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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2626 du 01.08.2007
 archives : www.tunisnews.net
 
Solidarité Tunisienne: Appel à la libération des prisonniers d’opinion
Reporters sans frontières: Le directeur de publication de Kalima devant les tribunaux
Reporters Without Borders: Tunisia - Editor of online news website to appear in court
El Watan: Harcèlement judiciaire contre un site d’opposition en Tunisie - Kalima toujours interdit de parole
Luiza Toscane: Qu’est-il arrivé à Abdellatif Bouhjila ?
Un mois apres le demarrage de la CNAM 
Elkhadra: Purges policieres contre les forces armees tunisiennes
webmanagercenter.com :Tunisiens à l’étranger : Pouvons-nous vraiment rapatrier nos compétences ?
Le Temps: Que pense la société civile de la gouvernance?
Réalités: Où est passé Larbi Nasra ?
Réalités: Pour le respect d’une mémoire…
Le Nouvel Observateur: Libye : notre ami le dictateur
Le Monde :Le fils du colonel Kadhafi détaille un contrat d'armement entre Paris et Tripoli

Solidarité Tunisienne   


Communiqué

Appel à la libération des prisonniers d’opinion


Vingt et un prisonniers d’opinion appartenant au mouvement tunisien «  ENNAHDHA » ainsi que le militant des droits de l’Homme et prisonnier d’opinion Maître ABBOU , viennent d’être libérés
à l’occasion du cinquantième anniversaire de la république Tunisienne après avoir passé, suite à des procès politiques iniques unanimement condamnées par les ONG internationales les plus reconnues, plus de 16 ans derrière les barreaux dans des conditions atroces et  inhumaines, soumis à l’arbitraire et à la torture, privés des droits élémentaires garanties par la loi tels que le droit au soins, à la nutrition, à l’enseignement et le contact avec leurs familles..


Solidarité Tunisienne, tout en saluant la résistance de tous les prisonniers politiques et leur fermeté quant à leurs droits légitimes, présente ses félicitations aux prisonniers élargies et à leurs familles et  salue leur courage et leur dignité.

 

Solidarité Tunisienne rappelle que des dizaines de prisonniers du mouvement  «  ENNAHDHA» sont toujours incarcérées depuis plus de 16 ans  pour leurs opinions notamment M. Sadok CHOUROU l’ancien président du mouvement, Karim HAROUNI l’ancien leader estudiantin et ex- secrétaire général de l’union général des étudiants Tunisiens, les dirigeants d Abdelhamid JELASSI, Ali CHNITER et les autres détenus.
Solidarité Tunisienne rappelle que la libération de tous ces prisonniers est plus que jamais une demande urgente ne supportant aucun report. Elle considère que toute hésitation pour mettre fin à cette situation, pour arrêter le calvaire des dizaines des citoyens tunisiens et de les soustraire à une morte lente, ne fait qu’empirer la situation et aggraver la responsabilité du pouvoir.


D’autre part, Solidarité tunisienne appelle à la libération des prisonniers d’opinions et la promulgation d’une loi d’amnistie générale.

 


Solidarité Tunisienne

31/07/2007


Reporters sans frontières
Communiqué
1er août 2007
TUNISIE

Le directeur de publication de Kalima devant les tribunaux

 

Le directeur de publication du journal en ligne Kalima, Omar Mestiri, doit comparaitre le 2 août 2007 devant le tribunal correctionnel de première instance de Tunis, suite à une plainte pour "diffamation" déposée par Mohammed Baccar, un avocat proche du pouvoir.

"La plainté formulée contre Omar Mestiri est sans fondement puisque l'accès à l'article incriminé est impossible en Tunisie, le site du journal Kalima étant filtré par les autorités. Cependant, la condamnation de Mohammed Abbou, en avril 2005, à un an et demi de prison, pour un article publié sur le site Tunisnews, a prouvé qu'une telle plainte pouvait entraîner une lourde peine. Ce qui nous incite à prendre cette affaire très au sérieux", a déclaré Reporters sans frontières.

Omar Mestiri est poursuivit, en vertu des articles 42, 50, 51, 53, 72 et 78 du code de la presse, pour la publication d'un texte, le 5 septembre 2006, dans lequel il s'étonnait de la réhabilitation de Mohammed Baccar, un avocat radié du Conseil de l'ordre en 2003, après avoir été condamné à plusieurs reprises pour "faux et escroquerie". Le journaliste a été convoqué par le substitut du procureur de la République, le 29 mars 2007, pour être interrogé sur la source qui l’avait informé de cette réhabilitation. La véracité des faits n'a pas été contestée.

Joint par Reporters sans frontières, Omar Mestiri a dénoncé le "caractère exceptionnel" de son procès maintenu malgré la fermeture estivale des tribunaux. Le journaliste a précisé qu'il encourrait six mois de prison.

Ce n'est pas la première fois que les journalistes du magazine Kalima font l'objet de poursuites judiciaires et de tentatives d'intimidation. Le 28 février 2004, la cour d’appel de Tunis avait confirmé la condamnation en première instance de la journaliste Om Zied, de son vrai nom Néziha Réjiba, à huit mois de prison avec sursis et à une amende de 1 200 dinars tunisiens (environ 800 euros), pour infraction à la législation du change et du code de la douane. Ses avocats avaient alors dénoncé le caractère politique du procès, auquel ils avaient refusé de participer.

En mai 2007, l'accès aux locaux du magazine ainsi qu'à ceux du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) avait été bloqué pendant près de six semaines par un important dispositif d'agents de police.

Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, est considéré par Reporters sans frontières comme l'un des 34 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde. En outre, la politique du régime envers la circulation de l'information sur Internet est l'une de plus liberticides de la planète, ce qui lui vaut d'être classé parmi "les ennemis d'Internet" par l'organisation, aux côtés de douze autres pays tels que le Belarus ou le Corée du Nord.

 

Reporters Without Borders
Press release
1st August 2007
TUNISIA

Editor of online news website to appear in court


Reporters Without Borders today criticised as “groundless” charges of libel against Omar Mestiri, editor of the online news website Kalima, who is due to appear in a Tunis court tomorrow (2 August) in a lawsuit filed by pro-government lawyer Mohammed Baccar.

“The charges are invalid because the article in question cannot be read online inside
Tunisia as the website is censored by the authorities,” the worldwide press freedom organisation said.  “However, the 18-month prison sentence passed in April 2005 on human rights activist Mohammed Abbou for an article posted on the website Tunisnews shows that such a charge can be severely punished, so we are very concerned about this latest case.”

Mestiri is charged under articles 42, 50, 51, 53, 72 and 78 of the press law for publishing an article on 5 September last year expressing surprise at the rehabilitation of Baccar, who was struck off by the national bar council in 2003 after being convicted on several counts of fraud.  The journalist was summoned by the state prosecutor’s office on 29 March this year for questioning about his source for saying Baccar had been rehabilitated. The facts were not contested.

Mestiri told Reporters Without Borders that his trial had been scheduled even though the courts were in summer recess and that he faced six months in prison if convicted.

Kalima has been sued and legally hounded before. The Tunis appeals court on 28 February 2004 upheld an eight-month suspended prison sentence and 1,200 dinars (€800) fine imposed on reporter Om Zied (under her real name of Neziha Rejiba) for violating customs and currency exchange laws. Her lawyers denounced the trial as politically-motivated and boycotted the proceedings.

Access to Kalima offices and the National Council for Liberties in Tunisia (CNLT) was blocked for nearly six weeks in May this year by a large number of police.

Tunisia’s president for the past 20 years, Zine el-Abidine Ben Ali, is on the Reporters Without Borders worldwide list of 34 “predators of press freedom.” The government is one of the most repressive towards the free flow of online information and the organisation has classified it as an “enemy of the Internet,” along with 12 other countries, such as Belarus and North Korea.

 

 

Harcèlement judiciaire contre un site d’opposition en Tunisie

Kalima toujours interdit de parole

Le directeur de la rédaction du journal tunisien online Kalima, Omar Mestiri, est convoqué demain jeudi 2 août par le tribunal de première instance de Tunis pour répondre d’une plainte pour diffamation déposée par l’avocat Mohamed Baccar.

Selon la femme de M. Mestiri, la militante et avocate Sihem Bensedrine, contactée par téléphone, et le communiqué de l’Observatoire pour la liberté de presse, d’édition et de création (Olpec) paru sur le web, la plainte repose sur un article ( http://www.kalimatunisie.com/article.php?id=289   ) publié le 5 septembre 2006 dans Kalima où Omar Mestiri informe de la « réhabilitation surprenante » de l’avocat Baccar, réputé selon l’Olpec proche du pouvoir, et qui était radié du conseil de l’Ordre pour avoir été condamné à plusieurs reprises pour faux et escroquerie dans un jugement définitif.

M. Mestiri avait été entendu le 29 mars dernier par le parquet de Tunis qui a centré son interrogatoire sur la source qui lui a permis de prendre connaissance de cette réhabilitation et non sur la véracité des faits prétendument diffamatoires et qui sont de notoriété publique, a indiqué l’Olpec.

La réhabilitation de l’avocat Baccar, selon cette ONG, a été gardée discrète par les autorités. Omar Mestiri a refusé, le 29 mars, de dévoiler ses sources devant le magistrat, s’appuyant sur son droit en tant que journaliste.

Ses avocats avaient soulevé la question de la base juridique de la poursuite, sachant que le site de Kalima est bloqué en Tunisie et que la diffusion n’a, par conséquent, pas pu avoir d’élément matériel en Tunisie, de même que la prescription des faits. Mais le juge chargé de l’enquête, Zied Souidane, a répondu qu’il disposait d’un fax où est reproduit l’article en question.

Quant à la prescription, le magistrat a rétorqué que du moment que l’article figure encore dans les archives du site, il considère que le délit est continu ! Le magistrat, en revanche, a quasiment ignoré la déclaration de M. Mestiri quand ce dernier a expliqué qu’il disposait de preuves de ce qu’il a affirmé (plusieurs jugements définitifs condamnant l’avocat Mohamed Baccar pour faux et escroquerie) et qu’il est prêt à les fournir. Omar Mestiri risque, si la charge est retenue, entre un et trois ans de prison.

A rappeler qu’il est coauteur, avec Sihem Bensedrine, de L’Europe et ses despotes (Ed. La Découverte, France, 2004), qui dissèque les pratiques de la dictature tunisienne de Zine El Abidine Ben Ali, le président soutenu par les démocraties européennes.

En Tunisie, selon Reporters sans frontières, « les journalistes indépendants ou d’opposition sont empêchés de travailler par tous les moyens ». « Surveillés et harcelés, leur liberté de mouvement est chaque jour un peu plus restreinte », ajoute RSF qui précise que la politique du président Zine El Abidine Ben Ali en matière d’internet est l’une « des plus liberticides de la planète ».

