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22mai02

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:ويجيب الناخب بكلمة "نعـم" او بكلمة "لا" عن السؤال الاتي
"هـل تـوافـق عـلى مشروع القانون الدستوري المتعـلق بتـنـقيح بعض أحكام من الدستور الذي وافق عليه مجلس النواب في جلسة يوم الثلاثاء 02 أفريل 2002 والذي تم نشره بالرائد الرسمي للجمهورية التونسية"
إن يوم الإستفتاء سيكون يوم القرار لصاحب القرار، الشعب. بهذا الإستفتاء يمارس الشعب سلطته التأسيسية ويكرس سيادة قراره.
زين العابدين بن علي، تونس في 12 ماي 2002
 
TUNISNEWS
3ème année, N° 734 du 22.05.2002
Pour consulter les archives de notre liste, cliquez ici: : http://site.voila.fr/archivtn
LES TITRES DE CE JOUR:
 
 
C. R. L. D. H.T:  Tunisie: les familles victimes et otages 
Un groupe tunisien cité sur la liste des groupes terroristes du département d’état américain
AFP: Tunisian president's party urges voters to extend his rule.
Le Monde: Démocratie et référendum... à la tunisienne
Le Monde: L'opposant Sadri Khiari qualifie de "putsch masqué" la réforme constitutionnelle en cours en Tunisie
CPR: Hedi Ben Salah: Référendum contre la souveraineté
Omar Khayyam: Fièvre électorale à Tunis
Taoufik Ben Brik: Silence… Ben Ali, président à vie !
Taoufik Ben Brik: Un pays débranché.
Kacem kamel: Boycotter le tourisme tunisien: Démarche insensée !
اف ب: تقرير ينتقد التضييق علي الحريات الاعلامية يثير جدلا بتونس - (رئيس جمعية الصحافيين حاول التملص من مضمونه)
قدس برس : تونس: أخصائيون في التغذية يطالبون بالعودة إلى الغذاء التقليدي
جمعية نداء الحرية : نداء عاجل
رويترز: أمريكا تضيف شمال افريقيا لتحذير بشأن السفر
CNN: تراجع التبادل التجاري بين أمريكا والدول العربية
 
C. R. L. D. H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie

TUNISIE

LES FAMILLES

VICTIMES ET OTAGES

Avril 2002

FAMILLES VICTIMES ET OTAGES

 

"Nous étions devenus des prisonniers, comme mon mari, à ceci près que l'enceinte de notre prison était plus vaste que la sienne"

Sabiha Tayyachi

Menzel Bourguiba, le 28 octobre 2000, lettre ouverte adressée aux organisations de lutte contre la torture, au CNLT et à Amnesty International.

"Aux fins de la présente convention, le terme torture désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aigus, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d'obtenir d'elle ou d'une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d'un acte qu'elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d'avoir commis, de l'intimider ou de faire pression sur elle ou d'intimider ou de faire pression sur une tierce personne (...) "

Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

SOMMAIRE Page

Introduction 4

La résolution de nombreux cas : 5

L’échec de certaines méthodes. 5

La lutte des intéressés. 6

Les campagnes internationales. 7

Les réactions des institutions concernées. 8

La permanence de la répression des familles. 8

L’innovation en matière de répression. 10

Les arrestations. 11

L’interdit professionnel. 13

Le harcèlement policier. 13

La privation de papiers d’identité. 18

L’incitation au divorce. 18

La diffamation. 19

La privation de passeport. 20

Les enfants. 20

L’épouse et les enfants. 21

Les mères. 23

Les pères. 23

Les frères. 24

Les sœurs. 24

IX. L’interdiction de quitter le pays 24

X. L’interdiction de porter assistance. 25

Conclusions et recommandations 27

Témoignages :

  • Hayet Béjaoui. 28

Mabrouka Tayyachi. 29

Sabiha Tayyachi. 29

Mounira Dridi. 31

Ahlem Belhaj. 32

Nadia Hammami. 33

Zoulikha Mahjoubi. 33

Bibliographie. 35

I- Introduction :

Pour la troisième année consécutive le CRLDHT publie le présent rapport "Les familles, victimes et otages", afin de faire le point sur la politique de châtiment collectif qui caractérise la politique répressive de la dictature policière mise en place en Tunisie depuis 14 ans.

Ce rapport ne concerne donc pas la répression des militants, opposants, détenus ou non, auxquels d'autres écrits sont consacrés, mais les milliers d'anonymes qui ont le tort aux yeux du régime d'être les pères, mères, frères, sœurs, mais aussi, beau-frères, fiancés, et par extension futur beau-frère ou belle sœur, enfants, cousins, voire même voisins, ou amis des parents directs et qui vont payer le prix de l'engagement d'un proche. Ces méthodes de harcèlement n'épargnent personne, hommes, femmes, enfants, personnes d'âge mur, handicapés. La nationalité est indifférente : tunisienne, libyenne, algérienne, française etc...

Nous avions, dans nos précédents rapports, décrit les nombreuses techniques de harcèlement confinant à la torture dans bien des cas, auxquelles sont soumises ces personnes et nous en avions fourni des exemples actualisés chaque année.

La résolution de la majorité des cas recensés dans les précédents rapports nous a incités à revenir sur les raisons qui ont poussé les autorités tunisiennes à alléger le dispositif de harcèlement de centaines de familles. Ce rapport, comme les précédents, ne prétend pas à l'exhaustivité, et au-delà de l'actualisation des cas mentionnés antérieurement, ce rapport fournira des exemples de harcèlement récent mais aussi de nouvelles techniques de répression des proches des opposants.

Ce rapport ne décrit que la politique de représailles collectives appliquée à l'endroit des familles d'opposants. Nous ne saurions oublier, même s'ils ne sont pas évoqués ici, les membres des familles de détenus de droit commun, qui subissent le même sort. L'année 2001, année record en matière de décès de détenus de droit commun, aura révélé à quelles pressions et menaces se heurtent à leur tour les familles qui auraient voulu faire la lumière et établir la vérité sur le décès de leur proche.

1. La résolution de nombreux cas :

En effet, si le début de la décennie a été marqué par une répression tous azimuts, les années 97-1998-1999 et 2000 ont vu l'allègement du harcèlement. Des centaines de passeports ont été restitués, en 96-97 à des épouses et des enfants, en 1999 et 2000 à de vieux parents, des descentes de police accompagnées des brutalités ont cessé, des lignes téléphoniques ont été rétablies, des courriers parviennent sans être interceptés, des proches ont pu retrouver un emploi ou reprendre des études, des mariages ont eu lieu... et des enterrements. On verra, en fonction des dates mentionnées dans les listes en exergue, que ce retour à une certaine normalité aura eu lieu après des années d'oppression, et que les familles ne sont pas pour autant débarrassées totalement du sentiment d'insécurité. La majorité des familles citées dans le rapport précédent ont trouvé une solution à leur situation par la fuite et l'exil à l'étranger. C'est dire que le problème de fond n'est pas résolu. Il s'agit pour l'essentiel de femmes et d'enfants dont le mari et père avait déjà pris la fuite, une "solution" que ne peuvent envisager les familles de détenus. Et elles ne pourront oublier ni les décès, ni les maladies, ni les troubles mentaux, ni les accidents, ni les situations de misère, ni la dislocation souvent irrémédiable que cette traque a engendré. C'est pour cette raison que nous avons tenu à publier pour la troisième fois les cas de certaines familles.

De nombreux facteurs ont poussé le pouvoir à revenir quelque peu sur ses méthodes initiales :

a- L'échec de certaines méthodes :

S'il est une méthode de harcèlement qui a été un fiasco, c'est bien l'incitation au divorce sous la terreur, qui bien que pratiquée massivement, n'a pas donné les résultats escomptés. Elle est pratiquée sous forme de chantage : divorce sinon torture, divorce ou emploi, divorce ou passeport pour un enfant... ou sous forme de corruption : divorce contre entretien par la police. L'écrasante majorité des femmes a choisi sa vie conjugale. Par contre l'incitation à rompre des fiançailles par tout un jeu de pressions est, quant à elle, toujours d'actualité et semble arriver à ses fins.

b. La lutte des intéressés

La résistance, silencieuse et patiente, est confirmée dans la plupart des cas. Elle a été accompagnée de nombreuses démarches pour obtenir un passeport, pour trouver un emploi de substitution, ou un accès aux soins.

Les administrations (pénitentiaire ou autre) ont reçu de nombreuses plaintes de familles souhaitant exercer leurs droits. La plupart sont restées lettre morte.

En octobre 1997, une douzaine d'exilés, Ali Khelifi, Noureddine Ben Saïd, Salem Dbira, Bechir Ben El Hadj, Mouldi Gharbi, Hichem Bchir, Boubaker Ziraoui, Mohammed Salah Nahdi, Hedi El Jounaïdi, Moncef Zid et Ahmed Amri entament, à la faveur de la visite du président Ben Ali en France, une grève de la faim à Aubervilliers pour exiger que leurs épouses et leurs enfants, dont ils sont séparés depuis le début de la décennie, obtiennent un passeport. Les passeports sont distribués aussitôt et la France délivre immédiatement les visas d'entrée aux familles des réfugiés ayant le droit au regroupement familial. La grève de la faim prend fin avec la visite de M. Ben Ali en France.

A la fin des années 90, se constitue en France un Comité des Tunisiens sans Passeport, qui organise plusieurs mobilisations devant les Consulats de Tunisie, notamment à Paris ou à Nice.

En mai 2000, Noureddine Aouididi, le frère d'une ex-détenue, elle-même "punie" pour l'engagement de son fiancé, entame à Londres une grève de la faim dans la foulée de celle de Tawfik Ben Brik : "je demande de cesser le harcèlement contre ma famille et de délivrer des passeports à tous ses membres". Quelques mois plus tard, la jeune femme voit lever la mesure de contrôle administratif qui la frappait et peut quitter la Tunisie dotée d'un passeport.

Le 25 mai 2000, Latifa Kouki, de Djebel Jelloud, épouse d'un détenu, entame une grève de la faim en solidarité avec son mari.

Le 29 juin 2000, Nadia Hammami, la fille d'un opposant détenu, Hamma Hammami, entame une grève de la faim "pour notre droit à une enfance paisible et tranquille'. Najoua Rezgui, épouse d'un opposant recherché, Abdejabbar Madouri, se joint au mouvement.

Le 10 juillet 2000, un groupe d'épouses de détenus d'opinion manifestent avec leurs enfants devant le siège de l'UNICEF à Tunis. Parmi elles : Ahlam Testouri, Majda Moaddeb et Rachida Mejri. La police, à l'appel de l'UNICEF semble-t-il, disperse la manifestation.

En octobre 2000, dix-huit familles de détenus veulent assister au congrès de la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l'Homme. Elles témoignent de l'injustice faite aux prisonniers, mais aussi de leur quotidien depuis 10 années. Un groupe de femmes est aussitôt arrêté et interrogé au poste de Carthage.

Le 7 juin 2001, l'épouse et les trois enfants Sarra (14 ans), Salsabil (15ans) et Mouhed (18 ans) d'un ex-détenu, Mohammed Hedi Bejaoui, privé de tous ses droits, notamment aux soins et à la libre circulation, déclenchent une grève de la faim à leur domicile près de Tunis.

Le 9 mai 2001, Zoulikha Mahjoubi, dont le mari, Mouldi Gharbi est exilé en France depuis 1993, et qui l'a rejoint avec ses cinq enfants en 1997, à la faveur de la grève de la faim de ce dernier (cf. infra), dépose une plainte contre son tortionnaire, Khaled Ben Saïd, policier qui l'a torturée en 1996 à Jendouba. Le Parquet de Paris transmet le dossier au Parquet de Strasbourg, ville où l'ex-tortionnaire est vice-consul de Tunisie. Convoqué par la police ce dernier prend la fuite et exerce actuellement à nouveau dans la police tunisienne. (Le témoignage de Zoulikha Mahjoubi est publié en annexe du présent rapport).

c. Les campagnes internationales

Publications, dossiers, articles se sont multipliés au niveau international à partir de la seconde moitié de la décennie écoulée. Les comités mis en place pour arracher la libération de prisonniers ont concerné aussi des femmes emprisonnées pour avoir voulu fuir l'enceinte de la "grande prison" et rejoindre leurs proches en exil (Souad Charbati). Des campagnes internationales ont abouti à des libérations de ces proches (Rachida Ben Salem, Radhia Aouididi, Souad Charbati, Abderraouf Chammari) ou à la cessation du harcèlement de personnes âgées (Khedija Ounis, Zohra Ben Saada)

d. Les réactions des institutions concernées.

Cette politique et les réactions des associations provoquent le désaveu des institutions : Le Comité contre la Torture des Nations Unies a délibéré le 18 novembre 1998 à Genève du deuxième rapport périodique remis par les autorités tunisiennes pour finalement le désavouer : huit paragraphes sur onze étaient consacrés aux sujets de préoccupations des experts, dont une partie non négligeable concernait le sort réservé aux femmes (Conclusions et recommandations du comité contre la torture des Nations Unies, CAT-C-TUN,19 novembre 1998), sort évoqué par les rapports des ONG présentes (FIDH, AI, OMCT).

En 1999, la rapporteuse spéciale des Nations Unies chargée de la violence contre les femmes, Radikha Coomararaswamy, évoque avec force détails les traitements inhumains, la torture et les divorces forcés infligés aux femmes tunisiennes (Moniteur des Droits de l'Homme, n°45-46, Service International des Droits de l'Homme, Genève, 1999)

La Commission nationale consultative des droits de l'Homme, rattachée au Premier Ministre en France s'émeut dès 1996 : "Les familles des prisonniers d'opinion sont victimes d'un harcèlement incessant (...)"(Avis sur la situation des droits de l'Homme en Tunisie, adopté le 14 novembre 1996)

Le département d'Etat américain stigmatise à son tour ces pratiques et cite plusieurs cas. 'Department of State, Tunisia Country Report on Human Rights Practices for 1998, f. Arbitrary Interference With Privacy, Family, Home or Correspondance)

2. La permanence de la répression des familles :

Pour autant des centaines d'autres familles continuent de vivre le chantage du pouvoir. nous citerons à titre d'exemple le cas emblématique de la famille Gacha, de Melloulech (Mahdia), qui entame sa dixième année de réclusion à domicile et paie l'engagement d'un proche actuellement en exil.

En 1990, Khemaïs Gacha est recherché, les descentes de police se multiplient au domicile de sa famille. Il purgera une peine de prison, puis sera astreint au contrôle administratif qu'il fuit en quittant le pays dès 1992. Il fera l'objet d'une seconde condamnation par contumace. Sa famille sera condamnée à sa place :

Ammar, son frère, père d'une famille nombreuse, étranglé économiquement, privé de passeport, subit coups et insultes en juin 98.

Jomaa, un autre frère, père d'une famille nombreuse, ne peut plus subvenir à ses besoins à cause des pressions policières.

Sa soeur voit ses fiançailles rompues par son fiancé en 1994 du fait des pressions exercées sur ce dernier, une autre soeur est astreinte par la même méthode au célibat forcé.

Tous les neveux, y compris ceux nés après son départ, sont questionnés sur leur oncle.

L'enterrement de son père est le prétexte d'une nouvelle descente et d'une présence policière au cimetière.

Hedi Gacha, un cousin, voit son couple explose sous les pressions de la police. Le divorce a été prononcé. Mohammed Gacha, un frère de Khemaïs Gacha, émigré depuis la fin des années 80 à Brescia en Italie, se voit refuser par les autorités consulaires tunisiennes en 2000 le renouvellement de son passeport est conseillé instamment de retourner en Tunisie. Il ne peut de ce fait renouveler ses papiers de séjour en Italie et il se trouve à la merci d'une expulsion....

Le harcèlement de la famille Bouali, évoqué dans les deux précédents rapports, continue de plus belle : Sadok Bouali, homme d'âge mûr, handicapé moteur, père de deux ex-détenus, a été convoqué dans les locaux de la police de El Ouardia et de Tunis (Direction de la Sûreté de l'Etat) à trois reprises en octobre et décembre 2001 pour répondre à des questions concernant son fils Ridha, absent du domicile et recherché. Hazem Bouali, son fils, a quant à lui, été arrêté et détenu deux jours au centre de Bouchoucha ( banlieue de Tunis). Il a été questionné sur son frère Ridha et il a été menacé de perdre son emploi s'il ne parlait pas.

3. L'innovation en matière de répression.

Si le régime s'est targué d'avoir octroyé des passeports, ou accordé des libérations à des proches, les laissant même quitter le pays pour certains d'entre eux, il a, en revanche, repris de l'autre main ce qu'il venait de lâcher.

L'année 2000 a en effet été celle de l'atteinte à la liberté de circulation pour les proches des exilés ou des détenus. Plusieurs femmes tunisiennes résidant en Europe se sont ainsi vues séquestrées en Tunisie avec leurs enfants au moment de repartir au terme de leurs vacances.
Dalila Babba, mariée à un exilé tunisien vivant en France, mère de trois enfants, se rend le 26 février 2000 en Tunisie avec ses jeunes enfants. Elle est interpellée et fouillée à son arrivée. Elle subit un second interrogatoire, puis elle apprend qu'elle ne peut quitter le territoire tunisien. Elle passe outre et parvient à revenir en France. Le 2 avril 2000 elle se rend à nouveau en Tunisie aux obsèques de sa mère, accompagné de Takwa, son bébé. Le 12 avril elle est empêchée de revenir en France et elle est convoquée au ministère de l'Intérieur. Elle a pu quitter la Tunisie le 26 avril au terme d'une campagne en France. ( Se reporter à l'article : Tunisienne et peur de l'être, Frédérique Verhaeghe, dans le quotidien Le Dauphiné).

