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TUNISNEWS
9 ème année, N° 3510 du 01.01.2010
 archives : www.tunisnews.net 
Liberté et Equité: Nouvelles des libertés en Tunisie
Comité de Soutien aux Militants de l’UGET: Prémices d’une Victoire
Khaled Ben M´Barek: Après Ali Saidi à qui le tour?
AFP: Entretiens du ministre français de la Culture à Tunis
AFP: Mauritanie: Al-Qaïda au Maghreb publie des photos du couple d'otages italiens
Le bilan 2009 de Reporters sans frontières

  
Intervention de M. Imad Daimi membre du bureau executif de  l' Organisation Internationale des Exilés Tunisiens ( Manfiyoun Tounes) su "Arljazeera Magharebiya" le 30 decembre 2009:
 

Liberté pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies
Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté et Equité
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Tel/fax : 71 340 860
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Tunis, le 31 décembre 2009
Nouvelles des libertés en Tunisie
 
1) Agression de Zyed Fakraoui, ancien prisonnier d’opinion
La famille de Zyed Fakraoui, ancien prisonnier d’opinion, nous a informés qu’il les avait contactés dans l’après midi du 31 décembre 2009 par téléphone, qu’il les avait informés en criant qu’il occupait le poste de police de Alala dans le gouvernorat de Kairouan et qu’il avait été violemment agressé par des inconnus qui l’avaient attaqué et saccagé le projet agricole auquel il avait consacré du temps des efforts et de l’argent.
Zyed Fakraoui, ex prisonnier d’opinion, dont la famille réside à Fouchana, a été arrêté à deux reprises pour des accusations en relation avec la « loi antiterroriste » non constitutionnelle, et il a été harcelé à de nombreuses reprises par des agents de la police politique, ce qui l’a contraint à aller à Elala dans le gouvernorat de Kairouan dans l’espoir de monter un projet agricole loin de ces tracasseries récurrentes […]

2) Bouclage du domicile du journaliste Slim Boukhdhir
Le domicile du journaliste Slim Boukhdhir, correspondant de l’organisation Reporters sans frontières en Tunisie, a été encerclé dans l’après midi du 31 décembre 2009 par un nombre impressionnant d’agents de la police politique. Il s’inquiète pour son devenir et celui de sa famille, d’autant qu’à de nombreuses reprises il a été violemment agressé par des personnes dont il est avéré qu’il s’agit d’agents de la police politique.

3) Harcèlement de Lazhar Zarrouk, ex prisonnier d’opinion
Encore une fois, Lazhar Zarrouk, ancien prisonnier d’opinion, a été harcelé, agressé verbalement par des agents de la police politique qui le convoquent verbalement au district de police d’El Omrane supérieur. S’il leur demande une convocation écrite, comme le dispose la loi, ils l’abreuvent d’insultes, de menaces de coups et d’emprisonnement.

4) Report du prononcé du jugement de Lotfi Dassi
Aujourd’hui, la sixième chambre correctionnelle, présidée par la juge Faouzi Jebali, a examiné l’affaire n°32454 dans laquelle est déféré monsieur Lotfi Dassi, pour collecte de fonds non autorisée, en vertu du décret du 8 mai 1922. Le juge a décidé de reporter le prononcé du jugement au 4 janvier 2010. Pour sa défenses, Maîtres Abderraouf Ayadi, Najet Labidi, Noureddine Bhiri et Samir Dilou se sont présentés, qui ont plaidé la nullité de procédure pour dépassement du délai légal de garde à vue, extorsion d’aveux sous la torture et falsification des procès verbaux puisque l’arrestation a eu lieu à Gafsa alors que dans le procès verbal il est consigné qu’elle a eu lieu avenue Habib Bourguiba à Tunis […]

Pour le bureau exécutif de l’Organisation
Le Président
Maître Mohammed Nouri
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 


 

Comité de Soutien aux Militants de l’UGET

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Paris le 01/01/2010

Prémices d’une Victoire

Mohemed Soudani, l’étudiant exclu de toutes les universités tunisiennes à cause de ses activités syndicales et politiques et condamné à 4 mois de prison lors d’un procès inique, a été libéré le 1 janvier 2010 à 1h15. Arrêté le 22 octobre 2009 suite à un entretien avec deux journalistes françaises, détenu dans un endroit secret et privé de son droit à la défense, il a été condamné à 4 mois de prison ferme pour ivresse et atteinte aux bonnes mœurs. Une sentence qui a été confirmé en Appel.

