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24avril04

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في كل يوم، نساهم بجهدنا في تقديم إعلام أفضل وأرقى عن بلدنا، تونس

Un effort quotidien pour une information de qualité sur notre pays, la Tunisie.

Everyday, we contribute to a better information about our country, Tunisia

TUNISNEWS
  4 ème année, N° 1435 du 24.04.2004
 archives : www.tunisnews.net

توضيح من مجلة "أقلام أون لاين"
سميرة الصدفي: لماذا انتشرت ظاهرة الانتحار في المجتمع التونسي؟
عبدالحميد العدّاسي: دمشـق
صلاح الدين الجورشي: هل يتمكن بوتفليقة من تحقيق المصالحة الوطنية؟
الطاهر الأسود: العراق - حفل عشاء المحافظين الجدد
د. الضاوي خوالدية: الديمقراطية لا تصدّر ولا تورّد
هادي يحمد: هنتنجتون: المسلمون يقاسموننا إدارة العالم
Nouvelles de Tunisie: Le Chef de l'Etat préside la Journée nationale des associations
Decepticus: La charrue avant les bœufs
Réalités: Ahmed Ben Salah sort de son silence - L’homme fort des années soixante s’explique
AFP: L'Allemagne étudie comment incarcérer des islamistes "par sécurité"
AFP: L'imam de Brest expulsé vers l'Algérie affirme n'avoir "rien à se reprocher"
Libération: Clamart veut un islam local républicain
Libération: L'imam, ce méchant
Le Point: Islam et Occident - 14 siècles d'hostilité
Le Monde: Les retraités migrateurs

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FLASH INFOS
 
 
Marche de solidarité avec les peuples palestinien et irakien à Tunis

23/04/2004-- Une marche de solidarité avec les peuples palestinien et irakien a eu lieu, vendredi après-midi à Tunis, à l'appel de nombre de partis politiques et d'associations, dont en particulier le Parti démocratique progressiste (Pdp), l'Alliance (Sic !) démocratique pour le travail et les libertés (Adtl) et le Mouvement ettajdid.
Partis de la Place du 7 novembre pour parcourir l'avenue Mohammed V et l'avenue Kheireddine Pacha, à Tunis, les participants à la marche, banderoles au poing, ont scandé des slogans de solidarité avec les peuples palestinien et irakien.

(Source : www.infotunisie.com (officiel), le 23 avril 2004)

Tunis : Marche de solidarité avec les peuples irakien et palestinien

Une marche de soutien aux peuples palestinien et irakien a été organisée hier après-midi à l'appel de partis de l'opposition, d'organisations et d'associations en l'occurrence le Parti Démocratique Progressiste (PDP), le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL), Ettajdid, le Conseil de l'Ordre des avocats, la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l'Homme, (LTDH), l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates et l'Union Générale des Etudiants Tunisiens (UGET).
 
Partie à 16 heures de la Place 7 Novembre, la marche groupant près de 1.500 citoyens, a traversé l'Avenue Mohamed V jusqu'au croisement de l'Avenue Khereddine Pacha où elle a pris fin vers 17 heures dans le calme.
Des slogans et des banderoles ont été entendus et lus au cours de cette marche appelant à la solidarité avec les peuples palestinien et irakien qui subissent les pires injustices par les Israéliens et les forces coalisées.

(Source : le portail Babelweb d’après L du 24 avril 2004)

Vers le renforcement de la coopération tuniso-irakienne dans le secteur du transport
24/04/2004-- Le développement des échanges commerciaux entre la Tunisie et l'Irak ont fait l'objet, d'un entretien qui a eu lieu à Tunis, entre le Pdg du Centre de promotion des exportations (Cepex) et une délégation du ministère irakien du Transport, actuellement en visite de travail en Tunisie.

irakien du Transport, actuellement en visite de travail en Tunisie.

L'accent a été mis sur l'excellent niveau des relations tuniso-irakiennes et sur la volonté des deux parties de les renforcer et de les impulser dans tous les domaines.

Cette visite a permis à la délégation irakienne de prendre connaissance des opportunités qu'offrent les entreprises de transport tunisiennes et des possibilités de coopération entre
les deux pays en la matière.

(Source : www.infotunisie.com (officiel), le 24 avril 2004)
 
Concours national en langue espagnole : 3ème édition
Le ministère de l'Education et de la Formation, en collaboration avec l'ambassade d'Espagne à Tunis, organise la 3ème édition du concours national en langue espagnole, à l'intention des élèves du baccalauréat. Plusieurs prix dont des stages de perfectionnement en Espagne sont prévus pour récompenser les lauréats. Le concours aura lieu, demain dimanche, au lycée-pilote de l'Ariana à partir de 8h30.

(Source : le portail Babelweb d’après Le Quotidien du 24 avril 2004)

Des vaisseaux de la Force navale de l'OTAN à La Goulette
Quatre vaisseaux de la Force Navale Permanente de la Méditerranée de l'OTAN (STANAVFORMED) accosteront au port de Tunis du 29 avril au 3 mai 2004. Le commandant des Forces Navales Alliées du Sud de l'Europe, l’Amiral Ferdinando Sanfelice di Monteforte de la flotte italienne, visitera la Force Navale à Tunis et s'entretiendra avec des responsables tunisiens. Le commandant de la Force Navale, le Contre Amiral Hans-Jochen Witthauer de la flotte allemande, prendra également contact avec des responsables politiques et militaires tunisiens. Des réunions d'information et des visites à bord des vaisseaux ont été prévues pour les responsables tunisiens et le personnel diplomatique ainsi que pour les officiers de la marine tunisienne, les attachés militaires accrédités en Tunisie, les personnels d'ambassades ainsi que les écoles locales. Un programme culturel permettra aux équipages de visiter certaines attractions touristiques de la ville de Tunis ainsi que des régions avoisinantes. Par ailleurs, une conférence de presse et une visite des médias auront lieu à bord du vaisseau amiral FGS Bayern à 8h30 le 29 avril 2004.

(Source : le portail Babelweb d’après Le Temps du 24 avril 2004)

Tunisie-France : Révision à la hausse des pensions des anciens combattants
Les retraites, les pensions de retraite et d'invalidité des militaires tunisiens ayant combattu aux côtés de la France, ont été majorées à raison de plus de 100%. Au cours d'une conférence de presse, tenue hier, M. Philippe Pagès, directeur du service des anciens combattants, a présenté les dernières mesures décidées à cet effet. Ces pensions concernent près de 8.500 anciens combattants et retraités et près de 2.000 veuves. Les différentes barrières juridiques ont été abolies, dit M. Pages. «Désormais», précise-t-il, «les pensions seront ajustées régulièrement selon le coût de la vie. Elles sont calculées dans chaque pays en tenant compte du pouvoir d'achat des citoyens». En d'autres termes, «un titulaire d'une pension militaire de retraite au grade de soldat percevant en moyenne une pension mensuelle de 100 dinars, touchera désormais 220 dinars. Il percevra un rappel de 6.600 dinars (110 dt x 60 mois)». Un autre exemple : un titulaire d'une pension militaire d'invalidité au taux de 100% qui percevait une pension mensuelle de 780 dinars, touchera désormais 1.700 dinars par mois. Le montant du rappel s'élèvera à 55.200 dinars. L’augmentation est donc substantielle et entrera en vigueur avec un effet rétrospectif à partir du 1er janvier 1999.

(Source : le portail Babelweb d’après Le Quotidien du 24 avril 2004)

Tunis-A partir de demain : Ouverture de nouveaux marchés hebdomadaires
De nouveaux marchés hebdomadaires destinés aux marchands itinérants ouvriront tous les dimanches, à partir du 25 avril 2004, dans la capitale, de 8 heures du matin jusqu’à 14 heures de l’après-midi, annonce un communiqué publié, hier, par la municipalité de Tunis. Destinés à lutter contre le phénomènes des étalages anarchiques, ces marchés, dotés de toutes les commodités, auront lieu :
- Au parking de Mohamed V avec une capacité de 402 places,
- Place du leader avec une capacité de 267 places,
- Au parking du boulevard 9 avril (à proximité de l’ex-maison du RCD) avec une capacité de 122 places.
Ces marchés seront ouverts aux marchands de divers produits à l’exception des produits alimentaires et agricoles, moyennant une taxe d’installation d’un dinar.

(Source : le portail Babelweb d’après Le Renouveau du 24 avril 2004)

Vient de paraître : Le 72ème numéro de la revue «El Fellah»
Le 72ème numéro de la revue «El Fellah» (L’agriculteur) vient d'être publié. Plusieurs dossiers se rapportant aux ressources naturelles de la Tunisie dont le poisson sont inclus dans ce numéro. Une importante étude est également publiée dans cette revue et concerne la lutte contre le déferlement des eaux dans la région du Séjoumi.

(Source : le portail Babelweb d’après Le Quotidien du 23 avril 2004)

La nouvelle aérogare Djerba-Zarzis opérationnelle dès l’été prochain
Les travaux d’extension de l’aéroport Djerba-Zarzis seront bientôt achevés et la nouvelle aérogare sera mise en service dès cet été, ce qui est de nature à améliorer les prestations et à contribuer à la réussite de la saison touristique. Le nouvel aéroport dont le coût de réalisation s’élève à 73 millions de dinars se compose d’un rez-de-chaussée, d’un étage comportant l’aire d’arrivée avec notamment 18 bureaux de contrôle de police et douane, la salle de remise des bagages et le hall d’arrivée. L’aire de départ comporte notamment la salle d’embarquement et la salle d’enregistrement avec 36 bureaux d’enregistrement.

(Source : le portail Babelweb d’après La Presse du 24 avril 2004)

Prix littéraires Comar d'or : Le palmarès
La cérémonie de remise des prix littéraires Comar d'or a eu lieu, comme annoncé, hier vendredi 23 avril au Théâtre Municipal sous le patronage de M. Abdelbaki Hermassi, Ministre de la Culture en présence de nombreux invités. Prix Comar pour les romans en français :
- L’Emir et les croisés, de Alia Mabrouk (Comar d'or) - Hashtart - A la naissance de Carthage, de Sophie El Goulli (Prix spécial du Jury) - Perditions, de Salah El Gharbi (Prix du 1er roman) - Le retour de l'éléphant, de Abdelaziz Belkhodja (Prix de la découverte).
Prix Comar pour les romans en arabe :
- Les oeillets ne poussent pas dans le Sahara, de Hédi Thabet (Comar d'or) - Nawaret Della, de H’souna Mosbahi (Prix spécial du jury) - Les sentiers de la fuite, de Hafidha Karabibène (Prix du 1er roman).

(Source : le portail Babelweb d’après Le Temps du 24 avril 2004)

A El Teatro : Représentation de la pièce Entre le Nord et le Sud, de Zied Touati
Et qui ne connaît pas «Saison de migration vers le Nord ?», ce célèbre ouvrage de Tayeb Salah. Roman marquant de la littérature arabe contemporaine, cette oeuvre a bouleversé l'esprit créateur de Zied Touati qui a choisi de la mettre sur les planches. «A mi-chemin... entre le Nord et le Sud» est le titre de cette pièce qui met en exergue cette souffrance et cette déchirure entre le passé et le présent, entre le départ et le retour de l'héros de Tayeb Salah, Mustapha Saïd. C'est cette ambiance et cette atmosphère psychologique que Zied Touati essaye de transmettre.

(Source : le portail Babelweb d’après Le Quotidien du 23 avril 2004)
مسيرة بالعاصمة تضامنا مع الشعبين الفلسطيني والعراقي

(وات) انتظمت عشية اليوم بتونس العاصمة مسيرة تضامنية مع الشعبين الفلسطيني والعراقي دعت إليها بالخصوص عدد من الأحزاب والجمعيات منها الحزب الديمقراطي التقدمي والتكتل الديمقراطي من أجل العمل والحريات وحركة التجديد.
ورفع المشاركون في هذه المسيرة التي انطلقت من ساحة 7 نوفمبر مرورا بشارع محمد الخامس ووصولا الى شارع خير الدين باشا بالعاصمة لافتات ورددوا شعارات تضامن مع الشعبين الفلسطيني والعراقي.

(المصدر: موقع أخبار تونس الرسمي بتاريخ 23 أفريل 2004)

بعثة دينية للجالية التونسية بالخارج

بمناسبة الاحتفال بالمولد النبوي الشريف اشرف السيد جلول الجريبي وزير الشؤون الدينية على لقاء جمعه بثلة من الأساتذة ممن سيتولون إلقاء الدروس التي تنظمها وزارة الشؤون الدينية لفائدة الجالية التونسية بأوروبا.

وأكد الوزير بأن هذه المهمة تندرج في اطار العناية الخاصة التي يوليها الرئيس زين العابدين بن علي للجالية التونسية بالخارج والحرص الشخصي لسيادته على ان يحتفل المواطن التونسي أينما كان بالمناسبات الدينية التي تعتبر فرصة لمزيد تحسيسهم بانتمائهم الى تونس باعتبارهم جزء لا يتجزأ من الشعب التونسي وباعتبار مشاركتهم الفعالة في المسيرة التنموية للبلاد

وبعد ان ذكر بقرار رئيس الدولة بالتمديد في نشاط هؤلاء الأساتذة الموفدين للخارج في هذه المناسبات الدينية لإتاحة الفرصة لهم للالتقاء بأكبر عدد ممكن من التونسيين دعا السيد جلول الجريبي الى العمل من اجل مزيد تجذير مقومات الهوية التونسية وتكريس قيم التضامن والحوار لدى الجالية التونسية في الخارج حتى تتأقلم مع مجتمعات غير مجتمعها الأصلي.

(المصدر: موقع أخبار تونس الرسمي بتاريخ 24 أفريل 2004)

Enseignement supérieur
43.000 diplômés de l’université par an en moyenne

• Les filières de l’informatique et des télécommunications largement en tête au niveau du choix

M. Sadok Chaâbane, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie, a présidé jeudi à la Maison du RCD à Tunis un débat sur «L’enseignement supérieur et les enjeux d’avenir» en présence de nombre de cadres du RCD, d’universitaires, de patrons d’entreprises et d’étudiants.

Le ministre a passé en revue les réalisations accomplies dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, soulignant le souci de l’Etat de développer l’esprit d’initiative chez les diplômés des universités et de miser sur les filières prometteuses pour édifier une économie nouvelle fondée sur la compétence et l’innovation.

Il a, dans ce contexte, insisté sur la nécessité d’augmenter le rythme de création des institutions privées dans les secteurs innovants comme la recherche scientifique et l’innovation technologique, évoquant le rôle des pôles technologiques dans la réalisation d’une osmose entre l’enseignement, la recherche scientifique et l’industrie.
Le ministre a fait remarquer que les filières de l’informatique et des télécommunications polarisent actuellement 30.000 étudiants, alors que 9.097 étudiants sont inscrits aux les sections arts et métiers et 4.672 dans les sciences humaines appliquées.

Le nombre d’étudiants est de 300.000. Celui des diplômés des universités est de 43.000 par an, soit les deux tiers des demandeurs d’emploi parmi les jeunes Tunisiens, a indiqué M. Chaâbane.

Le débat a porté sur les moyens de développer l’enseignement supérieur et son intégration dans le circuit économique. Il a concerné aussi d’autres questions dont la nécessité de dynamiser le rôle de l’université virtuelle, l’auto-apprentissage, l’interaction entre les disciplines littéraires et scientifiques et le recours aux compétences tunisiennes qui résident à l’étranger.

(Source: www.lapresse.tn du 24 avril 2004)


Vente de zgougou
Précisions du ministère de la Santé publique

Le ministre de la Santé publique nous a fait parvenir hier les précisions suivantes :
Suite à la parution d’un courrier intitulé «Alerte aux mycotoxines dans le sorgho et le zgougou» dans notre livraison datée du 22.04.2004, le ministère de la Santé publique apporte les précisions suivantes
Dans le cadre de la prévention des maladies d’origine alimentaire, le ministère de la Santé publique (la direction de l’hygiène du milieu et de la protection de l’environnement et les services régionaux d’hygiène du milieu et d’assainissement) assure le contrôle sanitaire de toutes les denrées alimentaires à la faveur d’un plan d’action annuel.
Le contrôle est renforcé à l’occasion des fêtes où certains produits alimentaires font l’objet d’une demande considérable. Parmi ces produits, figure le zgougou (pin d’Alep) soumis à un programme spécifique de contrôle sanitaire lors de la fête du Mouled de chaque année.
Le contrôle consiste à vérifier les conditions d’hygiène au niveau des locaux de stockage, de transformation et de vente, ainsi que la qualité du produit à travers des prélèvements d’échantillons pour les analyses de laboratoires, particulièrement la recherche de l’aflatoxine.
En effet, plusieurs prélèvements ont été effectués récemment pour analyse au Laboratoire central d’analyses et d’essai. Les résultats obtenus ont montré la conformité de ladite denrée à la norme en vigueur.
Cela dit, et en cas de non-conformité, les contrôleurs sanitaires n’hésitent jamais à procéder, comme cela s’est déjà produit par le passé, à la saisie et à la destruction des lots impropres à la consommation, et ce, conformément à la loi n°92-117 relative à la protection du consommateur.
D’autre part, le ministère de la Santé publique encourage l’introduction au sein des industries agroalimentaires du système Haccp (Hazard Analis-Critical Control Point) qui représente une approche de l’assurance de la salubrité des produits alimentaires en favorisant le contrôle et la détection des dangers au niveau des étapes du process plutôt que le contrôle des produits finis.
Enfin, il y a lieu de rappeler que le ministère de la Santé publique assure les activités de contrôle sanitaire en étroite collaboration avec les autres intervenants, la coordination entre les différentes structures étant assurée par l’Agence nationale du contrôle sanitaire et environnemental des produits (Ancsep).

(Source: www.lapresse.tn du 24 avril 2004)
 
بسم الله الرحمن الرحيم
 
توضيح من مجلة "أقلام أون لاين"
 

لندن في 23 أبريل 2004
 
نشر السيد أحمد العربي العكرمي، على صفحات "تونس نيوز" الغراء، أكثر من رد، على مقال الأستاذ علي بن سعيد، الذي نشر منه جزءان، على التوالي، في العددين التاسع والعاشر من مجلة "أقلام أون لاين". وقد اعتبر السيد العكرمي مقال ابن سعيد سياسة هجومية، وحملة شعواء، من مجلة "أقلام"، على التيار القومي والعروبي، وأن حركة النهضة تقف وراء هذه الهجمة.
 
وتود مجلة "أقلام أون لاين"، في هذا المقام، توضيح ما يلي:

1) المجلة منبر حواري هادئ، يسعى إلى توفير مساحة للتعبير عن الرأي الحر والرصين والعميق، إلى جانب المنابر الإعلامية الحرة الأخرى. والمجلة لا تستهدف تيارا بعينه، ولم تندب نفسها لشن هجوم أو حملات على أي جهة، مهما كانت. وهي تنشر مقالات للكتاب من كل التيارات، وتنشر الردود عليها. والمجلة لا تعتبر نشر مقال أو أكثر حملة على أي تيار من التيارات.
2) إن مجلة "أقلام"، كما تعرف نفسها، "مجلة فكرية سياسية، تعنى بشؤون المغرب الكبير"، ولا تتبنى موقفا فكريا ولا عقائديا أو سياسيا مسبقا، تحدد على أساسه نوعية أو مضمون المقالات، التي تنشر على صفحاتها، بل هي مجلة مفتوحة لجميع الآراء والكتاب، مهما كانت اختلافاتهم السياسية والفكرية، ما راعوا في ذلك آلية معقولة في التحليل، تتجنب التجريح والتشخيص.
3) إن مجلة "أقلام" مجلة مستقلة، لا تعود في قراراتها إلى أي كيان خارج أسرة تحريرها. ولذلك فإن انتماء عدد من أعضاء أسرة تحرير المجلة إلى أي هيئة سياسية أو حزبية، لا يعني أنهم يعودون في سياسات المجلة وبرامجها إلى تلك الهيئة.
4) إن ما يكتب في المجلة من مقالات، وما يعبر عنه من آراء، لا يلزم إلا أصحابه، وهو لا يعبر عن رأي المجلة، حتى وإن كان كاتب المقال من هيئة تحريرها. وتحرص المجلة على أن تكون منتدى حيويا للنقاش وتبادل الآراء والأفكار، وإثراء الساحة الفكرية بالحوارات والنقاش والأفكار الجديدة، ولا ترى في الاختلاف والتباين، بين أعضاء أسرة تحريرها، أو بين كتابها، أمرا مقلقا تسعى إلى تجنبه، بل هي ترحب بذلك، ما تقيد بشروط الحوار وآدابه.
وتهتبل أسرة تحرير مجلة "أقلام" هذه الفرصة لدعوة الأخ العكرمي وسواه من الكتاب، من مختلف التيارات الفكرية والسياسية، إلى المشاركة في المجلة، بكتابة مقالات، أو الرد على أخرى. وتناشد الجميع عدم التحسس من نشر مقال أو أكثر، مهما اختلفوا معه، ورد الحجة بالحجة، ومقارعة البرهان بالبرهان، فالتيارات الفكرية والسياسة لا تقوى ولا تضعف بمقال أو دراسة، فضلا عن أن تستأصل من الوجود.
 
والسلام عليكم ورحمة الله وبركاته
 
نور الدين العويديدي
 
رئيس تحرير مجلة "أقلام أون لاين"
رئيس اللجنة التنفيذية لمنظمة "قولد مركوري" الدولية لدى استقباله من قبل الرئيس بن علي :
"اني أدعو الى زيارة تونس للوقوف على صورتها الحقيقية وتجربتها الديمقراطية التي تمارس بصورة فعلية"

استقبل الرئيس زين العابدين بن علي السيد ادواردو دي سانتيس رئيس اللجنة التنفيذية لمنظمة "قولد مركوري " الدولية الذي أدلى عقب اللقاء بالتصريح التالي : "حظيت بلقاء سيادة الرئيس وأنا متأثر جدا بهذا اللقاء الذي مكنني من ان ألمس عن قرب خصال الرئيس زين العابدين بن علي وما يتميز به من حس إنساني عميق لقد التقيت في حياتي عديد رؤساء الدول غير ان لقائي بالرئيس زين العابدين بن علي كان له في نفسي وقع خاص فهو خير من يمثل تونس اليوم التي جعل منها بلدا عصريا متطورا".

وأضاف يقول "لقد قمت قبل تسليم سيادة الرئيس جائزة "السلم والتعاون والتضامن" لسنة 2004 بزيارات الى عديد القرى الصغيرة بتونس التي كنت قد زرتها منذ عديد السنوات ولمست عن كثب التغيير الكبير الذي حصل في نوعية حياة المواطنين وان تونس هي نتاج تاريخ وحضارة عريقة من أميلكار وحنبعل الى بورقيبة وزين العابدين بن علي الذي نجح في التحول بتونس الى عصر التطور وأمن لها مقومات مستقبل كبير وواعد".

وختم رئيس اللجنة التنفيذية لمنظمة "قولد مركوري" الدولية قائلا "اني أدعو الى زيارة تونس للوقوف على صورتها الحقيقية وتجربتها الديمقراطية التي تمارس بصورة فعلية وما بلغته من تقدم بفضل ما تتسم به سياسة الرئيس زين العابدين بن علي من واقعية ووضوح".

وقد التقى سيادة الرئيس بالمناسبة بأعضاء المكتب التنفيذي لمنظمة "قولد ماركوري" الدولي.

(المصدر: موقع أخبار تونس الرسمي بتاريخ 24 أفريل 2004)
Le Chef de l'Etat préside la Journée nationale des associations :

"La construction de la société de l'information, de la connaissance et de la communication représente, pour nous, un pari essentiel que nous nous devons de gagner"

Le Président Zine El Abidine Ben Ali a présidé une cérémonie marquant la célébration de la Journée nationale des associations, à laquelle assistait Mme Leila
Ben Ali, épouse du Président de la République, qui s'occupe de l'activité associative et humanitaire et préside l'Association de promotion de l'emploi des handicapés.
Le Chef de l'Etat a, dans l'allocution qu'il a prononcée, à cette occasion, souligné que la construction de la société de l'information, de la connaissance et de la communication représente un pari essentiel qu'il faut gagner impérativement. Il a exprimé l'espoir que le tissu associatif et l'ensemble des composantes de la société civile sauront persévérer dans la consolidation des réalisations et acquis accomplis par la Tunisie dans ce domaine.

Le Chef de l'Etat a rappelé que le projet de réforme de l'ère nouvelle a accordé une place privilégiée à la sociéte civile et en a fait un support essentiel du processus d'édification de la démocratie et de consécration de ses principes dans les textes, comme dans la pratique, partant du principe que le développement intégral ne peut atteindre ses objectifs tant que les divers efforts nationaux ne se seront pas conjugués pour développer la culture du volontariat, de la participation et de l'apport novateur. Il s'agit aussi d'enraciner l'esprit de cohésion, d'entraîde et de solidarité, afin de pouvoir s'inscrire, avec compétence et une perception élevée des enjeux, dans le courant de la modernité, du progrès et de la prospérité.