 

L’ensemble des cybercafés sont contrôlés par l’Etat. Ces derniers filtrent le net et sont étroitement surveillés par la police.

Adlène Meddi

(Source : « El Watan » (Quotidien – Algérie), le 1er août 2007)

Lien : http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=73653


 
Qu’est-il arrivé à Abdellatif Bouhjila ?
 
 
Une fois de plus, les parents d’Abdellatif Bouhjila vivent dans l’inquiétude : leur fils, Abdellatif, prisonnier d’opinion incarcéré à la prison de Mornaguia, n’a pas été extrait de sa cellule pour se rendre au parloir depuis… cinq semaines. Et depuis cinq semaines, chaque mardi, Abdelmajid Bouhjila se rend invariablement à la prison pour tenter de voir son fils, ou, au moins d’arracher une explication auprès de l’administration pénitentiaire. En vain. Tout au plus lui a-t-on fait comprendre que le prisonnier ne pouvait marcher. La prison de Mornaguia, qu’on savait neuve et bien équipée, ne disposerait soudainement plus de la moindre canne, béquille ou chaise roulante ?
Qu’est-il arrivé à Abdellatif Bouhjila ? Ce prisonnier, condamné à onze années d’emprisonnement, est incarcéré depuis plus de huit ans et souffre de nombreuses pathologies. Objet d’une négligence délibérée, il a mené de longues et multiples grèves de la faim pour faire valoir son droit à être soigné et souffre aussi des séquelles de ces nombreuses journées passées sans nourriture évaluées à plus d’un millier en quelques années. Sa dernière grève remonte à l’année 2006-2007. Il avait alors été privé de la visite de son père pendant des mois.
Rendez-vous mardi prochain à la prison de Mornaguia.
Luiza Toscane

Sommaire de l’e-mag « ELKHADRA” N° 74 mis en ligne le 31 juillet 2007

 

-EDITORIAL

POUR M.ABBOU

C'est le boum touristique habituel de l'été tunisien, le tourisme tunisien est plus que jamais bradé, les spéculateurs plus que jamais sévissent, la torture continue, le ras le bol est  palpable  sur l'ambiance générale où s'étouffent de manque de tout, et de la liberté surtout les indigènes du coin, de pis en pis, la Tunisie est plus que malade, le peuple était défait, il est aujourd'hui  de plus en plus engagé  dans la déroute humaine et matérielle de la dictature, à croire qu'il a accepté  u ne bonne fois pour toute sa condition et que la dictature avec ses manipulation a réussi de le convaincre que son projet est le seul  qui puisse garantir sa survie, c'est à peu prés d le bilan  et l'audit de la société tunisienne aujourd’hui. A qui la faute ? La dictature est-elle composée de génies? Je crois que l'état actuel de la Tunisie est beaucoup dû à l'inconséquence, à la suffisance, au manque de volonté et de lucidité, à l'égoïsme et à l'égo  passéiste des démocrates qui ont failli à organiser les tunisiens, à les éveiller et à leur donner une conscience qui puissent  les amener au questionnement  et à se détourner du fatalisme, de l'attentisme et de la médiocrité.

Ils sont la honte, ils sont la haine, ils sont la défaite, ils sont l’horreur, ils sont les ténèbres, ils sont le bout de la nuit, ils sont l’horreur, ils sont la misère, ils sont l’enfer, ils  la faute, ils sont le mensonge, ils sont la déchéance, ils sont la barbarie, ils sont le désordre, ils sont le chaos, ils sont la folie, ils sont la démence, ils l’absence, ils sont le froid, ils sont la solitude, ils sont le déni, ils sont  l’agonie et le mort.

MAIS TOI TU ES DEBOUT

TOI TU ES L’ESPOIR  DANS LES PLIS DE L’AURORE

TOI TU ES LA VIE ET TU ES VIVANT

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La situation actuelle de la Tunisie, des tunisiens, de notre société civile, nos partis démocratiques, la hargne et l'absurdité du pouvoir qui détruit notre pays  sont tels,  que le redressement de notre pays sera très long,  et demandera beaucoup de volonté, de courage, de sacrifices,  d'autres projets  audacieux et visionnaires pour nous éviter l'éclatement, la violence et la guerre civile.

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PURGES POLICIERES CONTRE LES FORCES ARMEES TUNISIENNES

Par Capitaine BARG ILLIL

http://elkhadra.over-blog.com/article-6993761.html

ALI SHARIATI

http://elkhadra.over-blog.com/article-6993331.html

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ABDALLAH ZOUARI

http://elkhadra.over-blog.com/article-6986282.html

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ATFD (association tunisienne des femmes démocrates) A VENDRE!!

Par Faouzia!

http://elkhadra.over-blog.com/article-6985269.html

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Le Chaos et l’Instant.*

Par Nour al Houda

http://elkhadra.over-blog.com/article-6973223.html

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KIPPA  A POINTE 4

Par Derbali

http://elkhadra.over-blog.com/article-6966323.html

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BELLES PAGES

Nicolas, Rachida et Cécilia

http://elkhadra.over-blog.com/article-6965146.html

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Paradis fiscaux, Criminalité transnationale

René Naba

http://elkhadra.over-blog.com/article-6960498.html

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CHRONIQUES ARABES

http://elkhadra.over-blog.com/article-6960422.html

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TEXTES DE HOCINE M'HAMDI

http://elkhadra.over-blog.com/article-6960061.html

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LE HAREM DU MOSSAD

http://elkhadra.over-blog.com/article-6959941.html

 

 
 

 
PURGES POLICIERES CONTRE LES FORCES ARMEES TUNISIENNES
 

Par Capitaine BARG ILLIL

La dictature tunisienne depuis l'affaire de  SOLIMAN,  a radié 27 officiers et sous-officiers de l'armée et de la garde nationale   pour  des "raisons disciplinaires",  et 18 autres pour "attitude et comportements islamistes", à l’issu d’une épuration policière sans précédent.

La dictature tunisienne procède souvent à des  purges  au sein de des forces armées tunisiennes, de la garde nationale, et même de sa police. Cette fois, la purge semblait plus importante que les fois précédentes, ca elle est prise en charge par les officiers de la sécurité intérieure et de la DST, sous la supervision  de juges appartenant  aux tribunaux d'exception de la justice militaire, dont le fameux MOHAMMED ou RIDHA Dérouiche, un  juge originaire de DENDEN et ami d'enfance de feu SAHNOUN JOUHRI et du colonel KOLSI dont on reparlera plus tard.

Encore une fois, l'état major de la pauvre armée tunisienne, et celui de la garde nationale composé d'officiers supérieur s et de superviseurs politiques, n’ont émis aucune réserve concernant ces mises à pied, arguant du fait que les officiers  peuvent faire appel de la décision auprès de la présidence de la république (sic). Les services de la sécurité intérieur du ministère de l’intérieur, les renseignements généraux accentuent leurs pressions sur  les régiments d’élites de la garde nationale et de l’armée, et aussi de la police,  plusieurs arrestations  de sous-officiers et d’officiers ont eu lieu, pratiquement tous les officiers qui étaient proches du colonel KOLSI HEDI limogé il y’a quelques temps pour ses sympathies islamistes, c'est un officier très respecté par les hommes de troupe. Cette offensive, parfaitement coordonnée se déroule sur plusieurs fronts. L’islamisme est devenu la menace principale contre le gouvernement de ben Ali, même s'il n'a pas une véritable existence dans sa version djihadiste en Tunisie.  deux colonels, HAJRI et DAOUED de la garde nationale qui avaient participé à la mise en place  du dispositif  militaire lors des combats de SOLIMAN et de DJEBEL ERRESSAS ont été radiés pour "sympathies fondamentalistes" pour avoir maintes fois assisté à la prière du vendredi selon un rapport de la  DST (direction de la surveillance du territoire, calquée sur la DST française, mais avec beaucoup plus de pouvoir et sans aucun  contrôle judiciaire, ni aucun autre contrôle que celui du dictateur et son homme de main, le directeur de la sécurité, ce dernier est plus important que n'importe quel ministre, et a ses entrées au palais à n'importe quelle heure) . Le Premier ministre , son ministre de la défense et celui de l'intérieur sont les trois seuls membres politique s a assister au Conseil de la sécurité intérieur de 15 membres , le reste ce sont des membres de la DST et du RCD sous la présidence directe de   BEN ALI, des technocrates pour la plus part formés à la lutte anti terroriste à l'étranger, des bruits courent  qui prétendent qu'Israël et l'Amérique latine ont été leurs lieux de formation .Ce conseil décide souverainement des affaires militaires, policières, juridiques  et "des menaces internes et externes pour la sécurité du pays". Normalement, ce Conseil se réunit une fois par mois, c'est lui aussi qui décide des problèmes de carrière et de purges dans l'armée, la garde nationale, la police et le gouvernement, ainsi que le parlement et même les gouverneurs et les présidents de cellules du RCD. Les décisions de ce conseil  sont transmis à tous les officiers des trois corps pour exercer sur eux un maximum de pressions, la délation est encouragée et toujours récompensée. 

Les diktats de ce conseil vont sans doute contribuer à radicaliser une mouvance islamiste tunisienne qui jusqu'ici avait récusé la violence et accepté le jeu politique .ce n'est plus un secret pour personne que la troupe issues des milieux populaire, un milieu souvent très dévot, peut basculer  d'un moment à un autre, d'ailleurs  la plus part des appelés ne suivent  pratiquement plus d'instruction  au maniement d'armes et au combat. C’est assez révélateur de la peur  et la paranoïa du régime.

Depuis le putsch du 7 novembre surtout, des dizaines d’officiers et sous-officiers de l'armée et de la garde nationale, ainsi que des policiers en tenues ou en civil  ont été chassés de la fonction publique tunisienne. Si l’on ajoute ceux qui ont été chassés pendant leurs études dans les écoles spécialisées de ces corps, et ceux qui ont préféré demander à partir prématurément à la retraite, leur nombre serait trop important pour un aussi petit pays que la Tunisie. On leur reproche d’aller prier à la mosquée, et surtout, leurs femmes sont coupables de porter le voile.

"Ma faute", raconte l’ex-colonel KHOLSI, "c’était de prier, et d’avoir une femme qui portait le voile. Mais jamais je n’aurais imaginé que cela pourrait avoir de telles conséquences... Il y avait bien des rumeurs selon lesquelles si l’on voyait sur vos genoux, et votre front, que vous aviez été prier, on risquait d’avoir des ennuis, mais je ne le croyais pas.

