le Pouvoir en place… Avec la promulgation de cette nouvelle loi … Je déclare publiquement que j’adore ma Patrie : La Tunisie… Mais j’ai la difficulté avec son honnête gouvernement et son dynamique RCD… !

 

Les limites de la cyberdissidence

 

Ernesto Hernández Busto

Traduit de l’espagnol Par Abdelatif Ben Salem

 

 

En surestiment le potentiel des blogueurs sur le Net dans leur combat contre les régimes autoritaires, les médias ont peut-être pêche par excès d’enthousiasme. De Cuba à l’Iran, ceux-ci ont dû faire face à des contrefeux allumés par les dictatures.

 

Au cours des derniers mois, ceux qui s’intéressent à la capacité des nouvelles technologies a lancer des défis aux régimes autoritaires, ont assisté à une polémique fort intéressante qui a réuni des experts, des écrivains et bien entendu des blogueurs tels que Evgueni Morosov et Clay Shirky. Les médias anglo-saxons ( Prospect, The Wall Street Journal, Foreign Policy ) ont publié les arguments développés aux cours de ces débats qui ont touché des événements aussi éloignés les de autres comme les mobilisations postélectorales en Biélorussie en 2006, ou les manifestations des moines bouddhistes en Birmanie en 2007, ou la Révolution verte qui a secoué le régime iranien après l’élection de Ahmadinejad il y a tout juste un an, mais qui ont toutefois un dénominateur commun : le rôle important déployé par les nouvelles technologies de communication tant sur le plan de leur organisation que sur celui de la diffusion quasiment instantanée de l’information sur la répression gouvernementale.

 

Amplifiés par des larges échos médiatiques, les attentes de ceux qui virent dans ces nouveaux médias, la clef d’une nouvelle forme de combat politique, glamour qui plus est, capable d’affranchir la société civile par la voie des protestations de masse, ont été quelque peu frustrées. Le résultat est qu’aucun de ces mouvements n’a à première vue réussi à défaire le moindre régime politique, même s’ils ont contribué à en affaiblir certains et à en discréditer d’autres aux yeux de l’opinion internationale. Pessimiste à outrance, Mozorof, est allé même jusqu’à rendre responsables de cet échec, les partisans de la cyberdissidence et l’enthousiasme excessif des médias, qui non seulement ont porté un coup très dur aux causes qu’ils sont censés promouvoir et faire connaître, mais en provoquant aussi le résultat exactement contraire de ce qu’ils attendaient : une répression accrue et une extension des limites de la surveillance autoritariste.

 

Dans un article paru dans la dernière livraison du Foreign Policy consacré à l’Iran, Golnaz Esfandiari a décrit « la révolution Twitter » de l’année passée  comme « l’événement idéal » pour nombre de journalistes et chercheurs spécialisés dans la matière, « une de ces histoires qui s’écrivent toutes seules. » Mais tout semble indiquer en effet que la presse occidentale a exagérément gonflé l’impact réel de Twitter en tant que canal de transmission d’information utilisé par les activistes se trouvant sur le terrain.

 

Qu’elle que soit notre position face à ce débat, il nous faut applaudir  l’enthousiasme de Shirky à propos de la naissance de « l’organisation sans organisation », de la « nouvelle structure civique » ou de la « maladie technologique auto immunisante », mais il nous faut également partager le pessimisme de Mozorov et d’autres, lorsqu’ils suggèrent l’idée que les Etats autoritaires demeurent suffisamment forts pour contrer le mécontentement populaire et étouffer les voix des cyberdissidents.

 

Personne ne peut nier évidemment que la scène de la contestation politique dans les sociétés bloquées à subi au cours des dernières années, une profonde mutation en rapport avec l’usage des nouveaux moyens de communication technologique. J’emploie à dessein le terme « mutation » pour mieux souligner qu’il ne s’agit pas du tout d’un nouveau mode destiné à véhiculer le vieux discours de la dissidence classique. Ni de disposer de « nouveaux outils » plus sûrs et plus rapides que les manifestes et les samizdats distribués sous le manteau, mais de bien noter que ces nouveaux « outils » ont donné réellement naissance à des nouvelles formes d’organisation sociale au pouvoir contagieux, et qui, en plus du fait de se traduire ou pas par des manifestations de masse, elles concourent à la reconstruction du tissu de la société civile.