Le Président Ben Ali a, en outre, évoqué la révolution scientifique sans précédent que connaît le monde dans le secteur de l'information, de la connaissance et de l'intelligence virtuelle, révolution qui s'accompagne de mutations profondes dans le système des valeurs et des relations sociales, culturelles et économiques.

Le Chef de l'Etat a, à cet égard, passé en revue les multiples initiatives et réformes profondes qu'il a mises en oeuvre pour diffuser la culture numérique à la plus large échelle.
Il a indiqué que l'initiative prise par la Tunisie en 1998 d'appeler à la tenue d'un Sommet mondial sur la société de l'information que Tunis abritera, l'année prochaine, la deuxième phase, s'inscrit dans le cadre du souci de renforcer les liens de solidarité et les domaines de coopération entre les nations, en vue d'assurer les conditions d'un développement mondial équitable et équilibré, qui puisse réduire les écarts et les disparités existant actuellement.

Le Président de la République a exprimé sa satisfaction quant à la participation de la société civile tunisienne à la première étape de ce sommet, et au rôle qu'elle a joué dans l'enrichissement du dialogue au sujet des problèmes posés.

Il a exhorté celle-ci à élargir sa participation future et à renforcer les domaines de coopération et de coordination avec les différentes composantes de la société civile internationale, et tout particulièrement à l'échelle régionale, afin de témoigner du degré de prise de conscience qu'ont les Tunisiens des mutations de plus en plus rapides de leur époque et à contribuer, de manière active, à la diffusion d'un développement équitable et solidaire dans les différentes régions du monde.

Texte intégral de l'allocution.
Idées forces de l'allocution

(Source : www.infotunisie.com (officiel), le 23 avril 2004)

A l'occasion de la célébration de la Journée nationale des associations, je met entre vos mais cette reflection ecrite par Decepticus le 25 janvier 2004
 
karim
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La charrue avant les bœufs
 

Par : Decepticus
 
"Le seul idéal que puisse se proposer la raison humaine est d’améliorer ce qui existe, or c’est de la réalité seule qu’on peut apprendre les améliorations qu’elle réclame" Durkheim  Rien ne se profile à l’horizon ! Pas l’ombre d’un espoir quand à un changement prochain ; à la tête de l’état, peut-être, avec le temps ; dans le système,
même pas dans mes rêves les plus fous.
Que faire alors ? Se la boucler ? Laisser faire, laisser aller ? Attendre et espérer ? Certainement non !

L’opposition classique se cherche encore et n’est pas près de se retrouver. Je n’en fais pas partie et je ne m’arroge ainsi pas le droit de la critiquer puisque n’ayant rien à lui proposer : la politique n’est pas mon fort.

Il y a un concept à la mode ces dernières années, partout dans le monde, si bien que l’état même, en place en Tunisie, s’appuie dessus pour asseoir et son pouvoir et sa propagande : c’est la société civile.

A la définir, on se retrouve avec des associations et des mouvements sociaux extrêmement divers mais qui ne relèvent aucunement de l’état. Les diverses O.N.G., syndicats, associations culturelles, clubs sportifs etc. en font partie.
En Tunisie, ce n’est pas le cadre légal qui fait défaut. Des milliers d’associations existent. Certaines ne sont formées que de quelques membres, quelques dizaines tout au plus. D’autres, par contre, en englobent des milliers, comme les syndicats. Le pouvoir ne cesse de se targuer d’en avoir en si grand nombre et qui chantent ses louanges.
Non, je ne compte pas sur la société civile pour instaurer un état démocratique. Non, pas dans l’immédiat. Je ne crois pas, au risque de déplaire, à un changement qui viendrait de la rue, d’un soulèvement populaire. D’ailleurs, quand même ce serait le cas, je le verrais d’un mauvais œil : tout au long de l’histoire, le peuple s’est vu voler les fruits de ses révolutions, depuis les premiers musulmans en passant par la révolution française jusqu’à récemment en Iran.

Ce à quoi je veux en venir, c’est que, dans la majorité de ces associations, il y a une culture et une pratique démocratiques assez bien développées. Il ne faut pas trop faire attention aux différents messages de soutien au leader maximo ou aux appels qui en émanent pour qu’il brigue un mandat supplémentaire car ces actes sont le fait d’individus isolés qui se trouvent à la tête de ces associations et bien souvent sans que leurs collègues soient au courant ou consultés. Bien que ces structures soient extrêmement bien surveillées, les habitudes démocratiques y sont bien ancrées. Il est vrai que chaque réunion est notifiée aux autorités, chaque élection, chaque bureau, chaque activité est automatiquement et immédiatement portée à leur connaissance. Ce n’est pas important. Ces associations sont légales ; leurs activités sont presque encouragées par les autorités.

Bien entendu, il n’est pas nécessaire que les différents groupes de citoyens recherchent toujours les mêmes buts ; tous ne peuvent pas prétendre défendre la démocratie et les droits de l’homme ; bien plus, certains peuvent même œuvrer contre l’intérêt du bien public (encore faudra-t-il le définir, ce bien public !) mais là n’est pas la question car il ne s’agit pas d’une lutte du "bien" contre le "mal" mais d’une dynamique de société avec toutes ses divergences...

Dans ce cadre, encourager les citoyens à en faire partie en grand nombre pourrait leur faire toucher, goûter à la micro-démocratie. Et s’il est vrai que la société civile naît d’un désir de liberté, ce n’est pas pour les convaincre de l’inexistence d’un état démocratique, car ça, tout le monde le sait, mais pour qu’il y ait, en fin de compte, une société civile démocratique de fait, par ses associations.

Certes, une véritable culture démocratique n’existe pas sans d’abord une éducation sur la démocratie, ensuite une éducation pour la participation et enfin une éducation à la participation. Cette formation, bien incomplète (voire inexistante) dans nos écoles et nos institutions se fera sur le tas. Il est, par ailleurs, absolument nécessaire de mettre à l’écart tout discours d’exclusion ou d’éradication sur quelque base que ce soit car la société civile a besoin de toutes les capacités sociales, économiques et culturelles.
Plusieurs arguments peuvent convaincre le citoyen moyen d’y adhérer : d’abord, c’est légal ;deuxièmement, ce genre d’associations améliore la qualité de vie de son quartier, de sa ville ; sans compter la convivialité, la solidarité, le tissage de relations humaines et ... l’apprentissage de la politique !
Comment faire ? C’est justement le rôle de ces associations de recruter et de ratisser large. D’un autre côté, tous ceux qui se plaignent de ne rien pouvoir faire ou qui veulent que ça change sans qu’ils aient à s’occuper de politique ou à courir des risques pourraient y trouver matière à action, participant eux-mêmes, encourageant qui ses connaissances, qui ses amis, qui ses parents à rejoindre tel club ou telle association, selon leurs penchants.

Qu’en est-il de sa relation avec le politique ? Toute comparaison avec la société civile occidentale n’a pas lieu d’être. Dans les pays démocratiques, Etat (et, par extension, partis politiques) et Société Civile ont besoin l’un de l’autre et, dans le meilleur des cas, ils s’épanouissent de concert. En Tunisie, une telle "complémentarité" est illusoire, tellement les dirigeants interviennent dans la vie du citoyen, jusque dans les plus petits détails. Tout semblant d’activité associative critique est vu comme une ingérence dans les prérogatives des hommes politiques.
La société civile, encouragée en apparence, est, en réalité, regardée comme une opposition potentielle. Mais la société civile peut être un grain de sable dans les rouages de l’Etat et même, parfois, s’opposer à lui sans aller jusqu’une confrontation directe qui ne serait pas raisonnable.

C’est ainsi que, au moins dans un premier temps, la chose politique devra être évitée dans les associations qui n’en feraient pas leur pain quotidien. Le citoyen s’apercevra forcément un jour que, comme monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans s’en apercevoir, il est en train de faire de la politique dans chacun de ses actes. Il ne lui est demandé que de s’engager et de participer volontairement dans la vie publique. Rien de plus.
Les partis politiques d’opposition... sera-ce vraiment important alors ?
La pratique démocratique quotidienne peut-elle, à elle seule, amener à une rupture avec le pouvoir en place, par son seul développement, par son extension à tous les secteurs ? Je ne pense pas que ce soit la question. Certainement, ce ne sont pas les ONG ou les autres composantes de la société civiles qui auront à jouer le rôle de l’état. Normalement, c’est l’Etat qui dispose du pouvoir de proposer et d’appliquer un programme politique et c’est à la société civile d’agir en conséquence dans le domaine politique concret. En Tunisie, dans le meilleur des cas pourra s’opérer un isolement relatif du pouvoir puisque ce dernier regarde tout ce qui lui est extérieur comme une menace potentielle. Ce n’est peut-être pas ce qui provoquera le changement mais au moins y contribuera-t-il. Au moins, la Société Civile sera-t-elle prête quand s’opérera cet éventuel changement (à prendre le relais ?)
La société civile ainsi définie sonnera-t-elle la fin du monopole du régime (et son parti) et des partis politiques d’opposition sur la vie publique ? L’avenir probablement lointain nous le dira.

Pour l’instant, la seule vraie urgence est humaine : libérer les prisonniers de l’injustice qui croupissent depuis tellement longtemps dans leurs cellules répugnantes. Après, on verra...

25 janvier 2004
Ahmed Ben Salah sort de son silence :
L’homme fort des années soixante s’explique

Noura Borsali
 
Ahmed Ben Salah a joué sans aucun doute un rôle déterminant dans la préparation de la Constitution et de la proclamation de la République Tunisienne. Il était premier vice-président de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) et président de la commission de la Constitution avant sa nomination au gouvernement en août 1957. Et c’est lui qui, au cours de la séance de la proclamation de la République, a présenté le projet de transformation du régime, écrit de sa propre main et qu’il avait porté sur lui pendant quarante-huit heures par mesure de précaution. Le 24 mars 2004, jour du 34ème anniversaire de son arrestation (le 24 mars 1970 ), nous l’avons rencontré chez lui, à Radès. Nous avons retrouvé l’homme tenace et rebelle, mais fidèle à ce qu’il a été, au point qu’on est dérouté mais également ébahi devant tant d’énergie d’une force qui continue à aller et à rêver. Avec lui, nous avons remonté le temps pour reconstituer quelques pages de nos années d’indépendance tels que Ahmed Ben Salah les a vécues. Nous avons tenté, à sa demande —mais non sans difficulté— de nous situer dans le temps de l’époque, pour mieux comprendre à quel point, pour nous, les générations de l’après-indépendance, ces années-là ont façonné la Tunisie.


On reproche souvent au leader de l’UGTT que vous fûtes après Farhat Hached d’avoir orienté la Centrale syndicale qui avait des revendications d’autonomie vers “ la réalisation de la participation organique de l’UGTT à l’action du Néo-Destour sur la base d’un programme social et économique ” (reprenant ici une phrase de la motion du VIè congrès de l’UGTT des 20-23 septembre 1956). Dans une conférence de presse au lendemain du congrès, vous avez annoncé “ presque comme un enfant ” (avez-vous dit à Marc Nerfin dans les “ Entretiens avec Ahmed Ben Salah ”, Maspéro, 1974) que “ nous allions avoir un parti travailliste qui allait faire avancer le pays ”. Trop de naïveté, pensez-vous ? Et franchement, 48 ans plus tard, ne pensez-vous pas que cette recherche de ce que vous avez appelé “ une véritable unité nationale ” conçue, selon vous, comme “ une unité populaire ”, a été une erreur stratégique ?

Le problème qu’on appelle l’indépendance de l’UGTT vis-à-vis du parti n’existait pas à l’époque. Il s’était posé à la suite de la scission syndicale (UGTT/USTT) qui s’est effectuée sur ordre du président du parti. Nous étions en grande majorité membres du Néo-Destour ou du Destour et nous étions de très bons camarades au sein de la Centrale syndicale. Ce qui correspondait à ce temps-là, c’était la préoccupation majeure de l’indépendance, de la renaissance de la Tunisie, de la construction de l’Etat qui pourrait être un instrument efficace pour cette renaissance. La preuve est la création au sein de l’UGTT, immédiatement après le discours de Mendès-France à Carthage, d’une commission pour préparer un projet de la société nouvelle qui devait donner naissance à un Etat qui correspondrait à cette société évoluée et renaissante. Nous avons soumis ce projet, une fois achevé, en même temps aux syndicats de base et au congrès du Néo-Destour à Sfax qui était la phase finale institutionnelle de la crise entre Bourguiba et Ben Youssef. Mustapha Filali était chargé de présenter un texte de synthèse exposant les orientations du projet de l’UGTT qui pouvait être également celui du Néo-Destour. Et c’est à l’unanimité qu’il a été accepté. En tant que S.G. de la Centrale syndicale, je fis à cette occasion un discours qui fut très bien reçu. Ce fut un moment d’harmonie. L’UGTT a tout fait pour maintenir cette harmonie qui était indispensable dans cette période de transition entre les négociations pour l’autonomie interne et plus tard pour l’indépendance. On a occulté ce rôle. J’ai passé des heures entières avec Ben Youssef et avec Bourguiba. J’ai écrit des éditoriaux dans Sawt el amal (La Voix du travail) pour reprocher le fait que des conflits pour le pouvoir étaient en train de divertir -au sens mauvais du terme- le peuple tunisien. Un de ces éditoriaux avait pour titre : “ N’oubliez pas : il y a le peuple ”. Pour revenir à la question de l’indépendance de l’UGTT, je redis que cette dernière ne se posait pas à cette époque. Certes nous avons discuté et rêvé de créer un parti travailliste tunisien et peut-être un jour maghrébin. C’était pour nous couronner la lutte de Farhat Hached qui était totale : aussi bien sociale, syndicale que politique. Nous voulions maintenir ce qui s’était passé au moment de l’absence des leaders du parti et le rôle joué par quelques syndicalistes, surtout Farhat Hached et ses camarades et moi-même à l’étranger et proposer un projet de construction de la Tunisie. Le parti travailliste devait être le nom du Néo-Destour qui est devenu plus tard, sous l’impulsion de Bourguiba lui-même, Parti socialiste destourien (PSD). Nous étions dans et avec le parti et voulions le réanimer parce qu’il avait perdu beaucoup de cadres et était plus ou moins usé puisqu’il n’y avait pas de projet économique, social, culturel. Il n’y avait pas une alternative à la colonisation. L’Etat existait mais la question «quoi faire ?» se posait avec acuité. Nos idées ont influencé le cours des choses. D’ailleurs, je voudrais rappeler que j’assumais des responsabilités dans le parti avant même la création de l’UGTT. Déjà, en 1943, j’ai travaillé sous la direction de Habib Thameur qui, en tant que directeur du parti, m’a chargé de créer un groupe d’action dont la mission était de dénoncer et faire éclater les activités de “ jeunesse de Mohamed ” dirigées à l’époque par Abdelmajid Ben Jeddou et qui recrutait des jeunes Tunisiens pour participer à la guerre. Et après la guerre, quand le parti a été traumatisé par ce conflit mondial, nous avons créé avec Taïeb Mehiri, Hassib Ben Ammar, Naceur Ben Jaâfar, Mohamed Fekini (Libyen)…une organisation clandestine “ El Hilal ”. Et plus tard, j’ai assumé la fonction de S.G. de la cellule destourienne de France et celle d’officier de liaison entre Moncef Bey, Bourguiba et Ben Youssef. Il n’était pas antinomique d’être à la fois au parti et à l’UGTT. D’ailleurs, Salah Ben Youssef, S.G. du Néo-destour, en l’absence de Bourguiba, a poussé à la création de l’UGTT et de toutes les organisations nationales. Il faudrait lire le discours que Salah Ben Youssef a prononcé à Stockholm devant le Ier congrès de l’Internationale Socialiste de 1953. J’ai certes été pour beaucoup dans la rédaction de ce texte où il y avait une définition du parti qui repose sur le mouvement syndical. Et il y avait peut-être déjà cette idée de travaillisme. En tant que responsables syndicaux, nous étions donc destouriens et nous étions conscients du vide qui existait. Toutefois, ces préoccupations sociales, culturelles et nationales n’étaient pas la doctrine du Destour ou du Néo-Destour, mais étaient introduites dans la conscience de la lutte politique par l’avènement du mouvement ouvrier dans la lutte de libération nationale. Il faudrait rappeler que c’est grâce aux premiers syndicats autonomes créés par Farhat Hached que l’UGTT avait porté la question nationale. Cette osmose entre le mouvement ouvrier et la bourgeoisie moyenne qui dirigeait la lutte nationale a fait du Néo-Destour le seul parti arabe bâti sur une telle osmose. Et c’est cela qui a distingué la Tunisie. La politique des étapes, c’était certes astucieux, mais Bourguiba devait être fier d’avoir non seulement des gens qui étaient des militants destouriens mais également des militants qui étaient préoccupés de fonder un projet de société et d’être si disciplinés qu’ils ont soumis ce projet à l’approbation du parti. La question de l’indépendance de l’UGTT ne s’était posée qu’après la prise du pouvoir par Bourguiba et le changement d’attitude de ce dernier vis-à-vis de la présence de l’UGTT sur la scène nationale. La scission avec Habib Achour a été faite par Bourguiba alors qu’il était Premier ministre. Il m’a invité en présence de Ahmed Tlili. Il avait entre les mains le programme de l’UGTT qu’il déchirait feuillet par feuillet en me disant d’une voix coléreuse : “ اa c’est du communisme, Ahmed, je ne te laisserai pas faire ”. Je n’étais pas communiste et je ne le suis pas. Et je voudrais rappeler qu’au moment de cette scission, j’étais disposé à me retirer pour éviter que soit cassée l’unité du mouvement ouvrier. C’était le message que j’avais fait transmettre à Bourguiba par l’intermédiaire de Abdallah Farhat etc….

La démocratie a été un des objectifs de l’UGTT à travers les discours et les textes de la Centrale ouvrière. Vous dites vous-même (à Marc Nerfin) que le mouvement syndical a été un mouvement populaire “ à tel point que l’UGTT, par exemple, à un moment donné, patronnait ou orientait les comités de lutte pour les libertés démocratiques que Farhat Hached a créés dans les années 50 ”. L’UGTT qui était “ l’organisation de masse la plus puissante du pays, bien plus puissante que le Néo-Destour ” (écrit-on), n’aurait-elle pas pu, en dehors de l’orbite du Néo-Destour, aider à orienter le pays vers une autre voie ?

C’est ce qu’a fait l’UGTT. Elle a présenté des propositions tout en vivant intégrée dans le mouvement de libération nationale. Je crois que le pouvoir politique au sein du parti a été malmené par les différentes crises du parti et il y avait probablement une hantise vis-à-vis des éléments nouveaux qui ont une formation économique, culturelle différente. C’est Farhat Hached qui a créé ces comités compte tenu du vide qui existait dans les rues populaires et du fait que la lutte du parti était flétrie. Hached, à l’aube des années 1950, a eu cette formidable idée de ces “ comités de lutte pour les libertés démocratiques et la représentation populaire ”. Il y avait une brochure sur les problèmes sociaux en Tunisie de Farhat Hached et un programme pour le développement de l’éducation fait par la fédération de l’éducation. Au congrès de l’UGTT de 1951, je me souviens de la manière belle, naturelle et simple avec laquelle Farhat Hached a tranché les débats houleux autour de l’adhésion de la Centrale syndicale à la CISL (la décision du retrait de la Fédération syndicale mondiale (FSM) ayant déjà été approuvée à l’unanimité par le Conseil National qui a précédé le congrès et donc au congrès lui-même). La salle du congrès était pleine de vibrations avec même des bagarres physiques entre les deux clans. J’étais le porte-parole du groupe qui était contre l’adhésion et étais pour une fédération syndicale nord-africaine pratiquant la neutralité positive. Hached a été remué par tant de tension et a alors pris la parole pour dire tout simplement et tout bellement : “ C’est une question vitale. Il y a une ambiance de contestation. Donc je demande le vote secret. ” On ne s’attendait pas du tout à cette prise de position qui a complètement changé les donnes. Les choses se sont réglées et c’était tellement honnête, démocratique! J’avance aujourd’hui que je n’ai pas vu jusqu’à ce jour un leader tunisien ayant pris une attitude pareille. C’était une leçon de démocratie donnée par Farhat Hached. Ces comités ont permis de redonner une vitalité à l’action politique.

Comment expliquez-vous que l’UGTT a joué un rôle déterminant dans le maintien de la ligne bourguibienne, contrant ainsi l’action yousséfiste ?

Ce n’était pas la ligne bourguibienne. L’UGTT était exactement dans le sens de la négociation. C’était notre ligne aussi. Nous disions toute notre confiance dans l’issue de cette politique. Bourguiba était également le président de notre parti et notre leader dont nous avons contribué à sculpter quelques faces. Nous étions résumés dans les expressions comme “ par étapes ”, “ progressivement ”, “ avec le peuple français ”, “ pas contre la France mais contre la colonisation ”. A propos de la crise yousséfiste, il y a eu un Conseil National de l’UGTT qui faisait d’ailleurs partie des délégations qui négociaient les Conventions. Le CN de 1955 a voté, à moins une voix -celle d’un camarade de Ben Guerdane- des motions approuvant et soutenant la politique de négociation avec la France et donc l’aboutissement des négociations qui étaient portées à la connaissance de Bourguiba et de Ben Youssef. Nous étions au courant du déroulement des négociations grâce à Mongi Slim qui n’a pas cessé de faire le va-et-vient entre Paris et Tunis pour concertation. Tous étaient d’accord pour conclure avec la France sur la base de ces conventions. Alors Ben Youssef a dit non. Je suis allé le voir avec les camarades Mohamed Erraï, Amor Riahi et Mahmoud Khiari, et il a absolument dit oui et je suis allé transmettre ce oui à Bourguiba. Mais il y avait malheureusement des gens qui étaient venimeux et ironiques. Ben Youssef a réuni chez lui toutes les organisations dont l’UGTT, l’UGAT…J’y étais en tant que S.G. de la Centrale. Il a posé la question des Conventions, alors je lui ai répondu que certes c’était un habit étroit qu’il faudrait déchirer , mais ensemble, sur la base d’un programme politique, économique, social et culturel. Il a accepté cette analyse et nous croyions que le problème était réglé. Je l’ai répété au congrès du Néo-Destour de Sfax et écrit à l’époque. Quand il y a eu des difficultés dans les négociations, j’ai dit comme Taïeb Mehiri et sans nous concerter que s’il y avait une seule clause, à savoir que la Tunisie pouvait organiser des élections et élire une Assemblée constituante, j’aurais accepté. Et j’ai dit cela à Ben Youssef qui considérait ces conventions comme un pas en arrière. Qui pouvait empêcher en effet la Tunisie de voter dès la 1ère séance inaugurale de la Constituante un article de la Constitution déclarant la Tunisie indépendante ? Le différend avec Ben Youssef portait également sur la question algérienne. Pour lui, accepter l’autonomie interne était une trahison par rapport à l’Algérie. Mais qu’est-ce qui était mieux : une Tunisie autonome devenant une base vitale pour la Révolution algérienne ou l’envoi de milliers de Tunisiens participer à la révolution ? Ben Youssef, dans une réunion à la mosquée de la Zitouna, a tenu un discours très radical et virulent. La bagarre a alors commencé. Je pense que le fondement de la crise yousséfiste était très personnel, bien que correspondant également, comme je viens de le dire, à une divergence au niveau des positions politiques relatives aux Conventions et à l’Algérie. Il y avait de vieilles rivalités entre les deux hommes, ravivées par certaines frivolités de la presse et des médias. On a alors vite conclu à ce schéma : Bourguiba francophone et Ben Youssef représentant de l’arabité et de l’islamité. Ceci n’est pas vrai. Que Bourguiba ait été beaucoup plus proche d’une solution avec la France, c’était clair. Je crois avoir été le dernier responsable à avoir vu Ben Youssef chez lui au lendemain du jour où Bourguiba nous a trompés. J’étais envoyé par le Bureau Politique du parti. Avec Ferjani Belhaj Ammar et Hassen Ben Abdelaziz, nous avions demandé à Bourguiba de ne pas publier le texte de l’exclusion de Ben Youssef. Tout en étant un peu furieux, il a nous a promis de ne pas le faire. J’ai donc vu Ben Youssef chez lui, accompagné de Hassen Ben Abdelaziz (Ferjani Belhaj Ammar ne pouvant venir). En entrant dans son salon, je l’ai trouvé au téléphone parlant en français. Il m’a dit : “ Alors tu viens me menacer ? Il y a avec toi Hassen Ben Abdelaziz ”. C’était de la pure taquinerie. Je lui ai alors appris que Bourguiba avait accepté de reporter la publication du texte. “ Vous êtes naïf, nous a-t-il dit, je viens d’avoir René Smadja qui vient de me dire que l’AFP a publié le texte ”. Je me suis senti stupide. C’était fini.

Mais pourquoi Bourguiba a-t-il refusé de reporter de quelques jours le congrès comme l’avait demandé Ben Youssef qui avait considéré que les militants du “ Secrétariat général ” (al amana el amma) n’ ont pas été invités au congrès ?