Dalenda Khachlouf, épouse d' un réfugié tunisien en Suède (de nationalité suédoise), et ses trois enfants, Yassine (8ans), Oussama (6ns) et Abir (1 an) ont été empêchés de quitter la Tunisie le 21 juillet 2000. Elle a pu regagner la Suède au terme d'une campagne et d'une intervention de la représentation diplomatique suédoise en Tunisie.

Lamia El Amri, épouse d'un réfugié tunisien en Suède, empêchée de quitter la Tunisie. Elle a pu regagner son pays au terme d'une campagne et d'une intervention diplomatique

Une jeune femme de nationalité française et algérienne, vivant en France, fiancée à un réfugié tunisien, a voulu rendre visite à sa future belle-famille en Tunisie, pays où elle n'était jamais allée. Le 11 juillet 2000, à son arrivée à l'aéroport de Tunis Carthage, Salima Cherigui a été refoulée sans explication et remise dans le premier avion en partance pour Paris.

Enfin, au chapitre des complicités franco-tunisiennes, il faut mentionner Hedi et Fatma Dhaouadi, âgés de 77 et 70 ans, de Bizerte, parents d'une exilée, Aïcha Dhaouadi, auxquels le Consulat de France refuse obstinément de délivrer un visa de tourisme, malgré relances et interventions. Ce refus coïncide curieusement et malheureusement avec l'acharnement des autorités tunisiennes contre une famille déjà éprouvée.

II- Les arrestations

Fatma Guitouni, de Nabeul, belle-mère d’un opposant recherché, Mohammed Khamis, arrêtée et torturée, puis écrouée en 1991.

Jamila Saadani, épouse d’un opposant recherché, Walid Bennani, arrêtée, humiliée sexuellement, menacée de viol, devant son propre frère, filmée par vidéo, en 19 91

Sassi Ennaes, émigré en France, arrêté lors d’un retour en Tunisie en décembre 1992, torturé, interrogé sur son frère Fathi, en fuite, privé de son passeport, libéré sans charges, ne pourra jamais retourner en France jusqu’à son décès, accidentel, quelques années plus tard

Widad Lagha, épouse de Ali Larayedh, détenu, arrêtée en juin 1991, violentée sexuellement dans les locaux de la Sûreté d’Etat et filmée par une vidéo, pour faire pression sur son époux.

Samira Ben Salah, arrêtée en mai 1993 ; elle a fait trois ans de prison jusqu’en 1996; affaire en divorce et ses quatre filles (Ibtihel, Sarra, Jihed, et Sana qui en 1993 avaient 10, 9, 6 et 2 ans) n’ont pu rejoindre leur père réfugié en Allemagne. Aujourd’hui le regroupement a eu lieu.

Zoulikha Mahjoubi, arrêtée en octobre 1996 et torturée, privée de papiers d’identité, donc de passeport jusqu’en 1997. Ses cinq enfants Abdeljabar (15 ans), Sarra (14), Mootez (10) Abdessabour (8) et Chifaa (7ans) ont été privés de passeport jusqu’en 1997.

Hayet Boujaroub, et son enfant, épouse de Hassine Boujaroub, réfugié en Allemagne, arrêtée alors qu’elle tentait de fuir.

Abderraouf Chammari, frère d’un opposant exilé, Khemaïs Chammari, arrêté le 5 juillet 1999, et condamné à un an de prison ferme le 30 juillet, libéré le 31 août suite à une campagne d’opinion

Tahar Ghanmi, de Menzel Bourguiba (Nord), époux de la belle-sœur d'un détenu, Hachemi Mekki, arrêté et condamné à une année d'emprisonnement, puis renvoyé de son emploi et, depuis, interdit de tout travail.

Souad Charbati, épouse de Abdelaziz Bousnina, réfugié en Suisse, arrêtée en 1995 à la frontière libyenne, incarcérée jusqu’en juin 1999. Ses enfants : Hamza (13 ans), Imen (12 ans), Kaouthar (10 ans), Sabrine (7 ans) ont été privés de passeport jusqu’en 1999, puis ont rejoint leur père en Suisse en novembre 99 au terme d’une séparation de huit ans. (voir plus haut). Libérée en 1999 suite à une campagne d'opinion, elle est placée sous contrôle administratif. Elle prend la fuite et parvient en Suisse en août 2000.

Rachida Ben Salem, épouse de Sghaïr M’Barek, réfugié en Hollande, et soeur de Kamel Matmati, disparu depuis son arrestation en 1991, arrêtée en 1997, à proximité de la frontière libyenne, elle a été condamnée à 2 ans et 3 mois d’emprisonnement, puis libérée en juin 1999, et placée sous contrôle administratif. Elle rejoint les siens en Hollande en 2000.

Radhia Aouididi, dont le fiancé, Ahmed Amri, est réfugié en France Arrêtée en 1997, alors qu’elle tentait de quitter le territoire tunisien, elle est écrouée et détenue jusqu'en juin 1999. Elle ne pourra rejoindre son fiancé qu'en 2000.

Mohammed Aoudidi, dont le futur beau-frère est réfugié en France, arrêté en octobre 1998 jusqu’en février 1999.
Mohammed Abdelmoumen Amri, dont le frère est réfugié en France, arrêté en octobre 1998 et détenu jusqu'en février 1999.

Kheirredine Jarrar, demandeur d’asile en France depuis 1992, arrêté en avril 1995 à Malte, alors qu’il tentait de regrouper sa famille. Il a .été renvoyé en Tunisie où il a été incarcéré et condamné à 10 ans d’emprisonnement.

Mohammed Ali Bedoui, frère de l’opposant Moncef Marzouki, arrêté et emprisonné une première fois en 1994, a été condamné à nouveau à six mois d’emprisonnement ferme en janvier 1998, puis à six mois d’emprisonnement fermes le 11 mars 1999

Jamel Barakat, frère de Fayçal Barakat, mort sous la torture en 1991, arrêté une première fois et emprisonné pendant six mois en 1991, une seconde fois le 1er décembre 1998 et écroué. Il a été passé à tabac devant son domicile de Menzel Bouzelfa par des inconnus le 24 juillet 1999 puis arrêté à l’hôpital, inculpé et condamné à une peine d’un mois d’emprisonnement.

Hassen Trabelsi, de Menzel Bourguiba, voisin de Sabiha Tayyachi, (épouse du détenu Hachemi Mekki), arrêté, torturé et emprisonné en 1996 pour avoir aidé cette dernière à monter un atelier de couture.

III- L’Interdit professionnel

Boutheïna Tabib, épouse de Chawki Tabib, non recrutée comme responsable de jardins d'enfants.

Aoutef Ben Saad, veuve de Sohnoun Johri, mort en détention, dont le contrat en tant que médecin a été résilié en 1999.

Abbes Chourou, frère de Sadok Chourou, incarcéré, empêché de travailler.

Sabiha Tayyachi, de Menzel Bourguiba, épouse d'un détenu, Hachemi Mekki, harcelée entre 1991 et 1995, arrêtée et torturée en 1992, arrêtée en 1995, torturée à plusieurs reprises après 1995, condamné à deux ans et demi d'emprisonnement avec sursis en 1996 pour avoir ouvert un atelier de couture destiné à la survie de sa famille.

Khaled Mekki, de Menzel Bourguiba, frère d'un détenu, Hachemi Mekki, renvoyé de son travail et privé de tout autre emploi.

Talel et Houssam Moadda, fils de Mohammed Moadda, opposant condamné à plusieurs reprises, empêchés d'occuper un emploi depuis 1995.

IV- LE Harcèlement policier

Par ce terme, il faut entendre une série de mesures d’intimidation, qui peuvent aller de la simple filature à la torture, perpétrée sur la voie publique, au domicile des familles ou au poste de police, assorties, d’insultes, de menaces, d’appels téléphoniques anonymes, de “convocations” au poste de police, de descentes de police avec perquisition, sans mandat, de vol de document et d’argent, d’installation de la police au domicile de femmes isolées, d’interception du courrier, d’écoutes téléphoniques, d’agressions, de simulacres d’enlèvements ,de chantage, de sommation aite aux voisins ou aux parents, aux éventuels futurs employeurs, voire au banquier, d’isolement de la personne sous peine de représailles à leur encontre et d’appel à la délation.

Zohra Saadallah, épouse d’un exilé, descentes de police chez elle et interrogatoires entre1992 et 1997 .

Mounia Daikh, épouse d’un exilé, descentes de police et interrogatoires jusqu’en 1997.

Samira Ben Nasr, épouse d’un exilé, descentes de police et interrogatoires musclés jusqu’en 1997.

Ouassila Mhamed, de Sousse, épouse d’un opposant recherché, Habib Ben Slama, descentes de polices nocturnes, interrogatoires assortis de menaces d’agression sexuelle entre 1991 et 1992.

Saïda Faten, épouse d’un exilé, interrogatoires.

Wassila Soltani, du Kef, épouse d’un exilé, descentes de police, interrogatoires entre 1990 et 1993.

Naziha Ben Romdhane, épouse d’un exilé, descentes de polices, interrogatoires musclés.

Zoulikha Mahjoubi, épouse d’un exilé, descentes de polices, arrestations, torture en 1996.

Hayet Nahdi, de Den-Den (banlieue de Tunis), épouse d’un exilé, descentes de police, questionnaires, interrogatoires des enfants.

Jalila Mansouri, de Bouhajla (Kairouan), épouse d’un exilé, interrogatoires, torture.

Zohra Hadiji, épouse d’un exilé, descentes de police, violences sexuelles, interruption des relations téléphoniques et épistolaires et surveillance..

Rim Ksila, fille de Khemaïs Ksila, détenu, agressée par une voiture devant son école le 12 février 1998.

Nadia (17 ans) et Oussaïma (11 ans), filles de Radhia Nasraoui, avocate, et d’un opposant détenu, Hamma Hammami, filature et intimidation en 1999.

Ramla Farsadou, de Tunis, épouse et soeur de prisonniers, convocations au poste de police.

Khadija Ben Ounis, de Qalaa Sghira (Sahel), mère d’un exilé, coupure des relations épistolaires jusqu’en 1999.

Emna Najar, épouse de Sadok Chourou, incarcéré, harcelée depuis 1991, installation de la police à son domicile, isolement de tous les membres de la famille qui sont soumis à leur tour à des pressions.

Farhat Marouani, de Sedjoumi (banlieue de Tunis), parent d’un opposant détenu, Hamma Hammami, descente de police musclée à son domicile le 3 septembre 1999.

Hédi Marouani, de Sedjoumi, parent d’un opposant détenu, Hamma Hammami, descente de police musclée à son domicile le 3 septembre 1999.

Ali Kefi, de Sedjoumi, parent d’un opposant détenu, Hamma Hammami, descente de police musclée à son domicile le 3 septembre 1999.

Thili Labidi, de Tunis, parent d’un opposant détenu, Hamma Hammami, descente de police musclée à son domicile, assortie d’un passage à tabac des membres de la famille le 5 septembre 1999.

Sahbi Mhamdi, de Fouchana, parent d’un opposant détenu, Hamma Hammami, descente de police musclée à son domicile, intimidation de sa famille, coupure des lignes téléphoniques le 7 septembre 1999.

Azza Ben Brik, d’El Menzah, épouse de Taoufik Ben Brik, et ses deux enfants (4 ans et 2 ans), agressés par des jets de pierre, sur la voie publique, le 4 mai 1999, dont la voiture a été saccagée, le 23 novembre 2001.

Gilda Khiari, 75 ans, mère d’un opposant, Sadri Khiari, coupure de la ligne téléphonique en 1999, porte de son domicile défoncée le 23 décembre 2001

Khemaïs Mejri, beau-frère du journaliste, Taoufik Ben Brik, agressé devant son domicile le 11 octobre 1999.

Saïda Mejri épouse de Khemaïs Mejri, et ses fillettes, Rim (12 ans) et Nour (7 ans), respectivement soeur et nièces du journaliste, Taoufik Ben Brik, agressées, battues publiquement dans leur quartier le 12 octobre 1999. Khemaïs Mejri et son épouse n'ont pu porter plainte mais ont fait l'objet de poursuites judiciaires suite à une plainte portée contre eux.

Saïda Zoghlami Ben Brik, soeur du journaliste, Tawfik Ben Brik, dont la voiture a été saccagée par des "inconnus" devant son domicile le 22 décembre 2001.

Zohra Ben Saada, de Bizerte, mère d’un exilé, Abderraouf Mejri, interruption des relations épistolaires et téléphoniques, installation de la police à son domicile jusqu’en 1999.

Fadhila Moadda, de Tunis, épouse d’un opposant Mohammed Moada, malade, coupure des relations téléphoniques jusqu’en décembre 1999. Entraves arbitraires au bénéfice des allocations de la CNRPS (soins et maladie). Privation de couverture sociale entre novembre 1995 et janvier 2002.

Nouba Kchouk, veuve d’Abderrezak Barbria, de Bizerte, ex-détenu décédé officiellement le 29 novembre 1997 dans des conditions jamais élucidées alors qu’il faisait lui même l’objet d’un contrôle administratif assorti d’un harcèlement policier intense. Interruption de tous les contacts avec l’extérieur depuis le décès de son mari.

Ghazala Hannachi, de Jendouba, mère d’une personne recherchée, décédée le 5 septembre 1997 suite à une descente de police à son domicile.

Sadok, Zoubeïda, Ridha et Hazem Bouali, respectivement père, mère et frère de Rochdy, réfugié en France, descentes de polices, violences, questionnaires, jusqu'en 2000

Oussama Ben Salem, de Sfax, fils de l'ex-détenu Moncef Ben Salem, expulsé de son logement suite à des pressions policières sur le propriétaire.

Mejdeddine Ben Mohammed, 21 ans, étudiant en 2 ème année informatique à Sfax, fils de l'ex-détenu Ali Ben Mohammed (dit Ali Sghir) privé d'aide sociale.

Doraïd, Hana et Mansour Sassi, de Lamta (Sahel), respectivement, enfants et frère de Mohammed Hedi Sassi, détenu. Son frère sera détenu deux jours fin 93.

Sondes Jerrou, de Moknine (Sahel), 20 ans, lycéenne, épouse d'un ex-détenu, Chbil Jellad, empêchée de poursuivre ses études en 1998.

Baya Dridi, de Mateur (Nord), belle mère d'un opposant recherché, Tawfik Fatnassi, âgée de 62 ans, arrêtée, torturée en 1995

Mounia Dridi, Essia Dridi, Saleha Fatnassi, de Mateur ( nord), belle-sœur d'un opposant recherché, Tawfik Fatnassi, arrêtées et torturées en 1995

Lotfi Fatnassi, frère d'un opposant recherché, arrêté et harcelé pendant 4 ans, arrêté le jour de son mariage, transféré à Bizerte puis à Bouchoucha (banlieue de Tunis) , torturé en 1995.

Mounira Dridi, de Mateur, épouse d'un détenu, Tawfik Fatnassi, privée de ressources, interdite de visites, de soins, harcelée.

Hamed Dridi, 11 ans, et Salsabil, 8 ans, de Mateur, enfants d'un détenu, Tawfik Fatnassi, interdits de soins médicaux.

Hamed, Dhoha, Hiba, de Menzel Bourguiba (nord), enfants d'un opposant recherché, Hachemi Mekki, harcelés, objets d'une filature policière de 1991 à 1995.

Habiba Bejaoui, de Menzel Bourguiba, belle-mère d'un opposant recherché, Hachemi Mekki, rouée de coups.

Mabrouka Tayyachi, de Menzel Bourguiba, épouse d'un opposant en fuite, Ibrahim Dridi, descentes de polices, coups, entre 1991 et 1995, arrestation et torture en 1995.

Mounia Ghanmi, de Menzel Bourguiba, cousine d'un opposant en fuite, Ibrahim Dridi et épouse d'un détenu, Jalel Kalboussi, arrêtée en 1995.

Hayet Bejaoui, de Menzel Bourguiba, épouse d'un détenu en fuite, Nasr Bel Haj Salah, descentes de polices avec vols des bijoux à partir de 1990, arrestation en 1995 et torture, vols d'argent en 1995.

Nidhal, 15 ans, fils du détenu Nasr Bel Haj Salah, assiste au harcèlement de sa mère, harcelé lui-même depuis 90, ne peut soigner ses troubles psychiques du fait du manque de moyens de la famille, pillée par la police et du fait de la privation d'une carte de soins.

Ammar Slimani, de Menzel Bourguiba, beau-père d'un opposant en fuite, Nasr Bel Haj Salah, arrêté et torturé en 95

Mohammed Adouani, de Menzel Bourguiba, frère d'un opposant en fuite, Nasr Bel Haj Salah, interrogé et roué de coups

Fouzia Adouani, de Menzel Bourguiba, soeur d'un opposant en fuite, Nasr Bel Haj Salah, et épouse de l'opposant Azzedine Zouaghi, arrêtée en 95 et torturée atrocement alors qu'elle était enceinte.

Madame Amroussia, épouse d'un opposant détenu, Ammar Amroussia, et ses filles, Maha, Nada et Aïda, interrogées par la police jusqu'en 1999.

Moncef Amroussia et Hedi Amroussia, oncles d'un opposant détenu, Ammar Amroussia, interrogés.