Par ailleurs Najeh Saghrouni, Ayoub Amara, Isam Sallami, Rabii Warghi et les étudiants de Manouba, en grève de la faim depuis le scandaleux procès du 21/12/2009, sont toujours en prison.

Selon un communiqué de l’Association tunisienne de lutte contre la torture (communiqué du 01/01/2010), certains des étudiants de Manouba ont refusé de faire Appel pour protester contre le caractère injuste du procès du 21/12/2009. D’autres, notamment Nabil Balti, commencent à avoir des problèmes de santé sans pour autant avoir le droit aux soins médicaux. L’Association tunisienne de Lutte contre la Torture rapporte que les prisonniers de Manouba sont isolés les un des autres sans avoir la possibilité de se rencontrer. Ils n’ont toujours pas reçu de réponse quand à leurs requêtes de pouvoir préparer et passer les examens en prison. 

Les militants de la centrale syndicale estudiantine n’ont pas encore soldé leurs comptes en matière de procès préfabriqués ; d’autres procès sont encours.

Le 31/12/2009 le tribunal de Tunis a ajourné, pour la troisième fois, la sentence qu’il devait rendre contre E. Zatour le premier responsable de l’UGET et un ancien membre du Bureau exécutif. La sentence a été fixée pour le 14 janvier 2010.

Le Comité de Soutien aux Militants de l’UGET considère que cette victoire, aussi partielle soit-elle, ne peut que motiver pour maintenir la vivacité de toutes les formes de solidarité avec les militants de l’UGET pour exiger :

 - La libération de tous les militants emprisonnés.

- L’arrêt de toutes les poursuites judiciaires engagées contre les militants de l’UGET.

- La réintégration dans leurs universités de tous les étudiants exclus.

- La satisfaction des revendications syndicales et pédagogiques des étudiants.

- L’arrêt de toute forme de répression contre l’UGET et lui permettre de tenir son congrès en toute liberté et de fonctionner en toute indépendance.

Signez et faites signer la Pétion internationale de solidarité avec les militants de l’UGET en envoyant vos signatures à عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته. ou en cliquant sur ce lien www.jesigne.fr/petitioninternationale

 



 

Il y a huit ans, une mort programmée dans une atmosphère semblable à celle d’aujourd’hui,

APRES ALI SAÏDI, A QUI LE TOUR ?
 

Il y a huit ans, le 30 décembre 2001, le cadavre d’Ali Saïdi était soi-disant trouvé enterré quelque part à Oum Laârayes. Le pouvoir a immédiatement échafaudé une histoire cousue de fil blanc en vue d’accréditer la thèse du crime crapuleux. Deux femmes dont on ne sait rien aujourd’hui, ont été condamnées.
L’opposition tunisienne s’est résolue à laisser tomber ce pestiféré de ses rangs, autorisant le pouvoir à le tuer une deuxième fois en le précipitant dans les abîmes de l’oubli,
Jamais la quête de vérité ne s’éteindra à propos de ce martyre ignoré. Son fils a grandi et pourra bientôt reprendre le témoin.
L’AISPP, Liberté/Equité et l’ATFD se doivent de rechercher les deux sœurs Saïdi-Biskri et de leur porter secours, y compris par une demande officielle de réouverture de dossier.
Certains aujourd’hui feignent d’ignorer leur prédécesseur dans le jeu d’apprenti sorcier avec le pouvoir, en lui faisant la courbette, en lui léchant les bottes et en faisant les rabatteurs-maquereaux. Il y en a même qui se font nommer ambassadeurs…
Ils ne devraient pourtant pas dormir tranquilles, car, comme avec Ali, L’Infâme ajourne, ignore, refoule, patiente, mais il n’oublie jamais…
Tous les dégénérés devenus benaliénés comme s’ils avaient été frappés d’un sort subit, doivent méditer le cas Ali Saïdi et bien réfléchir avant de retourner coudre publiquement et ostensiblement leur tricot de corps… Et par-dessus le marché, de faire de cette déchéance absolue une sorte d’épopée glorieuse (toz hikma !) érigeant la traîtrise et la bassesse, la négation de soi et l’autodestruction morale, en véritable croisade personnelle. Encore un peu, à les entendre, la « khiêna » (de soi d’abord) serait remboursée par la Sécurité sociale.
Comme disait l’éternel Almoutanabbi : من يَهٌنْ يسَهلِ الهوانٌ عليه .. ما لجرحٌٍ بميّت إيلامٌ.