 

Mais il n’est pas exclu qu’à court terme, la nouveauté de ces outils et l’attraction même qu’elles exercent sur les cyberdissidents soient porteuses de germes de leur propre échec, en tant que les régimes autoritaires avaient réussi à fournir la preuve de leur capacité à mettre leurs techniques de répression en adéquation avec ces nouvelles technologies, en exploitant les avantages d’une démocratie qu’ils s’obstinent pourtant à en refuser l’accès à leurs propres citoyens. Des telles sociétés peuvent, comme c’est le cas pour un pays comme la Chine , concevoir par exemple des clones locaux (mais soumis à un contrôle strict) des sites les plus célèbres de la Web 2.0 dans le style de Facebook ou de YouTube, et ériger en même temps, au nom de l’impératif de sécurité nationale, une Grande et infranchissable Muraille Cybernétique. Dans d’autres cas, comme pour le régime iranien, une grande armée quasiment invisible de mercenaires rémunérés et de « croyants sincères » s’était vue confiée la mission de traquer, de débusquer les dissidents et de polluer les débats organisés sur le Net, parfois même, de monter de toute pièce de faux « évènements » qu’elle exploite à sa manière pour discréditer ses adversaires. Ce qui est déplorable cependant, c’est qu’à maintes reprises, ces actions ont été menées grâce à la connivence des compagnies occidentales comme Nokia et Siemens qui avaient vendu à l’Iran la technologie et le Know-How nécessaires pour maintenir Internet sous contrôle total.

 

Depuis le mois de septembre, les Gardiens de la Révolution iranienne ont la haute main sur le réseau des télécommunications qui commande l’accès à la Toile , aux téléphones cellulaires et aux réseaux sociaux. « L’histoire du cyberjihad iranien », faisait remarquer il y a peu Abbas Milani, « est passée, presque inaperçue dans les médias occidentaux malgré sa grande importance » Milani a parfaitement raison, j’ai moi-même participé il y a quelques mois à une rencontre organisée sous l’égide du Georges Bush Institute, de Freedom House et du Berckman Center rattaché à Harvard University, et j’ai pu me rendre compte à cette occasion, que la principale préoccupation des blogueurs et des experts avec qui j’ai pu m’entretenir, était la vente par des individus dépourvus de toutes scrupules, des technologies de pointe aux gouvernements qui pratiquent la censure comme la Chine , la Syrie ou l’Iran et l’usage chaque jour plus liberticide qu’ils font de ces nouveaux médias.

 

Pour ce pays, il s’agit en résumé, de faire la guerre contre la révolte digitale avec ses propres armes. Cette stratégie s’est avérée efficace même pour un président comme Hugo Chavez qui est passé, en moins d’un mois, du statut de censeur impénitent de la Toile à celle d’un blogueur célèbre détenteur d’un compte à Twitter. Malgré cela, la balance penche en Amérique Latine, plutôt du côté des internautes, ce qui est favorise le développement de la contestation sociale.

 

Même la société cubaine, dont la participation à l’essor des nouvelles technologies de communication demeure marginale  – il faut rappeler que les statistiques les plus optimistes concernant l’accès à Internet citent le chiffre de 10% de la population et qu’une heure de connexion au réseau coûte environ la moitié d’un salaire moyen – a trouvé sa place sur la carte de la cyberdissidence grâce aux initiatives d’une élite déterminée à profiter au maximum des avantages démocratiques offerts par ces nouveaux médias.  

