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TUNISNEWS
10 ème année,  N°3965 du 01.04.2011
archives : www.tunisnews.net 
AP: Accrochages à Tunis entre manifestants et forces de l'ordre
AFP: Tirs de grenades lacrymogènes à Tunis
AFP: Italie/migrants: "la solution principale", le rapatriement en Tunisie,
AP: Tunisie: adoption d'un plan de relance économique
Communiqué du Parti des Verts  pour le Progrès
Fatma Ksila: Qui peut rendre justice à ce jeune handicapé ?
Sophie BESSIS: Combattre la haine d'où qu'elle vienne

Accrochages à Tunis entre manifestants et forces de l'ordre

01/04/11 22:15
 
TUNIS (AP) — Des accrochages ont opposé vendredi après-midi à Tunis manifestants et forces de l'ordre au centre-ville et autour de la place de la Kasbah, où se trouve le siège du gouvernement, a constaté sur place un journaliste de l'Associated Press.
 
Un premier rassemblement a eu lieu dans la matinée devant le théâtre municipal situé sur l'avenue Bourguiba, la principale artère de la capitale. Au cours de cette manifestation pacifique, des revendications à caractère social étaient formulées par des jeunes et moins jeunes.
 
"Le gouvernement n'a rien fait de concret. On veut une nouvelle politique qui réponde aux aspirations du peuple", a lancé K. Gharbi, une fonctionnaire de 46 ans.
 
Tahar Ouanès, un jeune de 30 ans, est venu lui, exprimer son mécontentement pour avoir été "licencié abusivement" du temps de l'ex-président Ben Ali. "Moi, je n'irai pas à Lampedusa, je resterai ici pour lutter pour mon droit au travail", a-t-il dit.
 
Dans l'après-midi, des centaines d'islamistes se sont rassemblés près du ministère de l'Intérieur après la prière du vendredi. Brandissant un drapeau noir sur lequel était inscrit en blanc "La Ilah Illa Allah" (Il n'y a de Dieu qu'Allah), des jeunes hommes barbus et des jeunes femmes voilées scandaient à l'aide hauts parleurs des slogans à caractère religieux revendiquant notamment le droit au port du voile.
 
"Non au laïcisme, la Tunisie est un pays musulman", pouvait-on notamment lire parmi les messages arborés dans la manifestation.
 
Les manifestants revendiquaient notamment la suppression de la loi anti-terroriste et la mise en place d'un lieu de prière dans chaque lycée et faculté. Ils se sont ensuite rendus près de la place de la Kasbah, à un kilomètre du centre-ville, où ils ont été sèchement refoulés à coups de bombes lacrymogènes.
 
A la tombée de la nuit, des incidents ont éclaté devant le ministère de l'Intérieur, où une centaine de jeunes ont invectivé les forces de l'ordre qui ont fini par réagir en jetant des bombes lacrymogènes pour les disperser. AP

 
Tirs de grenades lacrymogènes à Tunis
AFP 01/04/2011 |
La police tunisienne a tiré plusieurs grenades lacrymogènes ce soir pour disperser quelques dizaines de jeunes qui avaient envahi l'avenue Habib Bourguiba jusqu'au ministère de l'Intérieur situé dans le centre de Tunis.
 
Des jeunes qui avaient incendié des cartons au milieu de l'avenue Bourguiba et jetaient des pierres sur les policiers ont été dispersés dans les rues adjacentes par les forces de l'ordre appuyées par un véhicule blindé. Toute la journée, la grande artère avait été occupée par des manifestants.
 
Quelques centaines de fondamentalistes islamiques avaient d'abord organisé une marche sans incident contre la laïcité. Au même moment, une autre manifestation de jeunes, moins importante, avait réclamé des procès rapides des dignitaires du régime du président Ben Ali, accusés de corruption.

 
Italie/migrants: "la solution principale", le rapatriement en Tunisie,
AFP / 01 avril 2011 13h27
 
ROME - L'Italie demandera à la Tunisie d'accepter le rapatriement des milliers de migrants arrivés depuis le début de l'année dans le sud de la péninsule, ce qui est "la solution principale" pour Silvio Berlusconi qui a réclamé vendredi davantage de solidarité européenne.
 
Le chef du gouvernement a aussi annoncé l'ouverture de centres d'accueil spécifiques près des frontières pour les migrants "ayant exprimé la volonté de rejoindre leurs parents et amis en France ou Allemagne, par exemple".
 