Fait à Besançon, le 1er janvier 2009
Par nous : Khaled Ben M´Barek

 



 

Entretiens du ministre français de la Culture à Tunis

AFP / 29 décembre 2009 21h45
TUNIS - Le ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand a eu mardi des entretiens avec ses homologues tunisiens des Affaires étrangères, de la Culture et de la Communication, a constaté un journaliste de l'AFP.
M. Mitterrand, arrivé vendredi en Tunisie pour des vacances, a effectué une visite de travail lundi et mardi, la première d'un ministre français depuis la réélection en octobre dernier du président Zine El Abidine Ben Ali pour un cinquième mandat.
Cette visite intervient quelques semaines après les tensions entre Tunis et Paris concernant le respect des droits de l'Homme après l'arrestation fin octobre du journaliste Taoufik Ben Brik.
Ben Brik a été condamné fin novembre pour violence alors qu'il clame son innocence et que des organisations françaises de défense de la presse et des droits de l'Homme affirment qu'il est victime de ses écrits dans la presse française contre le régime du président Ben Ali.
A l'issue de son entretien avec le ministre des Affaires étrangères Abdelwaheb Abdallah, M. Mitterrand, cité par l'agence gouvernementale TAP, a indiqué que l'entrevue s'était déroulée "dans un climat confiance et d'amitié" et permis d'évoquer "des questions relatives à la culture et à la communication".
"Ce fut un échange de vues très élargi, plein de confiance, au cours duquel chacune des parties a souligné l'importance des relations tuniso-françaises, l'amitié qui les caractérise et la nécessité de leur raffermissement", a-t-il ajouté selon la TAP.
Au cours de son séjour, le ministre français devait remettre l'insigne de chevalier des arts et des lettres à des artistes tunisiens, notamment la comédienne Jalila Baccar, le metteur en scène Fadhel Jaibi et le directeur de théâtre Taoufik Jebali.
 


 

Mauritanie: Al-Qaïda au Maghreb publie des photos du couple d'otages italiens
DUBAI — Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a revendiqué lundi l'enlèvement de deux Italiens le 18 décembre en Mauritanie, a publié des photos du couple, a annoncé jeudi le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.
L'Aqmi a publié un communiqué, en date du 30 décembre, accompagné de trois photos, deux photos des pièces d'identité des otages et l'une montrant le couple.
Sergio Cicala, retraité de 65 ans, et sa femme Philomène Kabouree, Italienne d'origine burkinabé âgée de 39 ans, sont agenouillés et entourés de cinq hommes armés, selon SITE qui publie ces images.
Dans son communiqué, l'Aqmi précise, selon SITE, que "l'enlèvement intervient alors que le gouvernement de Silvio Berlusconi soutient les guerres en Afghanistan et en Irak et soutient la +croisade+ contre l'islam".
L'"Aqmi précise que si la famille des otages et le peuple italien tiennent à la sécurité de Cicala et Kabouree, ils doivent exercer une pression sur leur gouvernement pour qu'il réponde à sa demande", indique SITE.
Le 28 décembre, la chaîne de télévision Al-Arabiya, basée à Dubaï, avait indiqué qu'Aqmi avait revendiqué dans un message audio l'enlèvement des deux Italiens.
Le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini avait déclaré que l'Italie n'a "aucun contact direct avec un émissaire" d'Aqmi.
Les deux Italiens avaient été enlevés sur une route du sud-est de la Mauritanie. Ils se rendaient au Burkina Faso à bord d'un minibus immatriculé en Italie, avait indiqué une source de sécurité.
Ces deux dernières années, Aqmi a revendiqué une série d'actions meurtrières en Mauritanie, dont l'assassinat fin 2007 de quatre Français à Aleg (250 km à l'est de Nouakchott) et celui d'un Américain en juin dans la capitale.
 