Bassem Amroussia, cousin d'un opposant détenu, Ammar Amroussia, refusé à l'académie en 1999.

Samih Amroussia, frère d'un opposant détenu, Ammar Amroussia, agressé et détenu huit jours en 1996.

Fatma Ksila, épouse de Khemaïs Ksila, détenu, privée, de 1997 à 2000, de couverture sociale depuis 1995.

Layla Asmaï, fille d'un ex-détenu en exil, Ali Asmaï, interrogée dans les locaux de la Direction de la Sûreté de l'Etat à Tunis, le 24 octobre 2001, et pressée de collaborer.

Nejib Zoghlami, frère de l'opposant Jalel Zoghlami, interpellé au cours de l'été 2001.

Hazem Bouali, de El Ouardia, frère de deux ex-détenus d'opinion en exil, Ruchdy et Ridha Bouali, arrêté et détenu à Bouchoucha en décembre 2001, puis relâché sans charges, mais menacé.

Sadok Bouali, de El Ouardia, père de deux ex détenus d'opinion en exil, Ruchdy et Ridha Bouali, convoqué à trois reprises en octobre et décembre 2001 dans les locaux de la police.

Najoua Rezgui, épouse d'un opposant détenu, Abdeljabbar Madouri, harcelée depuis 1998, et interpellée à plusieurs reprises, agressée physiquement.

V- la Privation de papiers d’identité

Des personnes se sont vues retirer ou refuser leur carte d’identité. De ce fait, elles ne peuvent exercer leur droit de visite en prison, demander l’établissement un passeport ou faire valoir leurs droits civils ou sociaux.

Radhia Aouididi, soeur d’un exilé, Nourredine Aouididi, n’a pu passer son baccalauréat (voir plus haut)

Hajer Chourou de Ben Arous (banlieue de Tunis), dont le père Sadoq Chourou est incarcéré. Et dont la mère est victime de harcèlement policier.

Zoulikha Mahjoubi, de Jendouba, entre 1992 et 1997, dont le mari, Mouldi Gharbi, est en exil en France.

Souad Saïdani, de Tunis, épouse de Brahim Saïdani, incarcéré.

Vi- l’ Incitation au divorce

(En amont de cette mesure, on pourrait aussi évoquer le harcèlement policier décrit plus haut perpétré à la seule fin d’empêcher des hommes ou des femmes d’épouser des proches d’opposants).

Comme toutes les formes de harcèlement, celle-ci peut être combinée aux précédentes. Ainsi, une femme de la région de Kairaoun, qui a préféré garder l'anonymat, dont le conjoint est condamné à une lourde peine d'emprisonnemen . Mère de plusieurs enfants, elle a été mise en demeure par la police de choisir entre son emploi et son mari. Elle a dû abandonner son emploi pour ne pas perdre son mari et vit depuis des années dans le dénuement.

L’incitation au divorce sous la terreur est une pratique dirigée essentiellement à l’encontre les femmes :

Fathia Mazigh, épouse d’un exilé, divorce non demandé.

Samira Ben Salah, procédure entamée et annulée en 1996.

Zohra Hadiji, divorce prononcé en 1996.

Aïcha Ben Mansour, épouse d’un exilé, divorce prononcé en 1994.

Kheria Chahbania, épouse d’un exilé, demande de divorce refusé par le juge en 1996.

Sabah Gasmi, divorce non demandé, épouse d’Abessatar Gasmi, incarcéré depuis août 1998.

Sabiha Tayyachi, de Menzel Bourguiba, épouse de Hachemi Mekki, détenu, à partir de 95, divorce non demandé.

Madame Neffati, de Menzel Jemil (Cap-Bon), épouse de Ali Neffati, à l’époque condamné par contumace, divorce prononcé en 1993.

Naïma Aouinia, de Sidi Bouzid (Centre-ouest), divorce demandé en 1994.

Dorra Ayadi, de Jendouba, dont le mari Abdellatif Oueslati, était alors incarcéré, divorce prononcé en 97.

Madame Ellouze de Sfax, dont le mari, Habib Ellouze, est incarcéré, divorce non demandé.

Naziha Guatri, incarcérée en 94 et dont le mari a demandé le divorce en 96.

Souad Boukhris, de Tunis, épouse d’Abdelwahab Boukhris, recherché par la police, divorce non demandé.

Madame Amroussia, de Gafsa, épouse d'Ammar Amroussia, recherché par la police, divorce non demandé.

VII- La diffamation

La diffamation, toujours des ragots à connotations sexuelles, est un moyen d’intimidation largement utilisé contre les opposants au régime, qui s’est étendu à leurs proches, notamment leurs épouses voire leurs belle-sœurs. Il est le fait de certains organes de presse, mais aussi de bulletins anonymes diffusés hors de Tunisie en français ou en arabe. La liste qui suit ne mentionne que quelques victimes parmi les plus récentes :

Radhia Aouididi, soeur d’un exilé, diffamée par l’hedomadaire “ Réalités ” en janvier 1997 (voir plus haut).

Mme Manaï, épouse d’un réfugié, Ahmed Manaï, diffamée par le bulletin anonyme “Les Masques ” du 14 mars 97.

Mme Jendoubi, épouse de Kamel Jendoubi, en exil, diffamée par le bulletin anonyme “Les Masques ” le 21 mars 97.

Alya Cherif Chammari, épouse d’un exilé, Khemaïs Chammari, diffamée par le bulletin anonyme “ Akhbar El Mouflissine ” en juillet 1998 et par l’hébdomadaire « Al Hadath ».

Sawsan Mokni, épouse d’un réfugié, Habib Mokni, diffamée par le bulletin anonyme “El Aqni’a” du 23 novembre 1998.

Emna Najar, épouse de Sadok Chourou, détenu (voir plus haut), diffamée par le bulletin anonyme “ El Aqni’a ” le 23 novembre 1998.

Samira Karker, épouse d’un réfugié, Salah Karkar, diffamée par le bulletin anonyme “Akhbar el Muflissine ” en octobre 1998 et en mars 1999.

VIII- LA Privation de passeport :

La privation de passeport constitue une atteinte directe au droit de vivre en famille quand elle empêche des parents d’exilés de rejoindre ces derniers. Elle est aussi une mesure de représailles qui a privé des émigrés en Europe et de passage en Tunisie, parents d’opposants, de retourner dans leur pays d’émigration. Enfin, c’est une mesure de rétorsion pure et simple dans le cas des parents d’opposants vivant en Tunisie.

1. Les enfants

Les enfants de Ali Khelifi et Selma Sbissi, réfugiés en France, Abdallah, Tahar, Abderraouf, Mohammed, Behija, Abbes, ont été privés de passeport entre 1993 et 1997.

Hamza (7ans), fils de Adel Zarrouk, incarcéré, entre 1994 et 1998.

Oussama, de Sfax, fils majeur de Moncef Ben Salem, ancien détenu.

Nadia (17 ans) et Oussaïma (11 ans), filles d’un opposant détenu, Hamma Hammami, privées de leurs passeports jusqu'en 2000.

Ghofrane (8 ans) et Alaïeddine (7 ans), enfants de Mokhtar Fatnassi et Mounira Jendoubi, réfugiés en France, à partir de 1997 (voir plus haut)

Hamza, Imen, Kaouthar, Sabrine, enfants (entre 13 et 7 ans) de Souad Charbati, sous contrôle administratif et de Abdelaziz Bousnina, réfugié en Suisse, entre 1995 et 1999.

Ismaïl, 1 an, enfant de Abdessatar Gasmi, détenu, et de Sabah Gasmi, de nationalité libyenne, entre 1998 et 2000.

Youssef, 4 ans, enfant d'un couple d'opposants, Jalel Zoghlami et Ahlem Belhaj.

2. L’épouse et les enfants

Samira Ben Salah et ses quatre filles, Ibtihel (15 ans), Jihed (12 ans), Sarra (14 ans), Sana (8 ans), entre 1993 et 1996, dont le mari et père, Hedi Timoumi, est réfugié en Allemagne.

Samira Ben Nasr, de Bizerte et ses filles mineures, Chaïma et Khaoula, entre 1992 et 1997, dont le mari Nourreddine Ben Saïd, est réfugié en France.

Saïda Faten, de Tunis et ses enfants mineurs, Khabeb, Yosra, Baraa, Mortadha, jusqu’en 1997, dont le mari Tahar Hasni, est réfugié en France.

Fathia Mezigh, de Tataouine et ses enfants Saïda (16 ans), Youssef (14 ans) Asma (13 ans), Oussama (11 ans), Dhoha (7 ans), entre 1993 et 1997, dont le mari Salem Dbira est réfugié en France.

Nedjma Ben Mokhtar Drissi et ses enfants Mohammed Amin (18 ans), Fatma (16 ans), Khaoula (14 ans), Abderrahmane (13 ans), Hamza (10 ans) entre 1992 et 1997, dont le mari Bechir Ben El Hadj, est réfugié en France.

Zoulikha Mahjoubi et ses enfants, Mooez, Abduljabar, Sarra, Abdessabour, Chifaa (mineurs), privés de passeport jusqu’en 1997.

Naziha Ben Romdhane, de Gabès et sa fille Asma, entre 1992 et 1997, dont le mari Mohamed Hedi Bessid, est réfugié en France (voir plus haut).

Sarra Ben Salem, de Monastir et sa fille Meryem (7 ans), entre 1993 et 1997, dont le mari Hichem Bechir est réfugié en France. Hichem Béchir n’a connu sa fille qu’en 1997 à l’âge de 6 ans.

Jalila Mansouri, de Bouhajla, (voir plus haut) et ses enfants Makram (20 ans), Mounira (18 ans), Mohammed Ali (16 ans), Asma (12 ans), Wafa (10 ans), Abdelmoumen (8 ans) privés de passeport entre 92 et 97, dont le mari Boubaker Ziraoui, est réfugié en France.

Naziha Ben Aïssa, de Sfax, entre 1993 et 1997, dont le mari, Moncef Zid, est réfugié en France.

Hayet Nahdi de Den Den et ses filles, Tasnim (15 ans), Sarra (13 ans), Asma (9 ans), privées de passeport entre 1992 et 1997, dont le mari Mohamed Salah Nahdi est réfugié en France.

Leïla Ben Zina, de Kalaa Kbira et ses enfants, Brahim (17 ans), Asma (14 ans), Adel (11 ans), Hamza (7) dont le mari, Hedi El Jounaïdi, est réfugié en France.

Aïcha Ben Mansour, de Sfax et son fils Moujahed (7 ans), privés de passeport entre 1994 et 1998 dont le mari et père, Abdessalam Belgacem, est réfugié en Nouvelle-Zélande. Il a connu son fils en décembre 1998.

Turkia Hammadi, de Souq el Ahad, et ses filles, entre 1996 et 1997, dont le mari Fadhel Beda, est réfugié en France.

Aïcha Dhaouadi, de Bizerte et sa fille, privée de passeport entre 1995 et 1997, dont le mari Mohamed Hédi Kefi, est réfugié en France.

Zohra Hadiji, de Tunis, et ses filles, Soumaya (21 ans), Bouthaïna (19 ans), Amina (11 ans), après 1991, dont le mari Mohamed Jamil Alila, est réfugié en Autriche.

Kheria Chahbania, de Médenine, ses enfants, Intissar (17 ans), Abdelafidh (13ans), Ayadi (12 ans), privés de passeport entre 1996 et 1998, dont le mari, Ahmed Ouerghemi, est demandeur d’asile en France.

Ramla Farsadou, de Tunis, dont le mari, Adel Zarrouk, et le frère, Mustapha Farsadou, sont incarcérés .

Thouraya Hosni, du Kef, dont le mari, Nejib Hosni, a été incarcéré à plusieurs reprises entre 1994 et 2001, privée de passeport depuis 1996.

Rachida Ben Salem, de Gabès (sud ouest), et ses filles, dont le mari, Sghraïer Ben M'barek, est exilé en Hollande et dont le frère, Kamel Matmati, a disparu depuis son arrestation en 1991, privée de passeport jusqu'en 2000.

Souad Charbati, et ses enfants (voir plus haut) n'a jamais récupéré son passeport et a quitté le pays par ses propres moyens en 2000.

3. Les mères

Khadija Ben Ounis (66 ans), de Kalaa Sghira (Sahel), entre 1994 et 1999, dont le fils, Belkacem, est réfugié en France (voir plus haut).

Zohra Ben Saada (77 ans), de Zarzouna (Nord), dont le fils, Abderraouf, est réfugié en France (voir plus haut) entre 1996 et 1999,

Oumsaad Aouididi (68 ans), de Sfax, privée de passeport depuis 1997, dont le fils, Nourredine, est réfugié en Grande-Bretagne. (voir plus haut)

Zoubeïda Bouali, de Dubosville, dont le fils, Ruchdi, est réfugié en France (voir plus haut) jusqu'en 2000.

Bechira Larayedh, (65 ans) de Médenine, dont un fils, Ali, est incarcéré, et dont un autre fils, Ameur, est réfugié en France.

Habiba Ajimi, (52 ans) de Deggache, dont la fille, Sihem, est réfugiée en France, entre 1997 et 2000.

Aziza Soltani, (77ans), de Dahmani, depuis 1995, dont le fils réside en France. Madame Soltani est décédée en 1999 sans avoir revu les siens.

Fatma Boustanji, (68 ans), de Saïda, dont le fils, Mounir, est réfugié en France, entre 1993 et 2000.

4. Les pères

Ahmed Boubahri (78 ans), de Ghomrassen, dont le fils, Tahar, est réfugié en France, privé de passeport jusqu’en 1999.

Mohammed Nagaoui (80 ans), de Mellassine, entre 95 et 99, dont le fils Zouhaïer est exilé.

Abdelkrim Hamrouni (62 ans), depuis 95, dont deux fils, Hatem et Nabil, étaient incarcérés jusqu’en novembre 1999, et dont le fils Tawfiq est réfugié en Allemagne.

Mohammed Tahar Badi (54 ans), de Deggache, dont la fille, Sihem, est réfugiée en France, privé de passeport de 1997 à 2000.

5. Les frères

Sassi Ennaes, émigré en France, privé de son passeport lors d’un retour en Tunisie en 1992, dont le frère, Fathi Ennaes, était en exil. Il ne pourra jamais, jusqu’à son décès accidentel, retourner en France (voir plus haut).

Noureddine Boubahri, émigré vivant en France, souffrant d’une pathologie lourde, et dont le frère, Tahar Boubahri, est réfugié en France, privé de son passeport lors d’un séjour en Tunisie. Ne pouvant reprendre son traitement, il décède à Tunis .

6.. Les sœurs

Afifa Makhlouf, résidente en France, dont le frère Bouraoui condamné à l'emprisonnement à perpétuité est détenu en Tunisie, est toujours privée de passeport.

Les cas de mères, pères et frères, sœurs, privés de passeports n’ont été cités qu’à titre d’exemples. Ils se chiffrent évidemment par milliers, d’autant que les Consulats de Tunisie de par le monde pratiquent, par rétorsion, la même méthode à l’égard de familles entières d’émigrés ou d’étudiant.

IX- L’Interdiction de quitter le pays

(ou empêchement d’embarquer d’une personne munie de ses documents de voyage)

Comme la privation de passeport, cette mesure vise à faire obstruction au regroupement de familles en exil, ou constitue une mesure de rétorsion pure et simple contre les parents de militants.

Turkia Hammadi, déjà citée, empêchée de partir le 23 juin 1997. Auparavant elle avait été arrêtée et condamnée à 6 mois de prison. Elle est en France depuis juin 1997.

Zayed Ksila, 11 ans, fils de Khemaïs Ksila, détenu, empêché d’embarquer le 16 mars 1999.

X- l’Interdiction de porter assistance

Dans cette rubrique, sont abordées des situations diverses : celle de personnes suppliant leurs proches, suite à la terreur policière, de ne pas leur envoyer par quelque moyen que ce soit une aide matérielle ; celles de personnes qui ont été incriminées et écrouées pour avoir reçu quelques dinar et d’autres qui ont été emprisonnées pour avoir aidé des familles en difficulté.

Nedjma Ben Mokhtar Drissi, dont la cousine, Latifa Drissi, actuellement sous contrôle administratif, avait été arrêtée et condamnée à 5 ans d’emprisonnement pour avoir tenté d’aider la famille.

Khadija Ben Ounis, a refusé toute aide par crainte de représailles pendant des années (voir plus haut).

Radhia Aouididi, emprisonnée depuis 1997 et condamnée à 3 ans et demi de prison, interpellation en octobre 1998 de la mère, du frère et du frère de son fiancé pour avoir reçu de l’argent destiné à aider la famille, inculpation non retenue (voir plus haut).

Souad Charbati, n’a pu, à plusieurs reprises, recevoir les mandats envoyés à la prison par son mari en exil (voir plus haut).

Les quatre enfants de Mahjouba Boukhris, libérée en novembre 1999, et de Sahbi Ben Gaïd Hassine, incarcéré, de Zarzouna. Les proches ont été dissuadés de les prendre en charge. L’aînée, bien qu’en âge d’aller à l’école, a dû travailler pour subvenir à leurs besoins.

Emna Najar, refuse toute aide par crainte de représailles.

Sahbi Ben Gaïed Hassine, incarcéré, dont l’épouse était elle-même incarcérée jusqu’en novembre 1999 : ses frères se sont vus interdire de lui rendre visite en prison.