Certains de ces migrants pourraient obtenir, selon le Cavaliere, des "permis de séjour qui leur permettraient de circuler librement en Europe".
 
"Il s'agirait de permis temporaires pour ceux qui souhaitent un regroupement familial et cela permettrait de surmonter l'obstacle mis par certains pays comme la France à la libre circulation dans la zone Schengen", a précisé le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni lors d'une conférence de presse.
 
Le ministre de l'Intérieur, membre du parti anti-immigrés de la Ligue du nord, a souligné que "ce sera aussi un instrument de pression face à un refus total de collaboration" de la part des autres pays européens.
 
Soulignant que les rapatriements sont "la solution principale", M. Berlusconi qui sera lundi à Tunis pour rencontrer le Premier ministre Béji Caïd Essebsi a estimé qu'une "solution décisive pourra être prise après" cette rencontre.
 
Le ministre Maroni qui accompagnera le Cavaliere a précisé que Rome attendaitt deux choses de Tunis: "les rapatriements et bloquer les départs" depuis les côtes tunisiennes.
 
"Nous irons à Tunis pour convaincre voire contraindre la Tunisie à maintenir les engagements pris" notamment pour dissuader les candidats à l'émigration de partir, a indiqué M. Maroni.
 
M. Maroni et le chef de la diplomatie s'étaient rendus vendredi dernier en Tunisie, pays auquel Rome a octroyé une aide de 80 millions d'euros pour l'acquisition d'équipements servant à stopper l'afflux de migrants et 150 millions pour la relance de l'économie tunisienne.
 
M. Berlusconi a souligné qu'il comptait aussi "poursuivre les pressions sur la Commission européenne et a, à son programme, une rencontre avec le président José Barroso" pour qu'elle aide l'Italie à gérer cette vague de migrants illégaux.
 
Depuis le début de l'année et la chute du président Zine El Abidine Ben Ali, près de 20.000 Tunisiens sont arrivés en Italie, surtout sur l'île de Lampedusa (sud), contre 4.000 migrants l'année d'avant.

 
Tunisie: adoption d'un plan de relance économique
 01/04/11 21:27
 
TUNIS (AP) — Le ministre tunisien des Finances Jalloul Ayed a annoncé vendredi l'adoption d'un plan de relance économique et social prévoyant notamment la création à court terme de 40.000 emplois.
 
Adopté en conseil des ministres, ce plan en 17 points comporte un programme de recrutement exceptionnel de 20.000 employés dans la fonction publique, et des mesures en faveur des entreprises pour les inciter à réaliser un nombre d'embauches équivalent.
 
En outre, 200.000 jeunes bénéficieront d'une allocation mensuelle de 200 dinars (101 euros) sur dix mois dans le cadre de "mécanismes de la politique active de l'emploi".
 
Il a été décidé, par ailleurs, de doubler les montants alloués aux "programmes d'utilité publique dans les régions" de l'intérieur du pays et d'y encourager les investissements.
 
Au niveau social, les aides aux familles défavorisées seront renforcées et des micro-crédits et dotations seront octroyées à 20.000 familles pour améliorer leurs logements.
 
Quant aux Tunisiens ayant fui la Libye et dont le nombre dépasse les 40.000, une aide leur sera octroyée d'un montant de 400 dinars (202 euros) par personne et de 600 dinars (304 euros) par famille.
 
Premières mesures concrètes prises par le gouvernement transitoire dirigé depuis environ trois semaines par Béji Caïd Essebsi, ce plan vise à faire face à une situation "délicate" malgré "la bonne tenue des exportations industrielles", a précisé M. Ayed.
 
Les secteurs les plus touchés par la quasi-paralysie de l'activité économique depuis fin décembre sont le tourisme, le transport, le commerce, les phosphates et les travaux publics.
 
Leur impact sera sévère pour 2011, avec un taux de croissance de l'économie tunisienne qui devrait s'établir entre zéro et 1%, contre 5,4% initialement prévus. Le déficit budgétaire devrait passer, lui, du simple au double soit 5% au lieu des 2,5% prévus.
 
Quant aux investissements, ils devraient accuser une baisse de 1.500 millions de dinars (762 millions d'euros). AP
 

Nobel: Delanoë soutient les Tunisiens
AP 01/04/2011 |
 
Le maire de Paris Bertrand Delanoë a proposé la candidature du peuple tunisien au prochain prix Nobel de la paix, a-t-on appris vendredi auprès de ses services, confirmant une information du "Nouvel Observateur" et de l'agence de presse tunisienne TAP. Natif de Tunisie, M. Delanoë a adressé un message au Comité Nobel pour soutenir cette candidature, précise la TAP.
 