Bourguiba voulait avoir le congrès pour en finir avec la scission. On a tenté, comme je l’ai déjà dit, de rétablir les rapports. J’ai été chargé en même temps que Ferjani Belhaj Ammar, par le congrès, de prendre contact avec Ben Youssef. Et c’est de l’Hôtel Mabrouk de Sfax que je lui ai téléphoné avec Ferjani Belhaj Ammar. Mais il m’a répondu au téléphone en ces termes : “ Tu veux que j’aille au congrès alors que les Ouardeni qui sont autour du congrès m’attendent pour m’assassiner ”. Je n’ai rien dit de peur d’être complice de quoi que ce soit. J’ai donc informé les responsables du congrès, en étant furieux contre tous parce que nous n’avions pas eu la chance de les avoir tous les deux physiquement au congrès. J’ai peut-être critiqué tout le monde, pas seulement Bourguiba. Pourquoi l’encourager dans l’erreur en le flattant ? Personne n’a jamais dit à Bourguiba la vérité pour lui dire stop, dans ce cas comme dans le mien.

A ce congrès du Néo-Destour de Sfax de novembre 1955, votre appui, écrit Mohsen Toumi (dans son ouvrage “ La Tunisie de Bourguiba à Ben Ali ”, PUF, 1989), a été “ assorti de revendications économiques et sociales que vous avez réussi à faire adopter par les Destouriens sous forme de motion économique ”. Votre préoccupation à cette époque était la réalisation du plan économique et social de l’UGTT. Les Yousséfistes dans l’Union générale des agriculteurs tunisiens (l’UGATT que Bourguiba remplacera plus tard pat l’UNAT) auraient certainement contré votre projet de collectivisation. Est-ce que ce souci de se débarrasser de ces gros propriétaires terriens, des féodaux, des gros commerçants etc… n’a pas motivé également votre appui à Bourguiba ?

Pas du tout. اa n’a absolument rien à voir avec ce qu’a écrit Toumi. Nous, membres du B.E. de l’UGTT, étions en contact avec les camarades du parti. Bahi Ladgham était à Paris et ne voulait pas rentrer à Tunis ; il voulait rejoindre Ben Youssef à Tripoli. J’étais à ce moment-là à Paris pour une réunion syndicale et aussi pour rendre visite à Taïeb Mehiri qu’on avait transporté dans un coma diabétique. En organisant un déjeuner avec Bahi Ladgham en présence de Hamed Karoui et Hédi Baccouche, respectivement président et S.G. de la Fédération destourienne de France, j’ai réussi à convaincre Bahi Ladgham de rentrer à Tunis. C’est une preuve qu’à l’UGTT nous étions préoccupés par cette crise. C’est pourquoi nous avons déployé un effort continu pour éviter que soit gâchée l’harmonie de cette période transitoire. L’UGTT était là pour combler le vide de projet, pour éviter les cassures dangereuses pour cette période-là qui était fragile. D’ailleurs, au retour de Ben Youssef à Tunis, nous étions là avec Bourguiba. Après les embrassades, nous étions en voiture, Taïeb Mehiri, Mongi Slim et moi-même avec Bourguiba et Ben Youssef et voyions les masses enthousiastes venues accueillir un de leurs leaders. Et je me souviens que Taïeb Mehiri et moi-même avions pris les mains de Bourguiba et Ben Youssef pour les mettre ensemble. C’était naïf mais cela prouve que nous étions très préoccupés par ce problème. Ben Youssef aurait pu créer un autre parti. Pourquoi le Secrétariat général ? Pour revenir à la thèse de Toumi, c’est erroné. J’ai organisé un séminaire de formation des syndicalistes pour qu’ils soient à la hauteur des négociations avec l’Etat, le patronat. Et j’ai invité Bourguiba et Ben Youssef à ce séminaire. A un moment donné, Ben Youssef me dit en présence de Bourguiba : “ Tu sais, Bourguiba et moi, nous sommes d’accord sur le plan du libéralisme économique ”. J’ai répondu, je crois, que cela pouvait se discuter. Ils étaient d’accord sur ce plan. Mais il y avait une chose : Bourguiba a réagi violemment contre le projet économique et social de l’UGTT alors qu’il était capable de comprendre cela. Mais peut-être que sa réaction était motivée par opportunisme ou par tactique ou par une volonté d’avoir le pouvoir ou encore par narcissisme. Par contre, Ben Youssef a fait savoir à ses amis qu’il était d’accord avec le projet de l’UGTT et qu’il fallait encourager Ben Salah. Je crois que c’est Habib Majoul qui lui a porté le projet. Peut-être que si Ben Youssef avait rompu avec le parti et crée un autre parti, la Tunisie aurait démarré sur une diversité politique.

Cela aurait-il été possible avec la répression qui s’est abattue sur les Yousséfistes : procès, condamnations à mort, disparitions, assassinats… ?

C’était le début d’une guerre civile. Je suis absolument sûr que c’est l’œuvre du groupe inconditionnel de Bourguiba ainsi que d’inconnus (pour moi) étrangers. L’UGTT était restée en retrait de cela. Nous étions même hésitants. Nous avons tenté d’agir dans un sens préventif mais les obsessions des militants de part et d’autre ont malheureusement triomphé. L’UGTT a joué un rôle modérateur. J’ai pu avoir plus tard le témoignage tout récent de Akrémi, un ancien condamné yousséfiste que je ne connais pas mais qui a écrit à un ami commun une lettre où il considérait que la position de l’UGTT et de Ahmed Ben Salah a arrêté ce qui pouvait devenir une véritable guerre civile. Mongi Slim a été accusé d’avoir facilité le départ de Ben Youssef. Plus tard, Ben Youssef a été assassiné. C’est ce que j’appelle “ le corint ” des indépendances. Je voudrais raconter -et pour la première fois- la version de Bourguiba que j’eus vers les années 1966-67. Bourguiba m’a envoyé un message urgent par son aide de camp Chédli Caïd Essebsi qui était chargé de me le remettre en mains propres. Je reçus l’envoyé de Bourguiba dans mon bureau au ministère. Il me remit une lettre de Béchir Zerglayoun adressée à Bourguiba et où ce dernier se plaignait du fait que ses affaires dégringolaient par ma faute. Et ce qui m’a étonné et m’a rendu furieux, c’est que dans la marge, Bourguiba a noté ces mots : “ Pour explication ”. L’aide de camp m’a dit que Wassila l’a chargé de me dire de ne rien faire sans lui avoir téléphoné. J’ai demandé à Chédli Caïd Essebsi d’appeler lui-même Wassila et là je lui ai dit sans avoir attendu la réponse: “ Ecoute Wassila, el kelma bkelma ”. J’ai appelé alors le chauffeur et lui ai demandé de m’apporter deux valises de chez moi. J’y ai placé mes affaires personnelles tout en prévoyant de partir si les choses tournaient mal après mon entrevue avec Bourguiba. C’était au palais Essâada que je rejoignis le couple présidentiel qui me reçut d’une manière très détendue en m’offrant même un bouquet de jasmin. Quelque temps après, Bourguiba m’emmena dans son bureau et sortit de son tiroir une lettre qu’il me tendit pour lecture. C’était une lettre écrite par Ben Youssef de sa propre main et où il donnait des instructions pour la manière dont il fallait se placer au Théâtre Municipal pour assassiner Bourguiba. Ma réaction fut : “ Pourquoi est-ce qu’on n’a pas publié cette lettre ? ”. Il reprit la lettre en me disant : “ Ce Béchir Zerglayoun m’a sauvé de cette vipère ”. C’est cette explication qu’il m’avait donnée ce jour-là. A propos de Béchir Zerglayoun, il fallait lui réserver un traitement ou quelque chose de substantiel. Mais est-ce bien pour le pays que Béchir Zerglayoun et Ali Lourak demandaient qu’on leur donne le monopole des clous, du poivre… ? Othman Kechrid, directeur de l’Office du Commerce, était venu un jour me voir pour me remettre sa démission parce que Béchir Zerglayoun avait débarqué dans son bureau, lui demandant des faveurs, en jouant de son revolver. Je n’ai rien donné à Béchir Zerglayoun. Quelques jours après, Bourguiba apparaissait avec Zerglayoun dans une décapotable à l’occasion de l’inauguration d’un de ses projets. Réfléchissons un peu : comment cette lettre-là était-elle tombée sur le bureau de Bourguiba ? Je me suis alors posé la question sur la vérité des préparatifs de l’un et de l’autre pour arriver à la conclusion que l’on sait. Il faudrait rappeler que moi aussi j’étais menacé en tant que S.G. de l’UGTT, si bien que T.Mehiri et A. Tlili ont déménagé soudainement ma famille à la rue du Koweit. Un jour, on a failli m’assassiner et c’est Ali Zlitni qui m’a sauvé. Pourtant, plus tard, Brahim Tobbal m’a dit que Ben Youssef n’avait jamais prononcé un mot contre ma personne. D’ailleurs, un jour alors que j’étais à Alger, Mme Soufia Ben youssef m’a contacté pour avoir mon avis sur son éventuel retour à Tunis. Ce jour-là, j’avais sous les yeux le quotidien El Moudjahid et il y avait, à l’occasion de la visite officielle à Tunis de Chérif Messadia, alors chef du FLN, une photo d’un meeting où Béchir Zerglayoun était à la tribune, à droite de Messadia. Je lui ai raconté cela sans commentaire. Elle m’a répondu après un bon silence : “ Je ne rentre pas à Tunis. Je retourne au Caire ”. Effectivement, elle n’était pas rentrée à cette époque-là. A mon retour à Tunis en 1988, je suis allé la voir malgré les reproches de quelques personnes. Je pourrais également raconter cet incident qui s’est produit lors de ma visite avec Bourguiba dans les mines de Gafsa. Le responsable de la Fédération des mines, envoyé par mes soins en raison des informations que nous avions reçues, avait demandé aux Algériens présents sur les frontières de se tenir tranquilles. Lors du meeting que nous avions organisé, nous avions entendu le bruit d’une mitraillette. On m’a rapporté après que c’était un dénommé “ le manchot ”, un des combattants, qui était chargé de nous assassiner et on m’a montré un petit bout de papier soi-disant envoyé par Ben Youssef et sur lequel était écrit en arabe : “ Tuez-le ainsi que ceux qui sont avec lui ”. Je n’en sais rien. Il paraît que le manchot a été reçu par Bourguiba et aurait dit qu’en ayant écouté nos deux discours, il était revenu sur son intention de nous éliminer. J’ai vécu la chose comme ça. Je n’en sais pas plus.

Vous avez répondu en 1974 à Marc Nerfin, vingt ans après la répression des yousséfistes : “ J’ai vécu la crise yousséfiste et cela donne à réfléchir ”. Pourriez-vous nous dire en quelques phrases ce que vous vouliez dire par cette phrase ?

J’aurais dû approfondir ma perception de Bourguiba, être un peu plus actif pour désamorcer le problème, pousser Ben Youssef à créer un autre parti. Je demeure persuadé qu’il n’y avait pas de différends idéologiques. Il y avait, à mon avis, une différence d’adoration de soi. Bourguiba était beaucoup plus sérieux dans l’adoration de soi. Si on veut être responsable, il faut éviter d’avoir des clans, d’écouter des laudateurs, des courtisans quasi-professionnels.

Avec la Constituante, la Tunisie entre dans l’ère de la représentation. Mais cette première expérience représentative sera imprégnée en 1956 de l’affirmation du monopole du Néo-Destour qui a raflé dans le cadre d’un Front National les 98 sièges de la Constituante. Pourtant, selon Charles Debbasch, la situation politique tunisienne était beaucoup plus proche du multipartisme que du parti unique : les yousséfistes, les syndicalistes partisans d’une certaine autonomie, les communistes, les indépendants… Bourguiba et le Front National dont l’UGTT faisait partie n’ont-ils pas déjà répudié la démocratie ?

Je voudrais dire d’abord que ceux qui ont écrit sur la Tunisie et qui n’ont pas vécu la situation ou l’ont vécue à leur manière ont transposé leur temps à eux en le substituant au temps de la Tunisie de l’époque. Moi, je ne perds pas de vue le temps de la Tunisie. Nous étions assez clairvoyants, assez vigilants en tant que nationalistes ou syndicalistes pour savoir que nous devions déjà ensemencer pour un pays renaissant et moderne, libre et démocratique. J’insiste sur le mot liberté. Il n’y a pas de démocratie sans liberté. En Tunisie, on voulait faire un départ différent avec un équilibre social profond, un développement par le relèvement des couches abîmées. La Tunisie était dans une transition majeure. Je fus d’ailleurs attaqué sur un point, à savoir que j’avais soutenu que la Constituante devait connaître du budget et de la politique gouvernementale. Mon principal argument était le proverbe français : “ Qui peut le plus peut le moins ”. Je soutenais que si nous étions capables de déclarer l’indépendance, alors à plus forte raison, nous étions capables d’intervenir auprès de l’Etat. J’étais préoccupé par la sortie énorme d’argent, de capitaux évalués à 70 milliards. A l’époque, en 1956, et au début de 1957, j’ai pu intervenir. Et c’était très émouvant. J’ai dit aux Français : pour vous l’indépendance signifie méfiance. Alors j’ai demandé que ces transferts soient contrôlés par le gouvernement et qu’ils soient reconvertis. On a appelé Bourguiba de Monastir et le lendemain de son retour, il a pris la parole pour dire qu’il était pour la liberté de la circulation du capital. Après le discours de Bourguiba, j’ai répondu que c’était un problème de santé du pays. Ils ont été obligés plus tard de décrocher avec la France et de prendre des mesures. Pourquoi perdre du temps ? Pourquoi alors rédiger une Constitution ? Pour ce qui est des élections, nous étions multipartites dans le cadre d’un rassemblement patriotique et personne n’a remis en cause l’opération électorale. Les gens étaient hébétés par les élections. Il n’y avait pas eu d’éducation politique. Les partis politiques, y compris le PCT, n’ont jamais fait d’éducation politique. Il y avait la formation syndicale et l’éducation des élites qui ont eu la chance d’apprendre. Même si je n’ai été pour rien dans l’interdiction plus tard du Parti communiste tunisien, je dois rappeler que le PCT nous excluait parce que nous étions contre l’Union Française qu’il soutenait, à une période donnée, contre la liberté de la Tunisie.

Mais le système électoral adopté le 26 janvier 1956 par le Conseil des ministres optait pour la liste majoritaire à un tour, écrasant ainsi les partis minoritaires qui, comme le parti communiste, étaient plutôt favorables à un scrutin à la proportionnelle. Ils ont d’ailleurs protesté contre cette loi électorale en organisant une manifestation de 2.000 personnes devant le palais beylical de Carthage ?

C’était une période de transition. Nous n’étions pas dans un temps ordinaire. La Tunisie venait d’avoir son autonomie interne avec une crise de presque guerre civile, l’indépendance avec la bataille de Bizerte, la guerre d’Algérie. On ne savait comme ça allait se terminer. Pour que Bourguiba dise : je vous donne Bizerte et laissez tranquille l’Algérie, cela prouve le désarroi ressenti à l’époque. C’était un temps spécial. Il y avait dans ce Front des députés populaires, 22 députés syndicalistes…Nous voulions être libres. Moi je dis qu’un jour, on dira que la génération du parti a fait un travail formidable d’honnêteté. On était là pour avancer. Chaque pas que nous faisions devait être très profond.

Pour vous, “ Pour la première fois, les notions de droite et de gauche vont apparaître en Tunisie et seront consacrées sur le plan d’une assemblée. Que des oppositions surgissent, nous n’en serons pas surpris ”, avez-vous déclaré au quotidien Le Monde du 28 mai 1956. En effet, la tendance UGTT et celle du Néo-Destour se sont opposées à l’Assemblée à propos par exemple du droit de propriété : sept députés de l’UGTT s’y sont opposés. Une divergence de fond concerne la question de l’organisation du rapport de l’Assemblée et du gouvernement. Le 17 avril 1956, alors que vous présidiez la séance durant laquelle Bourguiba allait présenter le programme de son gouvernement, vous avez de votre propre initiative invité les ministres à siéger non au banc du gouvernement mais à leur place dans l’hémicycle jusqu’à leur présentation à la Constituante : “ Jusque-là vous ne serez que des députés ” ”, avez-vous martelé. Votre affirmation visait en effet à étendre les prérogatives de l’Assemblée, mais sans aboutir. Le 24 avril 1956, alors que vous avez soutenu, en tant que S.G. de l’UGTT, une motion insistant plus particulièrement sur le contrôle du gouvernement en matière de finances, économie, politique étrangère, législation sociale et mentionnant la possibilité de convoquer l’Assemblée à la demande du tiers des députés, Bourguiba a fait voter à l’unanimité une motion beaucoup plus vague. Ce différent ne présageait-il pas déjà de deux voies politiques ?

Mais, bien entendu. Il ne faut pas oublier une chose, c’est que les idées que nous avions quand nous étions à la Constituante, c’était après le congrès du parti en 1955. Donc, nos projets économiques, culturels étaient adoptés par le parti. Mais il y a eu une volte-face de la part du président du parti. Il y a eu une réunion au lendemain de la signature du protocole d’indépendance, présidée par Béhi Ladgham, à laquelle ont assisté Taïeb Mehiri, Ahmed Tlili, Ferjani Belhaj Ammar et au cours de laquelle était posée la question du candidat pour la fonction de chef du gouvernement. Béhi Ladgham a défendu l’idée que le leader doit prendre l’exécutif. J’ai alors dit qu’il existait deux voies : la voie classique un peu trop banale où le président du parti devient le chef du gouvernement ou alors une autre voie, à savoir que Bourguiba devait rester président du Parlement pour diriger le contrôle du gouvernement par la représentation populaire. Ce dernier ne devait pas rester sans contrôle. Il fallait apprendre à contrôler ses responsables. C’était pour moi une œuvre gigantesque que le premier gouvernement de l’indépendance soit un premier gouvernement contrôlé. Béhi Ladgham était furieux et rétorqua que c’était Nehru qui avait pris le pouvoir en Inde. J’ai dit alors : Oui, c’est Nehru mais pas Ghandi. J’ai décliné la proposition de faire partie du premier gouvernement de l’indépendance. D’ailleurs, pour plus tard, comme on le sait, je n’ai jamais accepté sans conditions.

Le texte de la Constitution adopté en 1959 a sanctionné en fait l’existence d’un régime présidentiel s’appuyant sur un parti unique, un régime libéral et constitutionnel inspiré dans les textes par les modèles occidentaux : reconnaissance des libertés et des Droits de l’Homme…, mais aussi un régime autoritaire et centralisé aux mains du Président avec un exécutif à large étendue. Comment expliquez-vous la lenteur des travaux constitutionnels qui n’ont abouti qu’à la fin du mois de mai 1959, après trois ans et deux mois (1956-1959) ? Et pensez-vous qu’en sacrifiant des principes comme ceux relatifs à la séparation des pouvoirs et au multipartisme, les rédacteurs et les députés ont “ déterminé en profondeur la nature du nouveau régime tunisien ” (M.Toumi) ?

Pourquoi ? Il n’y a pas de séparation des pouvoirs dans la Constitution ? Cette séparation existe. Mais j’avais mon idée sur l’exécutif. J’avais en effet considéré que c’était une blessure de voir Bourguiba, notre leader nationaliste et anticolonialiste, accepter d’être le Premier ministre de Lamine Bey qui a laissé faire à Moncef Bey ce qu’on lui a fait. Par ailleurs, n’oublions pas que le nouveau régime tunisien était transitoire. Personnellement, je n’ai aucune gêne à dire que j’ai accepté volontairement et consciemment le parti unique : un parti unique et ouvert. Je me suis personnellement exercé à ouvrir des brèches et la meilleure brèche fut la création de la Commission d’études socialistes, vers les années 1964-65, et qui s’est réunie en toute liberté pendant cinq ans. On a réalisé les préalables au développement qui figuraient dans le projet de l’UGTT. Pourquoi voulez-vous que je remette cela en question ? Moi j’étais d’accord sur beaucoup de choses. Alors pourquoi aller chercher quelle est la meilleure Constitution, et chercher ce qui était faible en 1956 ? La Tunisie, c’était quoi, surtout sur le plan études etc ? Encore une fois je répète : il faut remettre la Tunisie dans son temps comme dans celui de l’Afrique du Nord et même celui de l’Europe. Bon, je peux dire ce qui s’était passé quand j’étais responsable de la Commission de coordination pour la rédaction de la Constitution. Il y avait des problèmes. Nous étions en train de préparer le projet quand Djellouli Farès, président de l’Assemblée nationale, nous a invités, Ali Belhouane et moi, à son bureau et nous a dit qu’à la demande de Bourguiba, chef du gouvernement, il fallait calmer le jeu, ne pas trop parler de république, mais plutôt de monarchie constitutionnelle. Il y avait les deux idées et c’était très démocratique. Moi j’étais un peu gêné par cette demande. Mais j’étais pour la république comme Moncef Bey qui m’a dit à plusieurs reprises : “ Tu verras, c’est moi qui proclamerai la république ”. Il avait une piètre opinion de la famille beylicale. Pour revenir à Djellouli Farès, il nous a dit qu’il y avait des problèmes et des tractations secrètes dangereuses entre l’armée française et le palais beylical dont le trône aurait demandé la protection. Est-ce que cela était vrai ou était-ce une tactique ou une précaution de Bourguiba ? Je ne peux pas le savoir. Pour répondre à la demande de Djellouli Farès, Ali Belhaouane et moi étions plus discrets quant au changement brutal du régime. Cette prudence a été sciemment mal interprétée par Hassen Sassi, le mari de la nièce du Président, qui est allé dire à Bourguiba que Ben Salah défendait la cour beylicale et Djellouli Farès ; furieux de nous voir assouplir notre position quant au choix de la république, il nous a re-convoqués. Je lui ai alors rappelé qu’il nous avait demandé de modérer les propos. C’était comme ça qu’il s’était calmé. Mais j’étais accusé de jouer un double jeu. Si c’était Moncef Bey, je n’aurais rien dit. Moi, j’aurais préféré un bon parlement et des élections libres.

Vous avez alors tenu à préciser à cette époque (et je vous cite) qu’ “ on a beaucoup critiqué le parti unique à travers le monde. Je tiens à dire pour ma part qu’il n’est pas un frein à l’émancipation des hommes ni à la construction du socialisme, ni encore qu’il empêche l’épanouissement de la démocratie ”. Pour Ahmed Ben Salah, fondateur plus tard (en 1974) d’un parti d’opposition, le Mouvement de l’Unité Populaire (MUP), si c’était à redire, le rediriez-vous ?

J’étais pour le Néo-Destour parce que je considérais que l’UGTT pouvait être une force d’équilibre et qu’il y avait beaucoup de liberté à l’époque. Il y a eu certes des répressions, des sanctions stupides mais il y a eu également des provocations de l’extrême-gauche. Et je n’ai pas peur de dire aujourd’hui que l’extrême-gauche est en grande partie actuellement au pouvoir. Si le parti est composé de gens sincères, il est un moule formidable. Mais c’est toute la morale patriotique qui a été bafouée. Elle aurait pourtant permis au parti de devenir de moins en moins unique. J’ai rêvé que Ben Youssef ait un parti. La Tunisie aurait pu démarrer sur deux grands partis. Comme j’ai toujours rêvé d’alternance et que le RCD ait en face de lui un grand parti d’opposition. Ce que j’ai essayé de faire à travers la Troïka. La Constitution était exemplaire à son époque.

Désolée de vous rappeler votre procès qui fut une grande injustice. Mais il y a une question qui me tient à cœur et à laquelle je souhaiterais, si cela ne vous dérangeait pas, que vous répondiez. Le président de la Haute Cour qui vous interrogeait vous a posé la question suivante (rapportée par T.Belkhodja dans son ouvrage : “ Les trois décennies de Bourguiba ”) : “ Que veut dire d’après vous ce vers écrit de votre main, que nous avons trouvé dans vos papiers : “ Œdipe, où vas-tu ? Je réponds que j’y vais ”. Vous avez rétorqué alors : “ (…) Il (le vers) a maintenant une étrange résonance ”. En fait, que signifiait pour vous ce vers?

C’est faux. Cela ne s’est pas passé comme ça. C’est grotesque. Je vais vous raconter comment cela s’est produit. De toute façon, j’ai dit cela en public. D’ailleurs, il y avait présent Pierre July qui était venu pour me défendre mais qui était interdit de parole. Mohamed Farhat, le président de la Haute Cour, m’a accusé de vouloir prendre le pouvoir. Et il m’a dit : De toute façon, vous ne savez pas où vous allez. Vous l’avez écrit de votre propre main. On m’a apporté un petit bout de papier photocopié sur lequel j’avais noté des vers de “Hernani” de Hugo (et non “Œdipe”). J’ai ri comme un enfant. En fait, quand j’avais quitté le gouvernement, j’avais repris mes occupations littéraires et un jour je me suis mis à relire “ Hernani ” de Victor Hugo. Il y avait un dialogue qui m’avait frappé et que j’avais noté. C’est quelqu’un qui demande à Hernani : “ Où vas-tu ? ”, et la réponse est : “ Je ne sais pas mais je vais. Je suis la force qui va ”. Alors je me suis dit que c’est un thème qui existe bien dans la littérature arabe et je l’ai trouvé car j’apprenais par cœur la poésie antéislamique et surtout celle du groupe des Sâalik (poètes marginaux) et du poète Orwa Ibn El Ouard dont voici les vers :

"wa sa2ilaton : ayna edhahabou wa sa2ilon :

wa hal yous2alou esso3loukou ayna madhahiboh

madhahibouhou anna elfijaja 3amiqaton

idha dhanna 3anhou bilfi3ali 2aqariboh"

Voilà comme les choses se sont passées.