Le capitaine M'RABTI de la garde nationale: "Je n’avais pas changé de style de vie: je priais depuis le début, il y avait une mosquée à l’école militaire. Et quand je me suis marié en 1991, ma femme portait déjà un foulard...

Mais cela n’avait pas d’importance. Au contraire, j’avais été félicité pour mon apparente rectitude et le respect que me témoignait mes subalternes, parce que je priais et je privilégiais toujours et avant tout l'humain sur les directives et l’autoritarisme, je travaillais dur, on pouvait compter sur moi. Pendant la guerre civile algérienne,  j’étais le seul officier responsable d’une unité dans le désert, à la frontière avec l'ALGERIE et LA LYBIE où souvent nous avons eu à faire face à de multiples tentatives d'infiltration de groupes armés ou même de l'armée algérienne et libyenne, et le fait de croire à un autre monde qui soit meilleure donnait du moral".

Mais tout cela s’est écroulé en quelques secondes. Deux ans avant son départ à la retraite, le colonel KHOLSI  s’est retrouvé sans emploi, sans sécurité sociale, sans rien -- avec une femme malade -- et avec l’impossibilité de travailler pour une autre administration.

Le colonel KHOLSI nie avoir milité dans une organisation religieuse: "C’était interdit, et je n’avais pas le temps", dit-il. "Et si cela avait été le cas, non seulement j’aurais été chassé de l’armée, mais j’aurais été mis en prison".

°°°°°°°°

Capitaine GASMI : "Ou votre femme enlève son voile, ou vous êtes chassé de l'armée"

Plus jeune, GASMI, né à SILIANA, dans le centre de la Tunisie d'un père instituteur et d'une mère au foyer, fait partie de ces nombreux officiers de l’armée tunisienne qui ont pratiquement passé toute leur jeunesse dans le moule de l’armée: dès l’âge de 17 ans, excellent élève , il est entré à l'académie militaire avec mention, . Il en sort lieutenant en 1988, et sert alternativement dans l’infanterie et dans l’artillerie en tant qu'instructeur

il est nommé en 1992 et 1995 au sud tunisien. En 1997, il est promu capitaine. Et cinq ans plus tard, en août 2.002, il est ... chassé de l’armée, après avoir passé 22 ans dans l’armée.

"Un dimanche matin, le commandant de mon bataillon sonne à la porte de mon appartement, à Bâb saadoun, et me dit: "Je suis désolé, mais vous êtes chassé de l’armée!" Il était venu me voir avec un minibus, accompagné de deux soldats armés, et nous sommes allés à la garnison, où j’ai rendu mes papiers et ma carte d’identité militaire. Le lendemain je suis retourné en civil chercher mes affaires; et j’ai dit au revoir à mes camarades. C’était fini!"

"Est-ce que je me doutais de quelque chose? J’avais entendu de mauvaises nouvelles à la télévision, mais je ne pouvais pas croire que cela m’arriverait... C’était pour les autres!

Mais quand je me suis marié, après le 28 février 1997 -- après l’ultimatum de ben Ali contre l'islam politique je savais que j’aurais des problèmes, parce que ma femme était voilée et que j'étais pratiquant. Mais je le préférais ainsi, c’était mon style de vie".

"Pourtant, je n’ai pas eu de problème au début", raconte l’ex-capitaine, "je ne cachais pas mes idées, mes supérieurs me connaissaient, ils connaissaient mon style. Mais un jour mon commandant m’a dit: "Vous devez dire à votre femme d’enlever votre voile, sinon vous serez chassé de l’armée". Je lui ai répondu que c’était ma religion, et si j’étais croyant, je devais respecter les règles... Et quelques mois plus tard, c’est arrivé: j’ai été chassé de l’armée, à 5 ans de la retraite. J’ai tout perdu, ma carrière, mon salaire, ma sécurité sociale, tout".

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Un des plus jeunes militaires chassés de l’armée, FAHEM JELASSI, né en 1970, est lui aussi passé par l'académie militaire, puis l'école militaire, celle de la marine, en France, à Toulon, où il est entré en 1990, à 20 ans. Il en est sorti en 1995, après quelques péripéties: il n’y avait pas de salle de prière à l’Ecole de la marine de Toulon, mais FAHEM JELASSI, croyant pratiquant, allait dans une mosquée le web end à Marseille; et pendant la semaine, il faisait ses prières dans le dortoir, en cachette. Manifestement, il s’est fait repérer, car en 1995, lors de la cérémonie annuelle des prix, il s’est fait exclure de l’Ecole sur ordre du ministère de la défense tunisien. pour "indiscipline". FAHEM JELASSI vit maintenant  à GAZA, où vit et prospère une petite communauté tunisienne dont certains militaires et officiers  en fuite qui avait rejoint les rangs de l'O.L.P à BEYROUTH? Ces Officiers étaient  pourchassé par la sécurité militaire depuis  l'époque de BOURGUIBA et sa paranoïa  islamophobe en 1982 ou 19984, BEN ALI était à cette époque  un de ses ministres ou homme de main le plus important et le plus sanguinaire sûrement, les opposants tunisiens de gauche, ou islamistes se souviennent très bien de cette époque et de ces officiers qui avaient fuis l'armée et le pays, certaines de leurs familles avaient payé le prix fort de leur engagement.

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Comme l'armée de terre, la garde nationale est considérée comme une entité ayant en son sein des éléments nationalistes et réfractaires, où l’on se montre sans pitié à l’égard des officiers soupçonnés de pratique religieuse "excessive" -- comme le commandant JAOUADI MUSTAPHA, 39 ans, en a fait l’amère expérience. Né à GAFSA, il est entré à l’académie militaire juste après le bac, en 1991,  et en est sorti lieutenant en 1995. Après avoir fait une spécialisation dans la logistique à Izmir en TURQUIE, il est nommé à BIZERTE, puis à GAFSA, où il passe 6 ans, avant d’être affecté à GABES, en 2.000, quand il fut promu commandant.

Mais derrière cette carrière apparemment brillante, se cachent beaucoup de problèmes. Cela commence à Bizerte, pendant le contrôle annuel, un contrôle qui dure 3-4 jours. "Pendant l’heure du déjeuner j’avais l’habitude d’aller prier dans la salle de prière de la garnison, avec 3 ou 4 simples soldats. Malheureusement pour moi l’officier responsable du contrôle a visité la salle de prière, et il m’a vu en train de prier. Il m’a interrogé: "Pourquoi faites-vous vos prières? Est-ce que vous faites aussi le jeûne du Ramadan"? J’ai répondu à ses questions, et il n’a pas réagi. Mais une demi-heure plus tard le général commandant la garnison était au courant, et il m’a convoqué. Il m’a demandé pourquoi j’allais à la salle de prière pendant le déjeuner, et m’a demande d’écrire un rapport.

Mais c’est quand JAOUADI a été nommé à GABES, en 2000, que ses ennuis sont devenus sérieux. "Dès le premier jour, j’ai été convoqué au bureau du commandant, qui m’a demandé si ma femme était voilée, si je priais, si je buvais de l’alcool. Il m’a dit: "Onze officiers sont arrivés ici avec des femmes "fermées" ("voilées"). Je les ai fait "ouvrir" (dévoiler) leurs femmes... Ou vous le faites, ou vous divorcez" ! J’ai répondu que ma femme était avocate, c’était à elle de décider"....

Les officiers qui portaient la barbe et dont la femme était voilée n’avaient pas le droit d’avoir un logement de fonction dans les cités spécialement réservées aux militaires. JAOUADI avait  voulu louer un appartement en ville, mais il n’a pas eu le droit de le faire, et finalement il a décidé avec sa femme qu’elle irait vivre à Tunis chez ses parents: "Pendant deux ans nous nous sommes vus le week-end, je faisais 8 heures d’autobus pour aller la voir".

En 2000, JAOUADI est muté à BENGUERDANE -- alors que règlementairement, après avoir fait deux séjours dans le sud de la Tunisie  les officiers peuvent demander une affectation à l’ouest ou au nord. "J’ai demandé Tunis ou le Kef, et on m’a envoyé à BENGUERDANE. C’est là, en décembre 2.000, que j’ai été chassé de l’armée. Un jour mon colonel m’a convoqué et m’a montré une lettre de quatre lignes me disant que j’étais chassé pour "comportement indiscipliné". Il m’a demandé de signer, et m’a demandé de lui donner mon revolver, mon uniforme, ma carte d’identité militaire, etc... J’avais eu les meilleures récompenses, je n’avais pas de problème de service, mais ma carrière était finie". Aujourd’hui JAOUADI est taxiste.

JAOUADI se défend d’avoir eu la moindre activité politique: "C’était défendu de faire de la politique. Dans l’armée, on obéit, c’est tout", affirme-t-il. Après avoir été chassé de l’armée.

 

Comment expliquer une telle répression dans un pays où plus de 95 pour cent de la population est musulman? Le colonel KHOLSI, le plus ouvertement politisé des officiers que je connais et qui n'a pas peur d'être cité sous son vrai nom, fait l’analyse suivante: "En Tunisie, on peut distinguer trois sortes d’islam: le véritable islam; et puis l’islam populaire, vécu comme une tradition; et enfin l’islam du gouvernement, un islam de convenance. On peut dire que 30 pour cent de nos officiers supérieurs sont des athées qui sont arrivés à des postes clés au moment du putsch de novembre 87, ils connaissaient personnellement BEN ALI depuis son époque à la tête de la sécurité militaire: ces officiers supérieurs pensent que l’islam, c’est un habit, que l’on peut laisser à la porte en entrant dans l’armée. Sinon, l’islam est l’ennemi à abattre. Les autres officiers, la très grande majorité, ne sont pas comme ça, mais ils n’agissent pas, ou ils n’ont pas la possibilité de le faire".

PS : Seul le colonel KHOLSI parle sur sa véritable identité, les autres camarades ont choisi  des noms de code données à certaines manœuvres ou mots de passe.