Somayya (16 ans) et Chamseddine (13 ans), enfants de Nouba Kchouk, de Bizerte, veuve d’Abderrezak Barbria, décédé le 29 novembre 1997 (date officielle) dans des conditions jamais élucidées alors qu’il était l’objet d’un harcèlement policier. Depuis lors, Madame Kchouk s’est vu interdire tout contact avec l’extérieur et ne peut faire face à ses difficultés matérielles et morales, l’un des deux enfants étant handicapé.

Les sept enfants de Mohammed Hedi Chbab, orphelins de leur mère, et dont le père a été incarcéré entre 92 et 98. La nouvelle épouse de ce dernier a été obligée de quitter le domicile familial pendant toute la période d’incarcération du mari et d’abandonner les enfants (voir plus haut).

 

 

Conclusions et recommandations

Le Comité demande :

- Que tous ces problèmes d’abus de pouvoir qui mettent des familles dans une situation désespérée soient pris en compte par la communauté internationale

- Que cette dernière exige des autorités tunisiennes une solution immédiate pour tous les cas cités et non encore résolus.

- Que cesse l’impunité actuelle de tous les responsables de tortures et de violences sexuelles. Cette impunité favorise la poursuite de ces actes immondes.

- Que les personnels de police responsables de ces abus de pouvoir, particulièrement du harcèlement, des agressions sexuelles, de l’occupation des domiciles etc., …soient immédiatement jugés et que des enquêtes soient menées au sujet des conditions de décès de Fayçal Barakat, Abderrezak Barbria, Ghazala Hannachi, Nourreddine Boubahri.

Dans les pays d’exil :

- Que les procédures d’attribution du statut de réfugié respectent les délais.

- Que les persécutions subies au titre de l'engagement ou de l'activité d'un proche soient reconnues comme ouvrant le droit à une protection au titre de la convention de Genève.

- Que les procédures de regroupement familial soient accélérées.

- Que la privation de passeport ne soit pas un obstacle au séjour.

- Que des structures d’aide et de soins aux victimes de la torture et de la répression prennent en charge, sur place ou en exil, le suivi de ces personnes, souvent très affectées.

- Que le Consulat de France en Tunisie délivre un visa à Hedi et Fatma Dhaouadi.

Paris, avril 2002.

Témoignages

 

Extraits traduits de l'arabe :

Hayet Bejaoui

(...) Je suis l'épouse de Nasr Bel Hajj Salah, âgé de 42 ans, ancien employé de la cimenterie de Bizerte, nous avons deux enfants, Nidhal, 15 ans et Jihad, 12 ans (...) Mon mari a été condamné à 23 ans d'emprisonnement par la Cour d'Appel de Tunis pour appartenance à une organisation non reconnue et il est actuellement détenu à la prison civile de Tunis sous le matricule 4442 (...). Le district de police de Bizerte et la brigade de la Sûreté de l'Etat ont pris plusieurs mesures pour faire pression sur nous et obliger mon mari à se rendre.

Mon logement a été investi à plusieurs reprises entre 1990 et 1995. Les mudahamat survenaient à tout moment. Ma maison était fouillée et j'étais menacée d'emprisonnement si je ne disais pas où se trouvait mon mari. Comme ils ont compris que cette simple méthode ne les mènerait nulle part, je fus convoquée au district de Bizerte et au poste de Menzel Bourguiba et en 1992 on m'a dépouillée de mes bijoux : lors d'une perquisition à mon domicile et d'une fouille du mobilier, ils ont trouvé mes bagues et les ont prises, de même que j'ai été convoquée pour savoir s'il m'arrivait de rencontrer mon mari, si je recevais des visites, si on m'aidait matériellement. Au district, ils m'ont littéralement séquestrée pour la journée, je n'en suis sortie qu'à dix heures le soir.

Ensuite ils s'en sont pris aux proches de mon mari, à ses amis qu'ils ont torturés, et ce, en 1995. Le domicile de mon père à Menzel Bourguiba a été investi, mon frère, Ammar Slimani, a été arrêté et frappé. Ils lui ont cassé des dents, tout ceci dans les locaux du district de Bizerte en 1995. Puis cela a été le tour de mon beau père dont le domicile a été investi. Le frère de mon mari, Mohammed Adouani, a été arrêté emmené au district où il a subi des violences, et ce toujours pour savoir où se trouvait mon mari. Ensuite ils s'en sont pris à l'ensemble de la famille.
Cela s'est produit fin juin 1995, lorsqu'ils ont arrêté les personnes qui avaient été jugées en même temps que mon mari. La brigade de renseignements de la rue du 18 janvier à Tunis m'a arrêtée, emmenée à Tunis, frappée, humiliée; ils ont arraché mon voile et ne m'ont relâchée qu'à six heures du soir. Le 5 juillet, le frère de mon mari et moi-même avons été détenus une journée entière au district de Bizerte, jusqu'à six heures du soir. Le même jour, la soeur de mon mari, Fawzia Adouani, alors enceinte, mariée à Azzeddine Zouaghi, a été détenue et tellement torturée que nous avions du mal à la reconnaître quand elle a été relâchée. Trois jours plus tard, une brigade dépendant de la Sûreté de l'Etat (dont j'ai reconnu deux membres relevant de la brigade de Bouketfa de Bizerte, Mourad et Tarek), a fouillé mon domicile, le mobilier et ont pris la somme de 400 dinars, puis nous ont fait savoir qu'ils resteraient chez nous. Ils ont effrayé mes enfants, et interdit à la grand mère , Khdija et aux sœurs de mon mari, Fawzia et Mahjouba, de sortir, sans compter leurs provocations et leurs insultes et leurs grossièretés. Tout ceci a abouti à ce que mon mari se rende le 9 juillet 1995. (...)

Après l'incarcération de mon mari, j'ai été convoquée au poste de Bouketfa à des fins d'enquête et de contrôle. Car j'ai ouvert un magasin de prêt à porter et ils voulaient savoir qui m'avait aider à réaliser ce projet. Ils m'ont harcelée pour que j'accepte de collaborer avec eux.

Du fait que mes enfants atteignaient la période de l'adolescence et que nos proches avaient peur de nous rendre visite et du fait aussi de l'absence du père, mes enfants ont souffert de troubles psychologiques (...), surtout mon fils Nidhal, malade au plan physique et psychologique. J'aurais voulu lui faire consulter un médecin, mais je n'en avais pas les moyens, et je n'avais pas droit à la gratuité des soins (...)

Menzel Bourguiba, 25 octobre 2000

Mabrouka Tayyachi

(...) Je suis l'épouse d'Ibrahim Dridi, commerçant, condamné à 59 ans et deux mois d'emprisonnement par la Cour d'Appel de Tunis pour appartenance au mouvement de la Nahdha et autres charges, âgé de 37 ans et père d'Amel, 11ans, et de Nasreddine, 9 ans. Il est actuellement détenu à Mehdia. L'appartenance de mon mari à la Nahdha était connue et à chaque période de tension entre ce mouvement et le pouvoir, il était poursuivi. En 1991, il a été recherché et les équipes de différents corps de police ont pris des mesures illégales pour faire pression sur sa famille et ses proches afin que ces derniers indiquent sa planque. La police de Menzel Bourguiba et celle du poste de Boukefta, ainsi que la Sûreté de Tunis pénétraient dans mon domicile avec une haine et une agressivité terribles à mon égard et à celui de mes enfants. Ils fouillaient les meubles et cassaient tout : les armoires, les lits, la vaisselle. Ils nous terrorisaient, surtout les enfants, en disant des grossièretés et en nous menaçant d'emprisonnement et d'arrestation si nous ne disions pas où se trouvait mon mari. Lorsqu'ils comprirent que cela était vain, ils passèrent à la seconde phase, à la violence physique. Ils me frappèrent devant mes enfants et me firent si peur que ma fille se prostra et se cacha les yeux. (...) Ces mudahamat se poursuivirent jusqu'en 1995 où le harcèlement connut son apogée.

Monia Ghanmi, la cousine de mon mari, et elle même épouse du prisonnier Jalal Kalboussi fut arrêtée le 21 juin 1995. Lors de la même nuit vers deux ou trois heures du matin, une brigade de la Sûreté de l'Etat pénétra chez moi, m'arrêta et m'emmena au local des Renseignements. J'ai été frappée, dépouillée de mon voile et menacée d'emprisonnement si je ne disais pas où se trouvait Ibrahim. Ma détention a duré jusqu'à dix heures du matin.
Lors de la mudahama, ils avaient démoli les murs pour trouver des armes, mais ils n'avaient rien trouvé. (...) Alors ils s'en sont pris à mes vieux beaux parents (...) notamment à Zohra Dridi, qui habite avec moi, mais à un autre étage. (...)

Menzel Bourguiba, 28 octobre 2000

Sabiha Tayyachi

(...) Je suis l'épouse de Hachemi Mekki, né en 1958, ancien magasinier, condamné à 31 ans d'emprisonnement pour appartenance à une organisation non reconnue. Nous avons trois enfants, Doha, 15 ans, Hamed, 13 ans, Habba, 12 ans. Nos épreuves ont commencé en 1991. Plusieurs brigades policières du district de Bizerte, du poste de Menzel Bourguiba et du ministère de l'Intérieur ont attaqué ma maison pour attraper mon mari. Cela s'est terminé par son arrestation et son incarcération. Quant à nous, ses proches, nous avons été frappés d'interdit professionnel, privés de sécurité (...). Je vous livre ici le récit de la terreur qu'a vécue sa famille.

A la fin du mois de septembre 1991, les brigades sus mentionnées ont investi la maison à la recherche de mon mari. En vain. Alors ils ont fouillé le mobilier, emporté une somme de 50 dinars, des habits neufs de mon mari et quelques bijoux qui m'appartenaient sans compter les insultes, les grossièretés, les provocations et la menace de nous jeter en prison si nous n'indiquions pas où il se trouvait. Au terme d'une semaine, ils sont revenus pour le même motif, dans la journée, et comme je ne répondais pas, ils ont pointé leurs armes sur moi, devant mes enfants, qui n'ont jamais oublié cette scène depuis.

Deux mois plus tard, deux agents en civil du district de Bizerte se sont présentés. L'un s'appelle "Zyad" et l'autre a exercé après ma détention en tant que chef du poste du quartier de Najah à Menzel Bourguiba en 92. Ils m'ont arrêtée et m'ont menacée de poursuites si je ne les aidais pas à retrouver mon mari. Comme à l'accoutumée, ils m'ont frappée, humiliée, et je n'ai été libérée que tard dans la nuit.

Mes enfants aussi n'ont pas été épargnés. Ils les suivaient jusqu'à leur école. Ils avaient peur et vivaient en totale insécurité que ce soit à la maison à l'école ou dans la rue.

Les mudahamat ont duré cinq ans au rythme de deux à trois fois par mois. Puis la pression sur nous s'est intensifiée.

Il y a eu un regain de violence lors des descentes de police des trois brigades : le lit cassé, le sommier éventré et dispersé morceau par morceau. Les membres de la familles n'étaient pas épargnés non plus. Ma mère, a reçu des coups de pieds, des gifles... Mes enfants ont été menacés d'emprisonnement s'ils ne parlaient pas, puis on leur a promis du chocolat... Le 21 juin 1995, j'ai été emmenée au district de Bizerte, mais la police est restée chez moi et a interdit à ma mère, ma soeur et à mes enfants de sortir. Mes enfants ont été empêchés de se rendre à l'école et de passer les examens de fin d'année.

Mon père était alors âgé de 75 ans (...). Si la police ne nous trouvait pas, moi ou ma soeur Mabrouka, l'épouse du prisonnier Ibrahim Dridi, elle s'en prenait à lui, investissait sa maison. Il était rossé et insulté, sans aucun égard pour son grand âge, puis ils se vengeaient en l'emmenant en dehors de la ville, en lui ordonnant de creuser un trou dans le sable puis l'abandonnaient à son sort. Il devait rentrer à pied. Le 21 juin, mon père est venu me voir et m'a dit que ma soeur avait été arrêtée. Il voulait que je m'occupe de ses enfants. J'ai été arrêtée le même jour. Moi c'était par le district de Bizerte, et elle, par la Sûreté de l'Etat. L'objectif recherché était la reddition de nos maris. Le 28 juin 1995, mon mari s'est rendu et il a été incarcéré pour 31 ans (...) Je pensais alors que le harcèlement allait s'arrêter du fait de l'arrestation de mon mari. Cela n'a fait qu'empirer à un point tel que nous étions devenus des prisonniers comme mon mari à ceci près que l'enceinte de notre prison était plus vaste que la sienne. Ils se sont ingéniés à nous torturer, à attaquer notre dignité. Nous n'avions plus le droit de travailler, ni de vivre en sécurité. Nous ne pouvions communiquer avec nos proches, nos voisins et nos amis. Ceux-ci ont eu des ennuis à leur tour. Mon frère, Khaled, a été chassé de son emploi de policier et empêché de retrouver un quelconque autre emploi. Il y a eu des perquisitions à son domicile, il a été harcelé alors qu'il souffrait d'une hépatite. Le mari de ma soeur, Tahar Ghanmi, a été licencié de l'aciérie de Bizerte et s'est retrouvé au chômage. On lui a alors monté une affaire qui lui a valu une année d'emprisonnement, verdict prononcé par le tribunal de Première instance de Bizerte et confirmée par la cour d'Appel de Tunis.

Et les mudahamat continuaient, les coups et les humiliations aussi. Ils ne me lâchaient pas dans la rue et à chaque fois qu'ils m'emmenaient au district, ils me frappaient, m'arrachaient mon voile, établissaient une fiche de renseignements et m'obligeaient à signer un engagement à ne plus porter le voile. Tout ceci pour me faire divorcer de mon mari.

Pendant le mois de Ramadan de 1996, j'ai fait l'acquisition d'une machine à coudre et de tissu, afin de vendre des habits pour l'Aïd. Hassan Trabelsi, un voisin, m'avait aidé dans ce projet. Il fut arrêté et sauvagement torturé. Deux semaines plus tard, la police a perquisitionné chez moi, emporté la machine à coudre, le tissu, les vêtements à titre de preuve, contre moi, contre Hassan Trabelsi... et contre les clients qui m'avaient passé commande ! Certains furent condamnés à six ans d'emprisonnement. Dans cette affaire, j'ai été condamnée à deux ans et demi d'emprisonnement avec sursis. Hassan Trabelsi fut accusé d'appartenance et de financement. Il a été écroué.

Menzel Bourguiba, 28 octobre 2000

Mounira Dridi

Tawfik Fatnassi, mon mari, est né en 1950 à Mateur. Il a exercé comme mécanicien et comme louagiste. Il a été condamné à 10 ans et trois mois d'emprisonnement en 1996, pour :association de malfaiteurs, mise à disposition de local pour des réunions interdites, maintien d'un parti politique et collecte de fonds non autorisée. Il a été condamné en 1997, pour les mêmes chefs d'inculpation à 14 ans et un mois d'emprisonnement. Donc, il totalise 24 ans et 4 mois de prison. Nous avons trois enfants : Achraf, 13 ans, Hamed, 11 ans, et Salsabil, 8 ans.

(...) Comme mon mari était recherché, on a fait pression sur ses proches pour qu'il se rende ou que l'un d'eux révèle l'endroit où il se cachait. Après quatre années de visites au domicile de ma famille à Techga, Henchir Laqdaya, à Mateur, une descente eut lieu en 1995. Les meubles ont été cassés, les membres de la familles ont été violemment attaqués et les enfants ont été terrorisés et chacun fut enfermé, ma mère, Baya Dridi, mes belles sœurs, Essia Dridi et Saleha Fatnassi et leurs nourrissons, tout le monde fut emmené au poste de police de Mateur où ils eurent pour tout accueil un déferlement de violence physique et verbale, puis ils furent transférés au district de police de Bizerte et là le traitement fut pire encore ; ma mère, âgée de 62 ans, en perdit deux dents, mon frère fut roué de coups et jusqu'à l'heure actuelle il souffre de douleurs aiguës. Mes belles sœurs et ma soeur ne furent pas épargnées par la torture, sans égard pour leurs nourrissons. Ils prirent même un fusil de pêche qui nous appartenait.

La famille de mon mari dut supporter les visites à leur domicile de la cité Raja à Mateur, le contrôle et le harcèlement. Lotfi Fatnassi, le frère de mon mari âgé alors de 38 ans, fut arrêté. On le questionna sur l'endroit où nous nous trouvions moi et mon mari. Le harcèlement dura quatre années. Le jour du mariage de Lotfi, la police fit irruption à son domicile, l'arrêta une seconde fois. Il fut transféré au district de Bizerte et de là à Bouchoucha où il fut torturé et détenu. On voulait le forcer à parler, ou forcer son frère à se rendre.

Quant à la grand-mère, elle fut emmenée au poste de la garde nationale à Mateur et rossée sans considération de son âge mur. Mon mari dut se résoudre à se rendre le 3 août 1995. (...) Il est actuellement à la prison de Tunis (...)

Pour autant, les attaques ne cessèrent pas, ni la torture et les mortifications. Nous fumes condamnés à une misère planifiée et au harcèlement de nos enfants par un contrôle incessant. Le district de police de Bizerte nous convoquait pour savoir qui nous rendait visite et qui nous aidait. Ils firent pression sur la famille de mon mari pour qu'elle ne nous fréquente plus, ne nous apporte aucune assistance. Nous fumes réduits à la misère, à la privation de soins de sorte que je ne pus faire soigner mon fils Hamed qui souffrait de fortes céphalées chroniques, ni ma fille Salsabil qui souffrait des séquelles d'une amygdalite non soignée, quant à moi je souffre de troubles nerveux et d'hyper tension (...)