Et Ahmed Ben Salah me fit alors écouter un CD où des acteurs arabes lisaient superbement les moualakat en me disant que les Sâalik étaient, eux, ses amis qui l’aidaient à passer les épreuves et qu’il écoutait quand il devenait las des hommes…
 
Ainsi prit fin cette première partie de notre long entretien. 

 (Source: Réalités nr 956 du 22-04-2004)

لماذا انتشرت ظاهرة الانتحار في المجتمع التونسي؟

تونس - سميرة الصدفي     

لاحظ باحثون اجتماعيون أن ظاهرة الانتحار انتشرت في المجتمع التونسي خصوصاً بين الشباب في السنوات الأخيرة. الا أن الأسباب متباعدة ولا تجيز الحديث عن سبب رئيس يحمل المنتحرين على انهاء حياتهم بطريقة مأسوية. وبات الانتحار يشمل أوساطاً ميسورة وليس فقط المتحدرين من فئات اجتماعية فقيرة والذين تدفعهم ظروفهم القاسية الى التخلص من المعاناة, اذ لوحظ أن طبيباً شاباً وناجحاً انتحر في ظروف غامضة, وكذلك فعل مدير عام أحد المصارف التجارية... فيما أقدم قاض شاب في مدينة القيروان على وضع حد لحياته لأسباب ظلت مجهولة.

كذلك سجلت حالات انتحار بين الفتيات في أعقاب تعرضهن لعمليات اغتصاب أو اكتشاف الأسرة أنهن أقمن علاقة غير شرعية. ساعتها يكون الانتحار مهرباً من العقاب الأسري والفضيحة الاجتماعية. وقال طبيب في أحد المستشفيات الرئيسة في العاصمة تونس إنه تلقى حالات كثيرة لفتيات حاولن الانتحار الا أنهن أسعفن في الوقت المناسب, وأكد أن حياة الأكثرية أنقذت بسبب التفطن للمحاولات في الوقت المناسب. وفي معلوماته أن الدوافع مختلفة لكن الغالبية تتصل بتجارب عاطفية فاشلة أو اخفاق في الدراسة وقليل منها يعزى لتشدد الآباء وقسوتهم في تربية بناتهم.

ويمكن القول ان الأخبار التي تنقلها الصحف عن حالات الانتحار, والتي باتت تحتل مساحات متزايدة, تؤكد هذه الاستنتاجات. ومن آخر الأخبار على هذا الصعيد ما نشرته احدى الصحف أخيراً عن انتحار طالب يدرس في الصف السابع من المدرسة الأساسية في مدينة غار الدماء التي تقع على الحدود مع الجزائر. وأفادت الصحيفة بأن الطالب الذي لم يتجاوز الرابعة عشرة ضجر من امتطاء سيارات النقل الريفي في رحلات عذاب يومية بين المدرسة وقريته الجبلية مما انعكس سلباً على العلامات التي حصل عليها. وبعد نهاية العطلة الدراسية الأخيرة عاود الذهاب الى المدرسة وحصل على كشف العلامات الذي أظهر أن النتائج التي حصدها هزيلة فكتم الخبر عن أهله خشية العقاب ورفض تناول العشاء الذي أعدته والدته وأوى الى سريره متظاهراً بالنوم. لكن في صباح اليوم التالي رصد انشغال والدته برعي الغنم فانتظر حتى انصرفت الى الجبل ونهض ليلتقط قطعة حبل ربطها الى سقف البيت ووضع فيها رقبته وفارق الحياة.

لكن الانتحار يرتبط أيضاً بيأس العشاق من الوصول الى معشوقاتهم وحصلت محاولات انتحار كثيرة من هذا النوع وهي مقتصرة على الفئة التي يراوح سنها بين العشرين والثلاثين, ومن أشهر القصص على هذا الصعيد انتحار الشاعر المعروف رضا الجلالي بعدما أيقن أن حبيبته لا ترغب بالارتباط به. واللافت أن الشاعر الذي كان نشطاً في الأوساط الأدبية قام بمحاولتين فاشلتين أنقذت حياته بعدهما الا أنه بات خبيراً في وسائل الانتحار "المضمونة" بناء على التجربتين السابقتين فقضى في الثالثة.
ومن الظواهر الجديدة انتحار الزوجات الشابات بسبب أوضاعهن الاجتماعية أو خيبة الأمل من الزواج, ونقلت أخيراً صحيفة "الشروق" أن زوجة في الخامسة والعشرين أقدمت على الانتحار في احدى مدن الوسط بعد خمس سنوات من زواجها بسبب اعتراض زوجها على انجابها أطفالاً لكون امكانات الأسرة لا تسمح باعالتهم. وقال زوجها للصحيفة انه غادر البيت صباحاً للعمل ككل يوم الا أن والدته هاتفته في العاشرة بعدما دخلت الى غرفته ووجدت الكنة جثة معلقــة الى السقف. وأوضح أنه تخاصم ليلـــة الحادثـــة مع زوجته في شأن موضوع الانجاب.

ورأى الباحث الاجتماعي الدكتور عباس الفندري أن هذه الظاهرة من نتائج التغييرات التي أبصرها المجتمع في ظل الحياة المدينية الجديدة والتي تتسم بانفلاش الأسرة التقليدية وتمزقها. واعتبر أن ضغوط النمط الحديث للأسر والقائم على الأسرة - النواة وكثرة الحاجات التي يفرضها المجتمع الاستهلاكي أدت الى توتر دائم في العلاقات بين الزوج والزوجة بسبب عدم القدرة على تلبية جميع الطلبات, على رغم تفاقم ظاهرة الاستدانة وتشجيع المصارف زبائنها على اللجوء للاقتراض.
وفيما يعزو متدينون انتشار هذه الظاهرة لأسباب تتصل بتدهور المنظومة الأخلاقية وضعف الرادع الديني يشدد باحثون اجتماعيون على ضرورة مراجعة الأسباب الاجتماعية والتركيز على التأطير النفسي للطلاب والاهتمام بتوجيه المتزوجين حديثاً ومساعدتهم على ايجاد حلول للمشاكل التي قد تجابههم.

(المصدر: ملحق "مجتمع" بصحيفة الحياة الصادرة يوم 24 أفريل 2004)
 

دمشــــــــــق

كتبه : عبدالحميد العدّاسي

دمشق أو الشّام ، مكتبة كبيرة وُضِعت دواليبُها في مختلف الأركان بطريقة عَرْض تغري القادم إليها على الجلوس في بعض حجراتها ( دار الفكر ،  دار الفيحاء ، دار القلم ، دار أفنان ، دار الخير ، دار ابن كثير ، دار الحكمة ، دار نور البشير ، دار علاء الدّين ، مكتبة الأسد ، اتّحاد الكتّاب العرب ، مكتبة  الغزالي ، مكتبة الفارابي ، مكتبة العِلم الحديث ، مكتبة ابن القيّم ، وَرْد للطّباعة ، دار المعرفة ، و غيرها كثير ، كثير ) لتصفّح    - و لو بسرعة – بعض النفائس فيها . و لقد قُدِّر لي القدوم ، و قدّر لي الجلوس و التصفّح ، ثمّ سرعان ما صرت أسير تلك الرّحاب السّاحرة . فتعرّفت على الكثير من النخب الصّالحين و أحببتهم و أحببت الكثير من الكتّاب المبدعين فكبروا لديّ كثيرا و صغرت نفسي عند نفسي كثيرا .

 

فهذا صاحب " الأذكار " أبو زكريّا النووي الدمشقي يغادر الدنيا و له تسع و أربعون عاما فقط ، بعد أن ملأها خيرا وعرفانا و بعد أن ترك فيها داعيا يرطّب الألسنة بذكر الله و الثّناء عليه . و هذا صاحب " الروح " و " حادي الأرواح " و " تلبيس إبليس " ، أبو عبدالله ابن قيّم الجوزية ، و قد تنازع اسمه الكثير من الدور و المؤسّسات والشوارع والمدارس، كلّ يريد أن يتسمّى باسمه رغبة في التبرّك به و أملا في حيازة بعض الخير الذي أسّس له خلال عمر لم يجاوز الستّين سنة . و حريّ بالشباب أن يتوقّفوا طويلا عند سيرة عملاق حمصي دمشقي مصري فلسطيني مسلم ، مرّ مسرعا بهذه الديّار ( عاش 44 سنة فقط ، منها ثماني سنوات كان فيها طريح الفراش في المرض الذي أودى بحياته ) ربّما لتأكّده من حقارتها و هوانها على الله " لو كانت الدنيا تعدل عند الله جناح بعوضة  ما سقى كافرا منها شربة ماء "، غير أنّ آثاره كانت محدّثة بالبطولات الجليلة و المواقف النبيلة و النفس العلية الأبيّة و الصبر الأيوبيّ و اللّسان الذاكر و القلب الشّاكر و الخطيب المفوه و القلم السيّال و القول الحسن و الحجّة الدّامغة و السّيف المسلول و الرمي الدّقيق والثّبات على المبدأ ... نعم حريّ بهم و بنا جميعا أن نتعرّف على هذا الرّجل و نحبّه و نجلّه ( و إن اختلف بعضنا معه في طريقة أدائه ) .

 

و لقد اخترت للقارئ أن يطلّ عليه من خلال ما قال في محاضرة بعنوان " الصّراع بين العقل و القلب " ، كان ألقاها رحمه الله سنة 1967 ، يناقش فيها دور العقل الذي هو محلّ العلم ، و دور القلب الذي هو محلّ العاطفة بل الذي هو العاطفة نفسها و هو النفس و الرّوح و الميل . يقول رحمه الله : إنّ المتتبّع لميول الإنسان و المتتبّع للتّاريخ يجد أنّ هذه الإنسانيّة ليست دائما وليدة العقل بل نحن نعيش في هذه الحياة بفضل القلب . و يضرب لذلك أمثلة فيتحدّث عن كثرة الآلام في هذه الحياة الدنيا إلى درجة لو استعمل أحدنا العقل فيها لكرهها،  و لكنك لا تجد إنسانا واحدا يزعم أنّه يكره الحياة . و يتحدّث عن الرّجل يكدح و يشقى في العمل السّاعات الطّوال ثمّ سرعان ما يقضي على نتيجة ذاك الجهد وذاك الإجهاد بجلوسه دقائق معدودات حول طاولة الأكل ، فأيّ عقل يُذهب ما اكتُسِبَ بالسّاعات و الأيّام و الشّهور في بضع دقائق ؟!    و لكنّها العاطفة و الميل ! و يصف تحيّز الأمريكان يومها إلى فرنسا لمناصرتها بخصوص تعاملها مع المستعمرات أو مع دول المغرب العربي بالتصرّف العاطفي البعيد عن العقل ، الرّامي إلى الاستيلاء على مقدّرات الأمم . و يناقش قضيّة خضوعنا لأحكام أناس اخترناهم نحن بأنفسنا ( يقصد في البلاد الديمقراطيّة ) ، فصرنا بذلك معرّضين للسجن و العقاب من طرفهم ، وهو يؤكّد ، رحمه الله ، على أنّ العقل لا يقبل ذلك و لكنّ نداء القلب والعاطفة ينفّر من حكم العقل و يقول : إنّني لا أستطيع أن أعيش في الحياة إلاّ بأناس يتولّون شؤوني . ثمّ يعقّب : فالإنسانيّة اليوم تشقى بهذا التغليب من جانب العاطفة على جانب العقل لدى السياسيين و لدى القادة في داخل أمّتنا ... فنحن اليوم نعاني شقاء لا لأنّنا نُحكّم العقل بل لأنّنا نُحكّم العاطفة في كثير من شؤوننا و أمورنا . و يظنّ السّامع أو القارئ أنّ الشيخ رحمه الله إنّما يدعو إلى استعمال العقل و تحكيمه بعيدا عن العواطف التي كثيرا ما مالت عن الحقّ ، و لكنّه سرعان ما يفاجئك بعكس ذلك تماما ، عندما يبيّن أنّ هذا القلب أو هذه العاطفة في الإسلام لا يعدو أن يكون إلاّ تلك النفس التي طالب الإسلام بتزكيتها " قد أفلح من زكّاها و قد خاب من دسّاها " و أنّه هو تلك المضغة التي إذا صلحت صلح الجسد كلّه و إذا فسدت فسد الجسد كلّه ، فيقول رحمه الله : إنّنا لا نجد في التّاريخ صاحب قلب كبير إلاّ و له عقل كبير و لكنّنا نجد في التّاريخ كثيرين كان منهم صاحب عقل كبير و لكنّه لا قلب له ، و صاحب العقل الكبير الذي لا قلب له أو لا قلب معه شيطان يوسوس للنّاس بالفتنة و الفساد  و الضّلال ( صدقت يا شيخنا ، تُرى ما كنت تقول لو عايشت هذه الأيّام الحالكة ) . و يعطي لذلك أمثلة و مقارنات بين عمر بن الخطّاب رضي الله عنه و بين أيزنهاور ، و بين صلاح الدّين الأيّوبي و بين ملوك المسلمين و رؤسائهم مجتمعين فيؤكّد على أنّ الإنسانيّة سعدت بالعلم القليل مع القلب الكبير أكثر ممّا سعدت بالعلم الكثير مع القلب الميّت أو المريض . لذلك ، فالإسلام يُعنى بتربية القلب قبل كلّ شيء وهو واثق من أنّه متى استقام للإنسان قلب يقظ سليم واتته كلّ وسائل السّعادة

ثمّ يظلّ الشيخ رحمه الله مؤكّدا على هذه المعاني داعيا إلى تزكيّة النفس و العناية بتكبير القلب و تصفيته و تنقيته من الرّذائل و الأمراض المانعة من استغلال فضيلة العقل  الكبير و أن يعزم كلّ واحد منّا على إحياء قلبه قبل التفكير في الحصول على الشهادات العليا الضروريّة هي أيضا لحسن سير هذه الحياة و لحسن تمركزنا بين الأمم : إنّ النّاس لا يعيبون إخوانهم المسلمين إذا لم يكونوا كلّهم حملة شهادات الدكتوراه . و لكنّ النّاس يعيبون إخوانهم المسلمين إذا لم يكونوا كلّهم حملة قلب كبير يقظ يسع النّاس جميعا .  و يصف لذلك الوصفة التالية :

 

-         أن يتذكّر كلّ واحد منّا عظمة الله تبارك و تعالى و سلطانه .

-         أن يذكر الإنسان الموت و نهاية الحياة .

-         أن لا نغترّ بطاعتنا و لا نيأس من معصيتنا . 

 

رحم الله شيخنا مصطفى بن حسني السباعي ، و جزاه عنّا خير الجزاء و نفعنا بسيرته الجليلة و مبادئه الإسلامية النبيلة، و جعلنا من أصحاب القلوب الكبيرة اليقظة التي تسع النّاس جميعا ، و بارك في دمشق وفي أهلها فإنّها - رغم ما تُخفيه لبعض مخالفي الحكم فيها - تظلّ من أحسن بلاد العرب أمنا و أمانا و تديّنا و إحسانا ، و يظلّ أهلها من أحسن أهل الإسلام خُلقا و عشرة و جوارا ، حسّنوا قولهم و ألسنتهم فحسّن الله سمتهم  وصورهم و أجرى الخير على أيديهم . و لقد رأيت ذات يوم مشهدا أجرى في داخلي أنهارا من دموع القلب لم تفلح عينيّ في منع بعض آثارها . كان المشهد يتمثّل في يافطة صغيرة كتب عليها صاحبها الذي استجاب لنداء حيّ على الصلاة ، حيّ على الفلاح : " سعر كيس الخبر 15 ليرة والخلاص عند جارنا الثاني من ناحية اليمين " . وقد بكيت يومها لغياب هذا الخُلق لدينا أو موته وتراجعه، و أدركت أنّنا، إنّما بلغنا الدرك الذي بلغناه في انحدارنا لمّا رضينا بحكم أناس حُرِموا القلب الكبير والعقل الكبير معا ، فنسوا الله فأنساهم أنفسهم ، وخشيت أن نكون مثلهم لأنّه كيفما تكونوا يولّى عليكم ...

ملاحظة : كلّ ما كتب باللون الأزرق هو بتعبير الشيخ ، و لا أثر لقلمي فيه . 

بعد انتصاره الساحق
هل يتمكن بوتفليقة من تحقيق المصالحة الوطنية؟


صلاح الدين الجورشي (*)

نجح عبدالعزيز بوتفليقة في الحصول على التفويض الشعبي للبقاء خمس سنوات أخرى على رأس الدولة الجزائرية
فالفارق في الأصوات بينه وبين منافسيه كان كبيرا، ما فاجأ المتابعين لهذه الانتخابات، الذين توقعوا أن تكون موازين القوى متقاربة، وخصوصا بالنسبة إلى المرشح علي بن فليس. وسواء صحت بعض اتهامات المعارضين له بتزوير النتائج أم لا، فالمؤكد أن هناك جزءا مهما من الرأي العام الجزائري مؤمن بقدراته على إدارة شئون البلاد، ومطمئن لأدائه السياسي، وواثق بوعوده الخاصة بتحقيق المصالحة الوطنية وتحسين الأوضاع العامة. يضاف إلى ذلك أن بقاءه في السلطة أثار ارتياح كثير من الأطراف الدولية والإقليمية، إذ لوحظ أن فرنسا كانت في مقدمة من هنأ بوتفليقة ورحب بانتصاره. كما اعتبر بعض المراقبين أن العملية الانتخابية تمت وفق المعايير الأوروبية.

الآن وقد تجاوز الرئيس الجزائري العقبة التي كان متخوفا منها، ماذا يمكنه أن يحقق لناخبيه؟
 
هذه عناصر النجاح

عوامل عدة ومتشابكة ساعدت على تحقيق هذه النتيجة من أهمها ما يأتي:
- الإنجازات التي تحققت على الأرض. وعلى رغم أن خصومه يحاولون التقليل من أهمية ذلك، فإن عموم الجزائريين ربما نظروا إلى الأمور من زاوية مختلفة. فالوضع الاقتصادي تحسن نسبيا، بفضل عاملين على الأقل، هما: انحسار ظاهرة العنف والارهاب من جهة، وازدياد مداخيل النفط من جهة ثانية.
- تحسن الوضع الأمني بعد السنوات العجاف التي قضت على الاستقرار وكادت أن تقلب موازين القوى. وعلى رغم الجدل الذي دار حول صيغة الوئام الوطني، فإن تحييد الجبهة الإسلامية للإنقاذ وحل جناحها العسكري، ثم العفو الذي شمل كل المسلحين الذين سلموا أنفسهم، ساعد بشكل حاسم على عزل بقية التنظيمات المتطرفة، التي تراجعت قوتها كثيرا أمام ضربات الجيش.
- تشتت خصومه وضعف المعارضة. فعلى رغم الحريات الواسعة المتوافرة حاليا في الجزائر، فإن أحزاب المعارضة لاتزال ضعيفة، وتفتقر إلى استراتيجية موحدة، وهو ما يفسر عدم قدرتها على تهديد موازين القوى. لكن مع ذلك هناك جانب من الصورة لايزال غامضا، فحزب جبهة التحرير يشكل القوة الرئيسية في هذه المرحلة، وبما أن غالبية كوادر الحزب قد وقفت إلى جانب علي بن فليس، الذي خاض حملة انتخابية ناجحة نسبيا، فكيف تفسر النسبة التي حصل عليها، والتي لم تتجاوز ثمانية في المئة؟
- استثمار جيد للتناقضات والتباينات القائمة بين مختلف الحركات الإسلامية. لقد حافظ بوتفليقة على علاقة تعاون وثيق مع "حركة السلم" التي أسسها المرحوم الشيخ محفوظ نحناح، والتي أعلنت تأييدها للرئيس الحالي. كما نجح في تحييد الجبهة الإسلامية للإنقاذ، بل وكسب مناصرة شق من القياديين لترشحه. وعزز ذلك بالعلاقات التي أقامها مع الحركة الصحافية وشيوخ الزوايا، إلى جانب ولاء ما يسمى بـ "الإسلام الرسمي".
- حسن التعامل مع المؤسسة العسكرية التي وإن تمسكت - ظاهريا على الأقل - بالبقاء على الحياد، إلا أن ذلك الموقف لم ينعكس سلبيا على بوتفليقة. وخلافا لبعض التوقعات فقد استفاد من ذلك الموقف، وخصوصا بعد أن ارتفعت أصوات معارضة وطالبت بتدخل الجيش في الحياة السياسية، وقامت بتحريضه ضد الرئيس الحالي بحجة حماية المسار الديمقراطي من التزوير، على رغم أن الجنرالات سبق أن اتهموا بكونهم هم الذين جاءوا ببوتفليقة من الإمارات ودعموه في انتخابات العام .1999
 
فالمؤسسة العسكرية لم تنقسم هذه المرة على نفسها كما توقع البعض، بعد الهجوم العاصف الذي شنه الجنرال خالد نزار على الرئيس الحالي، وهو ما يعني أن المعطيات داخل المؤسسة العسكرية قد تغيرت عما كانت عليه خلال المواجهة مع جبهة الإنقاذ وسنوات الحرب الأهلية. لقد أراد الجيش أن ينأى بنفسه هذه المرة عن منطقة الشبهات، ويترك السياسيين يتحملون مسئولياتهم. ففي الجزائر توجد حال من تقاذف المسئولية بين العسكريين والسياسيين. فالمدنيون يتهمون باستمرار الجيش بكونه المعرقل للنمو السياسي من خلال المحاصرة الشديدة للمؤسسات الدستورية، وفي مقدمتها السلطة التنفيذية التي لا يمسك بها إلا من يرضى عنه الجنرالات. لكن لهؤلاء وجهة نظر أخرى، اذ وجه الجنرال محمد التواتي في تصريح قديم أدلى به لمجلة "جون أفريك" ،1994 قال يومها: "الجزائر لا تملك الطبقة السياسية التي تستحقها، ففي كل مرة نعود فيها إلى ثكناتنا يلجأون إلينا في أول صعوبة تعترضها. ففي العام 1988 تمت دعوتنا لإعادة الأمن العام ثم اتهمونا بأننا أطلقنا النار على الجمهور. وفي العام ،1992 توجهت إلينا أحزاب سياسية كثيرة ومنظمات المجتمع المدني بنداء من أجل إنقاذ الجمهورية".
 
من الوئام إلى المصالحة

قال بوتفليقة لتبرير ترشحه لدورة ثانية إن السنوات الخمس التي قضاها في الحكم لم تكن كافية لإتمام الإصلاحات التي وعد بها. لهذا ينتظر المراقبون ما سيقوم به بعد أن حصل على التفويض الشعبي للبقاء فترة أخرى. ولعل أبرز الملفات التي ألح عليها وجعل منها شعار حملته الانتخابية هو "الانتقال من مرحلة الوئام المدني إلى مرحلة المصالحة الوطنية".
 
ويقصد بذلك الانتقال إلى مرحلة إعادة إدماج الذين كانوا يعتبرون سابقا خارجين على القانون والدولة في الحياة السياسية. وإذ لايزال الغموض يكتنف ملامح الخطة التي ستنفذ لتحقيق هذا الغرض، فإن الموضوع ليس سهلا أو بسيطا. فقيادة جبهة الإنقاذ، تراهن على استعادة وضعها القانوني ودورها السياسي، على رغم التغييرات الواسعة التي تمت بالجزائر. وهو ما يفسر تأييدها بصيغ مختلفة لبوتفليقة، إذ يأمل كثير من القياديين في أن يتخذ قرارات "شجاعة" تتعلق بمستقبل حركتهم.
 
هل يقبل الجيش بجبهة الإنقاذ؟

في مقابل ذلك لا يعرف كيف سيكون رد فعل المؤسسة العسكرية في صورة إن قرر الرئيس الشروع في تحويل شعار "المصالحة الوطنية" إلى حقيقة سياسية. فالجيش كان ولايزال من أهم القوى المعادية لعودة "الإنقاذيين" إلى العمل السياسي. وعلى رغم التصريح الشهير الذي أكد فيه رئيس الأركان محمد العماري أن الجيش سيقبل بنتائج صناديق الاقتراع، حتى لو أفرزت انتصار أحد الإسلاميين، فإنه لم يشر في ذلك إلى عباسي مدني أو علي بلحاج، وإنما ضرب مثالا بالشيخ جاب الله المعروف باعتداله، وعدم لجوء أنصاره إلى العنف.