(Source :  l’e-mag « ELKHADRA” N° 74 mis en ligne le 31 juillet 2007)

Lien : http://elkhadra.over-blog.com/article-6993761.html

 
ATF
CONDOLEANCES
 

Nous venons d’apprendre le décès de la regrettée Mme Chedlia JEMMI BOUSSOFFARA,  mère de notre ami et militant de l’ATF Jamel BOUSSOFFARA.
Notre association  (Instances élues,  cadres, permanents et militants)  présente les plus sincères condoléances à Jamel, ses frères et sœurs ainsi qu’à toute la famille endeuillée.
Nous lui disons combien nous partageons sa peine en ces moments difficiles et que nous sommes avec lui.
Pour celles et ceux qui souhaitent lui présenter leurs condoléances, vous pouvez le faire par mail à l’ATF ou par téléphone au siège de l’association: 01 45 96 04 06.
                                                                                                                                                              
Paris le 1er août 2007
Pour le BN
Mohamed SMIDA


UN MOIS APRES LE DEMARRAGE DE LA CNAM
 

Dr BAKHTI Chérif        

Malgrè les multiples préssions, intimidations et l'autorisation de la CNAM du conventionnement des médecins spécialistes de la Santé Publique des hôpitaux universiatires ( APC ) et les médecins spécialistes des hôpitaux régionaux (gonflant ainsi le chiffre déclaré des médecins conventionnés ),  le taux de conventionnement des médecins spécialistes Libéraux reste très faible ne dépassant pas les 15% du  chiffre total de tous les médecins spécialistes Libéraux inscrits au CNOM 2575. Le taux au Grand Tunis ( TUNIS, MANOUBA, ARIANA et BEN AROUS ) ne dépasse pas les 3,5% avec 55 conventionnés sur 1242 ( presque la moitié de l'éffectif total de toute la Tunisie ). Depuis le 18/07/2007 zéro conventionnement à TUNIS  et des chiffres très dérisoires dans les régions ( UN seul à SOUSSE par exemple ).
On note beaucoup d'intérrogations et  d'inquiètude chez les confrères conventionnés dont la quasitotalité  n'a pas lu la convention sectorielle et les décrets d'application. Plusieurs pratiques illégales sont
constatées dans certains bureaux de la CNAM  avec détournement de clientèle soit par certains médecins contrôleurs de la CNAM soit par le personnel administratif voire donner des cartes visites de
certains médecins conventionnés et favoriser ainsi  une concurrence déloyale.  On note aussi des protestations des malades concernant la prise en charge de leurs maladies, d'ailleurs
signalées dans certains journaux.

Un mois après le démarrage le 1er juillet 2007 du projet de l'assurance maladie de la CNAM, le STMSL membre du Conseil National de l'Assurance Maladie n'est pas encore signataire de la Convention Cadre
donc non négociateur officiel de la Convention Sectorielle de la CNAM. La Lettre à Monsieur le Président de la République est adréssée. Les différentes revendications ont été transmises à
Monsieur le ministre des Affaires Sociales et à Monsieur le Secrétaire Général du RCD; On croit savoir qu'elles sont à l'étude mais  on n'a pas encore reçu de réponse officielle. Le STMSL est toujours prêt au
dialogue et espère signer la convention cadre et intégrer le projet présidentiel. En conséquence, les recommandations de la dernière Assemblée Générale Extra-ordinaire du 24/06/2007 de Tunis restent  en
vigueur (détails www.stmsl.org ).  Restons solidaires et unis jusqu'au prochain RDV début septembre et continuons à éxercer comme d'habitude, et même signer les bulletins et les demandes d'APCI des malades sans noter le code de conventionnement ; les malades s'arrangeront avec la CNAM.

Par ailleurs, le STMSL  a décidé de saisir le CNOM des différentes pratiques illégales de l'autorisation du conventionnement des médecins spécialistes de la santé publique et les pratiques anti-déontologiques de
détournement de la clientèle par les agents de la CNAM.
(Source : Correspondance particuliére de Tunis)


Où est passé Larbi Nasra ?
 

 Le patron de Hannibal TV aurait quitté la Tunisie depuis le 28 juin dernier sans y retourner depuis. Selon des sources proches de son entourage direct, il serait en Arabie Saoudite et n’entend pas rentrer de sitôt. Quant à Hannibal TV, il serait question d’un rachat de la part d’un groupe tunisien connu dans le tourisme et le transport aérien.
Contactée par Réalités, une directrice de Hannibal TV, connue pour être proche de M. Nasra, a démenti totalement ces informations, les qualifiant de rumeurs malsaines motivées par la jalousie de ceux qui les véhiculent : « La chaîne fonctionne parfaitement et on est en plein préparatifs de la grille ramadanesque qui réserve de grandes surprises pour nos téléspectateurs, nous dit-elle. Quant à ces informations, elles sont dénuées de tout fondement et c’est le succès de Hannibal TV et de son patron qui explique toutes ces jalousies et rumeurs malsaines »
Concernant le départ de M. Nasra, elle confirme en effet qu’il est à l’étranger, mais uniquement depuis deux jours (nous l’avons appelé samedi dernier). Selon elle, il est un peu fatigué et il est parti se reposer quelques jours.
Où est passé le patron de Hannibal TV ?
Larbi Nasra, patron de la chaîne de télévision privée Hannibal TV est-il parti sans laisser d’adresses ? La chaîne de télévision sera-t-elle achetée par un groupe tunisien ?
C’est ce que laisse entendre le magazine Réalités dans sa livraison du jeudi 26 juillet qui indique que «le patron de Hannibal TV aurait quitté la Tunisie depuis le 28 juin dernier sans jamais y retourner. Selon des sources proches de son entourage direct, il serait en Arabie Saoudite et n’entend pas rentrer bientôt».
Notre confrère souligne toutefois que ces informations ont été démenties par une directrice de la chaîne qui évoque des jalousies motivant ce qu’elle qualifie de rumeurs totalement infondées.
De notre côté, nous avons appris que le fils de M. Nasra, Hamdi, lui aussi serait à l’étranger actuellement. Officiellement pour affaires. Qu’est-ce qui est fondé et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Comment expliquer toutes ces rumeurs qui circulent actuellement à Tunis à ce sujet ? Au stade actuel, on ne saura pas l’expliquer, mais on sait, cependant, que l’on obtiendra davantage d’informations dans les jours qui viennent, avant le mois saint du ramadan et nous nous interrogeons, dans la foulée, s’il y a une fumée sans feu ?
(Source : webmanagercenter.com (Portail économique – Tunis), le 30 juillet 2007 à 14h00)
Lien : http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=31377

Ettajdid : lutte pour le secrétariat général… et pour la présidence
 Le Congrès unitaire du Mouvement Ettajdid avec des indépendants de gauche s’ouvrira le 27 juillet courant. Plusieurs personnalités s’affronteront pour le poste de secrétaire général. On avance les noms de Hatem Chaâbouni et Ahmed Ibrahim d’Ettajdid, et de Mahmoud Ben Romdhane (indépendant). Plusieurs militants voudraient que Sana Ben Achour (Indépendante) soit candidate. Seulement Mme Ben Achour refuse de briguer ce poste. Pour elle la parité n’est pas encore suffisamment ancrée dans ce parti en devenir. Une candidature prématurée risquerait de la faire apparaître comme une femme-alibi.
* Nouveauté dans le congrès d’Ettajdid :
le poste d’une présidence non exécutive. Mohamed Harmel, secrétaire général sortant, se voit bien installé dans ce fauteuil. L’universitaire et syndicaliste Jounaïdi Abdeljaoued (Ettajdid) serait lui aussi candidat.
(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1126-1127 du 26 juillet 2007)

Remous au PDP
 Les deux membres de la direction du Parti démocratique progressiste Mohamed Goumani et Fethi Touzri, qui se sont illustrés par un long texte sur la situation politique du pays en décalage avec la ligne officielle du parti, viennent de signer un nouveau texte avec Malek Kéfif (indépendant) à l’occasion du cinquantième anniversaire de la République. Ils prônent une conciliation nationale entre l’opposition radicale et le pouvoir. On apprend que ces deux dirigeants auraient démissionné des responsabilités partisanes qu’ils occupaient auparavant.
(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1126-1127 du 26 juillet 2007)
Le MDS prépare son congrès
 Le Mouvement des Démocrates socialistes s’active pour préparer son congrès en 2008, qui coïncidera avec le trentième anniversaire du Mouvement. Il semblerait que les partisans de l’ancien secrétaire général, M. Mohamed Moaada, sont en train de “reprendre du poil de la bête”. Cela annonce de nouvelles alliances et une bataille électorale relativement chaude.
(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1126-1127 du 26 juillet 2007)
Patrouilles conjointes tuniso-algériennes
 L’Armée et la Garde nationale tunisiennes assurent, depuis quelque temps, des patrouilles conjointes avec l’Armée et la Gendarmerie nationale algériennes, tout le long de nos deux frontières. Outre l’échange de renseignements, ces patrouilles conjointes permettent de lutter efficacement contre le terrorisme et la contrebande.
Des milliers de militaires et de gendarmes des deux pays ont été mobilisés et les résultats seraient fort encourageants ainsi qu’en témoigne la récente arrestation à Annaba de ressortissants tunisiens s’apprêtant à rejoindre les maquis de l’organisation d’Al Qaïda au Maghreb islamique (ex-GSPC).
(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1126-1127 du 26 juillet 2007)
Ali Labidy
 Le réalisateur tunisien vient d’achever le tournage de son nouveau long métrage « la dernière heure ». Dans ce nouveau film, Labidy aborde le sujet des médias avec lesquels il n’est pas toujours en bons termes.
(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1126-1127 du 26 juillet 2007)

Syndicat de l’enseignement de base – Ministère : Retour vers le futur ?
 
Le torchon commence à brûler entre le syndicat de l’Enseignement de base de l’UGTT et le Ministère. Ce dernier est accusé par la Centrale syndicale d’avoir pris des décisions unilatérales concernant la publication des mouvements de mutation des instituteurs. Ce que le Ministère dément en rappelant les vingt-six réunions de négociation et les accords trouvés pour l’intérêt de toutes les parties en toute transparence. Que se passe-t-il donc réellement ? Enquête de Réalités.


Toute action touchant le grand mammouth ne peut se faire qu’avec de grands tracas. Ce n’est pas nouveau. Cela a toujours été ainsi et ça l’est encore avec le dernier différend en date, la semaine dernière, entre les syndicats et le Ministère. Cette fois-ci, c’est à propos de la question des mutations des instituteurs. Une opération qui a lieu tous les deux ans et date des années 30. La question des mutations a toujours été au centre de l’intérêt des instituteurs puisqu’elle leur permet de changer de lieu d’exercice et de se rapprocher le plus près possible de leur résidence. Elle est exigée, en fait, par une réalité amère pour les concernés. Quand ils sont recrutés, ils sont souvent affectés à des centaines de kilomètres de leur région natale ou de résidence, ce qui explique que l’opération perdure encore. Pour pouvoir prétendre à cette mutation, chaque instituteur doit atteindre un score qui tient compte de l’ancienneté, du statut social, du nombre d’enfants etc. Jusque-là, les mutations se faisaient en commun accord entre le Ministère et les syndicats. Ces derniers présentaient leur liste et le ministère avalisait en fonction des règles établies depuis des décennies.