Tunis, 3 août 2000

Extraits :

Ahlem Belhadj

J'avais peur pour Jalel, mon mari... maintenant, j'ai également peur pour Youssef, mon enfant.

Aujourd'hui 18 février, mon enfant Youssef Zoghlami, âgé de 4 ans, est descendu de notre appartement accompagné de son ami Aymen, âgé de 7 ans, récupérer un jouet tombé du balcon, scène banale qui a failli tourner au cauchemar. J'étais en compagnie de Maître Radhia Nasraoui, de Mohammed Bechri, de Afifa Ben Soussia, mère d'Aymen, Lotfi Sellami et de Nejib Zoghlami et Lumamba Mohseni venu soutenir mon mari Jalel Zoghlami, en grève de la faim depuis le 3 février suite à la tentative d'assassinat dont il fut l'objet.

Youssef et Aymen sont revenus nous raconter spontanément que deux hommes, deux inconnus, les ont interpellés pour demander à Youssef les noms de ses parents, le numéro de leur appartement et si la femme accompagnée de trois filles (en l'occurrence Maître Nasraoui) était bien chez nous et pour finir, ils leur ont proposé de les emmener acheter de chewing-gums.

Furieux, suite à ce récit, mon mari Jalel, suivi de son frère Nejib, Nadia, Ousseima et moi même nous sommes descendus. Nous les avons trouvés en train de relever les numéros d'immatriculation des voitures stationnées, une façon de nous renseigner sur leur fonction.

Jalel, ayant eu peur pour son fils et hors de lui, leur a demandé comment ils osent terroriser des petits enfants ? Rapidement, ils disparaissent.
Que penser, sinon qu'ils se mettent maintenant à s'en prendre aux petits enfants, que mon fils âgé d'à peine 4 ans n'est plus en sécurité, et qu'il peut être un jour emmené par des étrangers pour lui acheter des chewing-gums.

Mon enfant, privé du sentiment-si indispensable de sécurité-privé de son passeport, privé de recevoir des coups de téléphone d'un ami et d'une cousine, privé tout simplement de faire, d'être et de vivre comme les enfants de son âge.

Aujourd'hui, moi en tant que mère, je crie haut et fort : mon enfant a le droit de jouer en toute sécurité avec les voisins, a le droit de téléphoner à ses cousins, a le droit de voyager et je ne pense pas que c'est trop demander.

Tunis, le 18 février 2001

Nadia Hammami

Je soussignée, Nadia Hammami, 17 ans, fille du militant Hammami et de l'avocate Radhia Nasraoui, lance cet appel à l'opinion publique nationale et internationale en mon nom et au nom de mes sœurs Ousseïma (11 ans) et Sarah (8 mois) pour que toutes les personnes concernées par les droits humains nous soutiennent afin d'obtenir nos passeports, les demandes ayant été déposées depuis longtemps par maman.
S'il est vrai que nos parents militent dans les domaines politiques et des droits humains, il est inadmissible de nous priver de nos passeports... Nous sommes déjà suffisamment malheureuses à cause de l'absence de papa et des tracasseries policières que nous subissons depuis des années.

Tunis, 15 mars 2000

Je voudrais informer l'opinion publique nationale et internationale que les autorités tunisiennes refusent de nous délivrer des passeports à moi et à mes sœurs. Ces mêmes autorités me soumettent souvent à une surveillance policière, même mes amis sont embêtés par les flics ce qui me pousse à les éviter pour ne pas leur causer de problèmes. Je n'ai donc pas le droit de vivre et de m'amuser comme tous les jeunes de mon âge. La seule raison : je suis la fille de Hamma Hammami (...) et de Radhia Nasraoui ( ...)

Je pense qu'il est injuste de punir des enfants à cause de l'opinion de leurs parents.

Encore une fois, je demande à tous ceux qui sont pour le respect des droits de l'enfance d'intervenir pour que je puisse cet été passer de vraies vacances à l'étranger avec papa, maman et mes deux petites sœurs loin de toute filature policière.

Tunis, 13 avril 2000

 

Zoulikha Mahjoubi

"Notre maison était devenue la leur"

Depuis que mon mari a pris la clandestinité, j'ai enduré les descentes et les perquisitions policières, à toute heure du jour et de la nuit à mon domicile de Jendouba., Les insultes et les menaces. Ces descentes visaient à nous intimider, moi et mes cinq enfants, encore en bas âge. Les policiers allaient et venaient chez moi comme chez eux. Tous les deux mois, j'avais droit à une intervention particulièrement musclée assortie d'un interrogatoire : "Où est ton mari ? Est-ce qu'il t'a téléphoné ?" Chaque année au mois de septembre, au moment du renouvellement des équipes de police, j'étais convoquée au commissariat pour un interrogatoire. Le 11 octobre 1996, quatre policiers en civil sont venus me chercher et m'ont emmenée au commissariat. Ils ont commencé par m'ôter mon voile. Khaled Ben Saïd, le policier, m'a giflée à plusieurs reprises et copieusement insultée, puis il a donné l'ordre à ses auxiliaires de me déshabiller et de me torturer. On m'a suspendue, frappée, insultée. Un des tortionnaires, Abdoukrim, a mis son pied sur mon sexe et m'a dit : "il y a longtemps que tu n'as pas fait l'amour". Ils me posaient plein de questions, toutes portaient sur mon mari. Ils ont torturé d'autres femmes avec moi : Leïla, Noura, Dorra, Latifa, Salwa, et une autre encore.
Le lendemain à quinze heures, j'ai signé un papier et j'ai quitté les lieux avec une convocation pour le lundi suivant avec une interdiction de quitter mon domicile. Le lundi je suis revenue au poste de torture, le tortionnaire m'a dit de rentrer chez moi et que lorsqu'il aurait besoin de moi il me convoquerait. Toute la famille après ces années de harcèlement était intimidée et effrayée.

13 mars 2002.

Bibliographie

Le harcèlement de certaines personnes, in Hors série de la lettre bimensuelle de la FIDH, ONU : Comité contre la torture. Tunisie : "des violations caractérisées, graves et systématiques", novembre 1998, n°267

Témoignages sur les femmes réprimées en Tunisie, Situation des droits de l'Homme et rapports accablants, Tome IV, Comité de Soutien aux victimes de la répression en Tunisie, Paris, septembre 1996.

Témoignages sur les familles otages en Tunisie, Situation des droits de l'Homme et rapports accablants, Tome VI, Collectif des Familles otages en Tunisie, Paris, octobre 1997.

Tunisie, Des femmes victimes de harcèlement, de torture et d'emprisonnement, EFAI, MDE 30:02/93, Amnesty International

Les femmes en situation de risque "Coupables par association", in Moyen Orient, Violations des droits fondamentaux des femmes. Amnesty International, EFAI, MDE 01/01/95

La famille comme lieu de répression politique, in Tunisie, Le cercle de la répression s'élargit, Amnesty International, EFAI, MDE 30/25/97

"Pour briser l'homme, prenez la femme", in Supplice tunisien, le jardin secret du général Ben Ali, Ahmed Mannaï, La découverte, 1995

"Les mesures et pratiques répressives" et "le harcèlement quotidien des familles de certaines personnes" in La torture en Tunisie, CRLDHT, Le temps des Cerises, 2000.

"Fuir l'oppression", Martine Rossard, Havre, mensuel de l'A. V. R.E, n°17, juillet 1999

"Tunisienne et peur de l'être", Frédérique Verhaeghe, Le Dauphiné, février 1998.

"Témoignage", par Khemaïs Ksila, adressé au Congrès d'Amnesty International, 1 er mars 2000

"Oussaïma ou l'enfance saccagée", Moncef Marzouki, mars 2002

"Accusé de tortures, un diplomate tunisien échappe à la justice française", Le Monde, 5 mars 2002

 
تقرير ينتقد التضييق علي الحريات الاعلامية يثير جدلا بتونس
(رئيس جمعية الصحافيين حاول التملص من مضمونه)

تونس ـ اف ب: اثار تقرير حول الحريات الصحافية هو الاول منذ سنوات في تونس جدلا واسعا وخلافا بين معديه وهم صحافيون وبين رئيس جمعيتهم الذي وافق عليه ثم تراجع.
ووقف بعض الصحف الي جانب التقرير الذي دق معدوه ناقوس الخطر بشأن الحريات الصحافية في البلاد والعمل الصحافي في ضوء التشريعات والرقابة القائمة.
وقد اعرب 15 صحافيا اعدوا التقرير الذي يتناول الفترة بين عامي 2000 و2002 عن القلق بشأن المفارقة القائمة بين الخطاب السياسي الليبرالي و الواقع الذي يتميز بالتضييق علي حرية التعبير والراي .
وحاول احد معدي التقرير وهو رئيس جمعية الصحافيين التونسيين وعضو التجمع الدستوري الديمقراطي الحاكم احمد بن صالح ان ينأي بنفسه عن الامر فاعلن ان التقرير عبارة عن مشروع داخلي لا يلزم الجمعية.
لكن الصحافي لطفي الحاج من صحيفة رياليتي الاسبوعية الذي اختير قبل فترة في الهيئة الادارية للجمعية يؤكد من جانب اخر ان التقرير اقر واعتمد ووزع علي اعضاء الجمعية.
ويتناول التقرير الذي تلقت وكالة فرانس برس نسخة منه المضايقات التي تتعرض لها حرية الصحافة والتعبير والعوائق القانونية معتبرا ان القوانين التي تحكم قطاع الصحافة هي قوانين قمعية علي الرغم من التعديلات المتتالية عليها.
واوضح في هذا الاطار ان جنح الاساءة الي البني القضائية او الجيش والادارة والهيئات الرسمية ما زالت جنحا يعاقب عليها بالسجن .
وقال ان الصحافيين مهمشون ويتعرضون للضغوط والرقابة وهم ممنوعون من تغطية بعض الاحداث واحيانا يتعرضون للتوقيف والاستجواب. وذكر التقرير ان العاملين في الصحف اليومية يواجهون خطوطا حمرا يمكن لحدودها ان تتغير اكثر من مرة في اليوم. كما ان الرقابة تمارس بطريقة قمعية عن طريق منع الاعلانات التي تسيطر عليها الدولة. ويشير التقرير الي منع بعض المنشورات الاجنبية والكلام المردد لوسائل الاعلام السمعية البصرية التي تحتكرها الدولة وهي وسائل انصرف عنها التونسيون الي المحطات الفضائية الاجنبية.
كما يشير التقرير الذي يقع في 27 صفحة الي المحظورات التي تفرض علي شبكة الانترنت وخصوصا اقفال بعض المواقع او مراقبة البريد الالكتروني.
ويأتي الجدل حول هذا التقرير العاصف مع تغييرات جرت علي رأس وزارة الاتصالات.

(نقلا عن صحيفة القدس العربي ليوم 22 ماي 2002)

 
هاجموا نمط الغذاء العصري
تونس: أخصائيون في التغذية يطالبون بالعودة إلى الغذاء التقليدي

تونس - خدمة قدس برس (21/5)

(محمد فوراتي)

قال أخصائيون تونسيون إن الأسلوب الغذائي, الذي يعتمده المواطن التونسي اليوم, يؤدي إلى حدوث كوارث صحية, إذ أثبتت الدراسات تزايد نسب الأمراض الخطيرة في تونس, مثل مرض السرطان, وارتفاع ضغط الدم, والسمنة.

ووجه المتخصصون في التغذية, صيحة فزع, من مخلفات الأسلوب الغذائي العصري, الذي يتميز بكثرة الدهنيات والشحوم, التي توجد خاصة في الأكلات السريعة, وهو ما يؤدي إلى حرمان الجسم من الحاجيات الأساسية لتقوية جهاز المناعة.

وأكد الخبراء التونسيون, الذين كانوا يتحدثون في الندوة, التي نظمتها جمعية الصحّة والمحيط, أن التلوث الهوائي والمائي زاد الطين بلّة, إذ شكل مع أسلوب التغذية العصري تهديدا جديا وخطيرا على صحة التونسي.

وأفاد الصادق قايجي الأخصائي في التغذية, في محاضرة له بعنوان "مخاطر أسلوب التغذية العصري والحلول الغذائية اللازمة", أن هناك ضرورة للحفاظ على الأكلات المتوسطية (نسبة إلى البحر الأبيض المتوسط), داعيا إلى العودة إلى الأسلوب الغذائي التقليدي, ذلك أن التجربة أثبتت سلامة صحة الأشخاص, الذين يتبعون الأسلوب الأخير, حتى أن معدّل أعمارهم تجاوز المائة عام, فيما يعاني متبعو الأسلوب العصري من العديد من الأمراض المزمنة.

وأضاف القايجي أن الغذاء التقليدي والطبيعي لم تنتج عنه أي أمراض معدية أو مخيفة, عكس الأكلات السريعة التي يفرضها نمط العصر السريع. وذكر أن أكلات البحر الأبيض المتوسط هي الأفضل, إذ تساعد على الوقاية من العديد من الأمراض, مثل مرض السرطان, وارتفاع ضغط الدم, ومرض السكري.

وقال إن أفضل سبيل للوقاية من مرض السرطان هو استعمال الألياف الموجودة خاصة في الخضر والغلال. ونصح القايجي بتجنب كل ما هو حيواني بقدر الاستطاعة, وشجع على أكل السمك, لأن له فوائد عديدة في التخفيض من ارتفاع ضغط الدم.

أما الدكتور الحبيب بوجناح رئيس الجمعية التونسية للصحة والبيئة, فقال إن التطور الهائل, الذي عرفته طرق الإنتاج والتصنيع والخزن, إضافة إلى التحول من الفلاحة التقليدية إلى الفلاحة الصناعية, لئن سمح بتحسين المستوى الغذائي في بعض البلدان, والقضاء على مظاهر المجاعة, حتى في حالات الظروف المناخية الصعبة, كالجفاف, فإنه أدى في المقابل إلى بروز العديد من المظاهر, الناجمة عن النظم الغذائية العصرية, التي اختزلت في ما يسمى تجاوزا بأمراض العصر.

ونصح الدكتور بوجناح بالعودة إلى الأسلوب الغذائي التقليدي, المرتكز خاصة على زيت الزيتون, والسمك, والخضر الطازجة, إذ أثبتت التجربة أهميتها القصوى, في الحفاظ على صحة الإنسان.

(المصدر: وكالة قدس برس الدولية)

 
Aufruf der Freiheit e.V
 (AdF_e_V)
 
نداء عاجل
 
نظرا لأسباب تنظيمية قاهرة خارجة عن نطاقنا تعلم جمعية نداء الحرية بان التحرك الأعلامي الذي أبلغ عنه سابقا قد عدل كما يلي:
 
*التاريخ: السبت 25 ماي 2002
*الزمان: إنطلاقا من الســـاعة الثانية بعد الزوال ( س 14)
  إلي حدود الساعة الخامسة (س17)
*المكان: أمام القنصلية التونسية بميونخ
 Seidlstr. 28  München
ثم التحرك في شكل مسيرة سلمية  مع الساعة الثالثة و النصف س15.30
 عبر الشوارع   التالية  Marsstraße ,  Elisenstraße :
في إتجاه ساحة   Karlplatz Stachus
فكونوا معنا في الموعد من اجل مناصرة قضايا العدل و الحرية
Aus organisatorischen Gründen wird die Kundgebung vom 25 Mai 2002 wie folgend veranstaltet :
*Datum: 25. Mai. 2002.
*Zeit: vom 14h bis 17h
* Ort :     vor dem tunesischen Konsulat, in der Seidlstr. 28, München.
-Anschließend ab 15h30 eine Marsch Richtung karlplatzt Stachus über Seidlstraße, Marsstraße, und Elisenstraße 
 
Der Vortand
 
AdF e.V
 
Email : عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.
C/O.  Neguez Heinrich-geißlerstraße. 20
80939  München
Tel : 0049 89 3242476
  München, den 22.05.2002
 
EXTRAITS DU POINT DE PRESSE DU 21 MAI 2002
DU PORTE-PAROLE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES FRANCAIS
 
 Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères s'est exprimé sur les sujets suivants lors du point de presse de ce jour :

1 - FORUM MEDITERRANEEN

A l'occasion de la réunion du Forum méditerranéen, plus particulièrement consacré au dialogue des cultures et des civilisations, le ministre des Affaires étrangères, M. Dominique de Villepin, a rencontré, pour un premier contact, ses homologues marocain, tunisien, algérien et égyptien. Les relations avec ces pays partenaires de la France sont extrêmement denses et fortes.

Ces premiers contacts avec M. Mohammed Benaissa (Maroc), Abdelaziz Belkhadem (Algérie), Habib Ben Yahia (Tunisie) et Ahmed Maher (Egypte) ont été très amicaux et chaleureux. M. de Villepin a fait un tour d'horizon des relations bilatérales. Avec son collègue algérien, il a évoqué les perspectives offertes après la signature, le 22 avril dernier, à Valence, de l'Accord d'association UE/Algérie et la coopération bilatérale, notamment à travers le dispositif consulaire et culturel français en Algérie.

Ces quatre entretiens ont également permis d'évoquer la situation régionale au Maghreb et la construction de l'Union du Maghreb arabe, ainsi que la situation au Proche-Orient. Enfin, avec son collègue égyptien, M. de Villepin a par ailleurs discuté du dossier iraquien.