 

Inspirés par Yoani Sánchez et d’autres blogueurs, de nombreux jeunes cubains n’ont plus peur d’exprimer leurs opinions. A cuba, l’usage des téléphones portables pour consigner la chronique quotidienne de la répression est en augmentation constante, et les d’informations contrôlées qui ont « filtré » à l’extérieur sont de plus en plus abondantes. Quand à Twitter, il continue sa progression. Le castrisme a des bonnes raisons de s’inquiéter au cas où la dissidence traditionnelle cubaine se résout à faire cause commune avec les blogueurs sur plusieurs fronts de lutte, en exploitant le mécanisme des appelé « cascades d’informations », décrit par Susanne Lohman et appliqué par Shirky à l’activisme digital. C’est pour cela que le régime cubain a décidé de se mettre au diapason, en adoptant la même stratégie que celle suivie par l’Iran : organisation d’une contre-offensive cybernétique incluant la rénovation complète de ses sites web ; une présence accrue dans les réseaux sociaux ; des plateformes des blogs officiels spécialement conçues pour la calomnie et la diffamation des blogueurs indépendants ; des cybercommandos d’intervention rapide formés d’étudiants issus de l’Université des Sciences Informatiques…Pour l’heure ces méthodes n’ont pas réussi à réduire l’activité des blogueurs, toutefois le régime continue de faire reculer la date de la connexion par câble à bande large avec le Venezuela – renvoyée aujourd’hui pour 2011 - et la blogosphère cubaine donne des signes, pour le malheur des partisans comme des adversaires, d’une influence somme toute assez faible

 

Est-ce que ces indicateurs suffisent pour attribuer à Internet un rôle clef dans la contestation politique de notre époque ? La mutation rendue possible par ces nouvelles technologies d’information est un signal tout à fait encourageant, mais cette mutation ne coure-t-elle pas le risque de stagner dans des actions confuses et sans public clairement défini ? Dans les sociétés autoritaires, la confusion entre « message » et « médium » ne semble pas avoir favorisé l’instauration d’une liberté capable d’aller au delà d’un projet alternatif à la presse officielle. Au bout du compte, l’usage politique de la Toile s’est avéré beaucoup plus prégnant à l’intérieur qu’à l’extérieur des systèmes pourvus d’indices élevés de démocratie et de transparence. Les spécialistes sont chaque fois plus nombreux à se poser la question sur la potentialité de vaincre un régime grâce à cette espèce d’illusion démocratique (et narcissique) qu’Internet favorise. Peut-être que sur ces scènes virtuelles où l’espace consacré à la propagande libertaire est forcément réduit et susceptible d’être facilement contrôlé, il faut revenir aux bonnes vieilles méthodes du dissident traditionnel : organiser des grèves, descendre dans la rue, oser lancer des défis dont la réussite serait la moins tributaire possible de leur écho médiatique.

 

Ernesto Hernández Busto, est essayiste (lauréat de Casa de America 2004). Il édite depuis 2004 le blog des activités cubaines Penúltimos Días.com