« Il se trouve que depuis la fin des années 90, le nombre d’élèves se réduisait en peau de chagrin et qui dit réduction du nombre d’élèves dit réduction des besoins en enseignants », nous fait on remarquer au Ministère. Cinquante mille élèves en moins sont scolarisés chaque année comparativement à dix ans en arrière, ce qui a radicalement fait changer la donne et imposé une modification majeure dans la situation. Car non seulement le besoin en enseignants se trouve réduit, mais il en est de même en ce qui concerne les postes vacants.

Revers de la médaille de cette nouvelle donne, on a des écoles en surnombre d’enseignants et d’autres en manque, malgré le nombre élevé d’instituteurs dont dispose théoriquement le ministère. Pour parer à cela, on recrutait, ce qui avait pour conséquences un coût élevé (16 millions de dinars supplémentaires chaque année qu’on peut éviter) et un grand déséquilibre pédagogique. Les zones côtières et Tunis bénéficiaient d’enseignants expérimentés dans le secteur depuis longtemps, alors que les régions de l’intérieur du pays avaient droit à de jeunes enseignants fraîchement diplômés et inexpérimentés ou ayant très peu d’années d’expérience, ce qui a un effet néfaste sur les élèves de ces régions. Autre conséquence, les écoles disposant d’enseignants en surnombre nommaient ceux-ci dans l’administration ou divisaient certaines classes en deux afin de faire travailler plus de personnes.

A la lumière de cette réalité, aussi bien les enseignants et leurs syndicats étaient d’accord sur la nécessité du changement et d’amélioration des conditions de mutation. En novembre 2006, on décide donc d’engager des discussions pour opérer ces changements durant l’année scolaire, avant la rentrée 2007-2008. Vingt-six réunions auront lieu entre les syndicats et le Ministère pour trouver la formule adéquate satisfaisant au maximum l’ensemble des parties et, surtout, respectant la question de l’équilibre pédagogique.

Comme attendu, les négociations n’étaient pas du tout faciles tout au long de ces derniers mois. Le Ministère cherchait à équilibrer son budget et à réduire comme il pouvait le nombre de « candidats à la mutation » par des règles nouvelles et plus équitables.

Ainsi en était-il et on a fini par convenir de nouvelles règles qui déterminent la définition du poste vacant et qui prend en considération les cas sociaux. L’accord aurait été trouvé, mais il n’est pas signé. Selon le directeur de l’enseignement de base, M. Béchir Kraïem, à plusieurs reprises on s’est mis d’accord sur tout, mais on était surpris à chaque fois de voir de nouvelles exigences et de nouvelles règles.

En parallèle, les syndicats appelaient au boycott de l’opération de mutations de cette année. Contraint par des questions de calendrier, refusant de revenir en arrière, fort des 17.000 demandes de mutation d’enseignants ayant fait la sourde oreille aux appels de boycott, le Ministère lance son opération et diffuse ensuite le résultat sur Internet. Opération effectuée sur la base des nouvelles règles sur lesquelles les deux parties se seraient entendues. Il reste cependant, et c’est là où l’on n’a pas pu trouver de solution, la question de la sélection des mutés. Le Ministère a mis en place une solution informatique qui prend en considération les spécificités de chaque candidat (en fonction de règles préétablies en commun accord entre les parties) et c’est l’ordinateur qui publie ceux qui ont droit à la mutation. Selon le Ministère, l’opération se fait en toute transparence et semble donc équitable. Solution que refusent les syndicats qui évoquent la question des cas sociaux et qui exigent de participer à l’ opération de désignation des postes vacants et des postes temporaires.

« Il y a toujours eu et il y aura toujours des cas sociaux où un enseignant se trouve dans un cas de force majeure obligé d’être muté, réplique M. Kraïem. Pour ces cas-là, on a créé des commissions et une cellule par région uniquement pour l’examen des requêtes sociales et des éventuelles et improbables erreurs informatiques. Si les syndicats désirent faire partie de ces commissions, ils sont les bienvenus. »

Mis devant le fait accompli suite à la publication des listes de mutation, l’UGTT crie au scandale et publie, samedi dernier, un communiqué signé par son secrétaire général. On y accuse le Ministère d’avoir pris des décisions unilatérales et d’appliquer une politique de durcissement et de refus total de négociation. Le fait d’avoir publié unilatéralement sans commun accord avec les syndicats est considéré par l’UGTT comme un non respect du minimum requis des accords initiaux. La Centrale syndicale appelle donc le Ministère à revenir en arrière et négocier à nouveau pour un bon climat social au sein des établissements scolaires.

M. Néjib Sekhiri, chef du cabinet du ministre de l’Éducation, nie catégoriquement tout unilatéralisme. Tout comme le directeur de l’Enseignement de base qui tiennent, tous les deux, pour preuve les vingt-six réunions avec les syndicats. Concernant le retour en arrière avec les anciennes règles, comme le demande l’UGTT, il n’en est pas question. Le Ministère est catégorique là-dessus et motive sa décision par les raisons suivantes. « Nous avons reçu 17.000 demandes de mutation (alors que l’Enseignement de base emploie 60.000 personnes en tout), nous dit-on boulevard Bab Benat. Malgré l’appel au boycott, 35% de ces demandes ont été satisfaites et 53% d’entre elles ont obtenu l’un de leurs trois premiers choix. Nous avons un engagement moral envers ces personnes et nous ne pouvons leur dire que nous reculons. En présentant à chaque réunion de nouvelles revendications, nous avons l’impression que l’UGTT cherche à gagner du temps et nous ne pouvons temporiser éternellement, il faut que l’on soit prêts pour le 15 septembre et on ne peut se permettre, à cette date, de laisser des élèves sans enseignant à cause de la question de mutations. Enfin, il est bon de rappeler que chaque enseignant nous coûte 9.000 dinars/an, que l’on a énormément d’instituteurs affectés dans des établissements en surnombre et qu’il est impératif de changer les règles dans l’intérêt du pays et des élèves. »

Concernant la solution informatique, considérée comme transparente et équitable par les uns et inéquitable par les autres, il est hors de question, également, de l’abandonner.

En clair, on fait face à une situation de blocage où chacun campe sur ses positions.

Le Ministère est accusé par les syndicalistes de remettre en question des acquis sociaux, de fermer la porte aux négociations et de jouer l’escalade.

En face, on accuse les syndicats de vouloir coûte que coûte préserver leurs acquis et leurs avantages sans trop tenir compte des contraintes budgétaires du Ministère et de la nouvelle donne imposée par le nombre décroissant des élèves et important des enseignants.

En aparté, on n’hésite pas à soupçonner certains de vouloir garder quelques avantages personnels qui auront disparu avec les nouvelles règles et ce même contre les intérêts du secteur.

Le fait de dresser ensemble les listes des candidats aux mutations laissait la porte grande ouverte à plusieurs dérapages que le corps des enseignants connaît parfaitement, nous dit un enseignant.

Le fait de laisser le Ministère dresser seul la liste sans tenir compte des cas spéciaux laisse également la porte ouverte aux dérapages, nous dit un proche de la rue Mohamed Ali. « Qu’est-ce qui empêchera le ministère de favoriser untel ou untel dès lors que l’UGTT n’est pas là pour vérifier et s’opposer éventuellement ? »

Pour ne pas aboutir à une impasse, on demande donc, en résumé, de tout surseoir, partant du principe qu’il n’y a aucune urgence. Dans une interview à un quotidien de la place, M. Mohamed Halim, SG du syndicat des instituteurs, justifie cette volonté comme suit : « Le Ministère dit qu’il y a 50.000 élèves en moins chaque année. Or il y a 50.000 classes en Tunisie, ce qui nous fait un élève en moins par classe, ce qui ne pousse pas du tout à supprimer des postes ».

Les syndicats, voyant leur influence ainsi réduite (après moult autres secteurs), dénoncent ce qu’ils appellent l’unilatéralisme du ministère, ne serait-ce que pour essayer de préserver des avantages et des acquis sociaux au risque d’adopter des habitudes vieilles de dizaines d’années et incompatibles avec le monde d’aujourd’hui et ses exigences, convaincus d’être du côté de la raison et de vouloir la transparence. On est donc déterminés à faire reculer les autorités.

La position du Ministère semble ferme, vu que l’on est convaincus également d’être du côté de la raison, de la transparence et de l’équité.

Début de grosse tempête durant ces vacances d’été ? Ça en a tout l’air en tout cas.
(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1126-1127 du 26 juillet 2007)



Pour le respect d’une mémoire…
 

Par Foued Zaouche
 
J’ai reçu il y a une semaine un appel téléphonique de la part d’une personne que je ne connaissais pas, Jacqueline Guilbert, ex-femme de Aly Bellagha, peintre connu et respecté, décédé hélas il y a plus d’un an, que Dieu ait son âme. Jacqueline Guilbert-Bellagha me demandait de voir une cassette vidéo et nous prîmes rendez-vous pour le lendemain. Je me rendis comme prévu à cette rencontre, suffisamment intrigué pour y aller avec une expectative emplie d’interrogations. Je rencontrai une femme extrêmement émouvante et attachante dans le combat qui est le sien, combat qu’elle va me relater d’une voix hésitante mais pleine de détermination. La cassette filmée en 1994 par Jacqueline Guilbert montre une maison que possédait Aly Bellagha sur les hauteurs de Sidi Bou Saïd dont il voulait faire un musée, agençant et décorant lui-même de ses propres oeuvres ces lieux avec la préciosité qu’on lui connaît. On le voit sur le film déambuler en silence dans cette maison et la vision de cet homme m’émut profondément car il y a dans la mort une grande injustice. Jacqueline Guilbert tint à me préciser au début de notre entretien qu’elle était divorcée de Aly Bellagha depuis des années et qu’à ce titre elle ne se reconnaissait aucun droit légal sur l’héritage du peintre avec lequel elle a vécu néanmoins les quinze dernières années de sa vie, revenant de Paris où elle réside habituellement et l’accompagnant jusqu’au bout dans la dernière partie de sa vie. Elle a donc été le témoin et le dépositaire moral des volontés du peintre et partagé avec lui le rêve et la réalisation de ce musée qui contient une sorte de testament laissé à la postérité.

Aly Bellagha meurt sans laisser d’enfants. Les seuls héritiers légaux sont ses deux frères encore vivants, dont l’un est gravement malade et lui-même sans enfants. Jacqueline Guilbert veut se battre et tenter de convaincre les héritiers légaux de respecter les volontés du peintre. Ce combat qu’elle mène est totalement désintéressé, elle est seulement animée par la tendresse et le respect qui étaient les siens pour ce compagnon de vie.