وإذا كانت قيادة الجيش ممثلة في المتحدث باسمها الجنرال العماري، قد اختارت "الابتعاد عن المطبخ السياسي" فإنها اعتبرت من واجبها التدخل في حال انتخاب شخص يهدد الديمقراطية والتعددية والنظام الجمهوري. كما أنه لايزال يوجد على رأس الكثير من القطاعات العسكرية الحيوية جنرالات أقوياء ينتمون إلى دائرة الاستئصاليين، ويرفضون بقوة محاولات إعادة الاعتبار إلى من يعتبرونهم "الأعداء الاستراتيجيين"، حتى لو أدى بهم ذلك إلى الدخول في خلاف مفتوح مع الرئيس بوتفليقة. فمعركة هؤلاء مع الإنقاذيين معركة حياة أو موت.

إلى جانب هذا الجناح من العسكريين، هناك قوى أخرى مدنية تدعم خيار الاستمرار في مشروع الإقصاء والاستئصال. وهؤلاء - الذين يتشكلون من بعض الأحزاب والشخصيات والمنظمات والمثقفين - يتهمون بوتفليقة بالتحالف مع الإسلاميين لكي يضمن لنفسه البقاء في السلطة أطول فترة ممكنة.

من هذه الزاوية، سيكون ملف الجبهة الإسلامية للإنقاذ محورا رئيسيا من محاور الحياة السياسية خلال الأشهر المقبلة. ويتوقع أن يمارس كل طرف الضغوط التي تمكنه من التأثير على سلطة القرار. وإذا كان من المؤكد أن الخيار الأمني قد فشل في القضاء على "الجبهة" التي عادت، على رغم موت عشرات الآلاف من أنصارها، لتشكل رقما مهما على الخريطة السياسية الجزائرية، فإن ذلك لا يمنع من القول بأن هذا الفصيل الحزبي يجد نفسه، بعد مرحلة القمع والتيه والمغامرات غير المحسوبة، يتخبط حاليا في مشكلات هيكلية خطيرة، ولا تعرف قدراته الحقيقية. كما أنه لا يملك مشروعا سياسيا واضح المعالم، بعد أن ثبت انهيار مشروعه السياسي السابق، وبعد المأزق الخطير الذي تورطت فيه الأجنحة الأكثر عنفا داخل ما يسمى بـ "السلفية الجهادية".
 
(*) كاتب وصحافي من تونس
 
(المصدر: صحيفة الوسط البحرينية الصادرة يوم 24 أفريل 2004)

العراق: حفل عشاء المحافظين الجدد


الطاهر الأسود (*)

تنزع النخبة الحاكمة في الولايات المتحدة الى رؤية العرب ليس كما هم بل كما تريدهم أن يكونوا. و تشير التقييمات الامريكية للمقاومة العراقية الى ان الرؤية الهوليودية للعربي هي أحد المصادر الاساسية للفكرة الاساسية التي يملكها أهل القرار في واشنطن عن العرب: فالعربي في العقل الهوليودي و الى الان هو شخص قليل التفكير و همجي و جشع. بينما لايزال التشخيص الرسمي في البيت الابيض للمقاومة العراقية بأنها مدفوعة بالمال و همجية و غير واقعية. المصيبة أن مؤشرات كثيرة تبين ان القيادة الامريكية تعتقد فعلا في صحة تشخيصها السطحي. و هو طبعا وضع مأساوي يستحضر مأساة مماثلة للماسي النمطية الاغريقية: فالادارة الامريكية اختلقت اكاذيبا لتنتهي الى تصديقها في نهاية الامر.

في المقابل تستحق المقاومة العراقية البطولية وقفة تأمل جدية. و عوض تحويلها الى "أسطورة" (كما يحدث الان في الكثير من الاوساط العربية) من الأفضل الانتباه الى أنها حقيقة واقعية و نتيجة ضرورية لمجموعة من العوامل الموضوعية. إن أفضل تحية لمقاومي الفلوجة التأكيد على انتمائهم للعالم المادي و ليس للعالم الاسطوري. و الايمان بضرورة نصرهم يكمن تحديدا في بشريتهم و ليس في الوهيتهم. إن قوة الايمان الديني كدافع معنوي رئيسي لدى مقاومي العراق يحقق ادميتهم و لا يزيلها.

المشهدية و الرمزية لدى المحافظين الجدد: كراوثمر في سموكينغ يتحدث عن الفلوجة

لا تتماهى البراعة الفكرية دوما مع الحضور الكارزمي. و هكذا فإن أغلب المفكرين المميزين لا يتمتعون ضرورة بتأثير لافت عند احتكاكهم المباشر مع الجمهور. و تلك معضلة أبدية: فأغلب المعبرين المؤثرين سياسيا عن أفكار و استراتيجيات ضخمة ليسوا المسؤولين الاساسيين عن صياغتها. هناك, في ذلك الفراغ الكارزمي لأغلب المنظرين, ينشأ الزعماء الكارزميون. و لكن في الحالات القليلة التي يمكن لمفكر مميز أن يصبح فيها قأئدا سياسيا كبيرا فإننا بصدد حالة تتحول بسرعة على المستوى الذهني الى ظاهرة أسطورية. تروتسكي "النبي" بدون سلاح مثال شيق. في المقابل هناك الظاهرة السمجة المتمثلة في رغبة سياسي كبير في التحول الى مفكر كبير. لن نعدد الأمثلة في هذه الحالة.

لا يوجد في أوساط المحافظين الجدد مفكرون كارزميون. فشخص مؤثر من الناحية الفكرية مثل ويليام كريستول ممل و قليل البديهة على الركح الاعلامي و من ثمة السياسي. في المقابل رامسفيلد و الذي لا توجد له أبحاث تذكر حيث ترعرع في الاوساط البيروقراطية في واشنطن يملك التأثير الاعلامي الأكبر و هو الشخصية الكارزمية الرئيسية لتيار المحافظين الجدد. غير أن هناك شخصية مميزة في هذا الخليط: تشارلز كراوثمر.

أول المنظرين الفعليين للبرنامج السياسي الراهن للمحافظين الجدد كان تشارلز كراوثمر. تم ذلك في سبتمبر من سنة 1990 في خضم التحضيرات للحرب على العراق و قبيل السقوط المدوي للمعسكر السوفياتي (أنظر: الطاهر الأسود "نشأة و تطور الاستراتيجيا الاستباقية" تونس نيوز 11 نوفمبر 2003). يتمتع كراوثمر بمواهب تنظيرية مميزة في فريق المحافظين الجدد مما جعله يتمتع باحترام دائم من قبل أقطابه و بكره بالغ من قبل المعادين له.  عدى ذلك فلكراوثمر طقوس خاصة لحضوره الاعلامي: فقد حول الشلل النصفي الذي يعاني منه الى أحد الوسائل المشهدية أثناء تبليغه لرؤاه. الأهم من كرسيه المتحرك (و الفاخر بالمناسبة) يحرص كراوثمر على الظهور إعلاميا (وخاصة من خلال قناة فوكس نيوز المتعصبة للمحافظين الجدد) مرتديا... سموكينغ.

طبعا يدرك أغلب محترفو السياسة الوجود الموضوعي للكاريزما و يدركون على الأخص أنها تتحدد بعناصر مشهدية (Visual). و اللباس أحد هذه العناصر. و هكذا اختار كراوثمر البحث عن كارزمية خاصة من خلال الظهور بمظهر من يعالج مسائل مصيرية كأنه ذاهب الى سهرة.

ظهر كراوثمر من برجه العاجي و على ركح الفوكس نيوز خلال الأسابيع الاخيرة و بطاقم السموكينغ بكامله ليقول الاتي: لقد أخطأ الجيش الامريكي باختياره طريق التفاوض مع إرهابيي الفلوجة؛ من الضرورة تحويل الفلوجة الى مثال للاخرين لكي يعتبروا؛ استراتيجيا الجيش الامريكي الملحة الان يجب ان تكون تدجين الفلوجة؛ من الحكمة عدم ضرب المقدسات الدينية في النجف لأنها ستفجر ثورة شعبية و ستخسر الولايات المتحدة حليفا رئيسيا أي الشيعة؛ يجب محاصرة الصدر في النجف و استئصال جيش المهدي من بقية المدن؛ .... النصر سيكون حليف الولايات المتحدة.  

المشكل الاساسي ليس السموكينغ في ذاته. المشكل الأساسي هو أن حكمة استراتيجية عريقة تقول: الحرب ليست حفلة عشاء.

حول الوضع العسكري الراهن: معركة الاحتلال الثانية

من الواضح الان أن المعطيات الدنيا المتوفرة حول الصراع العسكري في العراق تشير الى تحول نوعي أتى بعد تراكم طويل للمجهود القتالي للمقاومة العراقية كان قد مر أساسا بتحولات مسترسلة, بطيئة و لكن عميقة. و قد أشرت في سلسلة من المقالات في شهر نوفمبر 2003 في تونسنيوز الى تحول انذاك في الوضع العسكري يتمثل بالأساس في الخصائص التالية:

 أولا, نضج المقاومة العراقية و نجاحها في تحويل نفسها من مجموعات صغيرة معزولة في المزارع المحيطة ببعض المراكز الحضرية (و هو الوضع الذي تلى سقوط بغداد و تشرذم الجيش العراقي) الى مجموعات صغيرة منبثة داخل سكان المراكز الحضرية. و بعكس الحروب الشعبية التي تنشأ في مجالات ذات طابع ريفي أساسا (الصين و الفيتنام خصوصا, و بشكل ما حرب جنوب لبنان التي خاضتها المقاومة اللبنانية خلال التسعينات) فإن شرط الحروب الشعبية في مجالات ذات طابع حضري أساسا (و ينطبق ذلك على العراق الراهن و الذي هو مختلف عن عراق ثورة العشرين مما ينعكس طبعا على الطبيعة العسكرية للانتفاضتين) لا تتحقق إلا بتمركزها في المدن. و في الحالتين (اي في مجالات ذات هيمنة ريفية او حضرية) على المقاومة الشعبية أن توجد أين يوجد أغلب السكان. أي أن السمك يجب أن يوجد حيث يوجد الماء, و طبعا كلما كانت المياه أعمق كلما كانت ظروف المقاومة اللوجستية و السياسية أفضل. و بسرعة نلاحظ هنا أن المقارنات الكثيرة التي برزت في الأشهر الأخيرة بين المقاومة الفلسطينية و العراقية, لا ترجع أساسا للعلاقات الخاصة بين الولايات المتحدة و اسرائيل كما لا ترجع لما يُروج حول "تعلم" الجيش الامريكي أساليب الجيش الاسرائيلي, بل تعود رئيسيا الى مسألة أهم و هي بالتحديد تشابه أسلوب عمل و تحرك المقاومين في القطرين و خاصة نزعتهم للتمركز في المجال الحضري و الانطلاق منه لمهاجمة القوات المحتلة. فمبادرة المقاومة الشعبية هي التي تسير و توجه عادة رد فعل قوات الاحتلال, و هي أحد أهم خصائص حرب العصابات الناجحة و التي تفرض على الجيش النظامي توقيت و مكان و أسلوب المعركة و ليس العكس.

ثانيا, ببطء و لكن بخطوات لا رجعة فيها, أصبحت وتيرة الهجمات أقوى بحلول الخريف الماضي, الى الحد الذي أصبحت فيه أحياء كاملة من كثير من المراكز الحضرية, و خاصة خلال الليل تحت سيطرة المقاومة, و شمل ذلك حتى أحياء في بغداد. و قد كانت أحد أهم موشرات هذا التحول هو إلتجاء القوات الامريكية لأول مرة منذ الإعلان عن "إنتهاء العمليات القتالية الرئيسية" لاستعمال الاسلحة البعيدة المدى مثل الصواريخ إضافة الى استعمال المدفعية و التزايد الملحوظ لاستعمال المروحيات القتالية (تم ذلك في محيط بغداد و تكريت و الموصل). و جميع هذه العناصر أشارت انذاك الى توجه القوات الامريكية الى تجنب الاشتباك الميداني المباشر مع المقاومة الشعبية المتصاعدة و التي واصلت أسلوب اضرب و اهرب و هو ما قضم بشكل تدريجي من مجال و حرية حركة القوات الامريكية.

لقد تم كل ذلك و المقاومة العراقية غير موحدة تماما و لا تملك قيادة سياسية واحدة. و هو ما يعتبر إنجازا كبيرا خاصة في ظل الانهيار الحاصل في أفريل 2003.
و على أساس الانجازين أعلاه واصلت المقاومة العراقية مسيرتها للارتقاء الى مستوى أعلى و هو الوضع الراهن. فلقد توصل القادة العسكريون الامريكيون و على صدمة ما حدث في الفلوجة الى حقيقة اساسية, و هي أن توجههم الرئيسي لتجنب المواجهة الميدانية المباشرة مع المقاومة قد جعل الأخيرة تسيطر براحة كبيرة و في وضح النهار على مراكز حضرية مهمة مثل الفلوجة. و أكثر من ذلك أصبح من الواضح أن المجموعات العراقية المسلحة التي من المفترض أن تساعد القوات الامريكية ("الشرطة العراقية", "قوات الدفاع المدني"...الخ) هي إما مخترقة تماما لا بل يشارك بعض أفرادها في عمليات المقاومة أو هي بكل بساطة غير قادرة على أداء المهمة المعلقة عليها امريكيا. و لأسباب سنحاول مناقشتها أسفله (حول الدور الشيعي الراهن) تقاطعت الصدمة الامريكية في الفلوجة و قرارها بمواجهة المقاومة, مع ولادة أول مقاومة شيعية مسلحة ذات تأثير في العراق. و هكذا و بشكل سريع نشأ وضع جديد, كان في الواقع حصيلة تراكمات طويلة و لكن أيضا (وخاصة على الجبهة الشيعية) تحولات جديدة و طارئة. و يمكن تلخيص الوضع العسكري الحالي فيما يلي:

-- تكرس وضع فقدان الاحتلال للسيطرة الكلية على أجزاء هامة و كبيرة من المراكز الحضرية العراقية من المحافظات الجنوبية الى مراكز محافظة الانبار. بينما حافظت مراكز المحافظات الشمالية (أساسا الموصل و كركوك) على وتيرة الأشهر الاخيرة أي تكتيك اضرب و اهرب خاصة خلال الليل. و بشكل عام و بعد حوالي العام من إحتلال العراق من الواضح (و كما أشار الى ذلك محللون امريكيون) ان على الجيش الامريكي و حلفاءه إعادة إحتلال العراق من جديد, و الذي يتجسد عمليا في تمركز قوات الاحتلال خارج المدن او على أطرافها في مهمة حصار و إعادة السيطرة عليها. و أكثر من ذلك فالمقاومة العراقية أصبحت تتحرك بحرية كبيرة و بشكل مكشوف, حتى أنها تتحكم بطرقات رئيسية في العراق (مثل طريق بغداد-عمان) و تقيم نقاط تفتيشها الخاصة. و هكذا فإن عنصرا اساسيا من مقومات اي هجوم أو حصار عسكري أمريكي أي ضمانة سلامة الامدادات قد تم الالتفاف عليه من قبل المقاومة. و مرة أخرى التجأت القيادة العسكرية الامريكي الى أجثر أسلحتها فتكا (الصواريخ المحمولة جوا و برا) غير أنها غير ناجعة في حالة الانتشار الكبير المنظم و المختلط بالمدنيين لعناصر المقاومة, كما أنه ليس من مصلحة القوات الجوية الامريكية تدمير الطرقات حيث سيعقد ذلك مهمة الامدادات. و هجذا فإن أهم أسلحة الجيش الامريكي (التفوق الجوي) لم يعد له قيمة لمواجهة هذا الوضع. 

-- المقاومة في الفلوجة نجحت في تحقيق تفوق سياسي من خلال سعي القيادة الامريكية للتفاوض أولا ثم لطلب وقف لإطلاق النار. كانت معركة الفلوجة نموذجا أساسيا ستعمل على أساسه المقاومة في بقية أنحاء العراق. حيث أن المرحلة القادمة ستكون أساسا مرحلة المعارك المفتوحة  في وضح النهار في شوارع المناطق السكانية مقابل التخلي تدريجيا عن أسلوب اضرب و اهرب. و قد بدأ نقل هذا الاسلوب الجديد من المواجهات المفتوحة الى بغداد و خاصة الى منطقة الأعظمية و مدينة الصدر. و في أحد البيانات الاخيرة لأحد فصائل المقاومة تم التعرض بشكل علني الى النية في نقل أسلوب معركة الفلوجة الى داخل بغداد. و بالرغم أن هذا البيان لا يمثل بالضرورة مسار تطور الوضع في الايام القادمة فإنه يعكس وعيا استراتيجيا عاليا للوضع العسكري من قبل عناصر المقاومة. إن المقاومة العراقية بصدد التعلم من معاركها و لديها الكثير مما ستستفيد منه في حين لا يملك العدو الكثير لتعلمه: فنقطة القوة الاساسية للقوات الامريكية ليست على مستوى المواجهات الميدانية في مناطق سكانية, بل نقطة قوتها الاساسية هي في سلاحها التدميري الهائل خاصة من الجو. و الحال أنها لن تدمر بذلك المقاتلين و لكن عائلاتهم تحت أنظار وسائل الاعلام العالمية. فالانجاز الامريكي المتمثل في تحويل المعركة الى مشهد تلفزي دعائي يسير في الاتجاه المعاكس الان. و هكذا مرة أخرى فإن القوة المركزية للجيش الامريكي (التفوق الجوي) مضرة أكثر منها مفيدة في هذه الظروف العسكرية. و حين يتعلق الامر بالمواجهات الميدانية المباشرة في شوارع اهلة بالسكان بين مقاتلين يدافعون في كثير من الاحيان عن عائلاتهم و جنود امريكيين ينتظرون بفارغ الصبر الرجوع الى بلدهم فإن النتيجة ستكون محسومة لصالح المقاومة.

-- ليس من الواضح في المدن الجنوبية ذات الأغلبية الشيعية و خاصة البصرة و الناصرية و كربلاء و الكوت و العمارة و السماوة طبيعة الوضع بالتحديد في اللحظة الراهنة.[1] و بالرغم من عدم وضوح الصورة بدقة و بالرغم من عدم وقوعها تحت سيطرة واضحة للمقاومة فإنها لا تخضع أيضا للإحتلال.

-- النجف: تحت الحصار الامريكي و التهديدات بالاقتحام في نفس الوقت الذي تعمل فيه الادارة الامريكية بمحاصرة الصدر سياسيا من خلال تكثيف الوساطات و بالتالي العمل على عزله شيعيا. غير أن المدينة و حتى أطرافها تحت سيطرة جيش المهدي, بل أن الحصار الامريكي لا يبدو قادرا على إغلاق منافذ المدينة حيث أن العديد من المقاتلين الاتين من بقية مدن العراق و خاصة من مدينة الصدر ببغداد بصدد الالتحاق بالقوات المرابطة هناك. و سواء في النجف أم في غيرها من المناطق الشيعية فإن جيش المهدي بدى أقوى مما روج له غالبية المحللين الامريكيين, و الاهم من كل ذلك أنه يلقى دعم السكان, و هو ما يعكس تزايدا في شعبية الموقف السياسي لمقتدى الصدر المعادي للإحتلال.              

حول مقتدى الصدر و جيش المهدي

تنافس في الايام السابقة محللون امريكيون كثيرون غارقون في خليط من الكذب و صدمة الاحداث في تبرير المأزق الامريكي و خاصة في علاقة بالقراءة الروتينية للمشهد الشيعي و التي سيطرت على المشهد الاعلامي الامريكي خلال السنة الاخيرة. و قد لعبت هذه القراءة تقريبا دورا تخديريا لأغلب المحللين هنا جعلهم يفهمون بصعوبة "كيف يستطيع الصدر تجميع قطاعات واسعة من الشيعة خلفه" في الوقت الذي كانوا خلقوا فيه بأنفسهم أوهام كثيرة مثل "هامشية جيش المهدي و محدودية الشعبية السياسية للصدر" و "ثقة الشيعة بالولايات المتحدة و تعاطفهم معها". طبعا أخذ هؤلاء المحللون وقتا قبل الإعتراف (و مثلما يفعل أي صحفيين في بلد من العالم الثالث) بالتزامن مع أوساط داخل الادارة الامريكية بأن المواجهات المسلحة في المدن ذات الغالبية الشيعية بعد نداء الصدر للمقاومة لا تتعلق ب"الفين على أقصى تقدير" من عناصر جيش المهدي, بل بانخراط غالبية السكان الشيعة خلف الزعيم الشاب. و لمواجهة هذا الوضع تضطرب التحاليل لتصل الى حد البلاهة و الحديث عن "ضرورة تدمير هذا الخميني الجديد في المهد" و "تدمير ميليشيات الملا" و طبعا لا أحد من هؤلاء المأجورين يشير في جوقة البروباغندا التي يقودها البنتاغون الى أن "التدمير" في هذه الحالة يعني المواجهة الشاملة مع ملايين السكان. غير أن زيارة مايرز الاخيرة للعراق و إشرافه بشكل مباشر على سير الاحداث و هو ما تزامن مع الطلب الامريكي من ايران للتدخل في العراق (في الوقت الذي لمح فيه المقربون من الادارة عند بداية المواجهات ان تدخل ايراني كانت وراء اندلاع الاحداث !!!) الى استيعاب الولايات المتحدة لحقيقة انقلاب الوضع الميداني لغير صالحها.

إن هناك أمر اساسي يجب توضيحه الان: شعبية الصدر داخل الشيعة و علاقة التيار الصدري بالسيستاني.

يتميز تيار الصدر عن بقية الأطراف الشيعية بما فيهم ايات الحوزة و السيسيتاني بأنه التيار الوحيد الذي استطاع التنظم و التعبير السياسي عن قطاعات واسعة من الشيعة العراقيين خلال السنوات الأخيرة من حكم صدام حسين. و من المعروف أن قرار الصدر الاب بإقامة صلاة الجمعة كانت اداة سياسية أساسية في تأطير كثير من الأجيال الجديدة لشيعة العراق. فهؤلاء لا يعرفون عمليا الأحزاب القديمة و التي ذابت في الذات الايرانية و تم الإجهاز عليها في ظروف الحرب مع ايران حين مال أغلب شيعة العراق ضد ايران. و عمليا فعند سقوط النظام العراقي بقدوم الاحتلال كان الطرف السياسي الرئيسي المعبر عن شيعة العراق التيار الصدري. بالاضافة الى ذلك فإن مقتدى الصدر الشخص الاهم المتبقي من عائلة الشخصيتين الدينيتين الأكثر بروزا سياسيا لدى شيعة العراق (عمه محمد باقر الصدر و أبيه محمد صادق الصدر) و أهمية ذلك أن التوريث العائلي للإمامة أمر معتاد. و هذه نقاط كثيرا ما يتجاهلها بعض المحللين الذين يرغبون أساسا في التركيز على "عزلة" هذا التيار.

إن العلاقة بين التيار الصدري و الحوزة و خصوصا السيستاني (أو بين "الحوزة الناطقة" و تلك "الصامتة") معقدة بشكل بالغ, و هي بالتأكيد ليست كما يريد أن يصورها البعض من أنها علاقة تسير في اتجاه واحد من التنافر و التباغض. فلم يبن السيستاني رصيده قبل قدوم الاحتلال على اساس سياسي, بل بالعكس فرصيده يرتكز اساسا على التركيز على سير الحياة العقدية اليومية و ضمان الحد الادنى من ارتباط الشيعة بمؤسسة الحوزة سواء من خلال تلقي الدعم المالي او من خلال توفير مؤسسة للفتوى في الامور التي لا تمس القضايا السياسية. و هكذا فبالرغم من عدم موافقة السيستاني على إقامة صلاة الجمعة فإن تنشيط التيار الصدري للقواعد الشيعية كان يصب بالضرورة في مصلحة الحوزة بشكل عام (بناطقيها و صامتيها) من خلال توسيع هيبتها في الاوساط الشيعية المتدينة أكثر فأكثر. و عندما قرر السيستاني التدخل في الامور السياسية في الاشهر الاخيرة فإنه قام بذلك باحتشام كبير (و لنقل بتخفي حتى من الناحية الفيزيائية حيث لا يستقبل السيستاني صحفيين مثلا). و عمليا (و الاحداث الاخيرة تؤكد ذلك) حافظ التيار الصدري على الصدارة في التعبير السياسي عن غالبية الشيعة في حين بقيت هيبة السيستاني نافذة إلا في مجال التعبير عن الامور القدسية العامة: حيث ما يستطيع ان يقوم به هو إصدار دعوات عامة للتهدئة تقف في النهاية مع موقف الصدريين بما أنها تحمل الاحتلال مسؤولية ما يجري كما أنه يساهم في تعبئة الشيعة مع الصدر من خلال تحذيره القوات الامريكية من اقتحام النجف. و في النهاية لا يستطيع السيستاني تكوين جبهة سياسية مقابلة للصدريين لأنه لا يملك و لا ينوي امتلاك رصيد سياسي. و لا يعني كل ذلك أن هناك تقاسما واعيا للأدوار (سنترك هذا الاستنتاج للمغرمين بنظرية المؤامرة و خاصة لأولائك الذين يبالغون بأهمية التقية في تفسير أي موقف شيعي) بل يعني ببساطة رؤيتين مختلفين لدور المؤسسة الدينية, لكنهما يدافعان عن بعضهما البعض في وقت الازمات و خاصة في ظل ممارسات العقاب الجماعي للقوات الامريكية.