Traduit de l’espagnol Par Abdelatif Ben Salem

Courtesy El País 29 juin 2010                                                     

Attaque meurtrière dans le Sahel, l'Aqmi revendique
 
AFP / 01 juillet 2010 12h13
 
ALGER - Une embuscade qui a coûté la vie mercredi à onze gendarmes algériens dans le grand sud a été revendiquée par la branche maghrébine d'Al-Qaïda, alors que les Etats de la région veulent intensifier leur lutte contre les groupes islamistes et trafiquants en tous genres.
L'attaque s'est produite près de Tinzaoutine, à la frontière entre l'Algérie et le Mali, et les assaillants se sont ensuite réfugiés au nord malien, selon la presse algérienne.
Aucune information officielle n'a été publiée à Alger sur cette opération, la première de cette envergure lancée par un groupe de la mouvance islamique contre des forces armées algériennes depuis près d'un an.
Al-Qaïda au maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'attaque, "dans un communiqué écrit et lancé sous formes de tracts jetés à la frontière entre le Mali et l'Algérie", a déclaré à l'AFP à Bamako une source sécuritaire étrangère dans le nord du Mali.
La presse algérienne attribue l'opération au groupe de Abou Zeïd, un des chefs d'Aqmi de la région où Mokhtar Belmoktar, un autre "émir" des groupes armés, est également actif.
Toujours active particulièrement en Kabylie, à l'Est d'Alger, Aqmi s'est aussi implantée ces dernières années dans le Sahel, vaste région désertique que se partagent l'Algérie, le Niger, le Mali et la Mauritanie notamment et lieu de trafics en tous genres, accusent régulièrement ces Etats frontaliers et des pays occidentaux.
Trafiquants, contrebandiers et islamistes radicaux, qui ont parfois des liens familiaux avec les tribus nomades, sont étroitement liés, affirmaient début juin des spécialistes interrogés par l'AFP en Mauritanie et en Europe.
Le paiement de rançons - fermement condamné par Alger - pour la libération de ressortissants étrangers enlevés par des groupes qualifiés de "maffieux" et revendus aux islamistes est devenue une source de financement pour Aqmi, accusaient ces spécialistes.
Deux Espagnols et un Français sont toujours détenus par les jihadistes.
"L'attentat, bien préparé, peut être pour Aqmi une façon de marquer sa présence autrement que par des enlèvements", estime un spécialiste algérien des questions sécuritaires sous couvert de l'anonymat.
La région du Sahel, "devenue zone de repli des groupes terroristes, présente aujourd'hui de réelles menaces" et "peut, à terme, devenir un espace propice pour l'expansion du terrorisme vers d'autres régions du continent et du monde", a prévenu le 25 juin le président algérien Abdelaziz Bouteflika, au cours d'une réunion du G8 avec l'Afrique à Muskoka (Canada).
Dénonçant aussi le trafic d'armes ou de drogues, M. Bouteflika avait alors demandé une aide internationale "dans les domaines particuliers du renseignement, de l'équipement et de la formation", tout en soulignant que les Etats de la région devaient "s'approprier" les problèmes de sécurité avec des "mesures concrètes de lutte antiterroriste".
Après plusieurs réunions en Algérie de hauts responsables militaires de la région, un comité d'état-major opérationnel conjoint entre l'Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger a été installé le 21 avril à Tamanrasset, rappelle-ton.
Dès mercredi soir, les Etats-Unis ont réitéré son soutien à l'Algérie, "leader et partenaire essentiel dans le combat contre les forces de l'intolérance, qui essayent d'utiliser la violence et la peur pour imposer leurs croyances au reste du monde", a affirmé mercredi soir l'ambassadeur américain à Alger David D.Pearce.
"A travers une coopération élargie autour de la lutte contre le terrorisme (...) nous travaillons main dans la main pour mettre fin aux activités des terroristes et des criminels qui menacent nos deux nations et la région", a-t-il ajouté devant des invités.

AQMI continue de poser une menace "persistante" dans les régions du Maghreb et du Sahel

MAP  : 01.07.2010 à 17:02
Le groupe terroriste, dénommé Al-Qaeda dans le Maghreb Islamique (AQMI), "continue de poser une menace persistante" en Afrique du nord et dans la région du Sahel, a affirmé le coordinateur adjoint de la lutte anti-terroriste au Département d'Etat US, Robert F. Godec.
"Les militants de ce groupe terroriste avaient à maintes reprises kidnappé des ressortissants occidentaux avec demandes de rançons, assassiné nombre de personnel militaire dans la région, un travailleur humanitaire américain et un otage britannique", a souligné le haut responsable US, qui intervenait lors de la conférence des jeunes leaders du monde, tenue mercredi à Washington.
Un récent rapport du Centre international des études sur le terrorisme relevant de l'Institut de recherche américain Potomac, révèle en effet que les attentats terroristes perpétrés par AQMI ont connu une "augmentation vertigineuse" de plus de 550 pc, depuis les attaques du 11 septembre 2001, dans une zone géographique allant de l'Algérie au Mali, en passant par la Mauritanie et le Niger.
Les actes de prise d'otage et d'assassinat menés par ce groupe terroriste dans la région du Sahel "démontrent que sans la mise en oeuvre de mesures antiterroristes effectives, la menace de ce groupe terroriste planera à terme sur les Etats Unis et les pays de l'Union européenne", estime les auteurs de ce rapport.
A rappeler que les Etats-Unis avaient récemment maintenu la désignation d'Al-Qaida au Maghreb islamique en tant qu'"organisation terroriste étrangère", conformément à la section 219 de la loi sur l'immigration et la nationalité.
Une décision similaire avait été prise à l'encontre d'Al-Qaeda dans la péninsule arabique (AQPA) qui a revendiqué l'attentat raté de Noël sur un avion de la Northwest Airlines reliant Amsterdam à Détroit.
Le Département d'Etat avait, par ailleurs, relevé qu'Al-Qaeda au Maghreb Islamique, dénomination que porte le Groupe salafiste algérien pour la prédication et le combat, a élargi le rayon de ses opérations au-delà du territoire algérien en intensifiant ses attaques au nord du Mali, au Niger et en Mauritanie.
Les troubles liés à la branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique

ALGER, 1 juil 2010 (AFP) -  Rappel des principaux troubles, violences ou enlèvements, liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi, ex-GSPC):
- fév-mars 2003: 32 touristes européens sont enlevés par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) dans le sud algérien. Les derniers otages sont libérés en août depuis le Mali, où ils avaient été transférés.
- 14 sept 2006: Le GSPC algérien prête allégeance à Oussama ben Laden et annonce début 2007 avoir changé son nom pour "Mouvement d'Al-Qaïda au pays (région) du Maghreb islamique" (Aqmi).
- 11 avr 2007: 30 morts, plus de 200 blessés dans deux attentats à Alger, dont l'un contre le Palais du gouvernement, revendiqués par Aqmi.-
 6 sept: 22 morts et plus de 100 blessés dans un attentat-suicide visant le cortège du président algérien dans l'est. Le 8, 30 morts dans un attentat-suicide contre une caserne en Kabylie. Revendiqués par Aqmi.
- 14 déc: Deux attentats-suicide à Alger visent le Conseil constitutionnel, la Cour suprême et deux immeubles de l'ONU (37 morts). Revendiqués par Aqmi.
- 24 déc: En Mauritanie, quatre touristes français sont tués près d'Aleg (sud-est). Trois jeunes Mauritaniens affiliés à Al-Qaïda seront condamnés à mort en mai 2010 pour cet assassinat. La Mauritanie n'a pas exécuté de condamnés à la peine capitale depuis plus de 20 ans
- 22 fév 2008: Deux touristes autrichiens sont enlevés en Tunisie, puis transférés au Mali. Libérés par Aqmi huit mois plus tard.
- 8 juin: un Français est tué dans un attentat à l'est d'Alger. Revendiqué par Aqmi.- 14 déc: Enlèvement de deux diplomates canadiens autour de Niamey, revendiqué par Aqmi. Libérés au Mali en avril 2009.
- 22 jan 2009: Quatre touristes, deux Suisses, un Allemand et un Britannique, sont enlevés dans la zone frontalière Mali/Niger. Le 3 juin, Aqmi annonce avoir tué le Britannique. Les trois autres sont libérés en avril et juillet.
- 23 juin: Assassinat, revendiqué par Aqmi d'un Américain dirigeant un établissement d'enseignement à Nouakchott.
- 26 nov: Un Français est enlevé dans le nord-est du Mali. Aqmi le relâche en février 2010 après la remise en liberté au Mali de quatre islamistes réclamés par Al-Qaïda.
- 29 nov: Enlèvement de trois Espagnols dans le nord-ouest de la Mauritanie, revendiqué par Aqmi. L'un des otages, une femme, est libérée le 10 mars.
- 18 déc: Enlèvement d'un couple de touristes italiens dans le sud-est de la Mauritanie, revendiqué par Aqmi. Libérés le 16 avril.
- 8 mars 2010: Huit morts, dont cinq soldats nigériens, dans une attaque contre un poste militaire nigérien, revendiquée par Aqmi.
- 22 avr: Un Français et un Algérien sont enlevés dans la région frontalière Mali/Algérie. Début mai, Aqmi revendique le rapt du Français. Le chauffeur algérien est inculpé au Niger pour "complicité d'enlèvement".
- 1er juil: Aqmi revendique l'attaque qui a coûté la vie à onze gendarmes algériens, la veille, près de Tinzaoutine, à la frontière entre l'Algérie et le Mali.

 

 

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