 



 
Le bilan 2009 de Reporters sans frontières

 

31 décembre 09 - Guerres et élections contestées : sujets les plus dangereux pour les journalistes.
 

RSF - L’année 2009 restera marquée par deux événements dramatiques : le plus grand massacre de journalistes commis en une seule journée, celui de 30 professionnels des médias par la milice privée d’un gouverneur du sud des Philippines ; et une vague d’arrestations et de condamnations sans précédent de journalistes et blogueurs en Iran après la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad.

Par ailleurs, pour échapper à la prison ou à la mort, près de 160 journalistes de tous les continents ont pris le chemin de l’exil, dans des conditions parfois très périlleuses. Photographes de presse iraniens traversant la frontière vers la Turquie pour échapper à l’arrestation, ou reporters radio somaliens fuyant vers les pays frontaliers pour éviter une mort certaine, ces professionnels sont autant de relais d’information que l’on cherche à faire taire par tous les moyens.

« Les guerres et les élections ont été les principales menaces concernant les journalistes en 2009. Couvrir un conflit est de plus en plus dangereux, tant les journalistes sont pris pour cibles et risquent assassinats ou enlèvements. Mais faire son travail de reporter en période électorale peut s’avérer tout aussi dangereux et conduire directement en prison ou à l’hôpital. Les violences pré ou post-électorales commises contre des journalistes ont été particulièrement importantes en 2009 dans des pays peu démocratiques. Autre constat – qui n’est pas une surprise – les blogueurs et les sites Internet sont de plus en plus nombreux à être touchés par la censure et la répression. Il n’existe pratiquement plus aucun pays, aujourd’hui, qui échappe à ce phénomène. Chaque fois qu’Internet ou les nouveaux médias (réseaux sociaux, téléphones portables, etc.) jouent un rôle prépondérant dans la diffusion d’informations, le retour de bâton est sévère. Les blogueurs sont désormais tout autant surveillés que les journalistes des médias traditionnels.

Enfin, notre principale inquiétude concernant l’année 2009 vient de l’exode massif de journalistes en provenance de pays répressifs comme l’Iran ou le Sri Lanka. Les autorités de ces pays ont compris qu’en incitant les journalistes à partir, elles réduisaient ainsi considérablement le pluralisme des idées et le degré de critique. Cette tendance est dangereuse et il faut absolument qu’elle soit dénoncée avec force », a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières, à l’occasion de la publication de ce bilan de l’année 2009.

Une augmentation de 26% du nombre de journalistes tués

La quasi-totalité des journalistes tués en 2009, à l’exception du réalisateur de documentaires franco-espagnol Christian Poveda, assassiné au Salvador, étaient des nationaux. "Moins connus de l’opinion publique internationale que les grands reporters, ce sont pourtant ces journalistes locaux qui paient, chaque année, le prix le plus lourd pour garantir notre droit à être informés sur les conflits, la corruption ou la destruction de l’environnement", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

2009 a très mal débuté avec l’offensive militaire israélienne à Gaza. En plus de fermer l’accès du territoire palestinien aux médias étrangers, le gouvernement israélien a mené des raids violents sur des bâtiments abritant des médias. Deux reporters ont été tués dans ces attaques. Dans le Caucase russe, journalistes et défenseurs des droits de l’homme ont connu une année de tous les dangers. Natalia Estemirova en Tchétchénie, Malik Akhmedilov au Daghestan, autant de témoins de la sale guerre menée par Moscou et ses alliés locaux, qui ont été éliminés en toute impunité.