الديمقراطية والحرب

تتمثل أحد مفاصل الخطاب التبريري للمحافظين الجدد في ما يلي: "ما دام من البديهي أن الولايات المتحدة ستقيم ديمقراطية في العراق فإن الأعمال المسلحة تضر بهذا الهدف الأعلى. و طبعا فلأن الالة العسكرية الامريكية لا تقهر فإن أعمال المقاومة لن تؤدي إلا الى تأخير تحقيق الديمقراطية و ليس إلغائها... و على سبيل المثال فإن الصدر يريد إقامة جمهورية إسلامية غير ديمقراطية على الشاكلة الايرانية... غير أن إيران فشلت و سيفشل الصدر."

و طبعا لا يقدم مثل هذا العرض المتناسق سوى أقطاب المحافظين الجدد, و تحديدا أشخاص مثل ويليام كريستول و روبرت كاغان. أما النسخ العربية من طرح المحافظين الجدد فلا تقوى حتى على ذلك. يكفي إلقاء نظرة على الكتابات المتوترة ل"صحفيين" مثل: عبد الرحمان الراشد و أحمد الربعي وعثمان العمير و أمير طاهري و فؤاد عجمي و مأمون فندي... إلخ.
و لهذا لن نحفل بكتابات الاخيرين. بل فقط ب"المؤصلين" من المحافظين الجدد.

يعرف هؤلاء أنه لا يمكن التهرب من تعريف الوجود الامريكي في العراق على أنه احتلال. فذلك يعني بداية خللا أساسيا في التبرير لفكرة أن الوجود العسكري الأمريكي بالذات في العراق يخدم بناء الديمقراطية: أي حكم الشعب العراقي لنفسه. و لذلك يتهرب المحافظون الجدد بسرعة الى الحديث عن الاستثناء الأمريكي. و يتم تمرير مقولة الاستثناء من خلال الرجوع الى أمثلة محددة: الوجود العسكري الامريكي في ألمانيا و اليابان إثر الحرب الثانية. و هكذا يسترسلون في مقارنات سوريالية مثل تلك التي يجريها حتى الاعلاميون الأكثر جهلا بالمنطقة: غزو صدام حسين للكويت و غزو هتلر لبولونيا.
و طبعا فقد ساهمت الولايات المتحدة في بناء الديمقراطية في ألمانيا و اليابان. و على سبيل المثال بالرغم من الوجود العسكري الامريكي في ألمانيا فإن لجى الأخيرة إستقلالا حقيقيا تجاه المواقف الأمريكية. و ليس الموقف الألماني من الحرب الامريكية الأخيرة على العراق إلا اخر الأمثلة على ذلك. و بالتالي فالسيادة الألمانية  و من ثمة المصلحة الألمانية العليا عامل رئيسي في قرارات الحكومة الألمانية المنتخبة ديمقراطيا.
غير أن الواقع الموضوعي يشير الان أن هذه المقارنة غير ممكنة. المؤشر الأساسي على ذلك هو الواقع البين لمقاومة قوية و مرتبطة بقطاعات واسعة من الشعب العراقي تتجوز المثلث السني و المستطيل الشيعي. و فقط الحالمون و المتمسكون بالأوهام هم الذين لا يزالون متمسكين بقيادة منظمة القاعدة و المدعو أبو مصعب الزرقاوي للمقاومة في العراق.

لم يحصل ذلك لا في ألمانيا و لا في اليابان. طبعا لم يراجع أي من المحافظين الجدد جدول مقارناتهم على ضوء هذه التطورات الميدانية. فمقابل القبول الشعبي الياباني و الألماني بترسيخ حكم ديمقراطي حتى في ظل الاحتلال العسكري الأمريكي, نجد مقاومة عنيدة في العراق لهذا الوجود. فهل يعني ذلك غباء العراقيين مقابل حكمة الألمان ؟ هل يعني ذلك تعبيرا عراقيا في شكله البدائي عن عقلية "الاستبداد الشرقي" و الرفض المبدئي للديمقراطية؟
أم يجب علينا التحلي بجدية أكبر و تجنب أطروحات استشراقية بالية و الاعتراف بأن الواقع أكثر تعقيدا و أن المقارنات المذكورة أعلاه هي تبسيطية بشكل سافر ؟
أتوقع أن المتوترين من المحافظين الجدد و تحت ضغط الأحداث و لهيب المقاومة الذي لا يرحم سيميلون تدريجيا الى الخيار الأول. فالهزيمة العسكرية الامريكية بالنسبة لهم ستكون هزيمة للمشروع الديمقراطي في العراق, و بالتالي فإن اي حرب شعبية عراقية إنما تهدف لإقامة نظام استبدادي. فالعراقيون استبداديون بالفطرة. و يستحقون اللطم على ذلك.

غير أن ذلك رأي متعصب و يكشف كما نعرف الانو  بعد التجربة الاستعمارية الاوروبية الطويلة عن تحليل عنصري بالأساس لمسألة الطموحات الديمقراطية. و لهذا من الموضوعية الانتباه للخيار الثاني: أن الوضع أكثر تعقيدا مما يريد المحافظون الجدد تصوره.

كان الهدف الأساسي من وراء الوجود العسكري الأمريكي في في ألمانيا و اليابان مواجهة المعسكر السوفياتي. طبعا كان للمواجهة أسباب عديدة, لكن من المؤكد أن حكما سوفياتيا كان يستبعد بالأساس حكما ديمقراطيا (لأنها "ديمقراطية بورجوازية" لا غير بالنسبة للحركة السيوعية انذاك) و هو ما تحقق فعلا حيث استفادت الأحزاب الشيوعية من المناخ الديمقراطي لما بعد الحرب في بلدان (خاصة ألمانيا و ايطاليا و فرنسا و اليابان) سيطرت عليها الفاشية لفترة طويلة. و هكذا فبالرغم من أجواء الصراع الاستراتيجي الامريكي السوفياتي فإن بناء مجتمع ديمقراطي كان نقطة مشتركة للجميع, بما في ذلك الشيوعيين الغربيين. إن الإستثناء الامريكي في هذه الحالة يرجع بالأساس الى حالة إستثنائية أتت إثر حرب دولية طويلة و منهكة لم تتناقض إثرها المصالح الوطنية مع وجود عسكري أمريكي لم يكن يستهدف سياسيا الوضع الداخلي في الأقطار الأوروبية على الأقل على المستوى العلني. و هكذا نشأت ديمقراطيات حقيقية: ذات سيادة وطنية من جهة و تعتمد حكما ديمقراطيا في تسيير السلطة على المستوى الداخلي.

إن الوضع في العراق مخالف لذلك الوضع الإستثنائي. إن الاستراتيجيا الاستباقية للولايات المتحدة هي التعبير المعاصر عن الحرب الامبراطورية. و بمعنى اخر يصعب الفصل بين الطبيعة العدوانية للحروب الهتلرية و استراتيجيا المحافظين الجدد. إن الشعوب لا تنخدع بسهولة بمجرد نشر رزمة من الشعارات بالرغم من أن ذلك لا يعني دائما أنها ستقوم بالضرورة بشيء عملي محدد. فالشعب العراقي يعرف جيدا ماذا حصل. كيف كان العراق يتعرض لسنوات طويلة لحصار أمريكي خانق بالرغم من كل التنازلات التي قدمها النظام العراقي. كيف كان الطيران الأمريكي يقصف كما بدى له أية مواقع يريد على مدى 13 سنة. الشعب العراقي يعرف من أين أتت القنابل العنقودية و غيرها من الوسائل التدميرية للجيش الأمريكي خلال حرب 1991 و حرب 2003. الشعب العراقي يعرف كيف كان الجنود الأمريكيون يطلقون النار بعشوائية على المتظاهرين و المترجلين و راكبي السيارات بعد "تحريرهم" من نظام صدام حسين. إن المقاومة التي تجري الان تعبير دقيق عن حدة الرفض العراقي للاحتلال الامريكي, فبالرغم من استمرار الوضع الاقتصادي الخانق بل تأزمه (على الرغم مما يروجه البعض عن "تحسن" الوضع) فقد فقد العراقيون صبرهم الى حد باتت المخاطرة بالقيام بحرب مدمرة و شرسة مسألة ضرورية.

الأكثر من ذلك ليس العراقيون كما ترغب الادارة الامريكية معزولين عما يجري في محيطهم. فغالبية العراقيين لا زالت تقيم العداء لإسرائيل و لا زالت ترى في الحروب الأمريكية تعبيرا عن خطة تشمل المنطقة العربية. أفضل
و أحدث تعبير عن ذلك الغضب الذي اجتاح العراقيين (شيعة و سنة) عند اغتيال اسرائيل للشيخ ياسين. فصورة الولايات المتحدة في بداية القرن الحادي و العشرين محتلة العراق ليست بالتأكيد صورة الولايات المتحدة إثر الحرب العالمية الثانية محتلة ألمانيا. فللولايات المتحدة تاريخ في المنطقة و من ذلك التاريخ يستمد جمهور صورتها و ليس من أوهامهم.

إن الولايات المتحدة أعلنت بوضوح  أنها لن تسلم السيادة فعليا للعراقيين في 30 جوان كما أنها لا تخفي نواياها في الابقاء على وجودها العسكري في العراق مهما كان موقف أية حكومة عراقية, و طبعا يتم تبرير ذلك بعدم "استعداد" العراقيين لحماية أنفسهم, و يجب أن نتحلى بكثير من الغباء حتى لا نتعرف في ذلك التبرير على مفهوم "الحماية" البالي للنظام الاستعماري الأوروبي. لقد فهم العراقيون كل هذه المشاريع و النوايا, و تصاعد المقاومة هو استفتاء بأصوات مسلحة و بالأعيرة النارية ضد هذه المشاريع.

ليست الديمقراطية أشكالا إجرائية فحسب. إن الاقتراع الحر و تشكيل برلمان تعددي و التداول على السلطة هي الأشكال المعاصرة لتحقيق مبدأ رئيسي: سيادة شعب ما في تسيير سلطته السياسية. و الحرب كما يقول شيخ الاستراتيجيا الجنرال كلاوسفيتز هي السياسة بأشكال أخرى. إن المقاومة الشعبية المسلحة للاحتلال هي ممارسة تأسيسية ضرورية لأي نظام ديمقراطي في العراق. إن التعبير عن رغبة العراقيين في التحكم بمصيرهم السياسي بكل الاشكال المتاحة بما في ذلك الشكل المسلح هو بالأساس ممارسة ديمقراطية. إن تبرير معاداة المقاومة بأنها ستفضي لحكم دكتاتوري هو تجني على السير الطبيعي للأحداث. فحتى لو أفضت الى حكم دكتاتوري فإن هناك أغلبية من العراقيين قد قررت أنها لن تقبل بأي ترتيب سياسي تحت الاحتلال.
ليس شكل النظام السياسي هو محل الصراع هنا بل التدخل و العدوان الامريكي على العراقيين. و عبر تصاعد المقاومة (من المثير أن البعض لا يزال يستشهد الى الان باستطلاعات الرأي) يقول أغلب العراقيون أنهم لا يقبلون بتدخل الولايات المتحدة و تنصيبها لمجموعة من الأتباع من نوع الجلبي على أساس أنها حكومة عراقية. إن الديمقراطية العراقية لا يمكن أن تنشأ من دون عراقيين.

 و عبر الصراع و التعلم من تجارب الماضي و خاصة بسبب التنوع الاستثنائي في التركيبة العراقية سيفهم العراقيون أن عليهم أن يتفاوضوا على حلول وسطى لتحقيق التعايش و من ثمة عبر التنازلات المتبادلة من هذا الطرف و ذاك سيتجهون تدريجيا نحو ديمقراطية قوية و واقعية. أما الان فقد قرر غالبيتهم التخلص من الاحتلال العسكري. ما سيتكفل بتعزيز وحدتهم هو العناد و الصلف الذين سيتحلى بهما الجيش الامريكي و الادارة الامريكية خلال الاسابيع و الاشهر القادمة.
توجد الكثير من الفوارق بين الوضعين في العراق و الفيتنام. غير أنه إذا لا بد من الاختيار بين الفيتنام و ألمانيا فمن المؤسف أن الوضع الفيتنامي أقرب للواقع. أو كما قال تيد كينيدي: العراق هي فيتنام جورج بوش. غير أنه من المؤمل أن تؤسس المقاومة المسلحة في العراق  لنظام ديمقراطي نموذجي, و هكذا ستتحقق نبوءة المحافظين الجدد و لكن على حساب أشلائهم.
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[1] في البصرة و بعد سيطرة الاهالي على مركز المدينة يبدو أن الجيش البريطاني استعاد السيطرة على بعض أنحائها, غير أن التوتر باقي على أشده و من المتوقع في أي لحظة ان المواجهة العسكرية الجدية الاولى للبريطانيين في العراق على الابواب. ومن المهم التذكير هنا أن البصرة و بالرغم من ارتباطها سياسيا بباقي العراق تبدو حركة المواجهة فيها متميزة حيث قد سبق تفجر الصراع الامريكي مع الصدر, موجة سريعة و قوية من الاحتجاجات على مطالب اجتماعية اساسا من خلال مظاهرات سلمية سريعا ما تحولت الى مواجهات مسلحة. و عموما و قبل انخراط الصدر في المواجهة كانت البصرة في حالة غليان كبير, أبرز بلاهة التحاليل التي تتحدث عن "حكمة" الاحتلال البريطاني و "خبرته" في السيطرة على الاوضاع (تتناسى هذه التحاليل أن الجيش البريطاني الحالي ليس له علاقة لا من حيث الجيل الحالي الذي يقوده و لا من حيث تكوينه السياسي بتقاليد و ثقافة جيش الامبراطورية المنهارة—و الذي خسر ب"خبرته" معركة الاستعمار في كل الاحوال—حيث يعمل الجيش البريطاني الحديث على اساس النموذج الامريكي قلبا و قالبا). أما في الناصرية فإن التراجع الكبير للقوات الايطالية و الذي أدى الى خروجها أولا من المدينة تحت ضربات جيش المهدي قد أدى الى اتفاق اولي مع المقاومة الى بقائها خارج المدينة. غير أنها نكثت بوعودها وخاضت معركة اولى حول الجسر المشهور (و الذي توقفت فيه الحملة الامريكية خلال بداية الحرب على العراق) ثم تقدمت نحو وسط المدينة. و من الواضح في أقل الاحوال أن جزءا من الناصرية بقي تحت سيطرة المقاومين من جيش المهدي والمتعاطفين معه. كما ان المدينة في حالة غليان شديدة خاصة أن القصف الايطالي العشوائي قد طال أحياء سكنية, و هذه المرة فإن الذين يقودون العمل المسلح هم على علاقة سياسيا و عشائريا بغالبية سكان المدينة و الذي طالهم القصف. و بالتالي فإن الناصرية (فلوجة الجنوب) سترهق بشكل كبير اي محاولة للسيطرة الكاملة عليها. من ناحية أخرى فإن كربلاء و هي إحدى مدينتين (الاخرى النجف) تتمتعان بحصانة دينية خاصة لتفجر الوضع العسكري فيهما, قد شهدت مواجهات طاحنة وسط المدينة و في وضح النهار بين المقاومين الشيعة و القوات البولندية, و الذي أدى الى مقتل القائد المحلي لمجموعة الصدر.

(*) باحث تونسي مقيم بالولايات المتحدة الأمريكية

(المصدر: موقع نـواة www.nawaat.org التونسي بتاريخ 22 أفريل 2004)
الديمقراطية لا تصدّر ولا تورّد

د. الضاوي خوالدية (*)

ان مثل ما اشبه اليوم بالبارحة لينطبق علينا نحن العرب انطباقا تاما، فالغرب الذي هددنا بجيوشه في القرن التاسع عشر وغزا اسواقنا بسلعه ودعا حكامنا الاتراك الي سن قوانين تخدم جالياته وشركاته وتميزها عن بقية الرعايا والمؤسسات الاقتصادية الاهلية ثم احتلنا احتلالا مباشرا باتفاق مع السلطات التركية العثمانية القائمة في اكثر من بلد عربي، قد سمي (هذا الاحتلال) استعمارا او تعميرا او بالاحري تطويرا وتحديثا ودمقرطة لكن سياسة هذا المستعمر بالبلاد العربية كانت اغتصابا لوطن كامل هو فلسطين وقمعا، في بقية اوطان العرب، لا يوصف ومسخا للهوية غير مسبوق ونزفا للثروات ومصا لدماء الاهالي واستخداما لشباب الامة في حروب لا ناقة لهم فيها ولا جمل اسفرت عن نشر دماء العرب في جميع اصقاع المعمورة، ولما ثار العرب واقضوا مضجع المستعمر وضربوا مصالحه وزلزلوا الارض تحت قدميه وجعلوا حياته جحيما خرج تاركا اعوانه الذين رباهم طيلة فترة بقائه فحكموا باسمه وساروا سيرته ونعموا بحمايته حتي اتوا علي الاخضر واليابس في اوطانهم فتحركت شعوبهم، رغم الحديد والنار والزنزانات، مطالبة بالكرامة والحرية والخبز لاعنة الطغاة وحماتهم مقاومة هذا وذاك فغضب هؤلاء الحماة الكبار ووبخوا الموالي علي تقصيرهم في ضبط شعوبهم وعاقبوا موالي اخرين مر العقاب محتلين اراضيهم وتيقنوا ان ضمان مصالحهم علي المدي الطويل يكمن في تدجين الشعب العربي فأشعلوا نيران الفتن الطائفية والعرقية والقبلية لكن دون جدوي فاخترعوا، بعد جهد، علاجين قالوا عنهما انهما شافيان يرشحان ديمقراطية وحريات ونموا اقتصاديا احدهما تجفيف ينابيع الهوية اي فصل العربي عن ماضيه وذلك بمناهج دراسية معدة خصيصا لتشكيل انسان ممسوخ منبت لا هم له في الوجود الا ملء بطنه وثانيهما اغراق امة العرب في محيط الشرق الاوسط الكبير، للاجهاز، حسب اعتقادهم، علي جغرافية العرب وتاريخهم وامجادهم وقيمهم واسلامهم ولغتهم فينقلبون طيعين راضين مستكينين ولعل الخطير في الوصفة الاخيرة الباسها ثوب الديمقراطية والتنمية التي اصبحت حلم العرب مما اسال لعاب بعض المثقفين وكانهم لم يدركوا ان الديمقراطية لا تصدر ولا تورد وان قال قائل:
 
الغارق يتشبث بقشة والغاص يسهل البلع بالخمر فليتمعن فيما نشر من مشروع ديمقراطية الشرق الاوسط الكبير ليجد ان هذه الديمقراطية المزعومة ستكون دون مساس بالانظمة القائمة! وهنا اتساءل: هل يمكن ان ينقلب نظام قضي خمسين عاما يعيث في الثروات فسادا ويعتبر الوطن مزرعة خاصة ويحكم بالحديد والنار.. الي ديمقراطي؟ لعل الجواب عن هذا السؤال يكمن في المثل الشعبي التالي: الصوانة ما تذوب و.. ما تتوب .

ان المشروع الامريكي فكرة وصياغة المدعوم اوروبيا استراتيجية طويلة المدي الهدف منه ضمان المصالح الاستراتيجية الغربية والنفوذ في الوطن العربي لكن المصالح والنفوذ لا تضمن، كما وعي الامريكيون والاوروبيون، ما دام العرب عربا جغرافية وتاريخا ولغة وامجادا ودينا وقيما.. فكان ما المحت اليه سابقا وهو تجفيف الينابيع الذي رأوه، علي الاستمرار في تطبيقه، غير فعال دون وضعه في بيئة مناسبة هي اغراق امة العرب في محيط الشرق الاوسط الكبير بزعامة اسرائيل وحماية القوات الامريكية والاطلسية المنتشرة في المنطقة والتي ستزداد عددا وعدة ودعما بشركات الغرب الاقتصادية والاعلامية العملاقة بغية تفتيت الامة العربية وتذويبها في شعوب اخري مختلفة لغات وحضارات واديانا واعراقا وقيما فتنقرض من الوجود كما انقرضت شعوب الهنود الحمر وغيرها فيشفي صدر الغرب من حقد مشوب بخوف لازمه قرونا.

ان كان مشروع الشرق الاوسط الكبير مكسوا برداء الحداثة التي حرم منها العرب فان مصيره الفشل الذريع مثله مثل مشاريع استهدفت العرب منذ قرون منها محاولة التتار تتريتهم والاتراك تتريكهم والفرنسيين فرنستهم والبريطانيين برنطتهم.

ان امة تمتلك هذه المناعة الذاتية الفعالة ضد اي عدوان خارجي مهما كانت قوته وعنفه ايعقل ان تبقي مكبلة بانظمة قروسطية ارهابية قمعية متخلفة تكبيلا افقدها دورها في حكم نفسها وغيبها عن التاريخ المعاصر وطمع فيها من هب ودب ونزف ثرواتها وجوع مواطنيها وارهقهم وجعل ارضها زنزانة كبيرة لابنائها؟ ان هذه المناعة الغريبة ذات البعد الواحد قد تضمحل مع الزمن المعولم السريع الحركة القائم علي التنافس الشرس المتعدد الوجوه لابقاء كريم فيه لمن فقد حرية قراره وسلبته طغمة الحاكمة ثروات وطنه بل وطنه بأكمله وجففت ينابيعه. نحن العرب الان امام طريقين: طريق مؤدية الي الدمار الشامل وطريق مؤدية الي العزة والكرامة وتقرير المصير، ان استمرأنا هواننا وذلنا: من يهن يسهل الهوان عليه.. ما لجرح بميت ايلام .

سرنا او سيرونا في طريق الدمار وان رفضنا الهوان سرنا في طريق العزة والكرامة، لكن السير في الطريق الثانية يستوجب تضحيات جساما ومجابهات مع الانظمة متعددة الجبهات، ان شرعنا في بذلها عاضدتنا مجتمعات العالم المدنية ودول الكون المؤمنة بحرية الشعوب وحتي الدول العدوة للعرب الصديقة للانظمة قد تنقلب الي مساعدة ضمانا لمصالحها، من هذه التضحيات والمجابهات:
ـ الشروع في انجاز حركة حرية تعبير جادة عميقة مقدامة منازلة منابرها وسائل اعلان مبتكرة: المقاهي، الشوارع، الجدران، المناشير، الكتب، الملصقات.. وتأسيس جمعيات واحزاب ونشر عن طريق تلك وهذه ثقافة النقد المشرح المفكك المعري الكفيل في وقت قصير بتقويض الانظمة السياسية لان التعتيم والتغطية من مقومات وجودها فاذا فضحت وتعرت واطلع المجتمع علي خفاياها وخباياها وعرف جرائمها انهارت.
ـ تأسيس مراكز ابحاث (او نواد في البداية) اجتماعية وعلمية تجمع نخب علماء الامة ومفكريها وتتمتع بتمويل ذاتي وقدرات نضالية علي نشر الابحاث والدراسات المتعددة الاختصاصات منها اعادة كتابة التاريخ العربي قوميا وقطريا (في القرن العشرين خاصة) واعادة النظر في كل المسلمات التي عاش عليها العرب.
ـ التعاون بين المجتمع العربي المدني الناشيء والمجتمعات المدنية الغربية والاسيوية والامريكية ومنظمات الامم المتحدة والدول المحبة للسلام علي فرض استقلال الجامعات العربية عن الانظمة السياسية وتنقيتها من الاف المنتسبين الي هيئات التدريس وهم لا يحملون من زاد غير متانة علاقتهم بالسلطات الحاكمة او بدوائر نفوذ اسرية او قبلية او جهوية، وتجيهزها وتلقيحها برجالات علم من دول ناهضة وتسهيل نشر ابحاثها والزام الانظمة بالعمل بدراساتها العلمية والاجتماعية والتقنية والاقتصادية وتمويلها تمويلا كافيا.
ـ ايلاء اللغة العربية عناية مرموقة في كل المجالات باعتبار الابداع في اي مجال لا يتأتي الا اذا كان المبدع متجذرا في ثقافته ولعل الصين واليابان.. خير مثال.
ـ ان الانطلاق في انجاز النقاط الاربع المذكورة يعني الدخول في صراع مع الانظمة لكن من المستبعد ان تفعل ما كانت تفعله قديما لانها اولا منهكة كريهة مكروهة منخورة مربكة فاسدة مفضوحة عالميا بينة العجز لدي حماتها ولانها ثانيا غير قادرة علي الدخول في مجابهة مع المجتمعات المدنية الوطنية والكونية والدليل ما يلاحظ من تسامح الجبناء الخبثاء لدي بعض الانظمة هذه الايام، لذا علي المجتمعات العربية المدنية ونخبها خاصة ان تختار الظرف المناسب محليا وعالميا للدخول في المرحلة الاخيرة وهي العصيان المدني المدروس بعناية المنفذ بدراية المؤدي الي مسك الشعب العربي بزمام مصيره اي ان يسود نفسه لا ان يسوده المستبدون الطغاة.