(Il n'y a pas eu de point de fait sur les suites de l'enquête de l'attentat de Djerba ?)

Pas à ma connaissance mais il y a eu un tête-à-tête avec le ministre tunisien.

(Où se passait la rencontre ?)

A Mykonos, en Grèce.


(Ont-ils discuté du code de conduite contre le terrorisme?)

Oui, mais pas dans les contacts bilatéraux, ce n'était pas l'objet. Le code de conduite était discuté entre les différentes délégations au niveau multilatéral.

(La question du correspondant du Monde en Tunisie a-t-elle été évoquée ?)

Je ne le sais pas, mais il y a eu une période en tête-à-tête, il faudrait donc que je vérifie.


(Le ministère a-t-il une réaction là-dessus ?)

Nous suivons toujours les questions de liberté de la presse avec beaucoup d'attention dans tous les pays et ceci vaut donc aussi pour un pays ami comme la Tunisie. Nous sommes toujours attentifs à ce que les journalistes puissent faire leur travail.

(Est-ce que de M. de Villepin a eu le temps de discuter ?)

La réunion s'est poursuivie ce matin. On a eu les deux premières sessions hier matin. L'une le matin sur la discussion politique et le dîner Proche-Orient. Ensuite, l'après-midi, on a eu toute la session sur le dialogue des cultures et des civilisations. Je vous recommande la lecture du discours du ministre sur le site Internet. La discussion s'est poursuivie aujourd'hui dans la matinée. En principe, il n'y a plus de difficulté. C'est un code de conduite présenté à l'initiative de la présidence.
 

Pour la 1ére fois, un groupe tunisien (inconnu jusqu’ici) est cité sur la liste des groupes terroristes du département d’état américain !!

State US adds more Islamic militants to terrorism watchlist



22.05.2002
10.00am

Washington - The United States is showing its determination to crush even the most obscure forms of violent Islamic militancy following the September 11 attacks, adding eight groups in three continents to a watchlist in its annual report on terrorism in 2001.

The additions signalled fears of militant tentacles reaching across Africa and Asia and into Western Europe.

It also showed the complex nature of the war on terrorism launched by Washington after the airline attacks, which killed more than 3000 people in New York, Pennsylvania and Washington.

The list of "other terrorist groups" added several names whose activities were not new but which did not appear in the 2000 report before the attacks.

Collectively the new names have members as far afield as Afghanistan, Bangladesh, Indonesia, Libya, Malaysia, Pakistan and Kashmir, the Philippines, Somalia, Turkey, Western Europe and Yemen, the report, also published on the State Department's website www.state.gov, said.

Among new additions were groups the report said sought to impose Islamic regimes, including one in Libya that claimed responsibility for an assassination attempt in 1996 against Muammar Gaddafi of Libya, whose country is listed separately in the report as a state sponsor of terrorism.

Al Jama'a al-Islamiyah al-Muqatilah bi-Libya, whose members have mostly fled to Middle Eastern and European states, sees Gaddafi's government as un-Islamic and has ties to the al Qaeda group led by Osama bin Laden, accused of masterminding the September 11 attacks, the report said.

With 2000 members and some reserve militias, al-Ittihad al-Islami has attacked Ethiopian forces and Somali factions and is believed to have launched bomb attacks in public places in 1996 and 1997 in its fight for an Islamic regime in Somalia, the report said.

Harakat ul-Jihad-I-Islami in Pakistan and Kashmir was founded in 1980 in Afghanistan to fight against Soviet forces but now attacks Indian targets in its fight for the accession of Kashmir to Pakistan and trained its members in Afghanistan until US forces attacked al Qaeda training camps last year, it said.

Harkat ul-Jihad i-Islami/Bangladesh seeks to impose an Islamic regime in Bangladesh and has several thousand members, the report said.

The Islamic Army of Aden has expressed support for bin Laden and bombed and kidnapped targets to promote its goals of overthrowing the government and launching operations against US and other Western interests in Yemen, the report said.

Kumpulan Mujahidin Malaysia seeks to build an Islamic state of Malaysia, Indonesia and the southern Philippines and to overthrow the government of Prime Minister Mahathir Mohammed, it said.

The Tunisian Combatant Group wants to establish an Islamic government in Tunisia and targets Tunisian and Western interests with areas of operation in Western Europe and Afghanistan, the report said.

Turkish Hizballah arose in the late 1980s in the response to atrocities against Muslims in southeastern Turkey where the group seeks to establish an independent Islamic state, it said.

The watchlist of groups considered to be active recently is separate from a list of "foreign terrorist organisations" which is updated under US law on an ongoing basis when a threat to American interests is established, leading to visa and financial sanctions against members and supporters.

REUTERS

ET VOICI LES DETAILS DE L’INFORMATION FOURNIE PAR LE RAPPORT ANNUEL DU DEPARTEMENT D’ETAT AMERICAIN SUR CE GROUPE:

The Tunisian Combatant Group (TCG)

Description

Also referred to as the Tunisian Islamic Fighting Group, the TCG’s goals reportedly include establishing an Islamic government in Tunisia and targeting Tunisian and Western interests. Founded probably in 2000 by Tarek Maaroufi and Saifallah Ben Hassine, the group has come to be associated with al-Qa’ida and other North African Islamic extremists in Europe who have been implicated in anti-US terrorist plots there during 2001. In December, Belgian authorities arrested Maaroufi and charged him with providing stolen passports and fraudulent visas for those involved in the assassination of Ahmed Shah Massood, according to press reports.

Activities

Tunisians associated with the TCG are part of the support network of the international Salafist movement. According to Italian authorities, TCG members there engage in false document trafficking and recruitment for Afghan training camps. Some TCG associates are suspected of planning an attack against the US, Algerian, and Tunisian diplomatic interests in Rome in January. Members reportedly maintain ties to the Algerian Salafist Group for Call and Combat (GSPC).

Strength

Unknown

Location/Area of Operation

Western Europe, Afghanistan.

External Aid

Unknown.

POUR AVOIR ACCES A L’INTEGRALITE DU RAPPORT CLIQUEZ ICI:

http://www.state.gov/s/ct/rls/pgtrpt/2001/html/
 
Tunisian president's party urges voters to extend his rule
by Hamida Ben Salah
TUNIS, May 22 (AFP) - The party of long-time President Zine El Abidine Ben Ali has urged the electorate to vote 'yes' in Tunisia's first-ever referendum Sunday to change the constitution and allow him to stay in power for a fourth five-year term.
In vigorous campaigning throughout this north African country, the Constitutional Democratic Rally (RCD) has hammered home its "vote yes" message to some 3.6 million Tunisians eligible to cast their ballot in the plebescite.
At meetings, rallies and in radio and television messages since the referendum campaign began nearly two weeks ago, the RCD has sought to "explain ... the extent to which the reforms will lay the foundation for Tunisia's future."
The changes have met only token opposition in this country which has long been accused of suppressing political and press freedoms by international human rights organisations.
Tunisia's parliament, seen as a rubber-stamp body in which Ben Ali's RCD holds 148 of the 182 seats, last month overwhelmingly approved the bill to change the 1959 constitution.
Only five lawmakers from the opposition Ettajdid Movement voiced reservations, but their party has since done an about-face and joined three other opposition movements in urging voters to approve the reforms.
On May 12, Ben Ali said in a speech that amending the constitution would "modernise the structure of the legislative power" by creating a second parliamentary chamber.
It would also introduce a two-round presidential vote and allow the country's ruler to run for an unlimited number of terms, provided he is not over 70-years-old, the age-limit fixed by the current constitution for the head of state.
If the referendum is passed, 65-year-old Ben Ali could stay in power for another five years. Under the present constitution, he would have to stand down when his third term ends in 2004.
When Ben Ali floated the idea of constitutional reforms last November as he marked his 14th year in power, he quickly drew hostility from opposition members who saw it as a bid to extend his grip on power.
An opposition grouping that opposes the changes has openly called for a boycott of Sunday's vote, which it says aims mainly at allowing Ben Ali to manipulate the constitution to give himself another mandate.
Other critics have called the reforms an attempt to install a system of presidency and immunity from prosecution for life.
The RCD in September designated Ben Ali as its candidate for the 2004 presidential election.
Since then, a variety of associations and organizations have endorsed him, some even called for a new life presidency to allow Ben Ali to continue guiding the country's transition to full democracy.
Ben Ali first came to power in 1987, when he ended the senile Habib Bourguiba's 30-year grip on power in a bloodless coup.
Bourguiba, who died aged 96 in 2000, acquired the title "president for life" under a constitutional amendment in 1975, a measure Ben Ali had removed from the books.
Ben Ali stood as the sole candidate in presidential elections in 1989 and 1994, so Tunisia did not get its first taste of multi-party democracy until its last elections, in 1999.
That vote was seen as a trial balloon for multi-party politics. But Ben Ali faced only token resistance from two challengers and won with 99 percent of the vote.
The European parliament said on May 18 that it would send a team of observers to the vote.
AFP
 
Démocratie et référendum... à la tunisienne
 
Selon le quotidien "Le Renouveau", les Tunisiens accueillent avec enthousiasme une réforme constitutionnelle permettant au président Ben Ali de se faire réélire à vie. Un caricaturiste parle du président "Bénavi". Qui croire ?
Les Tunisiens se préparent à toiletter leur Constitution. Sur les soixante-dix-huit articles qu'elle contient, trente-neuf seront modifiés si, dimanche 26 mai, à l'issue du référendum - une première dans le pays -, les électeurs approuvent les changements proposés par le président Zine El Abidine Ben Ali. Les partisans du "oui" glisseront une feuille blanche dans l'enveloppe, les autres un bulletin noir.

Organe officiel du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) au pouvoir, Le Renouveau, l'un des quatre quotidiens francophones du pays, est parti en campagne. "La fête est à son comble dans toutes les régions du pays qui accueillent la campagne explicative relative au référendum sur le projet de réforme constitutionnelle. Villes et villages, dans chaque coin et recoin de la République, se sont parés des plus beaux apparats pour annoncer d'une seule voix : "Oui à la réforme, oui à la République de demain"", écrit le journal, qui consacre l'essentiel de ses pages à cette "échéance historique capitale".

Les ministres, qui sont aussi des dirigeants du parti, vont partout porter la bonne parole puisque c'est "au peuple tunisien que le président Ben Ali dédie la quintessence de la réforme constitutionnelle qu'il propose par référendum". A Tunis, où il tenait un meeting, le ministre de la défense a "exhorté toutes les forces vives du pays à s'acquitter de ce devoir national afin d'assurer la continuité de la marche glorieuse de la Tunisie". Intervenant en province, celui du tourisme a rappelé que le référendum s'inscrivait dans les "nobles valeurs du projet de société annoncé par le changement", terme qui renvoie à l'arrivée au pouvoir de Ben Ali, en novembre 1987 ; à Paris, devant les Tunisiens à l'étranger, un autre ministre a vanté la "vision prospective du chef de l'Etat et sa volonté de garantir un avenir radieux et prospère pour la Tunisie".

"Avenir radieux"

Les Tunisiens sont mobilisés et enthousiastes, à en croire le journal. Au Bardo, un quartier historique de la capitale, la campagne de sensibilisation lancée par des militantes de l'Union nationale de la femme avait des allures festives. Alors que les artères alentour "regorgeaient de passants et de véhicules en tout genre, l'orchestre a entonné l'hymne national accompagné par les voix des présentes et des présents résonnant à des dizaines de kilomètres à la ronde, attirant l'attention de tous". La photo qui accompagne l'article donne mal la mesure de l'événement : on ne voit qu'une cinquantaine de personnes, debout autour d'une table, en train d'écouter un orateur.

Le journal du RCD ne s'attarde pas à faire l'exégèse des amendements proposés par le président. Alors que l'opposition dénonce à longueur de communiqués publiés en France une réforme qui vise uniquement, selon elle, à lui permettre de se présenter pour un quatrième puis un cinquième mandat, Le Renouveau met en avant "la promotion et le développement de l'édifice des droits de l'homme" qui animent, selon lui, la démarche de M. Ben Ali.

Le seul à oser aborder dans le journal la question du mandat présidentiel est un universitaire, Riadh Saâda, diplômé de l'Académie internationale de droit constitutionnel : "Dire que le projet de réforme constitutionnelle a pour but de permettre au président de la République de pouvoir se représenter aux élections présidentielles de 2004, c'est n'avoir pas compris les finalités véritables de ce grand projet de réforme", affirme-t-il. De surcroît, "nous devons savoir ce que nous voulons et ne pas prôner, en même temps, une chose et son contraire. Comment revendiquer un système démocratique fondé sur la souveraineté populaire et penser s'opposer à une réforme qui ne fait que (...) répondre à la volonté du peuple ? Devons-nous tourner le dos à cette volonté, tout simplement pour préserver un texte qui se doit d'être l'expression même de cette volonté ?" Un caricaturiste maghrébin préconise pour sa part de ne plus parler du président Ben Ali, mais "Bénavi", pour président à vie.

Jean-Pierre Tuquoi

Sur Internet : www.tunisieinfo.com/indexrenouveau.html

ARTICLE PARU DANS LE MONDE DU 23.05.02
 
L'opposant Sadri Khiari qualifie de "putsch masqué" la réforme constitutionnelle en cours en Tunisie
 
Sadri khiari, 44 ans, est une figure originale de l'opposition tunisienne. Artiste peintre, intellectuel et militant politique - il se dit trotskiste -, il est membre de deux associations considérées comme illégales dans son pays : le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) et RAID (Attac-Tunisie). Cela fait presque deux ans qu'il ne peut plus quitter le territoire tunisien, pour des raisons qui ne lui ont jamais été notifiées. Pour protester contre cette situation, Sadri Khiari a observé une grève de la faim en juin 2001. Résultat : il a récupéré son passeport, mais, à chaque fois qu'il se présente à l'aéroport de Tunis-Carthage, il se voit refoulé au motif qu'il serait l'objet de poursuites judiciaires.

"Malgré mon insistance, je n'ai jamais pu voir son dossier. On le prive du droit de voyager sans aucune base légale", s'exaspère son avocate, Radhia Nasraoui, tandis que Nejib Hosni, un autre avocat renommé - et harcelé par le régime - parle de "procédure fantomatique" destinée à "faire payer"à Sadri Khiari ses activités associatives, et en particulier son déplacement à Paris, au début de l'année 2000, pour présenter le premier rapport du CNLT. Ce document, qui dressait la liste des violations des libertés en Tunisie, donnait les noms de 47 tortionnaires toujours en exercice ou impunis et abordait, pour la première fois, la question de l'instrumentalisation de la justice par le Palais de Carthage, allait constituer un événement.

"Sadri Khiari est un homme de principes, mais c'est aussi quelqu'un de brillant, avec des analyses percutantes. C'est en cela qu'il est redoutable et redouté par le régime. Par exemple, il n'aborde pas seulement la question des droits de l'homme, mais la réalité du supposé "miracle économique" tunisien", explique Fathi Chamkhi, porte-parole de RAID et enseignant à l'université de la Manouba, à Tunis. Fait inédit : le conseil d'administration de l'université Paris-VIII a décidé, le 22 mars, par un vote à l'unanimité, de se déplacer à Tunis dans les semaines à venir pour permettre à M. Khiari de soutenir sa thèse en sciences politiques, qui porte sur "Marx et l'Etat : la notion de bonapartisme". Reste encore à trouver le lieu où pourra se tenir la soutenance. Jusqu'à présent, les facultés sollicitées à Tunis ont répondu avec embarras qu'elles ne souhaitaient pas accueillir l'opposant et son encombrant jury.

"PRIS POUR DES IMBÉCILES"

L'histoire de Sadri Khiari est symptomatique de la situation qui prévaut en Tunisie, pourtant cautionnée par nombre d'hommes politiques français. Alors que le président Ben Ali est en train de se doter des moyens constitutionnels de rester au pouvoir jusqu'en 2014 , et que l'opposition tunisienne tout entière s'en alarme, Philippe Séguin, ancien président du RPR et de l'Assemblée nationale, a récemment, une nouvelle fois, vanté les mérites du Palais de Carthage. Dans une interview accordée au quotidien gouvernemental La Presse, le 7 avril, M. Séguin a déclaré que "beaucoup de Français -avaient- pris conscience du caractère positif de l'expérience tunisienne" et affirmé que "la réforme constitutionnelle -avait- été largement débattue, en particulier à la Chambre des députés".

Sadri Khiari, lui, qualifie la réforme en cours de "putsch masqué". En Tunisie, elle suscite "l'ironie ou le scandale", ne serait-ce que parce qu'elle prévoit d'accorder au président Ben Ali l'immunité judiciaire à vie. Mais surtout, "elle nous humilie profondément, en nous donnant l'impression d'être pris pour des imbéciles", observe M. Khiari. Il relève, pour sa part, deux évolutions en Tunisie : d'une part, la radicalisation des courants les plus modérés de l'opposition, convaincus à présent que le régime n'est "pas réformable" et que "la rupture est la seule option" ; d'autre part, "l'appauvrissement idéologique" de la lutte menée par les démocrates, tout à leur combat quotidien pour conserver les quelques espaces de citoyenneté arrachés au régime.

Florence Beaugé

ARTICLE PARU DANS LE MONDE DU 23.05.02
 

CPR : La campagne contre la présidence et l’immunité à vie.  