Je n’ai pas à porter de jugement sur l’attitude des héritiers car la loi est souveraine et cela n’est pas mon propos car je ne me reconnais aucun droit de le faire. Par contre, j’ai en mémoire la vision de cet homme qu’il m’est arrivé de côtoyer et combien j’ai pu alors apprécier sa gentillesse et son urbanité, son intelligence et sa culture. Je trouve le projet d’un musée Aly Bellagha extrêmement utile pour la Tunisie surtout qu’il existe et qu’il pourrait être ouvert dès demain. Aly Bellagha était un peintre majeur, un artiste qui compte et dont l’oeuvre dans son extrême diversité a marqué et influencé plusieurs créateurs.

Un artiste n’est pas un homme comme les autres car il est porteur d’une autre temporalité… Ses créations sont des bouteilles jetées à l’océan infini du temps et durant toute sa vie, il est animé par le désir ardent d’exprimer sa propre singularité. Oui, Aly Bellagha a laissé des enfants, toutes les oeuvres qu’il a pensées, créées… Parfois dans le doute, parfois dans l’enthousiasme… Toutes ces oeuvres qui l’ont aidé à vivre et qui contiennent le suc de sa vie, qui sont les témoins de son existence, qui lui survivent pour notre plus grand bonheur et qui sont ses héritières spirituelles.

Voilà le sens que devait avoir pour lui le projet de ce musée, continuer le dialogue qu’il avait entamé avec son public, par delà sa propre mort, continuer à échanger, à exister par-delà les générations. Cette ambition a dû le nourrir durant les dernières années de sa vie malgré sa modestie, modestie qui explique qu’il n’a pas donné une suite légale à ce projet car il aurait pu charger l’Etat ou un tiers d’être l’exécuteur testamentaire de ce projet de musée. Mais non, Aly Bellagha était un pur, un tendre qui croyait en la nature humaine et il n’avait aucune raison de douter de l’affection des siens. Il lui suffisait de penser qu’on respecterait ses volontés et qu’on saurait rendre hommage à sa mémoire.

Voilà ce que je voulais écrire sur cet homme digne et estimable. Je suis sûr que l’affection et l’amour que lui portaient tous les siens, dans leur ensemble, finiront par l’emporter sur les passions éphémères et je remercie Jacqueline Guilbert de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer sur ce grand artiste qui ne mérite pas de mourir une seconde fois. Cela serait une grande injustice.

Je voudrais rappeler combien l’identité tunisienne a besoin de mémoire pour perdurer, pour affirmer sa singularité, et quelle plus belle et dense mémoire que celle de ses créateurs, de ses peintres, de ses écrivains,
de ses musiciens !… De tous ceux qui ont porté dans leur chair et dans leur esprit la brûlure de leurs interrogations.

(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1126-1127 du 26 juillet 2007)

 
Tunisiens à l’étranger : Pouvons-nous vraiment rapatrier nos compétences ?
 

Par Meryem OMAR
          
Si la Conférence nationale des compétences tunisiennes à l’étranger a prouvé, encore une fois, que le sujet nous tient invariablement à cœur, il faut convenir que nous avons à le regarder avec d’autres yeux pour espérer toucher l’élite des Tunisiens à l’étranger.
 Une élite ‘’alléchante’’… Car cette élite des Tunisiens à l’étranger est immergée depuis de longues années dans l’avant-garde de la science, de la technologie, de la finance, de la culture… dans le monde. Elle est ainsi devenue la cible permanente des chasseurs de têtes les plus réputés alors que les pays les développés recrutent à tour de bras, pour deux raisons au moins : d’abord démographiques pour faire face à la hausse de la population âgée, ensuite ‘’normales’’ de recherche des meilleurs où qu’ils se trouvent pour garder le rythme dans les rouages de l’économie.
 Résultat ? De hauts salaires, des privilèges, du prestige… mais pas seulement. Car cette élite est également très sensible au fait qu’elle se trouve, dans ces hauts lieux du Savoir, au sein d’un environnement où il est en première ligne, un environnement qui éprouve chaque jour ses compétences et qui ne fait donc que la pousser encore plus vers l’excellence.
 C’est à tout cela que la Tunisie doit penser si elle souhaite séduire cette élite des Tunisiens à l’étranger parce que, pour nous, les enjeux sont encore plus grands, et pas uniquement en termes de contribution directe à l’élévation du niveau des compétences nationales. Nous avons aussi besoin de son carnet d’adresses (tous ces gens influents dans leurs domaines et avec lesquels notre élite a désormais des liens très forts), nous avons besoin de sa culture de réseau (les Tunisiens de l’élite partout dans le monde), nous avons besoin de son sens du lobbying (et pas seulement en matière économique)…

(Source : webmanagercenter.com (Portail économique – Tunis), le 1er août 2007 à 05h30)
Lien : http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=31423

Retrait

Le député Thameur Driss, membre de l'ancien comité politique d'Ettajdid, a annoncé dans un communiqué public qu'il a déjà retiré, devant le congrès, sa candidature au comité central.

Il a contesté dans le dit communiqué la parution de son nom dans la composition annoncée à la suite du congrès unificateur et il a affirmé ses réserves quant à la légitimité de cette liste.

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 1er août 2007)

 


 

Que pense la société civile de la gouvernance?

Confiance en la qualité de la réglementation et l'ancrage de l'Etat de droit

Des progrès à faire encore en matière de voix citoyenne et de sens des responsabilités

Au sens le plus large du terme, " la gouvernance" est considérée aujourd'hui comme l'un des indicateurs reflétant le niveau d'interaction entre l'Etat et la société civile, la corrélation entre l'administration et le corps politique mais aussi le degré de coalition entre ces derniers et les acteurs privés d'un pays.

Par ailleurs, les institutions internationales confirment le lien de cause à effet entre la gouvernance et les aspects de développement humain tels que : l'amélioration des conditions de vie des citoyens, la lutte contre la pauvreté et la mortalité infantile, l'analphabétisme et les inégalités. En dépit des améliorations réalisées par certains pays, " la qualité de la gouvernance ne s'est pas véritablement améliorée au cours de la dernière décennie ". Les efforts doivent être déployés pour améliorer l'efficacité de l'action publique.

Après dix années d'études prospectives, les recherches soigneusement effectuées par l'Institut de la Banque Mondiale sur l'état des lieux de la gouvernance (1996-2006) se basent sur 33 sources de données, couvrant 212 pays dont la Tunisie et s'appuyant sur le droit de regard de la société civile (ONG, entreprises, acteurs du secteur public et privé... ) sur ceux qu'elle a mandatés (les représentants de l'administration publique).

Les résultats du rapport sur les problèmes de gouvernance dans le monde ont été publiés au mois de juillet courant. Six indicateurs de bonne gouvernance ont été utilisés pour apprécier l'évolution de la gouvernance de par le monde.  La voix citoyenne et la responsabilité, la stabilité politique et l'absence de violence, l'efficacité des pouvoirs publics, la qualité de la réglementation, l'Etat de droit et la maîtrise de la corruption.

Les conclusions du rapport ont montré qu'il y a eu une certaine amélioration en matière de bonnes pratiques de gouvernance, notamment en Afrique, mais cette amélioration n'est pas assez significative vu la disparité entre les différents indicateurs.

"Un certain nombre de pays - y compris en Afrique - font des progrès en matière d'amélioration de la gouvernance et de lutte contre la corruption. Ce constat est encourageant car la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption sont essentielles pour une croissance durable et la réduction de la pauvreté ", notent l'Institut de la Banque Mondiale et la Vice-présidence de la BM en charge de l'économie du développement. Dans ce même ordre d'idées Daniel Kaufmann, co-auteur du rapport et Directeur du programme gouvernance de l'Institut de la BM confirme : " On note avec intérêt qu'un nombre important de pays, y compris en Afrique, montrent qu'il est possible de faire des progrès significatifs en matière de gouvernance en un laps de temps relativement court. Cette amélioration de la gouvernance est essentielle pour assurer l'efficacité de l'aide et une croissance à long terme. [...] La corruption à l'échelle internationale est estimée a environ mille milliards de dollars, et le fardeau de la corruption pèse énormément sur le milliard de personnes au bas de l'échelle qui vivent dans une extrême pauvreté."*

La stabilité politique : un acquis

Concernant la Tunisie, des progrès ont été enregistrés pour certains indicateurs de la gouvernance et ce, pour la période qui s'étale entre 1996 et 2006. Des hauts et des bas ont été enregistrés en Tunisie selon la nature du déterminant en question. Hormis l'indicateur intitulé : " Voix citoyenne et responsabilité ", qui marque un retard en matière de bonne gouvernance, les autres indicateurs ont progressé quoique à des rythmes fluctuants. L'indicateur : " Voix citoyenne et responsabilité " mesure théoriquement la manière dont les citoyens d'un pays participent à la vie politique, ainsi que la liberté d'expression, d'association et de presse. Le retard observé pour cet indicateur incombe essentiellement à la société civile qui s'autocensure et tarde à sortir du cocon, malgré la volonté politique d'abolir toute forme de restriction aux libertés de manière à édifier un dialogue émancipé, sans langue de bois et constructif. 

Si l'on observe la ventilation des indicateurs selon le rang mondial en pourcentage qui varie entre 0 et 100, on remarquera un progrès important en termes de qualité de la réglementation et d'ancrage de l'Etat de droit en Tunisie.  Ces deux indicateurs mesurent la capacité des pouvoirs publics à élaborer et à appliquer de bonnes politiques et des réglementations favorables au développement du secteur privé et le degré de confiance qu'ont les citoyens dans les règles conçues par la société et la manière dont ils s'y conforment dont le respect des contrats, les compétences de la police et des tribunaux ainsi que la perception de la criminalité et de la violence. En matière de qualité de la réglementation le classement de la Tunisie est passé de " 66,8% (1996) à 58% (2006) ". Pour ce qui est de l'Etat de droit, on note une évolution positive de l'indicateur de 49% en 1996 à 60,5 % en 2006.

Le progrès réalisé par les indicateurs précités reflète l'amélioration du climat des affaires en Tunisie et l'avantage compétitif de la Tunisie en matière de préservation de la sécurité.

La stabilité politique compte parmi les bons points réalisés par la Tunisie au cours des 10 dernières années en enregistrant une évolution de 48,1% en 1996 à 53,8% en 2006.

Du point de vue du score le plus élevé obtenu par la Tunisie, on notera l'efficacité des pouvoirs publics qui, malgré un repli dans le rythme. Entre 1996 et 2006, le pourcentage est passé de 74,4% à 70,6%.  A signaler que l'indicateur en question mesure la qualité des services publics, les performances de la fonction publique et son niveau d'indépendance, la qualité de l'élaboration et de l'application des politiques, et la crédibilité de l'engagement des pouvoirs publics à l'égard de ces politiques.