Les groupes islamistes radicaux ont causé la mort d’au moins 15 journalistes dans le monde. Ainsi, en Somalie, la milice Al-Shabaab multiplie les assassinats ciblés et les attentats suicides. Au total, neuf reporters sont morts, dont quatre de la station Radio Shabelle, laquelle tente d’informer malgré le chaos. Au Pakistan, les reporters sont davantage visés par les groupes taliban du nord-ouest du pays.

Enfin, le nombre d’enlèvements continue à augmenter légèrement. La majorité des cas sont concentrés en Afghanistan, au Mexique et en Somalie. Si le journaliste du New York Times David Rohde et son fixeur ont réussi à échapper aux mains des taliban, le reporter afghan Sultan Munadi a été tué lors de l’opération militaire qui devait le sauver.

"Trois ans après l’adoption de la résolution 1738 du Conseil de sécurité des Nations unies sur la protection des journalistes en zones de conflit, les gouvernements semblent toujours incapables d’assurer la sécurité des professionnels des médias", a ajouté Reporters sans frontières.

Autres formes de violences, les agressions et les menaces ont augmenté d’un tiers (passant de 929 cas en 2008 à 1456 en 2009). C’est sur le continent américain (501 affaires) que les journalistes sont les plus exposés, notamment quand ils dénoncent le narcotrafic, la corruption, ou les potentats locaux. L’Asie vient derrière avec 364 affaires de ce genre, notamment au Pakistan, au Sri Lanka et au Népal. Le nombre de médias censurés augmente dangereusement, avec au moins 570 cas de journaux, radios ou télévisions interdits de diffuser une information ou contraints à la fermeture. Ce fut le cas pour un magazine satirique de Malaisie, une douzaine de journaux réformateurs en Iran, Radio France Internationale en République démocratique du Congo ou encore la BBC World Service au Rwanda.

Le nombre de journalistes arrêtés (de 673 en 2008 à 573 en 2009) connaît une légère baisse, notamment du fait de la baisse des privations de liberté en Asie. C’est le Moyen-Orient qui connaît le plus grand nombre de cas.

Violences électorales

Les 30 journalistes assassinés sur l’île de Mindanao couvraient la tentative d’un opposant au potentat local de s’inscrire comme candidat aux élections régionales de 2010. De même, le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik a été emprisonné dans les jours qui ont suivi la réélection du président Ben Ali, alors que son collègue Slim Boukhdhir a subi une violente agression. Au Gabon, plusieurs journalistes ont été agressés et d’autres menacés de mort dans les jours qui ont suivi l’élection d’Ali Bongo à la tête du pays. Une demi-douzaine de médias ont, en outre, été fermés temporairement pour avoir fait état des violences post-électorales et critiqué les membres du nouveau gouvernement. Enfin, c’est bien l’élection controversée de Mahmoud Ahmadinejad en Iran qui a conduit à une vague de répression délirante contre les médias.

Les élections pluralistes, symboles de démocratie et de libre expression, peuvent tourner au cauchemar pour les journalistes. En période électorale, les médias d’Etat sont trop souvent empêchés de couvrir équitablement les activités des candidats, comme cela a été le cas lors de l’élection afghane controversée ou du simulacre électoral en Guinée équatoriale. Tandis que les journalistes les plus engagés s’exposent aux représailles du camp adverse. Lors du scrutin, l’accès aux médias n’est pas toujours respecté non plus, comme en ont témoigné les élections provinciales dans les zones tamoules du Sri Lanka.

Les problèmes les plus sérieux surgissent à l’annonce des résultats. Les partisans de Mahmoud Ahmadinejad, débordés par un mouvement d’opposition largement relayé sur Internet et dans la presse réformatrice, se sont lancés dans une répression ultra-violente contre des centaines de journalistes et blogueurs, accusés d’être des espions à la solde de l’étranger ou des agents de la déstabilisation.

Cette année, l’audace dont ont fait preuve les journalistes en périodes pré et post électorales a été sanctionnée par des détentions, des mauvais traitements et des peines de prison, pour certaines extrêmement lourdes. Ces scénarios répressifs d’après scrutin doivent inciter la communauté internationale à trouver les moyens de mieux protéger la presse après l’annonce de victoires bien souvent volées ou biaisées.