ان التضحية في سبيل الكرامة ترفع من شأن المضحي وتخيف الاعداء وتثلج صدور الاصدقاء وتيئس الطامعين وتحل قديم المعضلات وتضرب عرض الحائط بالشرق الاوسط الكبير ومناهج التعليم الامريكية الاعداد وتنظف تراب الوطن العربي الكبير من رجس القوي العظمي ومخططاتها الجهنمية واذنابها المحليين المفسدين وتجعل المضحين، بالتالي، اسيادا.

(*) اكاديمي من تونس
 
(المصدر: صحيفة القدس العربي الصادرة يوم 24 أفريل 2004)
 
هنتنجتون: المسلمون يقاسموننا إدارة العالم 

باريس – هادي يحمد – إسلام أون لاين.نت/ 22-4-2004
 
طالب المفكر الأمريكي الشهير صمويل هنتنجتون الغرب بأن "يعترف بأنه لم يعد يدير العالم وحده كما كان الأمر عليه في أعقاب الحرب العالمية الأولى"، وأن الحضارات الكبرى كالصين والعالم العربي الإسلامي قد صعدت على الساحة العالمية.
وقال المفكر: إن تركيا دولة مسلمة قوية منظمة، وتملك ديمقراطية مقبولة، ويمكن أن تكون مؤهلة لقيادة العالم الإسلامي.
وقال هنتنجتون صاحب كتاب "صراع الحضارات" الشهير في حوار معه نشرته مجلة "لوبوان" الأسبوعية الفرنسية الخميس 22-4-2004: "إن الحضارة الإسلامية بشكل خاص تعتبر كتلة أيديولوجية تجبر الغرب على التخلي عن فكرة الأحادية والهيمنة على العالم".
وأضاف: "يجب علينا (في الغرب) أن نعترف بأن الحضارات الكبرى كالصين والعالم العربي الإسلامي قد صعدت على الساحة العالمية دون أن يقاسمونا نفس المبادئ"، مشيرا إلى أن "العالم الإسلامي يتطور ويتقوى بحسب نمطه وقيمه الخاصة".
كما رأى المفكر الأمريكي "أن مجال تحرك الغرب أصبح ضيقا ومصلحته تنحصر في الدفع ببعض النخب إلى القيادة".

تنامي العالم الإسلامي

واعتبر هنتنجتون أن العالم الغربي أخطأ عندما لم يأخذ بجدية قضية التحليل القائل بتنامي العالم الإسلامي، وقال: "في بداية التسعينيات عاش الغرب على وقع الاحتفالات بنهاية الحرب الباردة، وكانت فكرة صراع الحضارات وقتها بمثابة صورة متطرفة تعلن عودة البربرية. كنت أتفهم هذا الأمر؛ حيث إن غالبية قادة أوربا والولايات المتحدة كانوا متفائلين ويشتركون في تصور بأن العالم أصبح متناسقا واعتنق نهائيا أفكار الحرية والديمقراطية والثقافة الليبرالية الغربية. لكن الأمر مخالف لذلك تماما".
وتابع أنه "يمكن للغرب أن ينقذ مكانته في العالم في مواجهة الإسلام إذا تجنبت الولايات المتحدة اتخاذ مواقف متطرفة، واعتمدت سياسة الشراكة الدائمة مع أوربا.. على الولايات المتحدة الأمريكية أن تتجنب في هذا الصدد السياسات العسكرية والأحادية الجانب".
وقال هنتنجتون: "كتبت سنة 1996 أن الصدام بين الإسلام والغرب من شأنه أن يقسم المعسكر الأوربي وهذا ما هو كائن متمثلا في سوء التفاهم الحاصل بين الولايات المتحدة وأوربا"، معتبرا أن معارضة كل من فرنسا وألمانيا للحرب على العراق "هو بمثابة فشل للغرب". لكنه أشار في الوقت نفسه إلى أنه بالرغم من هذه الاختلافات الكبرى بين أوربا والولايات المتحدة فإنهما قادرتان على تجاوزها لأنهما "يملكان نفس الهوية الغربية".

حرب العراق فكرة سيئة

وفيما يتعلق بالمسألة العراقية، اعتبر المفكر الأمريكي أن "الحرب كانت فكرة سيئة، وهو ما قلته قبل بداية الحرب"، وأشار إلى أنه "إذا تمكن الأمريكان من دخول العراق وإزاحة صدام وهو ما تم في ظرف شهر ونصف، فإن الحرب الثانية ضد العراقيين التي بدأت منذ سقوط الديكتاتور بالمقاومة السنية لن يستطيع الأمريكان كسبها أبدا".
وحول إمكانية فرض الاستقرار بالعالم الإسلامي قال هنتنجتون: إن إحدى المشاكل الكبرى للعالم الإسلامي أنه "منقسم ومتلاحم في نفس الوقت. فعلى عكس الصين التي تمثل قوة إقليمية في آسيا، ففي العالم الإسلامي لا توجد دولة يمكن أن تلعب دور القيادة"، على حد قوله.
ورأى هنتنجتون أن كلا من مصر وباكستان وإندونيسيا والمملكة العربية السعودية وإيران وتركيا هي "قيادات افتراضية متنافسة وهو أمر يقلقنا جميعا".
وحول رؤيته لرغبة تركيا بالانضمام للاتحاد الأوربي، قال هنتنجتون: "إن الكثيرين يعتبرون أن الاتحاد الأوربي لن يصمد بدخول حوالي 70 مليون مسلم إليه. فغالبية قادة أوربا معارضون لدخول تركيا للاتحاد الأوربي؛ وبالتالي من مصلحة تركيا أن تختار الانضمام للعالم الإسلامي، وتتصالح مع ميراثها الإسلامي الذي حاول أتاتورك طمسه بطريقة غير مسبوقة".

وأضاف أن "تركيا دولة مسلمة قوية منظمة، وتملك إدارة جيدة وجيشا فعالا وديمقراطية مقبولة، وهي لكل ذلك يمكن أن تكون مؤهلة لقيادة العالم الإسلامي".
ويقود حزب العدالة والتنمية ذو التوجه الإسلامي تركيا منذ عام 2001 بعد أن حقق فوزا كاسحا في الانتخابات التشريعية التركية في نوفمبر 2002، بعد حصوله على 34.2% من الأصوات؛ وهو ما مكنه من الفوز بالغالبية المطلقة من مقاعد البرلمان، وتشكيل الحكومة منفردا لأول مرة في تاريخ تركيا. ويقدم حزب العدالة والتنمية نفسه على أنه علماني ومؤيد لبرامج صندوق النقد الدولي والانضمام للاتحاد الأوربي.
 
(المصدر: موقع إسلام أون لاين.نت بتاريخ 24 أفريل 2004)
 
L'Allemagne étudie comment incarcérer des islamistes "par sécurité"

 

AFP, le 24 avril 2004 à 21h12

HAMBOURG (Allemagne) - Les dirigeants politiques allemands réfléchissent à une mesure d'"incarcération par sécurité" d'islamistes soupçonnés de terrorisme, qui ne peuvent être expulsés, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Otto Schily, dans une interview à paraître lundi.

"Je suis convaincu que nous allons nous mettre d'accord sur une réglementation raisonnable au cours des discussions de conciliation" entre la majorité gouvernementale et l'opposition conservatrice, dans le cadre d'un projet de loi devant permettre de mieux canaliser l'immigration, a confié Otto Schily à l'hebdomadaire Der Spiegel.

"Nous ne pouvons pas éviter la question qui consiste à savoir ce que nous faisons avec les personnes dont nous pensons qu'elles représentent un danger majeur pour notre pays", a expliqué le ministre.

"Si nous ne pouvons pas les expulser, il est nécessaire, dans les cas extrêmes, de pouvoir les placer en détention un certain temps", a-t-il ajouté. Une telle mesure nécessiterait une modification de la législation allemande sur l'immigration.

A la question du Spiegel lui demandant s'il pensait aux Marocains Mounir El Motassedeq et Abdelghani Mzoudi, les deux seules personnes au monde jugées en Allemagne pour complicité dans les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, M. Schily a répondu:

"Oui. Motassadeq a même reconnu avoir été dans un camp d'entraînement (du réseau terrorite) Al-Qaïda. Et que quelqu'un comme Mzoudi puisse intenter un recours en justice pour pouvoir étudier en Allemagne est le comble de l'absurdité", a affirmé le ministre allemand.

El Motassadeq a été remis en liberté début avril dans l'attente d'un nouveau procès en août à Hambourg. La Cour de cassation allemande avait auparavant cassé le verdict de la Cour d'appel de Hambourg qui l'avait condamné en février 2003 à 15 ans de réclusion criminelle, estimant que les droits de la défense n'avait pas été pleinement respectés.

Poursuivi pour les mêmes faits, Mzoudi avait acquitté début février par "manque de preuves" par la même Cour qui avait toutefois refusé de le reconnaître innocent. Le Marocain a récemment obtenu de la justice allemande qu'une université de Hambourg réexamine sa demande de reprendre ses études d'électronique.

Le Parquet fédéral allemand estime que les deux Marocains ont appartenu à la "cellule de Hambourg", considérée comme la base arrière des kamikazes islamistes du 11 septembre 2001.

 

 

Imam de Vénissieux: une demande du ministre examiné lundi par le TA de Lyon

 

 

AFP, le 23.04.04 à 20h52

Le tribunal administratif de Lyon examinera, lundi matin, une demande du ministre de l'Intérieur tendant, au vu d'éléments nouveaux, à modifier la décision de suspension de l'expulsion de M. Bouziane, l'imam de Vénissieux expulsé mercredi de France, a annoncé vendredi soir un magistrat du tribunal.

 

Dans un communiqué, le magistrat chargé des relations avec la presse informe que "le ministre de l'intérieur a saisi le juge des référés du tribunal, sur le fondement de l'article L.521-4 du Code de justice administrative, d'une demande tendant, au vu d'éléments nouveaux, à ce qu'il modifie la décision de suspension de l'expulsion de M. Bouziane".

 

"Cette demande, est-il précisé, sera examinée au cours d'une audience fixée au lundi 26 avril à 10h00".Le tribunal a annoncé vendredi en début d'après-midi la suspension de l'exécution de l'arrêté ministériel d'expulsion de l'imam de Vénissieux, Abdelkader Bouziane, renvoyé mercredi en Algérie.

 

Le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin a déclaré, vendredi après-midi à Ajaccio, que "l'administration va faire parvenir au tribunal de Lyon des éléments d'information complémentaires qui justifient cette expulsion". Il a ajouté devant la presse que "la France ne peut accepter sur son territoire des déclarations attentatoires à la dignité humaine".

 

Dans un communiqué, le tribunal avait auparavant indiqué avoir suspendu l'éxecution de la mesure d'expulsion évoquant "(...) en l'état de l'instruction un doute sérieux sur la légalité de cette décision".

 

"Dans l'absolu, l'intéressé peut rentrer ou non en France puisque l'arrêté a été suspendu et qu'il n'est donc pas exécutoire avant une décision au fond du tribunal", avait alors expliqué à l'AFP le greffier en charge des référés, Ruben Guittonneau."Il a été simplement jugé sur l'urgence, mais c'est un collège de magistrats avec le président et le commissaire du gouvernement qui statueront sur la légalité ou non de l'acte administratif, en principe d'ici 4 à 6 semaines, selon le greffier. "S'il n'est pas annulé, la mesure sera exécutoire", avait-t-il poursuivi.

Le tribunal administratif de Lyon autorise le retour d'Abdelkader Bouziane.
L'expulsion de l'imam de Vénissieux jugée illégale

Par Alice GERAUD
Lyon correspondance

L'imam de Vénissieux expulsé mercredi peut rentrer en France. Vendredi, le tribunal administratif de Lyon a en effet suspendu provisoirement l'arrêté ministériel d'expulsion prononcé à son encontre le 26 février et précipitamment appliqué à la demande du ministère de l'Intérieur. Le juge administratif a estimé qu'il existait «un doute sérieux sur la légalité» de cet arrêté d'expulsion. Lors de l'audience en référé qui s'était tenue jeudi, Me Georges Holleaux, avocat du ministère, avait expliqué que cet arrêté avait été pris sur la base d'une simple «note blanche» des renseignements généraux rédigée sur l'imam. Cette note évoquait l'appartenance au mouvement salafiste du cheikh Abdelkader Bouziane et faisait mention de prêches appelant au jihad contre des intérêts américains. Lors de l'audience, il a également été question de l'interview donnée à Lyon Mag par l'imam, où celui-ci justifiait la lapidation des femmes adultères. La description de sa vie familiale ­ l'imam vivait avec plusieurs femmes ­ avait achevé de tracer le portrait de l'absent. Mais, pour le tribunal, ces faits n'ayant jamais fait l'objet d'aucun signalement, ils ne justifiaient pas son expulsion.

Correction. Vendredi, Me Mahmoud Hébia, avocat de l'imam, ne cachait pas sa satisfaction. «Le juge a corrigé le ministère de l'Intérieur !» s'est-il félicité. Mais il s'est dit aussi «très inquiet». Dans la soirée de vendredi, il était toujours sans nouvelles de son client. «Il aurait dû appeler sa famille et ses enfants pour dire qu'il était bien arrivé.» Or l'imam n'a appelé personne. Me Hébia, qui craint qu'Abdelkader Bouziane ne soit retenu par les autorités algériennes, demande désormais au ministre d'organiser les conditions du retour de son client en France. En début de soirée vendredi, le tribunal a annoncé qu'il examinerait, lundi à 10 heures, une demande de l'Intérieur de «modification de la décision de suspension de l'expulsion». Le ministre annonce en effet qu'il possède des «éléments nouveaux», sans plus de précision.

(Source : Libération du 24 avril 2004)  

L'imam de Brest expulsé vers l'Algérie affirme n'avoir "rien à se reprocher"

AFP, le 24 avril 2004 à 16h01
ALGER - L'imam algérien de Brest (ouest de la France) Abdelkader Yahia Cherif, expulsé de France vers l'Algérie "pour prosélytisme en faveur d'un islam radical", a affirmé samedi à l'AFP qu'il "n'avait rien à se reprocher".

"Je puise mes prêches dans la science, le Coran, la sunna (les actes et dires du prophète Mahomet) et je m'inspire des exégètes de l'islam", a-t-il dit lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP, depuis le domicile de ses parents à Mostaganem (360 km à l'ouest d'Alger) où il séjourne actuellement.

L'imam, qui s'était vu notamment reprocher par les autorités françaises un prosélytisme radical à l'égard de la jeunesse, des appels à la violence et des propos antisémites, a été interrogé par la police dès son arrivée à Alger, par bateau, le 17 avril.

"Les policiers, très courtois avec moi, ont surtout voulu connaître les raisons de mon expulsion et m'ont demandé si j'avais des contacts avec des organisations intégristes en France ou en Europe. J'ai répondu que non", a-t-il précisé.

"Nous sommes des boucs émissaires", a-t-il ajouté en allusion à l'expulsion, mercredi, de France vers l'Algérie d'Abdelkader Bouziane, imam d'une mosquée de Vénissieux (centre-est de la France), qui avait affirmé que le Coran autorisait un homme de battre sa femme, faisant scandale en France.
"Les Français ont commencé la guerre contre les musulmans avec l'affaire du voile (ndlr: les parlementaires français ont voté une loi interdisant les signes religieux ostentatoires dans les écoles). Ces expulsions sont un signe fort pour dissuader les imams dans leurs prêches", selon lui.

Il a indiqué qu'il ne désespérait pas, toutefois, de retourner en France. "J'attends la décision du tribunal de Rennes (ouest de la France) où mon avocat à fait appel".
L'imam Cherif avait été l'objet fin mars d'un arrêté de reconduite à la frontière pour séjour irrégulier. Cette procédure avait été annulée par le tribunal administratif de Rennes pour "irrégularité dans l'appréciation de la situation personnelle" de l'imam, selon son avocat, Me David Rajjou.
Me Rajjou a déposé un nouveau recours non suspensif.

L'Imam, qui n'a pas d'enfant, a également indiqué qu'il attendait la venue en Algérie de son épouse.
Il s'est montré satisfait de son séjour dans son pays, ce qui lui permet de "retrouver" sa famille qu'il n'a pas vu depuis quatre ans.
L'imam Bouziane a été interrogé par la police dès son arrivée à l'aéoport d'Alger, a-t-on appris de sources proches des services de sécurité.
Ces sources n'ont cependant pas indiqué si cet interrogatoire se poursuivait samedi.

Il est habituel que les Algériens expulsés de France, quel que soit le motif, soient interpellés par les services de sécurité à leur arrivée en Algérie.
La durée de l'interpellation peut être de plusieurs jours, surtout s'il s'agit de personnes liées à des groupes armés islamistes qui commettent encore des attentats.
Les attentats des groupes islamistes armés sont en net régression depuis l'été 2003.
 

L'imam, ce méchant

Par Daniel SCHNEIDERMANN

Donc, c'est entendu, l'imam de Vénissieux, Abdelkader Bouziane, était un méchant. Un imam moyenâgeux fesseur de femmes, justifiant l'expulsion immédiate et horrifiée vers l'Algérie, sous les applaudissements de la classe politique et des responsables musulmans unanimes. Tiens-toi tranquille, ou j'appelle le Grand Méchant Imam ! Comment résister au pouvoir répulsif de cette image ? L'imam est sur le trottoir, devant sa mosquée. On le voit, on l'entend décrire ce que les hommes ont le droit de faire aux femmes, et où. «Ne pas viser le visage, ne pas viser les yeux, les oreilles, le nez, non. Frapper en bas, c'est-à-dire les fesses, ça, c'est dans la religion.» Gestes à l'appui. La main de l'imam montre les yeux, les oreilles, le nez, elle descend vers sa fesse droite. Tout cela très calmement, sans l'ombre d'une agressivité. Une leçon de choses.

Comment résister à l'envie de retourner contre lui ses arguments frappeurs, et d'administrer une bonne correction à ce vilain barbu frappeur de femmes ? Pourtant, la grande cérémonie laïco-médiatique d'exorcisme à laquelle le pays a été convié, cette semaine, laisse un goût étrange. L'impression qu'on a pris un marteau-pilon pour écraser une mouche. Qu'on a fabriqué un méchant sur mesure, seul méchant sur la scène, en éliminant les aspects qui ne cadraient pas, les trucs de fabrication de ce méchant. Cette étrangeté est perceptible dès les journaux télévisés de mardi soir.

Par exemple, TF1 et France 2, qui ouvrent leur journal avec la même interview de l'imam sur son coin de trottoir, n'ont pas fait le même montage. France 2 s'en tient au cours de punition anatomique. Mais TF1 a conservé au montage, dans les propos de Bouziane, cette précision importante, immédiatement après : «[...] ça, c'est dans la religion. Si la question était posée sur la loi, que veut dire la loi ? Ici en France, c'est interdit de frapper la femme. Alors pour moi, c'est interdit de frapper la femme».
 
 Peut-être cette restriction est-elle hypocrite. Peut-être le prolixe fesseur, à quelques heures de son expulsion, tente-t-il désespérément de faire marche arrière. Le fait est (comme le souligne TF1) qu'on ne retrouve pas cette distinction entre Coran et loi française dans l'interview de l'imam au mensuel Lyon Mag, qui a déclenché les foudres ministérielles. Lyon Mag : «Vous êtes pour la lapidation des femmes ?» «Oui, car battre sa femme, c'est autorisé par le Coran, mais dans certaines conditions, notamment si la femme trompe son mari [...] Mais attention, l'homme n'a pas le droit de frapper n'importe où. Il ne doit pas frapper au visage, mais viser le bas, les jambes ou le ventre. Et il peut frapper fort, pour faire peur à sa femme, afin qu'elle ne recommence plus. [...] » Mais peut-être, dans le texte de l'interview à Lyon Mag, l'imam avait-il apporté des précisions ? Pour l'instant, on n'en sait rien.

Ensuite, pleuvent des détails étranges. On apprend à la lecture des journaux et dépêches que l'imam était sous le coup d'un arrêté d'expulsion depuis deux mois ; que l'exemplaire fatal de Lyon Mag se trouvait dans les kiosques depuis trois semaines ; que la rédaction du mensuel aurait, de son propre aveu, reçu l'appel «d'un cabinet ministériel» peu de temps avant l'arrêté d'expulsion. Alors pleuvent les pourquoi. Pourquoi Lyon Mag, qui révèle cet appel, n'indique-t-il pas de quel cabinet il s'agit ? Pourquoi le gouvernement agit-il seulement aujourd'hui ? Et pourquoi ce tambourinage médiatique, alors qu'on apprend qu'une douzaine d'imams étrangers, dans la plus grande discrétion, ont été pareillement expulsés au cours de la dernière année ?

Apparemment, Sarkozy (pour une fois) avait choisi la discrétion alors que Villepin tonitrue. Entre les lignes, c'est ce que semble regretter Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, président du Conseil français du culte musulman, qui s'irrite de la méthode Villepin : «Nous sommes excédés, au CFCM, d'être sans cesse harcelés par une médiatisation complètement irresponsable autour de propos extorqués à des imams frustes et ignorants, qui alimente une islamophobie insupportable». Faut-il taire ? Montrer ? En tout cas, la télévision n'ouvrira pas ce débat-là. Comme un seul homme, Thomas Hugues et David Pujadas nous apprennent que Boubakeur se désolidarise de Bouziane, mais sans ajouter que le recteur est excédé par la médiatisation, c'est-à-dire par eux-mêmes, qui ouvrent tous deux leur journal avec cette expulsion.

Pardi ! C'est qu'il leur faudrait alors s'interroger sur eux-mêmes, sur leur appétit de méchants imams assez méchants pour justifier l'ouverture du journal. Et cet exercice est celui qu'ils détestent le plus au monde. Entendons-nous bien. Qu'un consensus politico-médiatique implicite braque ses projecteurs sur un méchant ne signifie nullement que ce méchant n'en est pas un. Bien sûr, on frémit que de tels conseils aient pu être impunément professés sur le territoire français. Simplement, l'imam Bouziane n'est pas simplement un repoussoir : c'est un repoussoir que l'on sort de son tiroir à un moment choisi, en l'isolant de son contexte (même si France 2 rappelle opportunément que le «battez-les» se trouve dans le Coran). Et notre système, très au point, de fabrication de boucs émissaires-minute peine à nous considérer comme capables de comprendre, autant que de détester ou de rejeter.

(Source : Libération du 23 avril 2004)
 

Clamart veut un islam local républicain
L'ancien imam avait dû démissionner à la suite d'un appel au «jihad» filmé par France 2.

Par Daniel LICHT

L'islam est-il compatible avec la démocratie locale ? C'est la question qu'a posé jeudi soir le maire PS de Clamart (Hauts-de-Seine), Philippe Kaltenbach, en organisant une réunion publique aux allures de catharsis collective, destinée, selon l'élu, «à permettre à tous les citoyens de vivre en harmonie, dans la paix civile et la concorde».

A l'origine de ce rassemblement, la fermeture, le 2 avril, de la salle de prière musulmane de la commune ; la démission de l'imam, Salem Chaftar, un Tunisien de 61 ans ; et la suspension de ses fonctions d'employé municipal ­ il était chargé de la surveillance des écoliers. Le religieux se dit «piégé» par France 2, qui avait diffusé, la veille, un reportage dans lequel on pouvait l'entendre déclamer un prêche émaillé d'appels au «jihad contre les infidèles».

Indigné. Le maire s'était entouré de conseillers municipaux de toutes tendances, de religieux chrétiens et juifs, ainsi que de l'islamologue Antoine Sfeir (directeur des Cahiers de l'Orient) et de Djelloul Seddiki, sociologue algérien, membre de la direction de la Mosquée de Paris. La plus ancienne mosquée de France s'est engagée à envoyer à Clamart un de ses cent imams ­ celui de la mosquée de Melun ­, un religieux validé par le ministère de l'Intérieur, soumis à une charte d'acceptation du pacte républicain, dépendant de la nouvelle association créée à la demande du maire. Celui-ci a assuré qu'il était indigné de découvrir que la même personne «appelle au jihad tout en s'occupant des gosses». Jurant ses grands dieux, face aux accusations de laxisme de son opposition UMP, que «jamais avant le reportage [il n'était] au courant d'un tel prêche». «Menteur !» font chorus des détracteurs dans la salle. «Les renseignements généraux surveillent le lieu depuis trois ans, insiste Philippe Kaltenbach, et ils ne m'ont jamais rien dit...»