En conclusion, les indicateurs de bonne gouvernance qui reflètent la perception qu'a la société civile du fonctionnement des institutions publiques évoluent positivement mais lentement en Tunisie. L'évolution est nettement perceptible en matière de stabilité politique et de l'ancrage de l'Etat de droit alors que les libertés sont à préserver.

Yosr GUERFEL

 

" Le critère essentiel d'une bonne gouvernance est que les mécanismes de fonctionnement de l'institution soient organisés de façon à éviter que les intérêts des mandatés (" agents ") prennent le pas sur ceux de leurs mandants (" principaux "), cela dans un esprit de démocratie "

Dix années de recherche ont montré que l'amélioration des conditions de vie résulte en grande partie d'une meilleure gouvernance, et non l'inverse. L'amélioration de la gouvernance par un écart type entraine une baisse de deux tiers de la mortalité infantile et une augmentation à long terme du revenu d'environ 300%.

*Source : " Worldwide Gouvernance Indicators 1996-2006

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 1er août 2007)

 

Libye : notre ami le dictateur

En rendant visite au chef d'Etat libyen, Nicolas Sarkozy accrédite la thèse de la conversion de l'Etat-voyou en régime fréquentable, estime le politologue François Burgat, spécialiste du Maghreb. Pour pouvoir enfin vendre à la Libye ce qui ne devrait être livré qu'aux pays respectables
 
 
Le Nouvel Observateur. - Avant la décision de Nicolas Sarkozy de livrer à la Libye un réacteur nucléaire, au lendemain de la libération des infirmières et du médecin bulgares, les relations entre Paris et Tripoli avaient été, pour le moins, tourmentées. . .

François Burgat. - C'est un fait. Mais elles sont loin d'avoir toujours été mauvaises. Lorsque Kadhafi s'empare du pouvoir en septembre 1969, en déposant le roi Idris Senoussi, les premières appréciations des observateurs sont relativement favorables. Il est perçu positivement, aussi bien d'ailleurs par les Américains que par les Français. C'est un dirigeant qui, certes, met en avant l'identité arabe et pour qui la religion semble compter, mais il est surtout anticommuniste, et c'est alors le véritable critère d'appréciation.

N. O.
- Au point que Paris ne va pas hésiter à vendre des Mirage au colonel Kadhafi, et à entraîner ses pilotes...

F. Burgat. - La première grande décision de Kadhafi ne traumatise sans doute pas le général de Gaulle: il refuse de renouveler le contrat qui donnait aux Américains la gigantesque base aérienne de Wheelus Fields, dans la banlieue de Tripoli. Il s'attaque ensuite à la renégociation - remarquablement menée par le commandant Jalloud - des prix du pétrole. Mais la flambée des prix de 1973 va rendre ces hausses relatives. Kadhafi apparaît donc avant tout comme un nationaliste économique, dans la droite ligne de son maître à penser Nasser. C'est dans ce contexte que vont démarrer les négociations qui conduiront à la vente des Mirage FI, des hélicoptères Super-Frelon et Gazelle, mais aussi à la construction de la couverture radar de la Libye par des entreprises françaises, notamment Thomson.
 
 


N. O.
- Ce qui n'empêchera pas la France de lancer, quelques années plus tard, ses propres Mirage et ses Jaguar contre l'armée libyenne sur le sol tchadien...

F. Burgat. - Entre-temps, la diplomatie libyenne s'est redéployée vers le sud. Entre 1969 et 1974, Kadhafi échoue à conclure une union avec l'Egypte. Il essaie sans plus de succès de faire de même avec la Tunisie, en direction cette fois du Maghreb. Constatant que ses tentatives unionistes se heurtent à l'immobilisme des régimes arabes, il va en tirer deux conclusions.
 
1) Il élabore une théorie institutionnelle (la démocratie directe des congrès populaires) destinée à se substituer aux gouvernements afin que les masses populaires, qu'il pense être intuitivement unionistes, puissent enfin exprimer leur volonté. Il entre de ce fait en conflit avec presque tous les régimes arabes.
 
2) Il tourne alors ses ambitions interventionnistes déçues vers le Sud sahélien. Sa diplomatie, qui manie les commandos aussi bien que les crédits, le met très vite en tension avec les pays qui ont des intérêts dans cette région, et notamment, au Tchad, avec la France. En 1980, le consulat de France à Benghazi est saccagé. L'apogée de la confrontation sera atteint en 1983 avec le bombardement d'Aozou par les avions français. Les ambitions tchadiennes de Kadhafi prendront définitivement fin le 5 septembre 1987 avec une déroute militaire humiliante: les troupes tchadiennes s'enfoncent sur plusieurs centaines de kilomètres à l'intérieur du territoire libyen et détruisent la base de Matten es-Sahra.
 
 


N. O.
- Mais Kadhafi ne devient pas fréquentable pour autant...

F. Burgat. - C'est à partir de 1987 qu'il va chercher à le redevenir. La défaite au Tchad est venue parachever l'impact d'un autre revers, militaire et politique, qui va le conduire à adapter son comportement au rapport des forces sur la scène internationale. Dans la nuit du 14 au 15 avril 1986, l'aviation américaine bombarde Tripoli et Benghazi. Le raid fait suite à plusieurs incidents aériens dans le golfe de Syrte et à plusieurs attentats survenus en Europe, dont l'un contre une discothèque de Berlin-Ouest qui fait deux morts et 204 blessés. Cette opération - au cours de laquelle l'un de ses domiciles privés est détruit et sa fille adoptive tuée - est sans doute le pivot historique de l'évolution de Kadhafi. Un ennemi jusqu'alors largement mythique fait irruption dans son intimité quotidienne. Pis encore: les masses demeurent imperturbables, tout comme ses «frères arabes», qui ne protestent même pas.

Indiscutablement, c'est de ce moment que date le début de sa volonté de prendre en compte de façon réaliste les résistances qu'il rencontre aussi bien sur la scène intérieure que sur la scène diplomatique. Il prend acte à la fois de l'échec relatif de sa politique économique, d'une réelle apathie de ses concitoyens et de la dissymétrie de ses forces avec celles qu'il entend défier. Il va dès lors se réconcilier avec la plupart des capitales arabes, y compris avec l'Egypte, dont il refusait de nommer la capitale (Le Caire, Al-Qahira, la victorieuse) autrement que la «Maqhoura» (la vaincue) et son président (Moubarak, le béni) autrement que «Al-Bârik», l'agenouillé! A l'intérieur, si la perestroïka politique se limite à quelques contacts avec des opposants en exil, l'infitah économique voit l'Etat se désengager notamment du secteur du commerce. Au reste du monde, il adresse des signaux plutôt conciliants: Tripoli accueille le Paris-Dakar et aide même à la libération d'otages français au Liban. Le Kadhafi nouveau est arrivé...

N. O.
- Mais il y a aussi les attentats contre le 747 de la Panam à Lockerbie en 1988 et contre le DC-10 d'UTA au-dessus du Ténéré en 1989, qui sont imputés aux services secrets libyens. . .
F. Burgat. - Oui. Et ces attentats contredisent manifestement cette tendance. Bien sûr, on peut y voir une simple volonté de vengeance contre les deux pays qui venaient de le combattre par les armes. Mais on sait que d'autres pays - notamment l'Iran et la Syrie - pouvaient avoir non seulement les moyens mais des raisons plus crédibles encore (les Etats-Unis avaient abattu un Airbus iranien) de vouloir frapper des intérêts français et américains en laissant une signature libyenne. Des interlocuteurs français réputés très bien informés pensent ainsi jusqu'à ce jour que l'affaire UTA reste sans doute «l'un des derniers secrets de la République». Et l'énorme enquête internationale sur l'attentat de Lockerbie n'a toujours pas permis de mettre la main sur des coupables crédibles, Tripoli n'ayant accepté d'indemniser que pour faire lever l'embargo aérien infligé en 1992 par l'ONU.

N. O.
- La volonté de normalisation que Kadhafi manifeste à partir de la fin des années 1980 est-elle sincère?

F. Burgat. - Si normalisation veut dire réalisme, oui. Kadhafi est en tout état de cause très affecté par le double échec vécu au moment du raid américain. En mars 1987, donc moins d'un an après le raid américain, j'ai eu personnellement l'occasion de vérifier l'étendue du traumatisme qu'il avait subi et la dégradation de son état nerveux. Au terme d'une longue conversation, plutôt animée (je n'acceptais pas sa thèse qui réduisait les courants islamistes à «des ivrognes, des bandits et des moins-que-rien »), il a demandé à me rencontrer une seconde fois. J'ai donc reporté mon départ et, trois jours plus tard, me suis rendu à la seconde convocation. Mais il s'est vite avéré qu'il avait tout oublié de notre première entrevue et ne me reconnaissait absolument pas. Il m'a fait l'effet d'un homme sous hautes doses d'antidépresseurs. Il avait des absences de plusieurs secondes et, surtout, une sorte de discours à deux vitesses. Lorsqu'il récitait son petit Livre vert, sa «troisième théorie universelle» supposée transcender les contradictions du capitalisme comme celles du socialisme, lorsqu'il répétait ces tirades dites des milliers de fois et qui le mettent au centre d'un système symbolique dont il est le créateur, il avait des automatismes rhétoriques et une réelle faconde. Mais dès que son interlocuteur le sortait de ce petit univers et entreprenait de le confronter à d'autres logiques ou d'autres catégories que les siennes, il était singulièrement démuni.

N. O.
- A-t-il réellement cherché, par le passé, à se doter d'un armement nucléaire?

F. Burgat. - Assez vraisemblablement. Ce n'est pas un secret. Les documents aujourd'hui aux mains des Américains semblent confirmer - ce que Tripoli d'ailleurs n'a pas nié - l'existence de recherches et des embryons de technologie sans doute en provenance du Pakistan. Il paraît en tout état de cause logique qu'un homme habité par son ambition politique et qui a essayé de se doter (avec l'aide d'un ancien agent de la CIA) de toutes sortes de moyens militaires n'ait pas écarté cette option.

N. O.
- Comment s'expliquent la détention des infirmières et du médecin bulgares, et le traitement atroce qu'ils ont subi? Une preuve de fermeté, à usage interne, au moment où il assouplissait son discours à l'extérieur?