"Le soulèvement pacifique tunisien a éveillé un espoir de liberté d'expression et de dignité pour tous les peuples opprimés dans le monde", écrit M. Delanoë dans son message. Lors d'une visite à Tunis à la mi-février, un mois après la chute du régime de Ben Ali, il avait salué "une population intelligente et éduquée qui a su conquérir de la plus belle manière sa liberté".

 
Communiqué du Parti des Verts  pour le Progrès
Tunis, le 1er avril 2011

Suite à la mobilisation du Parti des Verts pour le Progrès, le dimanche 27 mars 2011, dans la région de Kélibia, au Cap Bon, contre la mise en place d’une centrale électronucléaire en Tunisie, nous avons été surpris par la publication d’un communiqué par le ministère de l’Industrie et des Technologies qui nie toute intention de projet nucléaire dans la région.
A cet effet, il importe au Parti des Verts pour le Progrès d’apporter les éclaircissements qui suivent et d’éclairer les lanternes de l’opinion publique sur un sujet d’aussi imminente portée :
           Entre 2001 et 2004, la Tunisie a élaboré une étude visant à cerner les bénéfices de la désalinisation de l’eau de mer et la production de l’électricité à partir de l’énergie nucléaire. Laquelle étude a montré que l’énergie nucléaire est de loin moins chère que les énergies fossiles surtout quand le prix du baril de pétrole ne dépasse pas les 38 US dollars (à peu près le tiers du prix actuel du baril).
           En novembre 2006, la Société Tunisienne de l'Electricité et du Gaz (STEG) a été chargée d’élaborer une étude technique et économique sur l’introduction de l’énergie nucléaire en Tunisie à travers la mise en place d’une centrale électronucléaire sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Dans ce cadre, la STEG a mis en place l’unité « Projet Centrale Electronucléaire » qui devait élaborer un programme de travail pour les études de sites relatives aux chapitres géotechnique, sismique, dispersion atmosphérique, dispersion des matières radioactives et inondation ainsi que les différentes étapes de la faisabilité technico-économique du projet nucléaire tunisien.
           Le 14 décembre 2006, un accord de coopération a été signé par le Centre Tunisien des Sciences et de l’Ingénierie et le Commissariat Français à l’Energie Atomique portant sur l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire dans les domaines de la protection de l’environnement, la désalinisation de l’eau de mer, la santé et la production électrique.
           ors de la visite d’Etat de Nicolas Sarkosy en Tunisie, le 28 avril 2008, la France a paraphé un accord de partenariat dans le nucléaire civil avec notre pays, similaire à l’accord de coopération nucléaire avec la Libye, l’Algérie et le Maroc ouvrant la voie, à terme, à la fourniture d’une centrale atomique à la Tunisie à l’horizon 2020.
           Le 27 août 2008, la Tunisie et la France ont signé un accord de coopération de vingt ans dans le domaine du nucléaire, et ce, suite à une série de réunions tenues de la Commission conjointe sur la coopération nucléaire dans le cadre du système de garanties de l'Agence Internationale à l'Energie Atomique (AIEA).
            Les 23 et 24 avril 2009, lors de la visite du Premier Ministre français, François Fillon, en Tunisie, un accord-cadre de coopération pour le développement des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire a été signé visant la finalisation du projet de la mise en service du premier réacteur nucléaire avec le concours d’AREVA dont l’entrée en fonction était prévue à l’horizon 2020, avec une capacité allant jusqu’à 1000MW.            En marge de de la journée scientifique organisée, le 6 avril 2010 conjointement par la STEG, le Centre National des Sciences et Technologies Nucléaires (CNSTN) et le Centre Nucléaire Russe consacrée au développement de l’électronucléaire dans notre pays, la Tunisie a opté pour la préparation de l’infrastructure nécessaire au projet nucléaire à travers la formation de compétences humaines spécialisées. C’est dans ce cadre que la STEG a pris en charge la formation de 10 ingénieurs dans des établissements étrangers entre 2008 et 2012 et 50 ingénieurs dans des établissements tunisiens entre 2013 et 2022.           Le 19 novembre 2010, une réunion a groupé une délégation de l'agence de sûreté nucléaire américaine, le Comité d’organisation du Programme nucléaire ainsi que des représentants du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Centre de Recherche Nucléaire, le ministère de la Santé publique et la STEG, lors de laquelle la discussion s’est focalisée sur les moyens adéquats d’échanger les expertises en matière de promotion de l' utilisation pacifique de l'énergie nucléaire et surtout sur la préparation de la construction la première centrale nucléaire à l’horizon 2023.
           Après la catastrophe de Fukushima et le débat mondial lancé sur les leçons à tirer des limites de la sécurité des réacteurs nucléaire, la STEG a annoncé qu’elle poursuivrait son étude de faisabilité technico-économique du projet et ce, jusqu’à 2013. Elle a, dans cette optique, chargé une groupe d’experts pour la préparation de  la mise en route de la centrale électronucléaire.
Dans son communiqué publié dans presque tous les médias de la place, le ministère de tutelle ainsi que les structures concernées maintiennent une grande opacité sur l’avenir du nucléaire en Tunisie, dans la mesure où le ministère ne fait que nier la mise en route du projet nucléaire dans la Région de Kélibia, sans pour autant préciser sa réelle position par rapport à un sujet aussi épineux et contestable.
Pour sa part, la Parti des Verts pour le Progrès est conscient du fait qu’il n’est pas dans les prérogatives d’un gouvernement de transition d’annuler des conventions paraphées par l’ancien régime. Le PVP s’engage, donc, à sensibiliser au maximum les citoyens du danger nucléaire et compte, après la date du 24 juillet 2011 et l’élection d’un nouveau gouvernement, recourir à un référendum populaire sur la question, et ce, en consécration des principes de la démocratie participative. 
 