"En tout cas, cette vague de violences augure mal de l’année 2010 au cours de laquelle des élections clés auront lieu notamment en Côte d’Ivoire, au Sri Lanka, en Birmanie, en Irak ou encore dans les Territoires palestiniens", s’inquiète Reporters sans frontières qui mène régulièrement un travail de monitoring des médias en période électorale.

Plus de cent blogueurs et cyberdissidents emprisonnés

Pour la première fois depuis l’apparition d’Internet, Reporters sans frontières recense près de 110 blogueurs, cyberdissidents et internautes emprisonnés dans le monde pour avoir exprimé sur le Web leurs opinions. Ce chiffre illustre la répression qui sévit sur le Net dans une dizaine de pays. Plusieurs Etats ont définitivement adopté une politique de criminalisation de l’expression en ligne, mettant à mal les espoirs d’un Internet sans censure.

Internet a été le moteur de la contestation démocratique en Iran, en Chine et ailleurs. C’est avant tout pour cela que les gouvernements autoritaires sont si enclins à punir sévèrement les internautes, comme ces deux blogueurs azerbaïdjanais condamnés à deux ans de prison pour avoir tourné en dérision les élites politiques dans une vidéo.

Si, en 2009, la Chine est restée le principal censeur d’Internet, l’Iran, la Tunisie, la Thaïlande, l’Arabie saoudite, le Viêt-nam et l’Ouzbékistan ont également eu recours aux blocages récurrents de sites et de blogs, et à la surveillance de l’expression en ligne. L’Internet turkmène demeure en outre sous contrôle total de l’État.

Cette année encore, des blogueurs et de simples citoyens s’exprimant sur le Net ont été agressés, menacés ou interpellés alors que la popularité des réseaux sociaux et des sites participatifs a pris davantage essor. L’Egyptien Kareem Amer est toujours détenu, tandis que le célèbre comédien birman Zarganar a encore 34 ans de prison à purger. Des figures de proue de la défense de la liberté d’expression sur Internet, notamment les Chinois Hu Jia et Liu Xiaobo ou les Vietnamiens Nguyen Trung et Dieu Cay, font partie de la centaine de victimes des policiers du Net.

La crise compte désormais parmi les thèmes susceptibles de provoquer des réactions de censure, en particulier sur la Toile. Ainsi, en Corée du Sud, un blogueur a été détenu à tort pour avoir commenté la situation catastrophique du pays. En Thaïlande, une demi-douzaine de net-citoyens qui ont été interpellés ou intimidés pour avoir évoqué la crise au sein du royaume. Le simple fait d’avoir mis en relation la santé du roi et la chute des cours de la Bourse de Bangkok, en a fait des cibles de choix pour les autorités. Enfin, à Dubaï, la censure a été imposée aux médias locaux quand ils ont dû relater l’effondrement du marché intérieur.

Les pays démocratiques ne sont pas en reste : alors que plusieurs États européens planchent sur de nouvelles mesures de contrôle de la Toile au nom de la lutte contre la pédopornographie ou le téléchargement illégal, l’Australie a annoncé son intention de mettre en place un système obligatoire de filtrage, dangereux pour la liberté d’expression. La justice turque a encore augmenté le nombre de sites Internet, notamment YouTube, censurés pour des critiques à l’encontre de la personnalité du premier président de la République, Mustafa Kemal Atatürk.

"D’une année sur l’autre, le nombre de pays touchés par la censure d’Internet a été multiplié par deux. Une tendance inquiétante qui illustre le renforcement du contrôle exercé sur les nouveaux médias alors que des millions de net-citoyens sont de plus en plus mobilisés sur la Toile. C’est pour mieux dénoncer cette criminalisation de l’expression sur le Net que Reporters sans frontières va organiser le 12 mars prochain une nouvelle mobilisation contre les Ennemis d’Internet", a affirmé Lucie Morillon, responsable du Bureau Internet et Libertés.