F. Burgat. - Il se peut qu'il y ait eu de cela. Souvenons-nous que Kadhafi, en 2003, redoutant de subir le même sort que Saddam Hussein, a fait un véritable hara-kiri nationaliste: non seulement il a accepté de payer de lourdes indemnités mais, bien pire pour son honneur, il a autorisé ceux qui l'avaient bombardé à venir physiquement fouiller ses casernes, emporter tout ce qu'ils souhaitaient et détruire ses missiles. Or Kadhafi a estimé n'avoir pas été rémunéré pour ses multiples concessions, ni par les Etats-Unis ni par l'Union européenne. Les Etats-Unis lui avaient notamment fait la promesse d'une sorte de «partenariat nucléaire» qui a donné lieu à un vrai malentendu. Kadhafi s'attendait également à être reçu dans les capitales européennes, mais hormis à Bruxelles il n'a été reçu nulle part.
Dans ce contexte, il se pourrait que le dossier des infirmières ait constitué, si j'ose dire, l'arme du pauvre, une sorte d'« os nationaliste» à offrir à ses partisans, une manière de signifier qu'il n'avait pas complètement perdu sa capacité à défier la communauté internationale. Ce dernier refus lui aurait permis de dire, aussi bien à l'intérieur que sur la scène internationale: «J'ai conservé une capacité d'opposition, un pouvoir de nuisance; vous voyez, je m'appelle toujours Kadhafi».

N. O.
- Quel est le rôle réel de la Fondation Kadhafi, dirigée par le fils du colonel, Saïf el-Islam? Donner a la Libye un outil d'action humanitaire pour améliorer son image internationale ou fournir au dauphin présumé une rampe de lancement?

F. Burgat. - Je dirais que c'est une combinaison des deux. La question de la succession est posée. Il est très vraisemblable que Saïf el- Islam, comme Jamel Moubarak, est en train d'être mis sur orbite par son père. Au Forum économique mondial, la Libye est régulièrement représentée par Saïf el-Islam et l'Egypte par Moubarak fils. J'ajouterais que le fait de disposer de cette sorte d'ONG permet à la Libye d'agir sur des terrains où la diplomatie officielle ne pourrait pas se permettre de perdre la face. C'est en tout cas ainsi que les choses ont fonctionné. Je ne crois pas du tout à l'autonomie politique du fils par rapport au père.

N. O.
- Dans quel état est l'industrie pétrolière libyenne?

F. Burgat. - Elle a souffert de l'embargo. Aujourd'hui encore, elle n'a pas retrouvé le niveau de production d'avant 1992. L'une des premières mesures adoptées depuis 2005 a été le lancement d'appels d'offres à des compagnies étrangères. Elles sont aujourd'hui une quarantaine à avoir obtenu des droits de prospection. Et les échos des premières recherches rendent les pétroliers euphoriques: la Libye va être encore plus riche dans les années à venir.

N. O.
- Ce que Nicolas Sarkozy n'ignorait sans doute pas...

F. Burgat. - Ce qui me paraît clair, c'est qu'il a joué deux cartes à la fois dans cette opération. Le premier acquis relève de ce que ses opposants appelleront «le coup d'éclat permanent»: il sauve des femmes victimes d'un tyran arabe. Le second est diplomatique et économique: il s'agissait, en même temps, de redonner à Kadhafi le minimum de respectabilité suffisant pour permettre de lui vendre toutes ces «choses» qu'on ne peut décemment vendre qu'aux gens bien...

Politologue, arabisant, François Burgat est directeur de recherche à l'Institut de Recherches et d'Etudes sur le Monde arabe et musulman du CNRS. Il a publié en 2005 «l'Islamisme à l'heure d'Al-Qaida» (La Découverte) et en 2003, avec André Laronde, «la Libye» (PUF).
 
René Backmann
Le Nouvel Observateur
 
(Source: Le Nouvel Observateur  SEMAINE DU JEUDI 02 Août 2007)

 


 

Le fils du colonel Kadhafi détaille un contrat d'armement entre Paris et Tripoli

 

Natalie Nougayrède
Une semaine après la libération des infirmières et du médecin bulgares retenus en Libye depuis 1999, l'un des acteurs-clefs de ce dénouement, le fils du numéro un libyen, Saïf Al-Islam Kadhafi, évoque, dans un entretien au Monde, certains dessous de cette affaire.
Ces éléments recouvrent deux aspects que les officiels français et européens ont préféré passer sous silence dans leurs descriptions publiques des tractations avec Tripoli : d'une part, les détails d'un accord prévoyant d'importantes fournitures d'armements par la France à la Libye ; d'autre part, le rôle joué, dans la résolution du cas des infirmières, par une décision de justice au Royaume-Uni concernant le sort d'un ancien agent libyen emprisonné depuis 2001 à Glasgow, en Ecosse, pour sa responsabilité dans l'attentat de Lockerbie en 1988 (270 morts).
Ce Libyen, Abdel Basset Ali Al-Megrahi, a été autorisé par une commission judiciaire écossaise, le 28 juin, à faire appel, pour la deuxième fois, de sa condamnation à la prison à vie. La décision a pesé pour beaucoup dans l'issue du drame des infirmières. Elle est intervenue moins d'un mois après une visite à Tripoli de Tony Blair, qui effectuait là l'un de ses derniers voyages à l'étranger avant de quitter le 10-Downing Street.
Le fils du colonel Kadhafi affirme qu'il a bon espoir qu'Ali Al-Megrahi sera renvoyé prochainement en Libye. "Nous allons bientôt avoir un accord d'extradition avec le Royaume-Uni", dit-il "Nos gens, ajoute-t-il, en parlant d'officiels libyens, étaient à Londres il y a un mois environ", pour en discuter.
"Oui", répond-il lorsqu'on l'interroge sur les rapports existant entre l'affaire Al-Megrahi et celle des infirmières, "nous avons établi un lien. Nous avons aussi accepté que le dossier soit traité au niveau bilatéral, entre la Libye et le Royaume-Uni, alors qu'on demandait auparavant que cela fasse partie des discussions au niveau européen".
Quant aux accords d'armement et de défense qui ont fait l'objet de discussions entre Paris et Tripoli, il semble y accorder un intérêt beaucoup plus vif qu'à la question de la fourniture par la France d'une centrale nucléaire à la Libye. Pareille centrale "n'est pas essentielle pour la Libye", glisse Saïf Al-Islam Kadhafi d'un air détaché. "Nous avons des hydrocarbures… La décision de se doter d'une centrale nucléaire nous permettrait d'exporter de l'électricité… vers l'Italie notamment" ajoute-t-il, sans s'attarder sur les possibilités de désalinisation d'eau de mer, pourtant beaucoup évoquées à Paris.
Le cœur du sujet, entre Paris et Tripoli, est donc l'affaire militaire. En quoi consiste-t-elle? "D'abord, l'accord recouvre des exercices militaires conjoints, bien sûr. Puis, nous allons acheter à la France des missiles antichar Milan, à hauteur de 100 millions d'euros je pense. Ensuite, il y a un projet de manufacture d'armes, pour l'entretien et la production d'équipements militaires. Vous savez que c'est le premier accord de fournitures d'armes par un pays occidental à la Libye ?", se réjouit-il.
En 2004, l'embargo européen sur les ventes d'armements à la Libye a été levé, après les règlements intervenus avec Tripoli à propos des dédommagements des victimes des attentats de Lockerbie et de l'avion d'UTA (1989, 170 morts). La Libye avait aussi renoncé à son programme d'armes de destruction massive, à la suite de longues tractations avec Londres et Washington. "Malheureusement, depuis 2004, un embargo non dit persistait contre mon pays", commente Saïf Al-Islam. "Les Allemands, surtout, étaient réticents pour des ventes d'armes. Mais avec les Français, nous avons été en négociations depuis longtemps. Nous avons demandé à Sarkozy d'accélérer les choses. Maintenant que le cas des infirmières est réglé, c'est une occasion en or qui survient." Il ajoute avec une visible satisfaction : "des représentants de Thalès et de Sagem sont en Libye en ce moment même". Le fils du colonel Kadhafi indique que son père devrait se rendre en France pour signer les contrats en question. Il précise en outre que des garanties de défense ont été évoquées, selon lesquelles la France se porterait au secours de la Libye au cas où sa sécurité nationale serait menacée. Les Libyens en ont en tout cas demandé autant. "Mais je ne sais pas si cet article a été maintenu dans le document" par les négociateurs, dit-il encore.
Le fils du "Guide" s'exprime ainsi, en ce mardi 31 juillet, assis dans un hôtel de luxe de Nice, entouré d'une escouade de gardes du corps et de conseillers en relations publiques. Agé de trente-cinq ans, crâne rasé et sourire charmeur, il est vêtu d'une veste noire sur un pantalon blanc étincelant, assortis de tennis tout aussi blanches. L'entretien, en anglais, s'est déroulé à sa demande, car il souhaite "clarifier quelques points". Au titre de dirigeant de la Fondation Kadhafi qui a négocié les dédommagements aux familles d'enfants libyens malades du sida, Saïf Al-Islam veut en effet déclarer formellement qu'"aucun argent libyen" n'a été versé à ces familles.
D'où viennent donc les plus de 400 millions de dollars? "Ce que je peux dire, c'est que les Français ont arrangé le coup. Les Français ont trouvé l'argent pour les familles. Mais je ne sais pas où ils l'ont trouvé". Par le Qatar? "Nous n'avons pas posé de questions. Nous ne voulons pas embarrasser nos amis." Pour Saïf Al-Islam, qui dit avec une grande tranquillité qu'il n'a pas cru en la culpabilité des infirmières bulgares ("elles ont malheureusement servi de boucs émissaires"), et que par ailleurs les récits de tortures qu'elles ont subies en prison sont "exagérés, de la fiction, à 100%", la Libye a obtenu dans cette affaire "un bon deal". "C'était une histoire compliquée. Une grande pagaille. Avec beaucoup de joueurs. Il a fallu satisfaire tous les joueurs."

Architecte et diplomate
25 juin 1972 : naissance à Tripoli de Saïf Al-Islam Kadhafi, fils aîné de la deuxième épouse du dirigeant libyen.
1995 : diplôme d'architecte à Tripoli.
1997 : création de la Fondation Kadhafi, une association caritative qui mène une véritable diplomatie parallèle.
2000 : diplôme de l'International Business School de Vienne. Il se lie d'amitié avec le leader populiste Jörg Haider.
Août 2000 : la Fondation négocie la libération des six otages occidentaux retenus par le groupe Abou Sayyaf aux Philippines. La Libye verse une rançon de 25 millions de dollars.
Août 2003 : accord d'indemnisation des victimes de l'attentat de Lockerbie (1988), négocié par la Fondation Kadhafi tout comme celui de janvier 2004 avec les victimes du DC-10 d'UTA (1989). Attentats commandités par la Libye.
(Source : « Le Monde » (Quotidien – France), le 1er Août 2007)
 

 


 

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