La salle proteste. «Pourquoi M. Seddiki ne condamne-t-il pas formellement les propos de Chaftar ?» vocifère un habitant. «Que pense l'imam des attentats-suicides ?» insiste un autre. «Quand les musulmans apprendront-ils à cesser de se replier sur eux-mêmes pour rejeter les autres ?» s'angoisse une Clamartoise. Impavide dans la houle des questions, le maire se veut rassurant : «La nouvelle association devra très vite passer du statut de loi 1901 à loi de 1905» (une obligation de transparence et d'ouverture). Il promet même des journées «portes ouvertes».

Diffamation. L'imam déchu, au premier rang de la salle, se lève pour prendre la parole : «Je suis clamartois depuis trente ans, j'aime la France et j'ai toujours respecté et admiré les lois de la République», assure-t-il aux côtés de son épouse, tétanisée, et de son avocate. Son conseil, Me Muriel Bodin, enchaîne : «Depuis trois ans, ses prêches portaient sur la nécessité d'aller voter, la cohésion sociale et le respect de la femme.» Elle menace d'attaquer France 2 en diffamation.

Pour Antoine Sfeir, ces dérives langagières sont emblématiques du manque de communication entre Français et citoyens d'origine musulmane. Ce chercheur explique que «jihad» doit se comprendre comme «effort sur soi» et non pas «guerre». «Cette affaire est révélatrice de l'indigence de certains responsables musulmans ainsi que du dénuement intellectuel des élus face aux questions de l'islam.» Le directeur des Cahiers de l'Orient veut apaiser les esprits : «Contrairement à l'image déformée qu'en donnent certains médias, la minorité islamiste extrémiste est en régression en France.»

(Source : Libération du 24 avril 2004)
LE DOSSIER DU MAGAZINE FRANCAIS “LE POINT” DE CETTE SEMAINE:
 
Islam et Occident
14 siècles d'hostilité

Des croisades à la guerre en Irak, deux mondes vident une querelle vieille de mille quatre cents ans

François Dufay

«Un spectre hante l'Europe », écrivait Marx dans le « Manifeste du Parti communiste ». Aujourd'hui, le spectre qui, à Londres, Paris ou Madrid, terrorise les foules occidentales ne porte plus le couteau entre les dents des révolutionnaires, mais le bandeau vert de l'islam fondamentaliste.

Etonnant retournement de l'Histoire ! Depuis le 11 septembre 2001, tout se passe comme si, à peine refermée la longue parenthèse de l'affrontement Est-Ouest, une guerre de Religion ancestrale, née sur le pourtour de la Méditerranée et qui n'a jamais connu de vrai cessez-le-feu, reprenait sa place sur le devant de la scène. Foules barbues scandant le nom d'Allah sur fond de dômes d'or, Vieux de la montagne lançant ses kamikazes sur les infidèles, « croisés » égarés dans les sables de l'Orient compliqué, guerre inexpiable pour le contrôle des Lieux saints : l'actualité de 2004 ressemble ces jours-ci à un improbable remake du temps des croisades, reformaté par CNN - ou par Al-Jazira. Sur les vidéos servant à signer leur crime, les terroristes qui ont frappé Madrid le 11 mars ne désignent-ils pas l'Espagne de son ancien nom arabe « al Andalus », ou encore la « terre de Tarek ben Ziyad », par référence au gouverneur de Tanger qui conquit l'Ibérie au VIIIe siècle ? Forts chacun d'un milliard d'âmes, et malgré la dissymétrie de leurs moyens, deux mondes antagonistes semblent vider, à coups d'anathèmes et de lance-roquettes, une querelle vieille de quatorze siècles, à laquelle l'islamisme, ce tiers-mondisme enturbanné, a donné un nouveau souffle brûlant.

Faut-il pour autant prendre ce cauchemar en mondovision au pied de la lettre ? N'est-ce pas précisément mordre à l'hameçon des Ben Laden et autres prophètes du pire ? Les experts de l'Orient refusent de souscrire à ce « choc des civilisations » trop bien scénarisé. Non sans arguments. Le village planétaire de 2004, plaident-ils sans peine, où s'affrontent sporadiquement hyperterrorisme et hyperpuissance, n'a plus aucun rapport avec le monde de Saladin et de Richard Coeur de Lion. Rétrograde mais aussi enraciné dans les réalités contemporaines, l'islam radical, qui cible d'abord les régimes « corrompus » du monde arabe, a fait au total plus de morts musulmans que chrétiens. De plus, comme l'assurait récemment l'islamologue Bruno Etienne, loin de constituer une cinquième colonne, « 90 % des Français d'origine immigrée sont intégrationnistes et consuméristes ». Et l'on pourrait en dire autant des Turcs d'Allemagne ou des Pakistanais d'Angleterre.

Un imam inquiétant

Mieux : les rapports entre Islam et Occident n'ont pas toujours été ce fleuve de sang qu'on décrit complaisamment. Dernier historien en date à ébranler nos certitudes, Jack Goody publie sur ce sujet un livre décapant intitulé « L'Islam en Europe » (La Découverte). Ce professeur à Cambridge s'efforce de restituer une histoire commune tissée d'échanges commerciaux, d'emprunts culturels, de transferts techniques et même d'alliances politiques. De la numération arabe à la fabrication du papier, en passant par l'invention de l'amour courtois, on n'en finirait pas de dénombrer tous les « cadeaux » que l'Occident a reçus de l'Orient. De l'Orient ? Mais l'islam, présent jadis en Espagne, et toujours vivace dans les Balkans, est lui aussi une religion européenne, rappelle Goody. Une réalité rendue irréversible par l'enracinement d'une quinzaine de millions d'immigrés musulmans en Europe. Bref, l'islam ne constituerait pas un « autre » absolu de la culture occidentale, mais au contraire une de ses composantes occultées. « Plus qu'une terre chrétienne, soutient Jack Goody, le continent européen est en fait à la croisée des voies de pénétration des trois grandes religions écrites. »

Une séduisante construction intellectuelle, sous la plume d'un intellectuel engagé, qui enjambe allègrement les fractures de l'Histoire. Et qui enfouit sous les pétales de roses un contentieux si profond qu'en ce début de IIIe millénaire, de l'Irak à l'Afghanistan en passant par la Palestine et la Tchétchénie, il alimente plusieurs conflits armés... Islam et Occident ? « Un malentendu ancien, aujourd'hui des escarmouches, et demain peut être le clash », résume de son côté Hubert Védrine. Aux yeux d'un observateur aussi averti que l'ancien ministre des Affaires étrangères, rien ne sert de nier le frottement de plaques tectoniques qu'a décrit, avant les autres, le politologue américain Samuel Huntington. Mieux vaut, pour conjurer le choc des civilisations, le regarder en face. « Trois catégories de gens, analyse Hubert Védrine, se liguent pour nier cette réalité. D'abord, les tenants de l'universalisme, qui pensent que tous les hommes sont identiques, qu'il y a un modèle de civilisation unique, à base de droits de l'homme et de démocratie. Ensuite, les spécialistes occidentaux de l'Orient amoureux de l'islam, qui dialoguent à longueur de colloque sur Averroès. Enfin, les musulmans modernes, qui craignent, si l'affrontement s'aggrave, de se trouver broyés entre le marteau et l'enclume. »

Mais, quoi qu'en disent les bien- pensants, l'engrenage de la haine s'est mis en route. A tout le moins, une terrifiante incompréhension, que n'ont atténuée ni les moyens de communication modernes ni les flux migratoires ou touristiques. Ce qui fait dire à certains observateurs que nous vivons moins un choc des cultures qu'un « choc des incultures ». « Nous jugeons très sévèrement la condition de la femme en terre d'Islam, rappelle Hubert Védrine. Mais dans le monde arabe beaucoup de gens sont choqués par l'abandon des personnes âgées en Occident. » Certes, mais cette symétrie vole en éclats lorsque Abdelkader Bouziane, imam salafiste et polygame d'une mosquée de Vénissieux, déclare à Lyon Mag' que « battre sa femme est autorisé par le Coran » et souhaite que le « monde entier devienne musulman ».

Est-il temps d'enrayer la machine infernale ? « Si les chefs d'Al-Qaeda arrivent à convaincre le monde musulman de se rallier à leurs vues et de se ranger sous leur bannière, l'Amérique, mais pas seulement elle, devra se préparer à un long et âpre combat. En effet, l'Europe, surtout dans sa partie occidentale, abrite aujourd'hui des communautés musulmanes de plus en plus importantes, et beaucoup d'Européens commencent à ressentir leur présence comme un problème et parfois comme une menace », prophétisait Bernard Lewis dans son dernier livre, « L'islam en crise » (Gallimard). C'était avant les tueries de Madrid. Pour le grand islamologue américain, aussi admiré que contesté, le mal, désormais bien identifié, dont doit s'expurger le monde arabo-musulman ne se limite pas au sous-développement. C'est bien plutôt le ressentiment historique d'une civilisation qui n'a pas supporté d'être distancée, depuis trois siècles, par sa rivale chrétienne. Enkysté dans la tradition, incapable de se réformer, le monde islamique, au lieu de se donner les moyens de ses ambitions, cherche à renouer avec un âge d'or mythique tout en rendant l'Occident coupable de ses propres insuffisances. Aux yeux de certains islamologues, comme Gabriel Martinez-Gros et Lucette Valensi, auteurs de « L'islam en dissidence » (Seuil), c'est en ce sens, et non parce qu'il serait un totalitarisme vert, que l'islamisme peut être comparé au fascisme. Comme le fascisme dans les années 1920, il naît d'une réaction violente et désespérée à « une transition immense, douloureuse, qui déracine croyances, hiérarchies, solidarités traditionnelles ». Ce qui expliquerait, au passage, son caractère hybride. « L'islamisme est tendu entre Coran et béton, entre origine bédouine et rap des banlieues, comme le nazisme l'était entre les cheminées industrielles saxonnes et la grande forêt germanique des aubes de la race. »

Le prurit islamiste est-il donc le dernier spasme d'un monde archaïque, avant son aggiornamento ? Ou bien la forme que prend une guerre civile planétaire, sans fin, entre les déshérités et les nantis ? Restant interdit devant tant de rancoeur, l'Occident - plus voltairien que bigot, mais toujours expert en ingérence - n'imagine pas de ne pas imposer partout sa raison démocratique et ses moeurs. Par la force, s'il le faut. Moyennant quoi, il risque de rester longtemps, aux yeux des musulmans, une nouvelle Babel, arrogante et décadente. Tandis que pour les Européens le monde islamique demeurera ce rivage des Syrtes d'où, à tout moment, peut venir le pire.

 

Le contentieux

Les Européens ressentent comme une menace la présence de 15 millions de musulmans sur leur sol.

Les musulmans ne comprennent pas la culture occidentale, et réciproquement : de là ce qu'on a appelé le « choc des incultures ».

L'inconscient collectif arabo-musulman est travaillé par le ressentiment historique d'une civilisation distancée depuis trois siècles par sa rivale chrétienne.

L'Occident veut imposer universellement sa raison démocratique et ses moeurs. Le monde islamique y voit une insupportable arrogance.

 
 
Lire aussi :

Histoire - Les quatre dates clés qui ont marqué le conflit

Interview du Professeur Samuel P. Huntington, annonciateur du « choc des civilisations »

Egypte, Liban, Soudan, Indonésie - Coexistences à risques

Interview Gérard Leclerc, auteur des « dossiers brûlants de l'Eglise »

Interview Tarik Ramadan, auteur de « Peut-on vivre avec l'islam ? »

(Source: Le Point 22/04/04 - N°1649 du 22 avril 2004)
 
Les retraités migrateurs

Catherine Simon

Sable, plage, soleil et prix doux, la Tunisie attire de plus en plus les Européens du troisième âge, qui y passent les mois d'hiver, avec, souvent, l'appui financier de leurs caisses de retraite.

Ce sont de drôles d'oiseaux, avec des cheveux blancs et des sourires de gosses. Des oiseaux migrateurs. Chaque hiver, Pierre, Vincent, Jeanne et les autres quittent la France et sa grisaille pour se poser sur la côte tunisienne, les pieds dans le sable, dans la lumière des plages de Monastir, au bord de la Méditerranée. OAS_AD('Middle');

Ils ne viennent pas pour seulement quinze jours - ça, c'est bon pour les "actifs". Eux, ils jettent l'ancre pour deux mois, parfois trois. Pas plus : la durée du visa touristique n'excède pas quatre-vingt-dix jours. Hélas ! " S'il n'y avait pas la question des papiers, on resterait de novembre à avril", assure Pierre Deschepper, 70 ans, qui fréquente le village de vacances d'El Shems, en compagnie de son épouse, depuis maintenant dix ans. "S'il n'y avait pas les enfants, je passerais ma retraite ici", renchérit Vincent, 70 ans lui aussi, mais veuf depuis cinq ans. "C'est mon second pays", sourit cet apprenti nomade d'ascendance italienne et qui vit en Vendée.

Jeanne Pelé, 82 ans, approuve : "Ici, on est comme en famille. Même avec le personnel, on se tutoie." Venue en Tunisie pour la première fois avec son mari, en 1981, Jeanne a continué seule ensuite, après le décès de son époux. " Tant que je pourrai, je reviendrai !", promet l'alerte retraitée, qui passe "deux à trois mois", chaque hiver, sous les palmiers de Monastir.

Malgré la brise frisquette et le ciel menaçant, Pierre, Vincent et Jeanne sont en polo, chemisette et T-shirt. Le fond de l'air est doux. Sur la terrasse, juste à l'entrée du bar, de jeunes animatrices, le micro à la main, organisent des jeux de société pour les vacanciers de tous âges. Pierre et Jeanne adorent. La femme de Pierre, elle, préfère jouer aux boules. Dans les allées fleuries qui quadrillent le village, il y a peu de monde encore.

Les fêtes de Pâques marquent la fin de l'hiver et le début d'un nouveau flux. A l'approche des beaux jours, les arrivants vont être de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes : majoritairement des "actifs", accompagnés de leurs enfants. Les tarifs aussi augmentent - chassant les pensionnaires les plus modestes (ou les plus malins), qui ont su profiter de la basse saison. D'ici la fin avril, Pierre, Vincent, Jeanne et les autres auront regagné leurs pénates français. Plus tard, l'été venu, le village de vacances d'El Shems ressemblera à toutes les fourmilières touristiques de la côte tunisienne : grouillant de monde, vibrant de chaleur, résonnant des cris des gamins et des musiques jetées à fond la caisse par les haut-parleurs.

El Shems a pourtant une histoire singulière. Financé par la Caisse de retraite et de prévoyance des professions du bâtiment et des travaux publics, aujourd'hui baptisée PRO-BTP, le village d'El Shems, inauguré en 1973, est d'abord destiné aux salariés et aux retraités du bâtiment.

Avec sa piscine, son mini-golf, ses boutiques et ses multiples restaurants, ce village de "Gaulois" à la sauce maghrébine a des allures d'immense cité balnéaire. On y dénombre presque autant de bungalows (six cents) que de palmiers (huit cents), répartis sur 25 hectares en bord de mer. Fait rare : quinze logements ont été spécialement équipés pour recevoir les "personnes à mobilité réduite" - ce qui n'est pas le cas des six autres villages de vacances PRO-BTP installés à l'étranger, dont la fréquentation est même formellement "déconseillée" aux gens qui ont du mal à se déplacer.

Jeunes ou moins jeunes, les pensionnaires du village d'El Shems ont, en tout cas, un point commun : ils bénéficient de tarifs "calculés au prorata des revenus de chacun", rappelle son directeur, Jean Dombrowski. Les prix les plus bas, ce sont ceux de l'hiver et des longs séjours. Une aubaine pour les petits retraités qui, à l'instar de Pierre, ancien électricien, ou de Vincent, ancien menuisier, n'ont "pas une rente de millionnaire". L'hiver, le village est à eux. "Il y a toujours eu des vieux à El Shems, glisse un employé tunisien, mais ils sont de plus en plus nombreux chaque année. D'ailleurs, ce ne sont plus des vieux. Il faut dire jeunes retraités."

Après avoir travaillé toute sa vie comme employée à la manutention dans un grand magasin de La Roche-sur-Yon, Jeanne, dont le mari était ouvrier maçon, ne roule pas sur l'or elle non plus. Comme Pierre et Vincent, elle a fait ses calculs. "Financièrement, on s'y retrouve", assure-t-elle. Un des rares extras qu'elle s'accorde, c'est le salon de coiffure. "Il est en dehors du village, j'y vais à pied", explique la vieille dame, qui, par souci d'économie, ne prend jamais le taxi. "La coiffeuse est gentille et elle ne prend pas cher : 5 dinars. Je trouve que ce n'est pas assez, alors je lui en donne 6", commente-t-elle, magnanime.

Selon la direction, un séjour de deux semaines en hiver, "avec pension complète, animation de 9 heures à 23 heures, voile et pédalo gratuits", coûte, pour les bas revenus, "117 euros par personne, auxquels il faut ajouter 250 euros d'avion charter". Soit, au total, 25 euros par jour. Et moins, bien sûr, si le séjour s'allonge. "C'est tellement moins cher qu'une maison de retraite en France ! On ne peut même pas comparer. Ici, en plus, on n'est pas enfermé et il y a plus d'animation", souligne Jeanne.

Bien qu'elle ait "quitté l'école à 12 ans", l'ancienne manutentionnaire aime bien participer aux "jeux de réflexion", dérivés du Scrabble et du "Mot le plus long", pour lesquels, "finalement", elle avoue se "débrouiller pas mal". Elle ne crache pas, non plus, sur une partie de pétanque ou de tir aux fléchettes. "En France, l'été, j'ai mon jardin, ça va. L'hiver, par contre... Il fait nuit à 5 heures. Et il fait froid !", plaide l'octogénaire. Mais, avant la douceur du climat et la modicité des tarifs, c'est d'abord le besoin de "rompre la solitude" qui a poussé Jeanne à rallier les rangs des retraités migrateurs. Vincent partage le même sentiment : "Depuis que ma femme est morte, plutôt que de rester seul en Vendée, je viens ici tous les deux mois. On est de plus en plus nombreux à faire pareil, on se retrouve chaque hiver - comme les gens d'un même village, vraiment."

ATunis, au ministère de la santé publique, le docteur Noureddine Cherni, directeur des activités sanitaires privées, est convaincu que ce "créneau" des longs séjours pour Européens du troisième âge a " toutes les chances de se développer". Mais, pas plus qu'au Maroc, où des projets semblables existent, aucune étude sérieuse n'a été faite en Tunisie qui permettrait de mesurer l'ampleur du phénomène et de prévoir son évolution. L'an dernier, une délégation norvégienne est venue à Tunis "afin de voir quelles sont les possibilités d'accueillir les personnes âgées en vue de séjours longs",indique le docteur Cherni.

Les Européens ne sont pas seuls en piste. "Nous avons eu également la visite d'une délégation japonaise, soucieuse de savoir si la Tunisie pouvait constituer un "point de chute" pour les retraités nippons. Ils ont évoqué des séjours de trois à six mois", ajoute le responsable tunisien. "Mais nous n'en sommes qu'au stade de la prospection, insiste-t-il. Les cures thermales et la thalassothérapie démarrent à peine. Si l'on veut développer l'accueil des personnes âgées, il faut que le tourisme "de santé" soit à la hauteur. La Tunisie n'y est pas encore prête."

Sans doute n'est-ce pas la seule raison qui explique cette relative frilosité. L'attentat de Djerba, en avril 2002, survenu quelques mois après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, n'a pas été sans refroidir les enthousiasmes, de part et d'autre. Les bombes islamistes de Casablanca, en mai 2003, et celles de Madrid, le 11 mars dernier, ont encore fait chuter les chiffres du tourisme. Les Européens y regardent désormais à deux fois avant de partir en vacances sur les rives musulmanes de la Méditerranée.

Inconscience ou sagesse ? En cette fin avril, sur la plage de Nabeul, à une soixantaine de kilomètres au sud de Tunis, les premiers baigneurs s'enhardissent et s'étendent sur le sable. Peaux blanches et cheveux clairs. L'Hôtel Lido, l'un des plus vieux établissements du coin, est un fief du tourisme allemand et italien. L'été, bien sûr, mais aussi l'hiver : "Depuis une dizaine d'années, nous avons des clients qui séjournent chez nous un mois et parfois plus, de novembre à fin mars. Ce sont des gens âgés, des Allemands", précise le gérant du Lido, Mokhtar Ben Hassine. Pour passer le temps, ils marchent sur la plage ou chassent le sanglier. A la morte saison, cette clientèle de "fidèles" ne remplit l'hôtel qu'à 25 % ou à 30 % de sa capacité. Mais, en ces temps de crise, ce peu n'est pas si mal.

Dans la ville voisine d'Hammamet, le vieil et élégant Hôtel Fourati a, lui aussi, ses résidants d'hiver. Des Allemands, là encore, quinquagénaires pour la plupart. Certains restent six mois : "Ici, c'est leur seconde maison",sourit le barman. Il y a parmi eux des sans-emploi ou des salariés en congé maladie longue durée. "Le prix de l'hôtel est moins élevé que celui d'un loyer à Francfort. Sans parler du chauffage, qu'ils s'évitent de payer", ajoute un employé. Lui-même a établi, la veille, la facture d'une Allemande de Düsseldorf restée six mois au Fourati. "Elle en a eu pour 2 500 euros, demi-pension et avion compris. Faites le calcul : cela lui fait du 13 euros par jour", conclut-il. Il sourit, fair-play : "Ce sont des personnes très gentilles, on les connaît. D'ailleurs, on leur a donné un surnom. On les appelle les "Hadj Maoued", ça veut dire : les pèlerins qui reviennent tout le temps."

Quand on lui rapporte ces faits, le docteur Cherni a un sourire amer. "A ces prix-là, tout est possible pour un Européen ! Même pour un chômeur... La Tunisie se vend trop peu cher, ajoute-t-il. Ce n'est pas une bonne politique : cela se répercute forcément sur la qualité des services."

Mireille et Lucien, Niçois d'origine, pensionnaires à l'Hôtel Bel Azur d'Hammamet, où ils séjournent fidèlement de novembre à janvier, puis de mars à mai, ne sont pas d'accord sur ce point. "Les Tunisiens sont d'une telle gentillesse !", s'exclame Mireille, élégante septuagénaire qui se rappelle encore avec émotion du bouquet de fleurs que le personnel de l'hôtel lui avait envoyé après qu'elle avait été admise dans la clinique privée voisine, à la suite d'un malaise.

"Pour les femmes, surtout les femmes seules, c'est l'idéal", insiste Lucien. "Non seulement elles s'y retrouvent financièrement, mais, en plus, elles n'ont pas à s'occuper de la popote, du linge ou du ménage. Elles n'ont même pas le lit à faire !", s'enthousiasme le vieil homme.

C'est aussi l'avis de Catherine et de Nicole, professeurs de collège, qui sont venues, avec trois autres amies, enseignantes elles aussi, au centre de thalassothérapie Bio Azur d'Hammamet, pour s'offrir, une fois n'est pas coutume, "une semaine entre copines, sans les enfants et sans les maris".

Catherine, 55 ans, est catégorique : "L'un dans l'autre, c'est moins cher qu'en France - surtout la note d'hôtel."Ce que confirme la responsable de l'agence de voyages suisse Destination Santé, dont "50 % de la clientèle vient en Tunisie pour les cures thalasso". Avec dix-sept centres agréés par le ministère de la santé et une quinzaine d'autres en projet, la Tunisie est en passe de devenir "la deuxième destination pour la thalassothérapie, après la France", estime l'ancien ministre du tourisme, Ahmed Smaoui, chargé du projet de centre de tourisme de santé d'Aïn-Oktor, près de Korbous.

Au village de vacances d'El Shems, la thalassothérapie a aussi fait son entrée.

Depuis cette année, on peut, moyennant finances, soigner son stress ou ses rhumatismes, entre une partie de belote et un tirage de tombola. Le tourisme médical, en revanche, n'en est qu'à ses balbutiements. Tant que les organismes de sécurité sociale, en France comme en Grande-Bretagne, continueront à rembourser convenablement les soins médicaux, on ne voit guère pourquoi les choses changeraient.

Hormis quelques Européennes attirées par les prix modiques de la chirurgie esthétique, les patientes étrangères qui fréquentent les (excellentes) cliniques privées tunisiennes sont, à ce jour, majoritairement des Libyennes, des Algériennes ou des Mauritaniennes.

Seule brèche, à demi ouverte : les soins dentaires, à la fois coûteux et souvent peu ou mal remboursés, en France notamment. Le docteur Slaheddine Anane, qui dirige le cabinet dentaire du complexe thermal de Djerba-les-Bains, ouvert il y a trois ans, assure recevoir "une centaine de patients européens par an".

Mireille la Niçoise a déjà "son" médecin et "sa" coiffeuse à Hammamet. C'est sur les conseils de cette dernière qu'elle a, pour la première fois, consulté un dentiste local. Aussitôt adopté. "Il m'a très bien soignée, et c'est moins cher qu'en France", résume la vieille dame. D'ailleurs, c'est promis : "L'an prochain, on va dire à nos amis niçois de venir. On fera un charter !"

La Tunisie, paradis des vacances à tout faire ?...

(Source: "Le Monde" du 25 avril 2004)

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