         Le Parti des Verts pour le Progrès          Département d’information
          Mongi Khammassi  &  Faten Charkaoui


Invitation à un débat
Commission "Egalité" d'Ettajdi d organise un débat avec Gisèle Halimi sur le "combat pour l'égalité"
au cinéma Alhamra de la Marsa ce dimanche 3 avril à 10h30.

Qui peut rendre justice à ce jeune handicapé ?
 


L’Association de Lutte contre la Torture en Tunisie ( ALTT) a publié le 24 mars dernier un  rapport succinct  relatant le témoignage d'un handicapé tunisien, victime de torture pour avoir participé au sit-in 2 de la Kasbah. Ce Monsieur s'appelle Mohamed Sedki HLIMI, 35 ans, originaire de la ville de Kasserine, une des bastions de la révolution tunisienne où le lot des martyres a été particulièrement lourd.

Ce Monsieur a raconté aux militants de l'ALTT qui ont accueilli son témoignage son arrestation qui a eu lieu le 04 mars de son domicile situé à la cité Ettahrir, vers 4h de l'après-midi par une brigade composée de policiers et de militaires et ce à son retour à Kasserine après avoir participé à la Kasbah 2. Il a été conduit à la caserne militaire de la ville et jeté dans une cellule. Là-bas, totalement déshabillé, il subit de la part d'un groupe de tortionnaires cagoulés, des coups tout le long de son corps, a été mis en position de poulet rôti et a été victime de violences graves au niveau de son appareil vital ; un des tortionnaires que la victime connaît lui a introduit un bâton dans son anus et l'a menacé si toutefois il ose parler de ce qui lui arrive !  ces actes de barbarie ont duré plusieurs heures  et ont causé son évanouissement et son transfert à l'infirmerie de la caserne.  A son réveil, il a été jeté
dans une autre cellule avec près de 50 interpellés où il a passé sept jours durant lesquels il a subi quatre séances de torture de plusieurs heures et transféré toutes les fois à l'infirmerie. Lors de la dernière séance, les tortionnaires ont tout fait pour lui faire signer de force un PV qu'il n'a pu lire ! Et à son refus, les coups reprennent de plus bel. ….Et au 7ème jour, il a été conduit devant le juge d'instruction de Kasserine où il a été interrogé sur des délits de droits communs qu'il a nié.

Les militants de l'ALTT affirment avoir remarqué sur des photos apportées par la victime, des traces de torture sur son visage et notamment au niveau des yeux et des lèvres. Il se plaint également d'une hémorragie et de douleurs atroces dans son appareil génital.... Il affirme que d'autres jeunes révolutionnaires de Kasserine ont subi le même sort et notamment M. Walid ALOUI, membre du conseil local de protection de la révolution. Ce dernier a été arrêté et torturé pendant plus de vingt jours sans qu'aucun chef d'inculpation ne lui a été incriminé.