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حتى تتحقق السيادة للشعب والشرعية للدولة والكرامة للمواطن

 

Référendum contre la souveraineté

Le despotisme dans son statement la plus absolue se traduit par la volonté de se substituer à l'Etat et à sa souveraineté. L'histoire nous fournit de multiples
exemples dont le plus célèbre fut celui de Louis XIV qui s'était autoproclamé l'incarnation de l'Etat. Si ce célèbre cas est souvent cité dans les manuels
d'histoire ou de droit, il n'est qu'un doux euphémisme comparé à la volonté éradicatrice du despote de Tunis.

Contrairement à Louis XIV qui avait la grandeur de la France comme objectif, Ben Ali réinstaure le tribalisme dans son statement la plus mercantile et la plus abjecte. Il vide l'Etat de toute sa substance et par la même s'installe au-dessus de toutes les institutions. Les composantes de la souveraineté sont tour à tour mises sous tutelle à commencer par le «territoire ». Le clan Ben Ali s'était déjà illustré
par les innombrables acquisitions de terrain de l'Etat, et donc du patrimoine national, pour en disposer comme l'on dispose d'un bien personnel. Vous voulez des exemples, regardez autour de vous là où il y a une plaque indiquant propriété de l'Etat vous devez comprendre que c'est la propriété du Clan Ben
Ali. Dernières acquisitions ? Vous insistez vraiment! 13 km2 de bord de mer à Salakta, 4,86hects route de la Marsa pour le dénommé Slim Chiboub! Le prix? le Dinars symbolique. Les bonnes terres de Sidi Bousaid-Marsa Corniche éventrées par les pelleteuses près de 5hects, pour qui ce nouveau territoire ? Pour un certain ancien vendeur de cigarettes en vrac, le dénommé Belhassen Trabelsi le nouveau PDG de Carthago Airlines! Arrêtez, il y a des âmes sensibles. Le territoire, un des trois piliers de la souveraineté est d'ores et déjà réquisitionné car on ne compte plus le nombre d'expropriations sur les rives du port punique de Carthage pour loger tout le clan Trabelsi. S'en est fini de ce droit élémentaire. « La population », assujettie, asservie, avilisée, muselée, escroquée, opprimée, réduite à l'esclavage moderne, écrasée par le rouleau compresseur de la force du désordre, bientôt affamée, et toujours infantilisée, humiliée,... Vous exagérez quand même! Oui j'exagère je suis amateur d'euphémismes, je suis
euphémistophile doublé d'un amnésique car comment ai-je pu oublier que cette population n'existe même pas, elle est faite de morts-vivants qu'on enterre et on ressuscite de temps en temps pour qu'elle donne son offrande, le 26 mai, au Maître de Tunis avant de rejoindre Hadès dans les sous-sols. Je prie le ciel pour qu'elle recouvre les droits des animaux dont elle rêve d'acquérir. Alors pour le moment, il n'y a pas de population, elle n'existe pas, elle n'est même pas des
statistiques qu'on comptabilise, elle n'a même pas d'opinion, avez-vous déjà vu un sondage d'opinion chez le despote de Tunis?

S'en est fini de cette deuxième composante de la souveraineté. Soit, mais il reste encore le « Gouvernement », vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a pas de gouvernement, attention pas de mauvaise foi! Je m'incline, je cède, je plie devant l'irréfutable, effectivement il y a un gouvernement, j'ai dit fantoche?  Ca m'a échappé, ça doit être mon sub-conscient qui me joue des tours, oui bien sûr on a un Premier ministre qui mène sa politique, et qui conduit le gouvernement en toute indépendance, il nomme ses ministres et décide des orientations économiques et politiques du pays. Les Ministres aussi sont indépendants et mettent  en œuvre leurs projets et ne sont redevables  qu'au peuple. Ils rendent des comptes aux députés tous les ans. Ils sont tellement gentils qu'à chaque fois qu’ils lancent un projet ils mettent le label « projet présidentiel » dessus, en reconnaissance à leur gourou.

La souveraineté de l'Etat est ainsi réduite à la souveraineté d'un despote qui s'apprête à enterrer la République pour que règne sa RIPOUBLIQUE.
 

Hedi Ben Salah

Membre du Congrès Pour la République

 
FIÉVRE ÉLECTORALE À TUNIS
 
Correspondance spéciale de Tunis

Omar KHAYYAM

© Sophie el WardaLorsque le taxi me dépose au milieu de la Place Jeanne d’Arc aux alentours de quatre heures de l’après midi, il me faut quelques minutes pour réaliser ce qui est en train de se passer sous mes propres yeux. Un meeting improvisé se tient dans le petit jardin public devant l’ambassade tchèque. Un orateur juché sur l’un des bancs publics harangue une foule de plus en plus dense de curieux. Comme il fallait s'y attendre, le thème de son discours est le référendum populaire du 26 mai. Il appartient au «front du refus» et il essaye de convaincre son auditoire de voter NON à l’amendement de la Constitution.

Débarquant directement de la paisible ville de Mahdia, jamais je ne me serais attendu à voir Tunis aussi animé et agité par la fièvre constitutionnelle. La scène de la Place Jeanne d’Arc n’est qu’une petite goutte de ce gigantesque océan électoral dans lequel nage notre glorieuse capitale. Le parc du Belvédère m’offre un spectacle grandiose. Presque à chaque coin de notre Hyde Park se tient une réunion spontanée. Des tribuns, juchés sur des tabourets ou des troncs d’arbre interpellent les petits groupes de curieux qui se forment autour d’eux. Les orateurs partisans du OUI sont aussi nombreux que ceux du NON et leurs discours improvisés donnent lieu à des discussions on ne peut plus animées.

Tunis vibre intensément au rythme du carnaval préélectoral. Presque à chaque coin de rue de la capitale, des militants du RCD et de l’opposition distribuent aux passants des manifestes et des contre-manifestes. Dans les grandes stations de bus et de métro des militants des deux camps offrent des T-shirts gratuits portant des slogans anti- ou pro-Ben Ali, selon la tendance politique des ces militants. L’avenue Habib Bourguiba est l’épicentre du tremblement de terre référendaire qui fait bouger toute la ville. Des dizaines de stands aux couleurs des partis de l’opposition et du parti au pouvoir sont alignés le long de cette artère-symbole de Tunis. Les représentants des différents partis utilisent des mégaphones pour se faire entendre au milieu des dizaines de milliers de Tunisois venus prendre leur bain de foule préélectoral.

Une banderole gigantesque surplombe le stand de kaws el karama : BEN ALI 15 ANS BASTA! Le stand du P.C.O.T. - Parti communiste ouvrier tunisien, quant à lui, distribue aux passants un brûlot signé Hamma Hammami portant le titre provocant : BEN ALI OUT! A quelques mètres du stand « rouge », le RCD a dressé une tente mauve dont l’entrée est décorée par une banderole démesurée : BEN ALI POUR L’ETERNITE.

J’entends des cris de manifestants qui viennent de loin, accompagnés de chants et de musique. Je cours pour rejoindre la manifestation qui rassemble des dizaines de milliers de participants. L’avenue de la Liberté est pleine à craquer. Des vagues humaines successives inondent l’avenue fermée à la circulation automobile. La foule scande à l’unisson un slogan improvisé: «

لا, لا و ألف لا» ( NON, NON ET MILLE NON). Je vois des dizaines de portraits de Ben Ali en tenue rayée de prisonnier, d’autres montrant un Zine coiffé d’un sombrero mexicain avec l’inscription : ADIOS GENERAL! Des étudiants de la faculté des lettres chantent en espagnol : EL PUEBLO UNIDIO JAMAS SERA VENCIDO (le peuple uni ne sera jamais vaincu). A la tête du cortège une camionnette diffuse des chants révolutionnaires de cheikh Imam et de Marcel Khalifa.

Quelques centaines de mètres plus loin se tient le grand rassemblement du RCD à l’avenue de Carthage. Des milliers de béni-oui-oui répètent OUI OUI à l‘infini. Une voiture de couleur mauve diffuse le grand hit de la campagne pro-benalienne «
يا لايمي عالزّين ما نصبرشي». Sept photos géantes de Ben Ali regardent les RCDdistes des quatre coins de l’avenue. Des militants en transe chantent à plein gosier : «بن علي إلى الأبد, بن علي ما كيفو حدّ».

Les deux flots humains qui sillonnent la capitale, comparables à deux fleuves géants qui suivent des cours différents, coulent avec fluidité mais ne se heurtent pas. Les services d’ordre des deux camps, ceux du OUI et ceux du NON, sont impeccables. Pas le moindre débordement. La police se contente d’observer de loin les participants à ce grand carnaval printanier. Un tableau lumineux placé au milieu de l’Avenue Bourguiba indique en permanence les derniers résultats des sondages d’opinion gouvernorat par gouvernorat. Les cafés, les bars, les restaurants et même les hammams sont le théâtre de discussions politiques interminables et passionnées. La radio nationale consacre les deux tiers de ses programmes à des confrontations en direct entre les tenants du OUI et ceux du NON. Chaque soir la télé diffuse une série de sketches électoraux, financée par l’opposition, qui porte le titre : «
كلمة لا ما تجيب بلاء». Des millions de téléspectateurs attendent impatiemment un débat en direct qui opposera le président sortant Ben Ali au chef de l’opposition Moncef Marzouki.

A mesure que le jour J approche, la fièvre monte à Tunis et il suffit d’un oui ou d’un non pour que les résultats des sondages penchent dans une direction ou l‘autre. Certains observateurs n’écartent pas un scénario comparable à celui de la dernière élection présidentielle américaine où quelques centaines de voix peuvent déterminer le résultat du scrutin.

D’après les journaux d’aujourd’hui, si la révision de la constitution est refusée par le peuple, le général Ben Ali annoncera son départ dès le 27 mai. Qui sera, dans ce cas, le nouveau locataire de Carthage ? Certainement, c’est le peuple qui en décidera.

عــــــــمـــر الــخــــــيّــــــــام
‏الثلاثاء‏، 10‏ ربيع الاول‏، 1423
 
 Silence… Ben Ali, président à vie !


Ben Ali est maître d’un pouvoir au-delà de toute Constitution. Le texte fondamental prévoit son départ en 2004. vraisemblablement, il est partant pour une présidence à perpétuité. L’artifice : le nouveau projet de réforme constitutionnelle sur mesure, qui a été approuvé début avril par une Chambre de députés monocolore. Il sera soumis, le 26 mai, au peuple.


C’est par une bordée de blagues que les Tunisiens accueilleront sans doute les résultats du référendum. Ni plus, ni moins. Le premier surpris dans cette affaire est Ben Ali en personne. Le tollé général tant redouté n’a pas eu lieu. Il met en place, depuis une année, lentement mais sûrement, son dispositif, sans qu’on s’en offusque outre mesure. Le bon peuple s’en moque comme de l’an quarante — parce qu’il est persuadé que tout est joué d’avance — et l’opposition en charpie se sent désemparé — parce qu’elle n’a aucune prise sur l’événement. Bien sûr il y en a eu pour se battre avec des pétitions et des coups de gueule pour seule arme. Mais c’est comme si «on pisse dans le sable». اa n’atteint pas le bonhomme. Ben Ali n’en a cure. Rien ne peut arrêter la machine Ben Ali. C’est haut la main qu’il fera passer son «joujou». Comment se fait-il que, cette fois-ci, Ben Ali se pavane dans l’arène sans qu’il essuie la moindre escarmouche ? Alors que pour une ligne téléphonique coupée, un passeport confisqué, une voiture vandalisée, un procès pipé, ça rend chèvre les résistants tunisiens et ils font braire la terre entière. Devrions-nous admettre que les militants tunisiens ne bougent que lorsqu’ils sont touchés personnellement et dès qu’un problème touche la multitude anonyme, ils ne se sentent pas concernés, se sentent désorientés et ne savent plus comment s’y prendre ou comment s’impliquer ? Pour comprendre le «tangage» du microcosme tunisien, il faut remonter jusqu’au printemps 2001, lorsque le Tout-Tunis respectable et instruit qui s'est effondré dans l’attentisme à moins qu’il n’ait sombré dans la collaboration, découvre après quatorze ans que le «benalisme» n’était nullement porteur du «changement» promis. A partir de ce moment, la question de l’alternance est devenue incontournable. Branle-bas du côté des écuries de l’opposition étriquée, qui a senti que l’enjeu est une course ouverte pour accéder au pouvoir.

Le cœur n’y est plus…

Du coup, ceux qui ont tenté, quatorze ans durant, de s’opposer à ce que Ben Ali dévaste totalement le pays (des individualités fortes : une cohorte de journalistes, d’avocats, de syndicalistes, de féministes, de droits de l’hommiste, ... mais guère de politiques), ont été sommés d’évacuer, sur le champ, le champ de bataille et de laisser aux politiques d’asséner le coup de grâce.
«Vous avez déblayé le terrain. Merci, disent-ils. A nous de faire notre boulot : pousser Ben Ali vers la sortie !» Ben ! On attend toujours que ces opposants de la vingt-cinquième heure s’engagent dans la bataille tant annoncée et sans cesse reportée...
Le cœur n’y est pas, peut-être ? Ces piètres politiques sans troupes ni projets n’ont pas les moyens de faire face à un Ben Ali doublement féroce. D’abord, il a une police paramilitaire loyale, un parti mobilisé et dévoué, un clan fortuné, les alliances qu’il faut, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, un impressionnant appareil de propagande... et une politique fondée sur l’autosurveillance et l’autodénonciation. Ensuite, parce qu’en face il a une rue pacifiée, une piètre opposition émiettée en de multiples groupuscules, dont les leaders sont d’anciens collabos, et une intelligentsia qui n’est pas de qualité... Comme le colonisateur, Ben Ali (depuis son ascension en 1987) a utilisé la technique de la terre brûlée, emportant toute une culture de contestation et d’affrontement et ramenant ainsi le pays à l’âge de pierre du politique : plus de relais dans la société, plus de contre-pouvoirs, plus de syndicats et plus de partis bien sûr. Dans ces conditions, l’opposition risible s’échine à pondre des communiqués écrits dans une langue cosmique et indéchiffrable et à appeler à des réunions dans leurs locaux exigus et sombres, une trentaine de militants désœuvrés. Et ça s’arrête là ! Ils ont failli parce qu’ils n’ont rien compris au combat qu’il faut mener contre Ben Ali. Ce combat (avec ses victoires squelettiques et ses défaites cuisantes) n’a été possible que parce que nous avons eu à nos côtés des alliés de taille : le redoutable bouclier médiatique, les centrales de défense des droits de l’homme, les structures autogérées d’expression politique et artistique alternative et des personnalités double-canon comme le leader paysan français José Bové, le député européen Daniel Cohen Bendit, le prix Nobel de littérature nigérian Yole Soyinka, l’actrice anglaise Vanessa Redegrave, ou l’humoriste algérien Fellag, le cinéaste égyptien Youssef Chahine, ou le journaliste américain Roger Kaplan... Des amis en puissance qui n’attendent que l’appel du clan pour rappliquer. Agir contre Ben Ali impose de prendre en conscience que la résistance tunisienne n’est pas une cosa nostra. Pour impliquer des extranationaux, il nous faut pour cela des combattants qui ne se lassent jamais de répéter que leur propre combat est une cause universelle et qui exige d’être défendue comme telle. Il ne s’agit pas de marchander, de trouver d’habiles compromis ou de faire carrière. Il s’agit pour les Tunisiens de se hisser à la hauteur de leur propre combat et de s’y maintenir. Si Ben Ali a pu faire ce qu’il a fait aux Tunisiens depuis quatorze ans, c’est grâce à une machine de propagande redoutable : des boîtes à penser, une police des idées et des agents, par tout le monde, pour blanchir son ignominie. Tout ce qui pouvait colporter l’information, les nouvelles, la pensée a été brûlé au napalm : presse écrite, radio, TV, livres, théâtre, cinéma, musique, meetings, manifestations de rue. Toutes les traditionnelles caisses de résonance de la vox populi ont été disloquées. Nous étions isolés dans des enclos calfeutrés où rien ne passait, ni lumière, ni son. Il y a eu quelques «peptimistes», qui, face à l’arsenal médiatique moderne et soldatesque de Ben Ali, ont utilisé des samizdats, des tracts, des graffitis, des journaux muraux, des pétitions, un humour assassin et la photocopie à gogo sous le manteau pour contourner la palissade. Inouïe, cette résistance chétive et peu prometteuse a enfanté petit à petit, dans la douleur, des poches de liberté où se côtoient des maquisards rompus à l’art de guerroyer avec des mots. De véritables stratèges de la parole et des mass media. Des sous-commandants Marcos qui ont réussi, le 3 mai 2000, à faire de la Tunisie une image planétaire, un commentaire, un reportage écrits dans toutes les langues mortes et vivantes. Ben Ali, sur le podium des tyranneaux, reçoit sa médaille d’or, devançant d’une tête Milosevic et autre Sadam.

l’impunité pour Ben Ali

Or, les opposants de la vingt-cinquième heure n’ont tout simplement jamais compris l’importance d’un travail médiatique, systématiquement organisé, de sorte que, par exemple, le Français moyen pense automatique «dictateur» quand le nom de Ben Ali est prononcé. Pourtant, seul ce type de travail nous a permis de remporter des victoires sur le terrain contre Ben Ali. Ce qui a assuré l’impunité à Ben Ali, dans cette affaire de référendum, c’est donc le fait qu’aucun mouvement d’opinion pour notre défense ne soit en mesure de l’arrêter au moment où il compte s'autoproclamer «président... jusqu’à la mort». Et, quand on voit un Jacques Chirac ou un Jean-Pierre Chevènement soutenir sans vergogne ce «coup d’Etat constitutionnel», on se dit que c’est une négligence impardonnable de ne pas avoir dépêché en France et ailleurs, des résistants comme Radhia Nassraoui, Sihem Bensedrine, Moncef Marzouki ou Oumeya Seddik, pour n’évoquer qu’un petit groupe de virtuoses tunisiens de la parole pour décortiquer sur les ondes la face du référendum, restituer le contexte et les éléments de compréhension nécessaires et nous assurer une présence morale, un poids de parole qui nous valorise. Car, à entendre les opposants de la vingt-cinquième heure qui se bousculent au portillon, pour être nos porte-parole du jour, énoncer les pires âneries dans un français trébuchant sur Radio France International ou un arabe déficient sur Al Jazira, c’est à pleurer devant tant d’incompétence. Contre le silence qui gouverne, il nous faut des «as» qui savent déployer des mots flambant neufs et faire marcher comme des fantassins le conte, la poésie, l’imagerie et la musique. Pour séduire et résister.