Les médias en procès

Au 30 décembre 2009, au moins 167 journalistes sont emprisonnés dans le monde. Il faut remonter au début des années 1990 pour trouver un nombre aussi important de journalistes emprisonnés dans le monde. Bien que le rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté d’expression ait maintes fois répété que la prison était une peine disproportionnée dans une affaire de presse, de nombreux gouvernements maintiennent de telles sanctions dans la loi, et en abusent. Les peines infligées à des journalistes à Cuba, en Chine, au Sri Lanka ou en Iran sont tout aussi sévères que celles imposées à des auteurs de crimes de sang ou à des terroristes.

La prison et la violence sont encore trop souvent les seules réponses que les autorités offrent aux professionnels des médias. Ainsi, au Moyen-Orient, au moins une agression ou interpellation se produit chaque jour. En Irak, par exemple, plus de soixante journalistes ont été agressés ou interpellés en 2009. Dans les Territoires palestiniens, plus de cinquante journalistes ont été détenus par le Hamas à Gaza et par le Fatah en Cisjordanie. L’Afrique et l’Asie sont au coude à coude pour le nombre de journalistes détenus. On recense, en 2009, plus de dix cas d’arrestations au Niger, en Gambie et en Somalie, l’Érythrée se maintenant au rang de première prison d’Afrique pour les journalistes avec 29 confrères derrière les barreaux. En Asie, le nombre d’interpellations a heureusement diminué, mais les forces de sécurité chinoises ou pakistanaises continuent à interpeller des journalistes étrangers ou locaux quand ils dépassent les lignes rouges qu’ils sont “censés” respecter. Au Honduras, le coup d’État du 28 juin 2009, soutenu par la presse conservatrice, a donné lieu à une véritable traque des journalistes soupçonnés de sympathie envers le président renversé Manuel Zelaya, et à la suspension, voire à la fermeture, de leurs rédactions. Enfin, Cuba s’illustre encore cette année avec au moins 24 cas d’arrestations et deux nouveaux emprisonnements de longue durée, portant à 25 le nombre de journalistes incarcérés dans l’île.

Quand les puissants ne font pas arrêter les journalistes, ils les harcèlent par des plaintes en série devant les tribunaux. En Algérie, le directeur de publication Omar Belhouchet a reçu, à lui seul cette année, quinze convocations devant les juges. En Turquie ou au Maroc, la presse d’opposition est la cible de plaintes à répétition qui conduisent presque toujours à des condamnations ou des fermetures de médias, car les tribunaux penchent du côté du plaignant et non pas de la presse.

L’exil pour survivre

Pour la première fois, Reporters sans frontières inclut dans ce bilan annuel le chiffre des journalistes contraints de quitter leur pays suite à des menaces sur leur vie ou leur liberté. Ce ne sont pas moins de 157 professionnels des médias forcés de prendre les routes de l’exil, parfois dans des conditions très difficiles. L’exode des journalistes et blogueurs iraniens - plus d’une cinquantaine -, ou de leurs confrères sri lankais – pas moins de 29 cas recensés cette année -, a été massif. Sans parler de l’Afrique avec la cinquantaine de journalistes somaliens qui ont fui le chaos et la dizaine de reporters érythréens contraints de quitter leur pays de peur d’être la cible de représailles de la pire dictature du continent. L’exil de journalistes a également touché la Guinée, l’Afghanistan, le Pakistan, le Mexique, la Colombie ou encore l’Ethiopie.

Ce nouvel indicateur témoigne de la peur qui règne dans certains pays au sein de la profession. Sur le chemin de l’exil, les journalistes rencontrent de nombreuses embûches et leur futur est incertain. Beaucoup attendent des mois, voire des années, dans l’attente d’une protection et d’une hypothétique réinstallation.

2009 en chiffres

76 journalistes tués (+26% par rapport à 2008)

33 journalistes enlevés

573 journalistes arrêtés 
1456 agressés ou menacés

570 médias censurés 


157 journalistes ont fui leur pays

1 blogueur mort en prison

151 blogueurs et Net-citoyens arrêtés

61 agressés

60 pays touchés par la censure d’Internet

(Source: Info Sud - Tribune des droits humain le 31 decembre 2009)

 

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