Dans un témoignage vidéo mis sur facebook, la mère et la sœur de la victime, M. HLIMI, décrivent en détail le calvaire de leur fils, lancent un appel pour mettre fin à ce harcèlement que vivent les jeunes révolutionnaires kasseriniens et affirment avec insistance que cet acharnement policier contre les jeunes a été déclenché le jour où ces derniers ont formellement reconnu un des mercenaires, responsable d'assassinats d'un nombre de jeunes de la ville  lors du soulèvement. 

Alors la question qui se pose : Comment se fait-il que les assassins de nos enfants  - que d'ailleurs toute la population kasserinienne connaisse sauf les forces policières de la région - seulement d'une grande impunité, mais ont les bras si longs qu'ils imposent aux jeunes révolutionnaires un climat de terreur pour garantir le silence de ces derniers.

Il faut d'urgence mettre fin à cet état de non droit ; les assassins de nos enfants doivent être arrêtés et jugés pour crimes de meurtre commis....Rien ne pourra assainir le climat politique du pays et permettre aux familles et proches des martyres de faire leur deuil. Ce sera également l'occasion de renouer avec une justice impartiale au service du droit et d'équité, dans un pays où tous les citoyens sont égaux devant la loi, quelque soit son rang social ou son milieu professionnel.

Paris, le : 01 avril 2011                      Fatma BOUAMAIED KSILA

                                                                                                                                 Combattre la haine d'où qu'elle vienne

 Par Sophie BESSIS
Je n'ai pas pour habitude de me définir par mon appartenance dite confessionnelle. Au contraire, je n'ai cessé de combattre les assignations communautaires dans lesquelles de toutes parts on veut enfermer les humains. Mais l'appel aux juifs tunisiens à émigrer en Israël lancé il y a quelques jours par un ministre israélien — au motif qu'ils seraient en danger — m'y oblige. Les juifs ne seraient pas en sécurité dans la Tunisie d'après-révolution, voilà le message. Rappelons d'abord que tous les Tunisiens, sans exception, souffrent du ralentissement de l'activité économique et de l'affaiblissement des structures sécuritaires consécutifs aux secousses des derniers mois.
Mais il me faut aller plus loin. Au-delà de mes convictions personnelles, ma nomination comme membre de la Haute instance pour la sauvegarde de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique a valeur de symbole : ce que la Tunisie démocratique veut dire, au travers de mon nom, c'est que les membres de cette instance sont tous des citoyens à part entière, sans quelque distinction que ce soit. Cela gêne ceux qui voudraient que les juifs ne soient nulle part chez eux dans le monde arabe, qui nient la profondeur de notre histoire commune malgré tous les orages qui l'ont traversée.
Doit-on, pour autant, refuser de voir la réalité ? Oui, l'antisémitisme existe dans notre pays, comme dans bien d'autres. Oui, quelques dizaines de fanatiques ont manifesté publiquement le leur dans les rues de Tunis. Il faut les combattre. Comme il faut combattre partout les manifestations de haine de l'autre, d'où qu'elles viennent. Comme on voudrait que soit plus énergiquement combattu le racisme anti-arabe qui ne cesse de prospérer en Israël.
Que les dirigeants israéliens cessent donc d'instrumentaliser les juifs du monde au profit de leur inadmissible politique vis-à-vis du peuple palestinien privé de pays et de leurs compatriotes arabes dépouillés des attributs d'une pleine citoyenneté. Qu'ils agissent enfin pour faire taire leurs propres mouvements extrémistes. Que les Israéliens soient plus nombreux à se battre contre un racisme qui gangrène leur société. Et qu'ils sachent qu'il y a bien plus de démocrates tunisiens qu'ils ne le pensent, pour lutter ici, en Tunisie, contre un fléau dont elle n'a pas le monopole.

Biographie:
 

Sophie Bessis est issue d'une famille de la grande bourgeoisie juive tunisienne.

Agrégée d'histoire et ancienne rédactrice en chef de l'hebdomadaire Jeune Afrique et du Courrier de l'Unesco, elle est actuellement directrice de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques de Paris et secrétaire générale adjointe de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH). Elle a longtemps enseigné l'économie politique du développement au département de science politique de la Sorbonne et à l'Institut national des langues et civilisations orientales. Consultante pour l'Unesco et l'Unicef, elle a mené de nombreuses missions en Afrique.

Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages dont une biographie d'Habib Bourguiba avec la contribution de Souhayr Belhassen.

Elle vient d'être désigné membre de la Haute instance pour la sauvegarde de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique

 

http://www.lapresse.tn/31032011/25838/combattre-la-haine-d-ou-qu-elle-vienne.html