Par T. B. B.
Source : El Watan (Algerie) 22/5/2002
 
UN PAYS DÉBRANCHÉ


Qu’est-ce que l’oppression, si ce n’est le destin contrarié, le rêve interdit à chacun des millions d’hommes qui la subissent ? Et qu’est-ce que le rêve des hommes et des femmes ? Peu de choses : avoir une famille, un travail, vivre en sécurité, en paix. C’est ce rêve tout simple contre lequel Ben Ali conspire.


Une conspiration sans ombre, sans profil. Et Ben Ali semble savourer l’anarchie de l’ensemble : la panique des opposants qui aboient des imprécations et la bagarre des camps du microcosme qui fait rage. C’est cela qui constitue son miracle tunisien, un état d’indiscipline tapageuse, de liberté sans loi où, à coups d’intrigues et de filouteries, on peut se frayer un chemin au sommet. Et s’y maintenir, à force d’esquives et de parades, sans pratiquement rendre des comptes. Au-dessus de la mêlée, il arpente les arcanes du pouvoir comme un spectre. Monarque de tout ce qui s’offre à sa vue, Ben Ali regarde le vide et voit que cela est bon.
Il a débranché le pays
!


L’âme tunisienne a été brisée


Un pays où Ben Ali a mutilé l’organe le plus précieux des Tunisiens : la langue. Il n’y a plus ni cris ni chuchotements, juste des grognements muets. L’âme tunisienne a été brisée sur un récif d’acier. Il n’y a plus de théâtre, plus de poésie, plus de roman, plus de musique, plus de danse. Qu’est devenu Mohammed Guerfi, le plus grand musicien tunisien, l’égal des frères Rahabani, interdit de festival pour son franc-parler légendaire ? Depuis six ans, il ne vit plus de sa musique. Il est contraint de brader ses biens pour survivre. Qu’est devenue cette conscience morale qu’était la troupe du nouveau théâtre de Fadel Jaïbi et Fadel Jaziri ? A chaque nouvelle représentation, elle attirait des spectateurs de Suède, du Liban, du Maroc, d’Algérie. Qu’est devenu le plasticien Habib Chebil ? Qu’est devenu Ouled Ahmed, le poète du Vin et de l’amour ? Il n’écrit plus. Mais qui écrit encore en Tunsie ? Se balader à Tunis City du côté des bars, des cafés tels que l’Univers, le Florence, l’Africa, La Rotonde, Le Kilt, c’est entrer dans le monde des ex. Ex-journalistes, ex-écrivains, ex-comédiens. Les anciens temples de la parole et de l’écriture, du débat-combat, ont été brûlés au napalm. Les survivants de cet Hiroshima ont vendu leur âme, ou comme moi, se sont exilés dans d’autres langues. Sinon, entrer aujourd’hui dans une rédaction, c’est s’introduire dans un lieu sinistré, brrr… Tout le monde est au frigo dans ce paysage lunaire, sans air. Les célèbres chroniqueurs ont déserté depuis belle lurette ces bureaux. Ils se sont convertis en épiciers, en contrebandiers, en instituteurs, certains en mendiants. Beaucoup ont perdu leurs dents, noircies par le tabac, leurs cheveux, leurs paupières tombent sur les quarante ans de leur corps qui semble attendre la mort, figé dans des habits remontant aux années 60. Les cols de leurs chemises ressemblent aux oreilles d’une vache qui porterait pattes d’éléphant et chaussures trouées. Leur femmes boulimiques ont grossi des fesses, pendant qu’ils rasent les murs. Ils ne savent plus marcher au milieu des rues, fuyant le regard des hommes. Si tu croises un homme qui marche à la Clint Eastwood, sache qu’il est soit policier, soit mouchard. Au Taous, au Shilling, au bar Ali Waraq, ces bars-hangars des artères, bas-fonds de Tunis, se retrouvent des syndicalistes sans syndicat, des journalistes sans journal, des militants sans parti, des avocats sans affaires. Le Shilling, près du zoo du Belvédère, est un autre jardin botanique où tu peux rencontrer une faune d’êtres légendaires, d’anciennes stars, d’anciennes beautés. L’une d’entre elles transporte pour l’éternité cette âpre odeur de grésil et de pisse, dans une lumière terne de soixante volts. Tous ici sont des lions et des lionnes édentés, même les jeunes prostituées, ces bleues qui arrivent tout juste de leur village. Dans ce temple du blasphème où les gens viennent vomir leur estomac, rien n’est épargné par la dérision, y compris la torture. Dans des éclats de rire gras, on se moque des mouchards qui pullulent : «Finalement, ce ne sont que des hommes qui ont choisi leurs fesses avant la patrie», allusion à la sodomie pratiquée dans les geôles de la Dakhilila, le sinistre ministère de l’Intérieur. Ces mammouths, bourrés à mort, rient pour ne pas sombrer dans la folie que Ben Ali, ce dieu Râ, a instaurée pour gouverner. Ben Ali, cette infirmière en chef de ce vol au-dessus d’un nid de coucou ne pouvant supporter l’existence d’un Mac Murphy qui rit, qui pleure, qui gesticule, qui baise et s’enivre. Il veut son asile peuplé d’êtres privés de sentiments, lobotomisés, des légumes dans son jardin.

Par T. B. B.
 
BOYCOTTER LE TOURSIME TUNISIEN : Démarche insensée !

Un petit soupir de soulagement après  la lecture de l’article de « BALHA BOUJADI » qui répond à la dernière initiative désastreuse de M SFAR appelant au Boycott du Tourisme en Tunisie...
En effet, son initiative et ses articles n’ont cessé de m’étonner et de me choquer jusqu'à l’indignation ainsi que tous les Tunisiens de mon entourage.
Il voulait certainement se distinguer sur la place parisienne qui témoigne ces derniers temps d’une inflation de collectifs, associations, comités et autres luttant directement ou indirectement contre le régime de ZABA mais malheureusement il s’est distingué par une démarché absurde et insensée.
M SFAR a fait le raisonnement simpliste qui veut que le régime du despote ZABA ne pourra s’effondrer qu’une fois le peuple tunisien sorti dans les rues détruisant tous sur son passage y compris le régime en place. Et partant du constat que le peuple tunisien est de de nature pacifiste et peureuse, il a conclu que seule la faim et la misère provoquées par une crise économique durable fera bouger le peuple tunisien.Il faut noter que la perspicacité opportuniste de M SFAR qui a fait
cette trouvaille juste après l’attentat de Djerba…
Je ne vais pas m’attarder que les conséquences économiques et sociales de cet éventuel boycott, M ‘BLAHT BOUJADI’ en a donné un bon aperçu
Saches M SFAR, que l’expérience (du moins dans le monde Arabe) a montré que le boycott ne fait que conforter les dictateurs  (IRAK, Libye,..) et accentuer la misère des peuples
Saches également que précipiter le changement démocratique par le biais d’une crise économiques aura des conséquences incertaines et non maitrisées pouvant amener au pouvoir quelqu’un de pire que Zaba, ou un régime militaire par exempleSaches égalmement que tu le veuille ou non qu'aucun tunisien à ma connaissance ne voudra d’une démocratie construite sur des épaves
Bref, autant continuer la lutte démocratique et laisser le temps au peuple tunisien de construire et parfaire sa conscience politique et à l’opposition d’apprendre le jeu démocratique…
La durée de vie du régime actuel est comptée…La fin du regne ZABA est bien proche…ce qui inquiète le plus c’est la suite…la scène de l’opposition tunisienne (crédible bien évidemment) grouillent d’âmes au tempérament ‘destructeur’ et c’est bien normal dans le contexte actuel…mais bientôt il faudra davantage de ‘constructeurs’, de rassembleurs et de visionnaires…
J’espère bien que M SFAR soit en mesure d’ajuster son tir (dans le cas ou il voudra absolument maintenir son initiative) pour ne cibler que la Mafia et son parrain plutôt qu’un peuple tunisien qui pour la plupart ne fait que vivre pour ne pas dire survivre…
 
Cordilament
Kacem kamel
 
Article publié dans la presse allemande. Il parle de la chute des réservations des touristes allemands pour la destination Tunisienne. Ceci peut être  du à l´attentat- et l´alternative à cette région

Statt im Jet im Auto in den Urlaub düsen

Empfindliche Einbußen bei den Flugpauschalreisen. Tunesien bricht ein. Größter Hit ist heuer Kroatien. Urlauber organisieren Fahrt in den Urlaub selbst. Vom Selbstfahrertrend könnte das Urlaubsland Österreich profitieren. Incomingbüro Eurotours verzeichnet bei den Buchungen einen Österreich-Boom.

VON ELISABETH TSCHERNITZ-BERGER

D

ie Wetterfrösche sagen für heuer einen heißen Sommer voraus, doch für die Reisebranche könnte er zur Zitterpartie werden. Die Unsicherheit nach der Euro-Umstellung, Nachwehen des 11. September und die Konjunkturdelle könnten die Urlaubslust empfindlich dämpfen und der Branche Einbrüche bescheren. Die großen Reiseveranstalter wie Neckermann, TUI und Österreichisches Verkehrsbüro klagen über einen flauen Buchungs-Frühling und trösten sich damit, dass nach einem schlechten Saisonstart meist ein starker Herbst folgt (und umgekehrt). "Die langjährige Erfahrung zeigt uns mit Regelmäßigkeit diese Schwankungen", erklärt der Fachverbandsobmann der Reisebüros Edward Gordon.

Bereits im Jänner - die Zeit, wo die neuen Kataloge durchgeblättert und die ersten Urlaubsentscheidungen getroffen werden - zeichnete sich die Flaute ab. "Der Jänner war ein Desaster", bestätigt der Sprecher des Verkehrsbüros Andreas Zenker. Im Frühjahr konnte der Rückstand zwar wieder etwas aufgeholt werden, doch vor allem bei der Flugtouristik sind die Zahlen noch deutlich unter Plan. Franz Tobisch, Geschäftsführer von Neckermann Österreich spricht von einem Minus von zehn Prozent, das sich jedoch am Ende des Jahres - bedingt durch einen logischen Aufholprozess im Herbst - auf etwa sechs bis sieben Prozent einpendeln könnte.

Der Einbruch bei der Flugtouristik ist aber kein Indikator, dass die Menschen samt und sonders urlaubsmüde geworden sind. "Es ist eine Verschiebung zu beobachten. Der Markt der Selbstfahrer steigt exorbitant zum Vorjahr. Wer solche Selbstfahrerangebote im Programm hat, wird heuer zu den Gewinnern zählen", sagt Tobisch. Hauptgewinner dieses Trends ist in erster Linie Kroatien. Zenker spricht von Zuwachsraten im Bereich von 35 Prozent. Zu den Trendländern gehören aber auch Italien und Österreich. Am selben Niveau zum Vorjahr segelt die Türkei, während Tunesien (möglicherweise auch bedingt durch den Terroranschlag) starke Einbußen erleiden muss. "Die Konsequenz ist eine Rücknahme der Kapazitäten. Wenn die Kunden ein Reiseziel ablehnen, müssen wir Anpassungen

vornehmen", sagt Tobisch. Eine solche "Anpassung" an den Buchungsrückgang ist beispielsweise die Streichung des Fluges von Klagenfurt nach Palma/Mallorca. Tobisch führt das plötzliche Desinteresse an der spanischen Sonneninsel auf die Einführung der Ökosteuer zurück. "In Zeiten wie diesen lässt sich der Konsument neue Steuern, die noch dazu über Nacht eingeführt werden, nicht gefallen".

Trend.

Von dem Selbstfahrertrend könnte das traditionelle Individualtourismusland Österreich profitieren. Die Verkehrsbüro-Tochter Eurotours, der Incomingspezialist der Gruppe, kann auf ein beachtliches Wachstum bei den Österreich-Buchungen im zweistelligen Bereich hinweisen. Noch etwas spricht für den Österreichurlaub: Zukunftsforscher haben einen Wertewandel bei den potenziellen Urlaubsgästen ausgemacht. Das Bedürfnis nach Überschaubarkeit und Individualität gewinnt zunehmend an Bedeutung. Gegenüber Bettenburgen und Anonymität im Urlaubsquartier steigt die Abneigung immer mehr. Ein "Urlaub bei Freunden" könnte daher die Alternative sein, wenn nicht das eintritt, was das deutsche Meinungsforschungsinstitut INRA erhoben hat. Demzufolge wollen 43 Prozent der deutschen Bundesbürger (mit über 60 Prozent wichtigste Österreich-Urlauber) ihr Reisebudget kürzen.

http://druck.kleinezeitung.at/kaernten/ARTIKEL?whichone=1209659

 
أمريكا تضيف شمال افريقيا لتحذير بشأن السفر

 
واشنطن (رويترز) - أضافت وزارة الخارجية الأمريكية يوم الثلاثاء شمال افريقيا إلى تحذير بشأن السفر إلى الشرق الاوسط قائلة إن الأمريكيين في المنطقة قد يتعرضون للهجوم.
والتحذير السابق الذي صدر في الرابع والعشرين من ابريل نيسان اقتصر على منطقة الخليج وشبه الجزيرة العربية.
ولم يذكر التحذير الجديد سبب اضافة شمال افريقيا لكنه اشار الى الهجوم الذي وقع في 11 ابريل على معبد يهودي في جنوب تونس وقتل فيه 21 شخصا بينهم 14 سائحا المانيا.
وقال التحذير "هناك قلق متزايد من ان افرادا ربما يخططون لاعمال ارهابية ضد مواطني ومصالح الولايات المتحدة وكذلك مواقع سياحية يتردد عليها الغربيون في منطقة الخليج الفارسي وشبه الجزيرة العربية وشمال افريقيا."
وأضاف التحذير قائلا "ينبغي لمواطني الولايات المتحدة أن يتوخوا الحذر في تلك المناطق في الوقت الحالي."
والتحذير الجديد هو الأحدث في سلسلة تحذيرات وجهت إلى الأمريكيين في الخارج منذ الهجمات الانتحارية التي شنت في الولايات المتحدة في الحادي عشر من سبتمبر أيلول.
 
22.05.2002 01:15, Reuters
 
تراجع التبادل التجاري بين أمريكا والدول العربية


دبي، الإمارات العربية المتحدة (CNN)-- أعلنت وزارة التجارة الأمريكية في تقرير نشرته الثلاثاء أن قيمة التبادلات التجارية بين أسواقها وأسواق الدول العربية للربع الأول من العام 2002 قد سجّلت تراجعا بقيمة 2.5 مليار دولار مقارنة مع الفترة نفسها قبل عام.

وأشارت الوزارة في تقريرها الذي نشرته صحيفة " الحياة" أن قيمة مبادلات السلع والبضائع بين الولايات المتحدة الأمريكية ومجموعة تضم 14 دولة عربية من بينها شركاء تجاريون أساسيون مثل مصر والسعودية والإمارات والكويت، بلغت في الأشهر الثلاثة الأولى من السنة الحالية 9.4 بليون دولار مسجّلة انخفاضا بنسبة 20.7 % عن الفترة نفسها قبل عام. وبلغ حجم هذا التراجع الذي يعتبر الأولى منذ الثمانينات 2.5 مليار دولار.

وقد إرتبط تراجع الواردات العربية بتداعيات أحداث الحادي عشر من أيلول / سبتمبر، لكنه ترافق كذلك مع انخفاض قيمة الصادرات العربية بحدة لأسباب أهمها ضعف أسعار النفط الخام في بداية هذا العام بالاضافة إلى تأثر صادرات الدول العربية إلى الولايات المتحدة الأمريكية بقرارات منظمة الدول المصدّرة للنفط أوبك.

وذكر تقرير وزارة التجارة الأمريكية أن تسع دول عربية خفضّت وارداتها بنسب متفاوتة ساهمت في إنخفاض القيمة الإجمالية للواردات العربية في الفترة المذكورة بنسبة ناهزت 16 % وبقيمة تصل إلى 750 مليون دولار.

وأشار التقرير أن صادرات عشرة دول عربية بينها لبنان والبحرين ومصر وقطر والمغرب وتونس تراجعت إلى مبالغ تراوحت بين 11 و 29 مليون دولار، في حين تراجعت قيمة الصادرات النفطية والغاز بشكل كبير إذ انخفضت صادرات السعودية 3.1 مليار دولار، والجزائر 265 مليون دولار، والكويت 214 مليون دولار والإمارات 173 مليون دولار.

 
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